Au delà de l’Artifex, je dis (florilège paru au canada)
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«Bouzghiba est «fils» de son temps. Il est internaute, bloggeur et blagueur. Il est normal que les usagers de la toile suivent de plus près ses activités. »
Monographie Bouzghiba-Awards, Tome-1
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«Joyeuse perle aquatique, de laquelle on aurait dit sans erreur: Vraiment faut faire des merveilles ou se taire.»
Présence des Sens et de l’Esprit (recueil de nouvelles)
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«Le regard humain se délecte dans la vastitude. Il a horreur des angles étroits et des recoins sombres. »
Présence des Sens et de l’Esprit (recueil de nouvelles)
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« Je préférerais le violon à l’arc, car la musique n’a rien de sanguinaire. »
Le Vidéographe Justicier (récit de science-fiction)
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« Les coups bas des proches sont plus cruels que les coups francs des inconnus. »
Zona (récit autobiographique)
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« L’art n’aime pas les pessimistes, parce que dans la beauté il n’y a pas de pessimisme. Mieux vaut être Sisyphe que défaitiste. »
Quel aura été l’impact du soi-disant colloque (organisé le 23 et 24 septembre 2011 dans un palace de Rabat rêvant de tulipes d’or) sur l’audiovisuel public. Ce thème intéresse tous les marocains, étant donné que ces derniers sont acculés à payer, à travers une honteuse redevance, imposée et défalquée à la source, les pots cassés d’une politique audiovisuelle vacillante et trébuchante. Ce qui devrait être débattu sur la place publique, on le fait en catimini, comme si on craignait l’ire des contribuables avisés ou l’intrusion des militants du mouvement du 20 février. L’affiche laisse à désirer. Elle ressemble à un encart publicitaire d’une école privée avec en sus des caractères d’imprimerie d’une illisibilité criarde. Il semble que ce camouflage est voulu et prémédité astucieusement pour éviter d’une part le sur-attroupement des curieux et d’autre part empêcher l’interaction de voix dissidentes. Ce sectarisme castrateur contraste négativement avec l’idée de colloque ou de symposium. La documentation distribuée aux participants est pleine de quiproquos. Le plus saillant concerne le thème choisi lui même. En effet, s’agit-il de «colloque» comme il est mentionné sur la feuille syndicale ou de «séances de dialogue professionnel» comme il est indiqué en caractères gras sur la feuille parlant au nom de l’assemblage contre-nature d’une société privée et du holding de service public. Le sous-titre nous laisse perplexe. Sa traduction donne quelque chose comme ceci: «Pour une politique rédactionnelle et médiatique concertée». Comment peut-on parler de concertation avec des responsables qui considèrent la liberté de ton comme une insubordination ? La juxtaposition bureaucratique est toujours en vigueur, alors qu’avec les effervescences sociétales en cours, il faudrait tolérer un peu de critique et d’opposition pour que les marocains soient ravis de leur téloche. La liste des refusés et des proscrits ne cesse de s’allonger et le cocktail syndical impliqué dans l’organisation (sans celui de la presse) considère cette rencontre avec les chefs hiérarchiques dans un palace équipé de data-show et en présence de quelques invités choisis minutieusement comme un acquis. A-t-on besoin d’un hôtel pour que cette audience entre dirigeants et subordonnés ait lieu? «C’est votre cuisine interne. Le peuple ne veut ni colloque, ni Saikouk mais un audit sérieux des rouages», ainsi rétorquerait tout citoyen consciencieux et soucieux de la sauvegarde des deniers publics en les préservant de la gabegie dépravatrice. Trop de directeurs surpayés pour un résultat mitigé. Foisonnements de chaînes avec un impact audimétrique proche du zéro. Reprise de fonction par des retraités qui ont été copieusement indemnisés dans le cadre de ce qu’on appelle Départ Volontaire et qui reviennent débiter le même verbiage. Sachant que le texte de loi régissant ce type de retraite anticipée interdit formellement de telles bavures. N’est-ce pas de l’enfantillage administratif ? Si ces compétences sont toujours valables, alors pourquoi avoir anticipé leur retraite en leur accordant une prime alléchante? Toutes ces sur-fonctionnalités budgétivores doivent cesser pour de bon. Et ce n’est pas une estrade d’oralité pleine de complaisance qui va en freiner l’effusion budgétaire. Personne n’a évoqué ces questions essentielles qui sont la cause principale des dysfonctionnements et la source du dénigrement populaire. Dans la presse écrite les critiques fusent de toutes parts et pour tenter de les juguler on essaie de jeter de la poudre scintillante aux yeux en improvisant un simulacre de colloque-maison. Certains lecteurs peuvent s’en souvenir, il y a plus de 20 ans, on avait intitulé une chronique: «Colloque, colloque ce devient une colique». On en était à un dictionnaire de recommandations jetées en l’air. Aujourd’hui les choses ont empiré. Jamais téloche de service publique n’a reçu autant de flèches de désapprobation, mais pour tenter de les désorienter on a concocté un mini séminaire d’auto-glorification. Comme le dit l'adage: On n'est mieux servi que par soi-même. RAZAK
Prenez n’importe quelle parole dépourvue de lyrisme et faites-là imprégner des notes de musique composées par le maestro de la musique indienne Madan Mohan, elle devient poétique et enivrante comme par enchantement. Le roi du ghazal qui aux années 60 avait fait tandem notamment avec la diva Lata Mangeshkar égrène des notes d’une finesse mielleuse. La musique filmi est si friande de ses mélodieuses chansons romantiques.
Madan Mohan mourut le 14 juillet 1975. Bollywood perdit en lui un original et fin compositeur dont les mélodies sont capables de charmer même les fauves. En hommage à ce grand compositeur, le réalisateur Yash Chopra a ressuscité quelques unes des ses chansons pour musicaliser poétiquement son film Veer-Zara.
RAZAK
LE TOME-2 DE LA MONOGRAPHIE BOUZGHIBA-AWARDS: ENFIN PRET A L'EDITION
Le tome-2 de la monographie Bouzghiba-Awards est en phase d’édition. Conçu comme un prolongement didactique et logique du premier tome, ce deuxième ouvrage va dans le même sillage, avec en sus, une analyse critique, menée à tête reposée, des différents tournants et étapes traversés. Il aborde l’œuvre des trois derniers lauréats à savoir: Zhang Yimou (symbiose entre l’art et le sport), Elarbi Sebbane (l’encre noire reflet de la société) et Derib (une vie au service du dialogue civilisationnel). Une Dardacha-Chatt entre le personnage Bouzghiba et son géniteur, suivie d’une ébauche sur le thème de la transcendance artistique, cloront ce présent ouvrage. Un extrait:
-BOUZGHIBA: Après le journalisme, la peinture et le théâtre quelle serait ma nouvelle destination?
-RAZAK: L’ultime étape serait les Muppets-shows et le cinéma. Je suis entrain de peaufiner un scénario d’un film comique en triptyque où vous seriez le héros principal.
-B: Votre œuvre romanesque inédite et intitulée Boumanjel le gaucher a demandé du temps pour être écrite. De quoi parle ce roman?
-R: Il nous renvoie au Maroc des années 60. Certaines péripéties remontent à l’époque coloniale. En somme, je crois que c’est l’une des œuvres maîtresses de ma modeste carrière littéraire. Je m’y suis attelée avec entrain, abnégation et détermination. Il y a une part non négligeable de documentaire, dans cette œuvre romancée. C’était l’occasion de revoir les nombreux documents rassemblés depuis une longue date. A travers ses 13 chapitres, on scrute la singularité d’un destin. Celui da Saleh alias Boumanjel. D’autres personnages-clefs comme Hamid l’aide-meunier et Kada ne manquent pas d’originalité. En voici par ailleurs quelques paragraphes:
«Dans la région, il n’y avait qu’un seul dispensaire, pour traiter les maladies mentales. Il se trouvait à Berréchid, une petite ville se trouvant à proximité de Casablanca. Mais il fallait quelqu’un pour l’y emmener. Alors alerté, Kada le conducteur, pour lequel Saleh éprouvait de la sympathie, était venu le voir. Il le trouva dans un état pitoyable. Accablé de douleur, Saleh s’était recroquevillé sur lui-même. Kada ne perdit pas de temps, il l’emmena à Berréchid. Le psychiatre qui l’examina était optimiste, la lésion psychique n’était pas profonde. Le chauffeur fut soulagé. Le docteur avait dit à l’accompagnateur, que d’ici une quinzaine de jours, il se rétablirait, pourvu qu’il prenne les comprimés qu’il lui prescrirait.
«Vous pouvez venir le prendre après ce délai» disait ce docteur d’un air rassurant.
Le chauffeur rejoignit son travail et Saleh était pris en charge, par le médecin soignant. On lui rasa la barbe qu’il avait laissé pousser durant la période du deuil. Après la première semaine d’hospitalisation, il commençait à réagir positivement au traitement. Son délire démentiel diminuait progressivement. Les symptômes paranoïaques avaient progressivement régressé. Après le treizième jour, ils disparurent presque complètement. Le fait de le placer dans un pavillon destiné aux malades atteints de troubles légers, loin des aliénés dangereux, dont certains marchaient tout dévêtus ou enchaînés, avait anticipé sa guérison. Après les soins thérapeutiques, le patient présenta des signes encourageants. A l’être pathologique succéda l’homme normal qu’il était avant le drame. Le psychiatre l’avait tout de même averti des fortes émotions, car selon ce spécialiste, elles pourraient déclencher à nouveau les morbidités et réveiller les troubles psychiques. Saleh devait éviter les situations et les facteurs psychogènes.
Certains cas, par hérédité, sombraient dans la schizophrénie inguérissable. Le syndrome obsessionnel, comme celui qu’avait Saleh, aurait sévi sans nul espoir de rétablissement. L’aliénation passagère aurait été inscrite dans la durée. Ce délire préventif l’avait sauvé de manière indirecte. La parole morbide en avait donné le signal d’alarme au bon moment. Etait-il prédisposé par atavisme à ce genre de comportement suicidaire ou les affres de la guerre l’avaient affectés outre mesure? Dans sa lignée notamment les quatre dernières générations, il n’y avait pas de cas de folie ou de suicide. Les troubles psychiques d’origine héréditaire étaient vraisemblablement exclus pour le cas de Saleh. Mais gare aux rechutes.
Un jour avant sa sortie d’hôpital, alors qu’il s’asseyait sur un banc adossé au mur du bureau du surveillant général, il entendit une conversation. On parlait de son cas. La porte entrebâillée de la salle l’aida à capter, mot par mot, ce qu’on disait à son sujet. Le docteur, de tendance lacanienne, expliquait à ses assistants comment un lapsus pourrait déclencher l’alarme et parfois servir de remède à la guérison.
-Le docteur: Les émotions et les chagrins accumulés sont une cuve d’incubation pour pas mal d’anomalies psychiques et de déséquilibres mentaux. Quand le langage courant présente des signes d’anomalie, incohérents et illogiques, cela devient préoccupant. Il est admis qu’un homme saint d’esprit doit parler un langage cohérent, mais quand la grammaire intérieure prend une allure inhabituelle et que les mots écrits ou parlés deviennent chaotiques et insensés, on sort du monde conventionnel, pour entrer dans un autre. Celui-là fait d’incertitude, d’expressions cacophoniques et de non sens. Mots mal articulés, phrases mal cousues. Les êtres perdent leur identité. Les faits, les impressions, les souvenirs, les substances et les choses s’égarent dans un tourbillon d’évocations hallucinogènes. Les notions du temps et de l’espace qui s’affaissent. Les mesures de quantité et de qualité qui se chevauchent. Les liens de coordination qui se détachent de leur socle, bref, le faux et le vrai s’entremêlent pour créer le chaos…
-L’infirmier: Est-ce qu’on peut dire que chez Saleh, l’horlogerie mentale commençait à suivre une cadence irrégulière et qu’on avait intervenu juste au bon moment?
-Le docteur: Oui. C’est exact. Au moment du trouble, tout s’entrechoque comme des atomes en ébullition. Les spécialistes appelés à la rescousse s’évertuent à en démêler l’écheveau, afin de trouver un peu d’affinité et d’ordre dans ce puzzle désordonné. L’être humain, entre les étapes de la formation et la transformation, engrange une quantité innombrable de choses ayant une signification commune. Quand il est acculé à en intervertir les sens originaux, sous la contrainte de facteurs anxiogènes, on sort de la tribu. La société, craignant la contagion, ne trouve comme solution, que l’enfermement dans des hospices, comme le nôtre. Une réclusion sous surveillance médicale. Le langage est la petite fenêtre qui donne sur le monde des refoulements.
-L’infirmière: Est-ce que les anomalies du langage peuvent guider le docteur soignant à trouver le remède?
-Le docteur: C’est la première fois que tu travailles dans un hôpital psychiatrique, n’est-ce pas?
-L’infirmière: Oui, mon chef.
-Le docteur: Les grands psychanalystes comme Jacques Lacan en font leur spécialité. Nous psychiatres, notre travail est plus médical qu’analytique. Avec le temps, je suis devenu à mon tour un freudien à l’affût des révélations du subconscient. Comment ne pas faire attention quand un patient vous dit «je mange l’eau en buvant du pain»? Un lapsus comme celui-ci qui revient comme un leitmotiv pourrait être dû à une «lésion du langage» et il pourrait donner des pistes, pour les lésions du cerveau. Ces associations de mots inconsciemment formulées pourraient dégager les traits enfouis de la personnalité profonde de la personne.
Selon ce docteur chevronné, les mots prononcés par Saleh dans son délire pouvaient révéler ses tourments et ses rêves transformés en cauchemars. Il n’y avait qu’à scruter attentivement cette phrase qu’il avait prononcée au moment du trouble: «Je suis fou, ma femme est ma guérison». La clef du psychodrame était là.
RAZAK
Le prince Bertie (Colin Firth) est bègue depuis l’âge de 5 ans. Bertie et sa femme Elizabeth (Helena Carter) sont reçus par le docteur Lionel Logue (Geoffrey Rush). C’est le début de toute une série de séances thérapeutiques où l’emportement du patient n’est pas à exclure.
- Bertie: Soignez ma diction, mais je refuse les… les …questions personnelles sans intérêt. - Elizabeth: Oui, je croyais avoir été claire lorsqu’on s’est vu. - Logue: Vous avez les shillings que vous me devez ? - Bertie: Non, pas sur moi, hélas ! - Logue: J’en étais sûr. - Bertie: Il est d’ailleurs… vous vous êtes …jouez-le moi… - Logue: Les exercices physiques et les techniques sont importants, mais ce que vous avez en tête ne pourra régler que la surface du problème. - Elizabeth: C’est suffisant. Nous vous avons consulté pour les troubles d’ordre mécanique qui entravent la diction de mon mari. On peut peut-être s’en tenir à cela. - Bertie: Je … je me sens prêt à travailler, sans relâche, docteur Logue. - Logue: Lionel. - Bertie: Et vous. Êtes-vous…êtes-vous prêt à tout faire, pour m’aider ? - Logue: Très bien. Vous voulez de la mécanique. Il faut détendre les muscles de la mâchoire, renfoncer votre langue, avec de petites phrases difficiles par exemple: l’homme souffla si fort dans son sifflet vers sa fille que ce siffleur fit souffrir sa fille qui faisait un petit somme sur son sofa. - Bertie: Parfait ! - Logue: Et votre ceinture abdominale parait flasque. Il faudra renforcer votre diaphragme. C’est une approche mécanique. - Elizabeth : C’est notre volonté. - Logue: Ça vaut moins de shilling. - Bertie: Voulez-vous oublier ce maudit shilling. Il se pou…rrait fort bien, qu’à l’occasion, nous exprimions le souhait… que vous nous assistiez. Quand j’aurais à participer à…à… des…des événements de second plan. Ça vous semble convenable ? - Logue: Ça va sans dire. - Elizabeth : Alors Voila plus ou moins en quoi se résumeront vos services. - Bertie: Je vous revois chaque semaine. - Logue: C’est chaque jour que je vais vous voir.
Les films biographiques et autobiographiques ne sont pas cent pour cent véridiques, parce qu’au cours de la transposition, toute chose réincarnée perd une part non négligeable de sa vérité. Ainsi, sachant la délicatesse du sujet abordé, Tom Hopper a trouvé une issue à sa convenance. Il s’est appesanti sur la relation entre le prince anglais et son thérapeute Lionel Logue. Mais Churchill dont le rôle prépondérant dans le conflit opposant l’Angleterre à l’Allemagne Nazie a été acculé à de la figuration. Ce personnage historique mérite à lui seul plusieurs longs-métrages pour contourner, un tant soit peu, les épisodes de sa vie. RAZAK
Ils ne sont pas plus hauts que deux pommes, mais ils ont un talent plus grand que leur taille. Les scénaristes et les cinéastes qui ont du cœur pensent souvent à eux, parce qu’ils agrémentent la fiction cinématographique, avec leur distrayante présence. Les seconds rôles qu’ils détiennent sont parfois insignifiants sur le papier, mais leur parution dans le film reste gravée dans les mémoires. Certains ont eu droit à une citation sur le Guinness Book, pour leur performance. Ainsi, en acceptant de jouer dans un film, aux côtés d’acteurs plus hauts et plus élancés qu’eux, les nains font preuve d’un courage et d’une ténacité à toutes épreuves. Ces nains de cinéma défient leur handicap et leur condition d’être, même si au fond d’eux, ils savent qu’ils ne sont pas des acteurs normaux, comme les autres. La preuve, la camera se baisse pour les prendre, comme une mère qui s’incline pour prendre son bébé. Mais quand l’œil de la camera se baisse de cette manière, c’est que cet appareil de prise de vue a trouvé de l’or précieux à visage humain, pour enrichir ses bobines. Fellini et Cecil B. De Mille font partie des cinéastes qui ont dirigé quelques unes de ces sympathiques et inoffensives créatures, dont la taille la plus élevée ne dépasse pas 85 cm. Dans le film Le plus grand chapiteau du monde, Cecil a fait parader toute une pléiade de nains. Quelques uns portaient des mascottes de héros des dessins animés comme Mickey Mouse. Le plus connu de cette pléiade étant Harry Earles. On aurait souhaité qu’un oscar honorifique lui soit donné, ne serait-ce qu’à titre symbolique, car dans ce film de délassement, qui s’approche du documentaire, tout geste effectué par un nain vaut le double de celui que déploie un acteur normal. Le cirque était presque le seul espace où les nains pouvaient faire valoir leurs dons artistiques. Mais Cecil B. De Mille et d’autres cinéastes visionnaires ont eu le privilège de leur ajouter une autre estrade, en élargissant le champ de visibilité. Cette estrade est cinématographie et elle n’a pas besoin d’une gigantesque tente pour être abritée. Fellini qui était comédien avant tout n’a pas oublié ses anciens camarades de petite taille. Il en a montré dans plusieurs de ses films, quoique dans une figuration éphémère. Parmi les ciné-nains les plus célèbres on peut citer: Verne Troyer, Billy Barty, Warwick Davis, Peter Dinklage, Angelo Rossitto, Jerry Maren, Michael Dunn, Hervé Villechaize, Kenny Baker Weng Weng, Zelda Rubinstei, Michael J. Anderson, Felix Silla… Le but de cette chronique culturelle n’est pas de dresser une liste exhaustive, mais de leur rendre hommage, pour la témérité dont ils font preuve. Le cirque et le cinéma ont sauvé quelques uns de l’aigrissement intégral. Ainsi, si le destin les a maltraités, l’art se porta à leur secours. Ceux qui se moquent railleusement et insolemment des nains sont vraiment méchants et racistes. Les langues déliées et leurs sarcasmes ne les laissent pas tranquilles. Etre adulte et avoir une petite taille. Ne veut aucunement pas dire qu’on a un cerveau atrophié et débile. En Afrique, il y a toute une ethnie qui vit avec ses propres spécificités et particularismes corporels depuis les temps reculés. On les appelle les Pygmées et entre eux ils ne ressentent aucune gêne et aucun complexe. C’est au moment où ils quittent leur communauté et leur fief naturel que les choses se compliquent. Les problèmes de taille surgissent et les font souffrir en silence. Les personnes atteintes de nanisme ont leurs problèmes spécifiques. Les uns sont innés, d’autres sont dus à l’environnement. Si pour allumer l’éclairage électrique, certains n’ont pas besoin d’une petite échelle ou d’une chaise pour monter dessus, certains nains ne trouvent pas des interrupteurs sur mesure et à la hauteur de leurs bras. Mais, une chose les différentie nettement des autres bipèdes de grande taille. Ils sont magnanimes et inoffensifs. On n’a jamais entendu parler d’un nain tuant quelqu'un d’autre. Ce sont les costaux de grand calibre qui détiennent l’affreux et triste record de la criminalité dans le monde. RAZAK
Réalisateur: Agnieszka Holland Scénario: Stephen J. Rivele et Christopher Wilkinson
Chaque idée qui meurt en fait naître une nouvelle
Pour l’orchestration de la neuvième symphonie Ludwig Van Beethoven (Ed Harris) a besoin d’un copiste pour mettre au propre ses transcriptions musicales. Anna Stoltz (Diane Kruger) se charge de cette tache. Elle a beaucoup à apprendre du grand mæstro.
- Ludwig: Quoi ? - Anna: Je ne comprends rien maestro. Le mouvement? Il finit où ? - Ludwig : Il ne finit pas. Il s’écoule. Cessez donc de penser en termes de commencement et de fin. Ce n’est pas un de ces ponts construits par votre homme de fer. Ce sont des choses vivantes comme les nuages qui prennent forme ou les marrées qui changent. - Anna: Mais musicalement, ça fonctionne comment ? - Ludwig: Ça ne fonctionne pas. Ça grandit. Vous voyez le premier mouvement devient le deuxième. Chaque idée qui meurt en fait naître une nouvelle. Dans votre travail vous avez l’obsession de la structure. Vous voulez choisir la meilleure forme. Il faut que vous écoutiez la voix qui parle à l’intérieur de vous. Je ne m’entendais moi-même jusqu’à ce que je devienne sourd, non pas que je vous souhaite que vous deveniez sourde ma chère. - Anna: Vous êtes entrain de me dire que je dois trouver le silence en moi afin d’entendre la musique. - Ludwig: Oui, oui, oui. Le silence est la clef. Le silence entre les notes. Une fois que ce silence vous enveloppe votre âme se met à chanter.
Le film lui-même est une fugue de cinéma. Ça ne nous fait oublier les détonations des films de guerre, le sifflement des balles des winchesters et des pistolets de cow-boys et puis les bruits du croisement des épées au temps des croisades. Copiying Beethoven pivote autour de la neuvième symphonie de Beethoven. Comme n’importe quel film abordant la vie de gens illustres, il y a des exagérations et des omissions. Les exagérations viennent de la subjectivité tant des co-scénaristes que de la réalisatrice. Les omissions sont dues au fait qu’on ne peut pas résumer une vie en une portion de temps de quelques dizaines de minutes. Les pitreries rajoutées au récit vont à l’encontre de ce qu’on veut mettre en évidence et en exergue chez ce grand compositeur de musique classique. RAZAK
Réalisateur: Victor Fleming Scénario: Sidney Howard
Peut-on gagner une guerre avec des mots ?
La guerre de sécession est sur le point d’éclater. Une réunion de concertation se tient en Georgie chez les Wilkes. On discute de la décision à prendre. Au pragmatisme de Rhett Bultler (Clark Gable) s’oppose la frivolité de Charles Hamilton (Rand Books). Ashley Wilkes (Leslie Howard) est là pour placer les mots qu’il faut pour ne pas gâcher la soirée.
Voix off -Les Yankees nous ont assez insultés comme ça. Il est temps de leur faire comprendre que nous gardons nos esclaves. Que cela leur plaise ou non. L’Etat de Georgie a formellement le droit de se séparer de l’Union. -Il a raison. -Le Sud doit défendre sa cause par les armes. Après avoir attaqué Fort Sumter par ces canailles de Yankees, nous n’avons qu’à nous battre. Il n’y a pas 36 moyens. -La guerre, parfaitement. -Les Yankees seront les premiers à demander la paix.
-Gerald O’Hara: La situation est plus simple, les Yankees ne sont pas prêts. Nous le sommes. -Brent Tarleton: Il n’ y aura même pas de bataille. Ils s’enfuiront comme des lapins. -Stuart Tarleton: On leur donnera une raclée. -Brent Tarleton: Un seul combat suffira pour les écraser. Les gentlemans sa battent mieux que la crapule. -Frank Kennedy: Les gentlemans sa battent mieux que la crapule. -Gerald O’hara: Qu’en pense le capitaine de notre haute élite ? -Ashley: Et bien cher amis, si la Georgie doit se battre, je me battrais aussi. Mais comme mon père, j’espère que les Yankees nous laisseront quitter l’Union en paix. -Brent Tarleton: Voyons Ashley, voyons Ashley. Ils nous ont insultés. Ne dites pas que vous ne souhaitez pas la guerre. -Ashley: La plupart des misères de ce monde est causée par la guerre, et quand les guerres sont finies, nul ne sait quels en furent les motifs. - Gerald O’Hara : Allons, allons Messieurs. M. Butler revient du Nord, je crois. Etés-vous de notre avis Mr Butler? -Butler: Je crains qu’il ne soit difficile de gagner une guerre avec les mots. -Hamilton: Que signifie monsieur? -Butler: Uniquement Mr Hamilton qu’il n y a aucune fabrique de canons dans le sud. -Hamilton: Quelle importance y a-t-il pour un gentleman ? -Butler: Je crains fort que cela ait une importance considérable pour la plus part des gentlemen monsieur. -Hamilton: Insinuez-vous Mr Butler que les Yankee seront vainqueurs? -Butler: Non. Je ne veux rien insinuer. Je me rends compte malheureusement que les Yankees sont mieux équipés que nous. Ils possèdent des fabriques, des charbonnages, des chantiers navals et une flotte pour nous bloquer dans nos ports pour nous réduire à la famine Tout ce que nous avons c’est du coton, des esclaves et de l’arrogance. -Hamilton: Vous parlez en traître -Butler: Je suis désolé que la vérité vous blesse. -Hamilton: Trop pressé à vous excuser monsieur. J’ai entendu dire que vous avez été chassé de l’académie militaire. N’est-ce pas Mr Butler ? Et que vous ne recevez plus dans les meilleures familles de Charleston. Pas même dans la vôtre. -Butler: J’exprime de nouveau mes regrets pour mes propos trop francs. Monsieur Wilkes, puis-je vous demander la permission de me retirer dans une autre pièce. Il me semble que sans moi, ces messieurs goûteront mieux leur cognac, leur cigare et leur rêve de victoire. -Hamilton: Vous voyez. Qu’est ce que pouvez attendre d’un individu comme ce Rhett Butler ? -Butler: Exactement, comme si vous l’aviez provoqué en duel. -Hamilton: Il ne tenait pas à se battre. -Ashley: Ce n’est pas de cela Charles. Il ne voulait pas profiter de sa supériorité. -Hamilton: Comment sa supériorité? -Ashley: Oui c’est un des meilleurs tireurs du comté. Il l’a prouvé à maintes reprises devant des adversaires moins nerveux que vous. -Hamilton: C’est ce qu’on va voir. -Ashley: Ne vous emballez pas. Cette fois ça pourrait tourner mal. Gardez vos forces pour des combats beaucoup plus sérieux Mr Charles. Messieurs Excusez-moi monsieur Butler est notre ôte. Je dois lui tenir compagnie.
Les sudistes de Georgie vont essuyer une cuisante défaite. Atlanta a été mise à feu et à sang. Le domaine des O’Hara (terre de Tara) est en ruine. Charles Hamilton le fervent «s’en va-t-en guerre» sera le premier à y succomber. Ashley revient du front tout meurtri de l’intérieur. Butler a été épargné, mais il sort abattu de sa propre «guerre sentimentale» contre la charmante Scarlett. RAZAK
A ans, Fanis ( Markos Osse ) a très tôt été attiré par l’art culinaire. C’est son grand-père Vassilis (Tassos Bandis) gérant d’une échoppe à épices qui l’en a influencé précocement. A l’âge adulte, il devient professeur en astronomie. La séquence choisie est en fait un flash-back. Le narrateur revient aux premières expériences de l’enfance. Le vieil épicier fait une drôle de similitude entre les épices et les astres. Le poivre renvoie au soleil. La cannelle fait penser à Venus. Un «zodiaque culinaire» est ainsi ébauché pour étancher les appétits tant du palais buccal que de l’esprit, face aux curiosités célestes.
-Fanis: Mon grand-père disait que le mot «astronome » était contenu dans le mot « gastronome » et donc mes leçons d’astronomie comportaient l’étude des épices. -Vassilis: Moi, je vais parler et toi tu vas goûter et tu vas réfléchir. Nous sommes bien d’accord? Tu vas me goûter ça, du poivre, la chaleur brûlante. -Fanis: Le soleil. -Vassilis: Exact. Le soleil et alors qu’est ce qu’il voit le soleil? -Fanis: Il voit partout le soleil. -Vassilis : Exact. C’est pour ça que le poivre s’introduit dans toutes les nourritures et puis nous avons Mercure chaud comme le poivre et enfin Venus. -Fanis: Cannelle. -Vassilis: Oui. Venus. C’était la plus belle des femmes. Voilà pourquoi la cannelle est douce et amère, comme les femmes sont douces et amères. Voici la terre où nous vivons. Que y a-t-il sur la terre ? -Fanis: Il parait qu’il y a la vie. -Vassilis: Oui il y a la vie sur terre. Oui enfin il y a aussi la mort il faut faire de la place aux autres de temps en temps. Et la vie a besoin de … -Fanis: De nourriture. -Vassilis : Et qu’est ce qui donne du goût à ce qu’on mange? -Fanis: Le sel. -Vassilis : Exact. La vie aussi demande du sel. La vie comme la nourriture est meilleure avec du sel.
S’il y a des films qui vous donnent envie de boire du champagne, ou manger du saumon fumé préparé avec goût, d’autres comme Politiki Kouzina (Touch of Spice) vous donne envie de goûter la viande hachée préparée avec de la cannelle. Ce film sur les nourritures terrestres fait une escapade dans le cosmos. La politique frôlée au passage (conflit entre Accra et Athènes) se sert d’une autre cuisine. L’imagination humaine a réussi à mettre sur orbite gravitationnelle des grains de poivre autour d’une nébuleuse de sel. A quel astre correspondrait l’ail? Vassilis «l’épiçologue» en chef se contente de dire dans le bain de vapeur : «quand un diplomate renifle l’ail, croyez-moi, c’est très mauvais signe.» RAZAK
Le mot n’existe pas dans le dictionnaire des arts et métiers du cinéma, mais il serait peut-être temps de l’y introduire, car quand on évoque le travail des personnes qui se chargent des effets spéciaux et des truquages cinématographiques, on ne dit pas «truqueur» ou «effecteur». Il n’y a pas un nom pour les designer. Comme anglicisme, on pourrait trouver une association de mots pour résorber cette carence. L’entité «maker» s’adapte à tous les assemblages reliés par un trait d’union. Ainsi le «make-up» (à ne pas confondre avec le «making-of») et qui signifie maquillage relève du domaine des astuceurs physionomiques. Par extension, les costumiers, les spécialistes du bruitage, les dresseurs d’animaux de tournage, les maquettistes, les décorateurs, les manipulateurs d’explosifs, les ciné-infographistes assistés par ordinateur sont tous des «astuceurs» de premier ordre. Les astuceurs du vestimentaire adaptent le look de l’acteur en chair et en os à celui du personnage de fiction. Ils effectuent un travail colossal quand il s’agit de film historique. Les astuceurs du feu ne manquent pas d’ingéniosité, mais parfois ils se font brûler le corps par les jets résultant des déflagrations, car la manipulation des explosifs n’est pas une partie de plaisir. Les spécialistes du bruitage sont des astuceurs du son. Ils cherchent à tromper notre ouïe. Une feuille mince de zinc qu’on agite devient du tonnerre. Les cascadeurs et les doublures sont aussi des astuceurs puisqu’ils prêtent astucieusement leur agilité physique aux acteurs du film. Enfin, les «ciné-manutentionnistes» qui sont des physiciens qui connaissent bien leur domaine réalisent de belles chutes, sans que l’on voie le câble de suspension. Un autre astuceur celui-là en sciences optiques leur facilite la tâche. Il suffit de filmer la scène avec un arrière-fond peint en bleu. Par incrustation, on peut transposer ces images dans des reliefs montagneux ou des ravins de grandes dénivelées. Les astuceurs les plus notoires de toute l’histoire du cinéma sont les pionniers comme Edison et les Frères Lumière qui ont trouvé l’astuce géniale de faire mouvoir l’image fixe en se basant sur le mouvement de rotation. George Méliès en avait enrichi la palette. Dans les 32 chroniques hebdomadaires publiées dans un journal marocain sur le cinéma colonial, nous avions abordé l’apport de ces éclaireurs bien éclairés. Comme le cinéma est une astuce, ce sont les astuceurs rusés qui l’enrichissent. Le making-of qui retrace les péripéties du tournage révèle les talents de ces collaborateurs de production. Sans eux, le film aurait montré ses verrues, ses fissures et ses hideuses rides. On ne peut pas citer tous les films où ces «simulateurs» bien inspirés nous entraient en bateaux en nous aveuglant avec leurs prouesses, car il faudrait des volumes de paperasse pour cela. Mais on se limiterait à quelques exemples de films choisis au hasard. Dans les trois films «Citizen Kane», «Benjamain Button» et «Flawless» les deux acteurs Orson Wells et Brad Pitt ainsi que l’actrice Demi Moore se font sexagénaires grâce aux mains habiles qui ont anticipé artistiquement leur vieillesse. Chahrukh Khan dans «Veer Zaara» avait lui aussi les cheveux grisonnants à la sortie de prison. Dans le chef d’œuvre cinématographique «Autant en emporte le vent» les astuceurs ont fait de la remarquable scène montrant des centaines de blessés de guerre gémissant sur les rails une leçon de cinéma. Le filon d’or que l’on voit dans le film «Le Trésor de la Sierra Madre » n’est qu’un produit artificiel et les liasses de dollars américains montrées en grandes quantités dans les films sur la Mafia et les films de gangstérisme, comme «Le Parrain» et «Scareface» ne sont pas vraies. Ce sont des trucs d’astuceurs. La montagne de diamants montrée dans «Flawless» n’a rien de diamantifère. C’est du toc. Les play-back des films hindous ne montrent pas les visages des vrais chanteurs et chanteuses, c’est un subterfuge d’astuceur. Les deux karatekas Jet li et Jackie Chan n’ont pas des ailes pour s’envoler comme des faucons, l’ordinateur (images de synthèse) ou le câble d’accrochage leur assure cette faculté extraordinaire. Le petit chien qui dans le film western «Shane» resta planté devant une tombe ne serait pas là si son maître-dresseur n’était pas mis à l’intérieur du cercueil. Qui aurait pensé à cette astuce? Les bouteilles qu’on brise sur les têtes sont en sucre. Les cartouches de Winchesters, les couteaux et les épées qu’on enfonce dans le thorax, sont objets inoffensifs. Certains truquages sont obtenus par les mouvements de la camera. D’autres dépendent de la matière utilisée: silicone, fumigène… Le jour où leur réservoir tarirait et que leurs réserves en inventivité s’épuiseraient, l’on sonnerait le glas du cinoche. Le 7eme art survit grâce à l’art des astuceurs. Razak
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Le prix international Bouzghiba-Awards 2010 revientau scénariste et dessinateur de bandes dessinéesDerib.Claude de Ribaupierre, alias Derib est né le 8 août 1944 à La Tour-de-Peilz (Suisse). Très jeune, il se rend à Bruxelles, ville réputée universellement dans le domainede la BD. Le studio Peyo l’accueilleà bras ouverts etluidonne l’occasion de s’illustrer. En 1970, Yakari, personnage de BD voit le jour. Il sera suivi par d’autres réalisations aussi séduisantesles unes que les autres dont notamment Buddy Longway et Red Road. Sa collaboration avec le journal Tintin et les éditions du Lombard a étéfructueuse.
-«Lorsque j'ai dessiné Yakari chez Peyo, entre 2 Schtroumpfs, ça a été pour moi une première bouffée de liberté » disait Derib à propos de ce petit indien Sioux aussi braveque généreux comme lui d’ailleurs. Et d’ajouter: « Dans le monde enchanteur de La Grande Prairie, Yakari chevauche d'aventures en aventures, de découvertes en découvertes, de rencontres en rencontres…»
L’albumYakaria ététraduit en 17 langues dont l'Allemand,l'Indonésien, le Portugais, le Chinois, et l'Arabe.
En 1984, Derib fut invité par le Centre culturel français de Rabat. La petite causerie qu’on avait eue sur l’art de la BD futpubliée en intégralité dans un journal marocain, rehaussée du joli dessin qu’il m’avaitdédicacé. Durant plus de trois décennies ce grand bédéiste s’estdévouéavec grandamour etgénérosité à l’art ludique n’ayant qu’un seul souci: cultiver en divertissant. N’est-ce pas l’aspiration suprême dupersonnageBouzghiba lui-même?
Derib mérité d’être auréolé du prix international de l’humour, à l’instar de ceux qui dans l’abnégation continuent de porter le flambeau de l’art sensible tout en demeurant au service de la joie et de la bonne humeur, deux denrées si rares et si précieuses de nos jours .
RAZAK
Le prix Bouzghiba: critères
C’est un prix culturel symbolique, ouvert à tous les créateurs du monde, sans distinction de race, de croyance et de pays;
Le trophée est un tableau de peinture réalisé par l’initiateur du prix;
Le Prix ne concerne que les personnes vivantes se distinguant par l’abondance et la continuité dans la production;
Tous les arts et disciplines sont pris en compte;
La composante humoristique est fondamentale. L’humour édifiant est une prédilection omniprésente.
Le Prix n’est pas tributaire d’aucune aire géographique. Il aspire à l’universalité par itinérance transculturelle.
Un ouvrage récapitulatif est éventuellement publié pour faire l’éclairage approprié sur les lauréats. (Le tome-1 de la monographie Bouzghiba est paru en 2008).
NB: Les lauréats pourraient refuser le trophée, si toutefois ils n’y trouvaient aucun intérêt.
2006 : Les animateurs du programme-tv éducatif « C’Est pas Sorcier »
2007 : Theo Jansen (sculpteur et physicien hollandais, célèbre par ses sculptures mobiles)
2008 : Zhang Yimou (cinéaste chinois qui a supervisé la cérémonie d’ouverture des JO-2008 de Pékin.)
2009 : Larbi Sebbane (doyen des caricaturistes marocains)
2010 : Derib (scénariste et dessinateur de bandes dessinées)
Le Prix Bouzghiba de l’humour a été initié par l’artiste peintre et critique de cinéma RAZAK Abderazzak. Après la troisième édition, il a publié le tome-1 de la monographie relative au Prix Bouzghiba pour faire le point sur ses spécificités, sa philosophie et ses objectifs suprêmes. L’ouvrage jette une lumière sur l’œuvre des trois premiers lauréats. Il en serait ainsi pour les futurs gagnants qui prendraient la relève. Pictural et bibliographique, tels sont les deux traits distinctifs de ce prix culturel unique en son genre dans tout le Maghreb.
Razak est l’auteur de: L’homme sans ombre, (le journal Libération, 1991), «Au-delà de l’Artifex, je dis» (recueil de poésie. Edi. Maxime, Montréal CANADA, 1995). L’année 2010 a été féconde et riche en créations. Il a écrit en plus de la pièce théâtrale Al Hait (Le Mur) le récit de science fiction intitulé Le Vidéographe Justicier et le roman Boumanjel le gaucher (oeuvre de fiction avec ancrage historique). Ces deux derniers écrits sont envoyés aux éditeurs en vue d’être publiés. Sur le plan pictural Razak a réalisé durant l’année 2010 un ensemble de 3 1toiles. Elles seront exposées prochainement. Une petite sélection de tableaux est visible sur le Net via son blog.
NOTE DE SYNTHESE
« Si à la place d’une œuvre d’art on donnait un chèque bancaire, le Prix Bouzghiba n’aurait aucune crédibilité. Tous les maux viennent du pécule », ainsi avions-nous écrit dans le tome-1 de la monographie relative aux Bouzghiba-Awards (page 96). On aimerait ajouter que dès que l’argent s’en mêle le symbolique disparaît. Les personnes qui ont une copie de ce livre peuvent relire l’introduction. Tout est déballé dans le premier paragraphe avec des mots du cru:
« Pour le prix Bouzghiba de l’humour, nous avons choisi, dès son lancement en 2005, la voie épineuse, au lieu des raccourcis fainéantisés menant à l’autoglorification trompeuse, qui ajoute à l’art plus de tares qu’elle n’en retranche. Ne voulant point céder à la facilité, nous voudrions faire l’éloge de l’excellence, loin de tout tapage folklorique et de tout marchandage aliénant. »
En tout cas, nous remercions tous les organes de presse, les annuaires de blogs internationaux et les portails de web-info pour leur généreux appui, que ce soit pour l’exposition «spécial Bouzghiba», le prix donné en son nom, la monographie ou le classement encouragent du blog Bouzghiba-Awards établi par la société américaine Wholinkstome spécialisée en mangement de réputation des sites web.
LE FESTIVAL DE MARRAKECH ENTRE L’ETRE ET LE PARAITRE
Alors que la cinéphilie de salle continue de régresser au Maroc, dramatiquement et sans nul espoir de relève, les festivals de cinéma prolifèrent profusément. Est-ce par paradoxe ou par défi administratif? Qu’il pleuve ou qu’il vente, qu’il y ait des catastrophes ou des fléaux, ils ouvrent leurs boutiques. Avec ou sans clientèles on s’obstine à rester dans le circuit, rien que par plaisir du gaspillage. Juste deux jours avant l’ouverture du FIFM-10, il y a eu des inondations diluviennes qui ont causé la mort à plusieurs marocains mais ce festival qui est, rappelons-le en passant, l’un des plus budgétisés du Maghreb semble insensible devant les catastrophes comme si ceux qui veillent à survie (des français et des marocains) étaient d’une autre planète. Le budget copieux alloué à la manifestation devait être dépensé quelque soit les circonstances. Et vu les ressources financières dont dispose ce festival privilégié, on peut prédire qu’il s’éterniserait à l’infini, puisque une fondation officielle regroupant plusieurs ministères et des organismes semi-publics ou privés comme l’OCP, l‘ONA et l’IAM a été constituée pour en garantir la pérennité. A Rabat et à Casablanca, on a dû annuler pas mal de festivités par solidarité avec les victimes. Le FIFM aurait dû, par humanisme éclairé, ajourner la manifestation, mais la partie française ne voulant pas rater son édition, a tenu à ce que l’hommage décennal réservé à sa cinématographie se fasse comme prévu. Que les noyés aient au cimetière. Après dix années d’existence, quel impact y a-t-il eu sur la cinématographie marocaine? Les réalisateurs étrangers et les producteurs que l’on a fait venir de loin ont-ils tous tenu leurs promesses concernant des projets de tournage? Les distributeurs invités avaient-ils apprécié les produits audiovisuels marocains? Quelle plus-value a-t-on pu enregistrer au niveau des affluences touristiques et des nuites hôtelières étant donne que certains pensent naïvement qu’on peut marier aisément projections de films et tourisme? C’est ce genre de questions que l’on devrait poser aux organisateurs les plus avisés et qui ont du poids au sein de l’organisation. Ceux qui se servent du festival sans le servir claironnent qu’il est devenu un carrefour incontournable et que les chaînes de télévision en parlent, et que tralala …Nous aurions souhaité qu’un débat franc, sincère et fécond soit entamé pour faire le bilan de manière objective, car avec la crise monétaire et économique qui a frappé tous les pays sans exceptions l’avenir nous interpelle tous. Qu’est-ce qui est plus important: construire un dispensaire ou financer un festival de divertissement ? Personnellement, j’ai visité d’autres quartiers se trouvant tout près de Bab Aghmat et qui se trouve à proximité de la place El Fna, il m’a semblé me trouver dans une jungle. Les lampadaires désagrégés, des dépôts d’ordures amoncelés partout, murs de maisons délabrés. Bref, on veut imiter Cannes mais dans cette ville française, il n’y a pas de telles saletés et il n’y a pas d’oisifs et de désœuvrés plantés aux coins des rues, guettant les touristes. Le franc-parler dont Razakcinema cultive la pertinence et la cohérence de manière militante dérange les nombrilistes. Ils font tout pour nous éviter, alors que des énergumènes incultes et arrivistes, cinéphobes confirmés et blablateurs virulents viennent à Marrakech pour faire leur cinéma genre « m’as-tu-vu j’y étais». La liste noire ne cesse de s’allonger. Désormais, les badgés du festival sont de deux sortes: ceux qui reçoivent dans leur luxueuse chambre d’hôtel « n » étoiles les invitations pour les cérémonies d’ouverture et de clôture, y compris les réceptions spéciales et puis ceux qui (comme l’auteur de ce blog de cinéma) ne servent avec leur « demi-accréditation » qu’à garnir les chiffres pour justifier les budgets sans en profiter réellement. Ils disent que le festival appartient à tous les marocains. Mais en réalité, on remarque que seule une minorité privilégiée en profite. Le gratin le plus choyé se trouve chez les français du FIFM. Vient ensuite l’armada de la SNRT, du CCM et du ministère de l’information. Les éternels revenants (comme Yousra l’égyptienne…) commencent vraiment à agacer. Côté presse écrite, on privilégie l’institutionnel. De cette sélectivité discriminatoire, en a résulté un sentiment de Hogra chez les chroniqueurs indépendants. Ainsi, comme s’il s’agissait d’un bal pour aristocrates sur-argentés, on doit obligatoirement porter des habits luxueux avec papillon, smoking et redingote. Mais où êtes-vous monsieur Karajan ? Le vrai cinéma cède la place à un cinéma des apparences. Les internautes qui ont pris l’habitude de hachteteper notre blog savent que l’on a déjà abordé cette tendance exhibitionniste qui a transformé un festival de cinéma en «vestival». Les grosses fortunes ayant des cervelles vides trouvent l’occasion idoine pour se démarquer. Mais ils ne savent pas qu’ils se font ridiculiser. A mon avis, la meilleure manière de se démarquer est d’investir dans le domaine du cinéma, car un producteur de cinéma est mille fois mieux qu’un pique-assiette qui en plus de l’avarice veut «paraître». L’habit ne fait pas le moine.
Par fidélité aux principes, on ne cherche ni à faire le franc-tireur, ni le «baise-main». Quand il y a un film qui mérite une critique positive on s‘y met sans arrière-pensée. Mais les navets c’est dans le souk qu’on doit les exposer. Malheureusement, c’est la mauvaise qualité qui domine la programmation de cette dixième édition. Les changements de dernière minute ont ajouté un désagrément auxdites festivités festivalières. Or le hic, c’est qu’il y a des gens qui prétendent s’ y connaître et qui croient être des génies infaillibles. Par conséquent, tout ce qu’ils font est impeccable, beau et splendide. Où se trouve l’impeccable dans le piètre décor dressé devant le Palais des Congrès et que l’on a concocté médiocrement avec une série de portraits. Il est d’une mièvrerie écœurante. Quand on n’est pas artiste on ne peut pas être esthète. Comment ne pas râler alors qu’un festivalier portant un badge de professionnel a été interdit d’accéder au cinéma Le Colisée ? La guichetière lui a dit que le badge n’est valable que pour le Palais des Congres. Dénoncer certains comportements excessifs de la part de vigiles ainsi que les dysfonctionnements inhérents à l’organisation cela fait partie des sujets qui intéressent Razakcinema, car pour améliorer les choses, il faudrait une part de vérité et d’autocritique. Une certaine presse acculée à écrire du mensonge pour continuer à profiter de la manne publique (congé payé) préfère le style agencier, genre « tout va bien madame la marquise », au style décapant et véridique . Pour notre cas, on a fait de Razakcinema un prolongement de ce que nous écrivions en toute objectivité dans les journaux depuis plus de deux décennies. On jauge aussi bien le contenu que le contenant. C’est cet atout qui distingue nettement notre site du reste de la presse électronique. Il est regrettable qu’après 10 ans aucun film marocain n’ait pu décrocher le grand trophée du festival. Dix ans font d’un bébé un adolescent et d’un élève interne un docteur de médecine. Et comme la majorité des invités n’assiste pas au projections et vient exhiber ses habits alors qu’on organise dans les éditions à venir une exposition de costumes de tournage utilisés par les acteurs et actrices dans des films célèbres comme Autant en emporte le vent de Victor Fleming ou L’Esclave Libre de Raoul Walsh . Il serait instructif de voir les soieries que portaient Scarlett O’Hara et les habits d’époque dont s’était vêtu la grande star Clark Gable. RAZAK Sans rancune
Au fil des FIFM et malgré l'austérité relationnelle ambiante qui effecte la nomencalture festivalière dans sa totalité ("stars" reservées et sous haute surveillance, vigiles renfrognés, flicaille... ) il y a des liens d'amitié qu'on peut tisser en dehors du festival avec des gens simples n'ayant rien de prétencieux et de sophistiqué dans leur comportement. Youssef et Abdelhaq forment un duo d'intrumentistes qui en plus du talent, il a de l'affectivité et de l'intelligence. Ce duo anime avec sobriété et finesse l'espace de divertissement du palace se trouvant en face du Palais des Congrés. A chaque fois que les salles obscures m'obscurcissent les sens avec leurs mievreries cinégraphiques, je me dirige au coin douillet et dyonisiaque où ces deux artistes talentueux me consolent et me gratifient l'ouie avec leurs morceaux choisis.
« Une fois tous les chapitres du volumineux bouquin furent contés, Saleh, avait remarqué que le conteur revenait aux premiers épisodes. Il abandonna ce petit forum de littérature populaire et s’en alla à la Halqua qui faisait du sol poussiéreux un ring. -Pourquoi ne pas essayer? La boxe est après tout, un sport d’hommes courageux, s’était-il demandé avec enthousiasme. L’animateur de la Halqua lui avait enfilé une paire de gants, tout rapiécés et demanda aux badauds rassemblés en cercle: -Qui veut affronter ce champion? Un gars plus âgé et plus robuste que Saleh leva sa main. Le maître de la Halqua lui avait dit: -Avance mon gaillard. Il demanda aux spectateurs d’applaudir. Il lui avait mis les gants en nouant les ficelles. Mais avant de donner le signal avec son sifflet, il rappela aux deux amateurs de boxe, les principes de jeu: -Pas de coups en dessous de la ceinture, s’il vous plait. On devinait aisément pourquoi, il insistait là-dessus. Dans cette région du corps, se trouvait l’organe le plus précieux, pour la reproduction génétique. Dès le premier round, Saleh cogna son adversaire. Il était gaucher et rapide. Heureusement, les gants étaient bourrés de matière mole, pour amortir les coups. A mains nues, il aurait assommé son adversaire. Saleh ne savait pas, que c’était un jeu amical de divertissement et non pas un duel. Il avait tout de même, le privilège d’y apporter un peu de vérité, avec ce coup sortant du contexte ludique habituel. -La boxe théâtralisée, est faite pour les femmelettes, en concluait-il. S’il avait été né en Italie ou en Amérique du Nord, il aurait été inscrit dans un club de boxe. Au fil des compétitions, on l’aurait trouvé, sur un ring fumeux, affrontant une de ces grosses pointures comme Jake La Motta ou Rocky Marciano. Ces deux boxeurs de grande classe, firent ravage à cette époque. Si Marcel Cerdan, ce boxeur futé, né quelques années avant lui à Sidi Bel Abbas et qui vécut pendant des années à Casablanca avait vu ce gaucher qui frappait avec la vitesse de l’éclair, il lui aurait conseillé, de faire de la boxe professionnelle. Marcel Cerdan le légionnaire qu’on surnommait mystérieusement «le bombardier marocain» aurait fait avec le maquisard de Lagfaf, un duo d'enfer. Peut-être la destinée de Saleh aurait-elle pris un autre cheminement, que celui qu’il avait pris, à l’âge adulte: le chemin épineux du maquis et de la guérilla urbaine. Il avait les dons innés pour la boxe, mais cela nécessitait un perfectionnement. Ses coups de poings bruts avaient besoin d’être stylisés. L’art de la boxe avait ses propres canons et règles spécifiques. Parfois, le plus artiste gagnait le plus rouste. On en avait vu de beaux spécimens.» (Extrait du roman inédit Boumanjel le gaucher, Chapitre-III. Auteur: RAZAK)
Réalisateur: Michael Radford Scénario:Edward Anderson
Vol caritatif
Hobbs (Michael Caine) a attendu 15 ans pour se venger. Il dévalise la London Diamant Corporation où il travaille comme balayeur. La compagnie d’assurance dont l’espiègle Hobbs veut prendre sa revanche doit mettre le paquet. Elle doit payer la rançon. Hobbs a perdu sa femme à cause de l’atermoiement de cette institution. Ainsi, mettant à exécution le plan qu’il a minutieusement préparé, Hobbs parvient à évacuer les diamants à travers les canalisations d’assainissement en les stockant dans le drain souterrain. Laura Quinn (Demi Moore) une employée de cette richissime firme va l’aider à déchiffrer la combinaison du coffre-fort. Les années passent. Une journaliste préparant un dossier sur les femmes distinguées des années 50 prend rendez-vous avec Laura dans un café pour l’interviewer. La séquence donne une réponse à toutes les énigmes du film.
-La journaliste: C’est pas que je cherche à faire du sensationnel, mais où est passé l’argent? Il faut absolument que je sache…et Mr Hobbs…? -Laura Quinn: Ah! M. Hobbs. Nous ne sommes jamais reparlés. Mais un jour, j’ai reçu une lettre d’une banque en Suisse qui m’informait qu’un versement avait été fait à mon intention sur un compte numéroté, d’un montant de 100 millions de livres, la totalité. Et c’est là où ma véritable histoire commence. Dites-moi votre article s’intitule: «Les femmes au pouvoir», c’est bien ça? J’espère que vous êtes inspirée. J’espère que vous en inspirez d’autres. Vous pouvez me contracter, mes coordonnées sont au dos de l’enveloppe.
Laura Quinn s’en va. La journaliste se met à feuilleter le journal intime que la vielle femme lui a confié.
-Narration en voix off:«Je n’aurais jamais pensé que cela arriverait, mais le fardeau que constituait l’argent de Hobbs me projeta dans une autre direction. J’ai découvert le monde et à travers lui je me découvris moi-même. Vous n’imaginez sûrement pas le temps qu’il faut pour distribuer 100 millions de livres. Cela m’a pris 40 ans et c’est seulement aujourd’hui que j’ai donné le dernier penny. Je suis enfin libérée, La journaliste: (A voix basse). Vous pouvez me contacter…mais où… -Narration en voix off: Sauf de cette pierre que vous avez tenue dans votre main, que vous allez garder au cas où, à moins que… à moins que ce soit la dernière petite marque de vanité qui me reste.»
Dans Flawless (Le Casse du Siècle), ce grand vol de génie a fait de Hobbs un bon samaritain désintéressé. En réalité, il n’était intéressé que par la faillite de la compagnie d’assurance qui s’était moquée de lui quand il en avait besoin. Il a fait aussi de Laura une donatrice dépensant sans calculer au profit des déshérités. Cet espiègle, qui connaît tous les recoins du pavillon où il travaille, doit mener une course contre la montre pour déjouer l’attention des vigiles assistés par tout un arsenal ultrasophistiqué de surveillance. Il ne voulait pas du pognon mais venger sa femme. Laura qui, dans son journal intime, avoue stoïquement trouver des difficultés à distribuer les 100 millions de livres dans les œuvres de charité n’a pas pensé à l’idée de restituer l’argent à l’assureur. Aux yeux des deux voleurs ce dernier était le méchant. On a affaire à deux Arsène Lupin d’un genre inédit. L’un fait le coup et offre la totalité du butin à son complice. L’autre le distribuer aux nécessiteux. En y regardant de plus près, on s’aperçoit que l’on a volé aux riches pour aider les pauvres. Les diamants ont été retrouvés mais l’assureur en a payé fort la facture. Pour le cas de Laura Quinn, c’est Robin de bois sous la parure d’une femme célibataire. L’enquêteur futé qui a découvert le subterfuge sans aller jusqu'à inculper Laura a été et sans le vouloir, le troisième complice de ce vol caritatif. Michael Caine joue à merveille les Seconds rôles qui captivent le regard. Quand à demi Demi Moore, le make-up a accentué un tout petit peu les traits pour le personnage vieillissant qu’elle interprète. Quand au reste elle a été sublime. RAZAK
Introduction Les séquences dialoguées ne sont pas d’égale éloquence. On peut passer du lyrisme le plus sensible à la vulgarité langagière la plus irritante pour l’ouïe. Le cinéma est ainsi fait. Le film, tout comme le scénario qui lui a donné naissance, se revigore du contraste de langage, des paroles entrechoquées , des réactions imprévues et des rebondissements que renferme le récit filmique. Parfois le dialogue domine l’image. Un simple plan fixe sans grande inventivité, alors que tout un torrent d’idées déferle. Vice-versa, on peut trouver des séquences où l’image, se suffisant à elle-même, raconte ce qu’elle a à narrer, sans avoir besoin des autres ingrédients sonores. Les premiers films comiques de charlot en témoignent. Le dialogue devient plus saillant et plus percutant, quand on injecte aux mots la puissance qui les fait mouvoir jusqu à l’ébullition et vibrer jusqu’à la résonance, pour émouvoir plus. Les protagonistes et les antagonistes en sont le diapason et l’amplificateur. Ainsi, entre «déguerpis sale fumier», formule ordurière qu’on trouve à profusion dans les films de gangstérisme et «que me vaut l’honneur de votre visite» formule alambiquée de gentilhommerie, le nerf auditif du spectateur se heurte à ces intonations dissemblables et dissonantes , dont l’impact varie d’une personne à l’autre. Dans le film de Fellini " Amarcord" le curé recevant l’adolescent dans son confessionnal, lui demande : «Tu commets des actes impurs ? Te touches-tu. Tu sais que Saint-Louis pleure quand tu te touches». Une formule pudique signifiant «Ce n’est bien de se masturber». Dans d’autres films on lance les mots en vrac dans leur crudité impudique. Entre «en es-tu capable?», «en as-tu les couilles?» on sait à quel types de personnages on a affaire et on devine aisément la situation où ils évoluent. Par ailleurs on ne va pas dire: «Oh quel joli scorpion m’a piqué au mollet » ou encore «une adorable vipère m’a mordu le pied». Ce serait un pléonasme pour écervelés, moitié déraison, moitié suicide. Comment peut-on filtrer les mots cinématographiés pour ne conserver que les paroles les plus saines? Un tel tamisage est-il possible? Couper le son c’est charcuter le film. Dans les premiers films muets, la parole était enfouie dans la gestualité des personnages. Pour les films sonores (parlants, disent les ciné-historiographes) les dialogues renforcent la teneur sémantique et aiguisent la perception de l’interprétation générale. Ils donnent de la densité et de l’épaisseur aux personnages. La dramatisation progressive passe par les synapses de jonction. Eliminer cet adjuvant essentiel, c’est fragiliser la construction du film. Ceux qui ont peur des mots ne doivent pas voir de films. C’est simple comme bonjour. Sinon ils n’ont qu’à se soumettre à cet exercice d’adsorption cérébrale, consistant à voir le film en pointillé. Cela signifie faire le tamisage en transformant l’entendu qui dérange, en un «non-entendu» acoustiquement correct. Mais dans ce cas, on ne suit plus le film, car les propos provocateurs que l’on veut soustraire servent à identifier les caractères psychologiques de certains personnages. La monotonie risquerait d’affadir le substrat et de désarticuler la succession logique des images. N’oublions pas que nous faisons un cinéma à notre image. La vie elle même est faite de clivages et d’antagonismes. Le mal et le bien la font basculer, au gré des circonstances. Les plus virulents peuvent fatalement provoquer son anéantissement. Nos instincts sont ce qu’ils sont. Ils exigent de l’assouvissement. Qu’il soit total ou partiel, il importe d’en tirer la meilleure quintessence. Il n’y a pas que le courtois et le raffiné, il y a aussi la brute, le pervers et le non civilisé. Par ailleurs, dans le cinéma, les cris de haine et les vociférations se diluent tous dans la parodie, car après tout, le cinéma est une parodie, puisque tout y’est jeu et simulation. Le sang que l’on voit n’est qu’un colorant artificiel Et l’homme qui se jette de la falaise est attaché à un câble. Comme dans une peinture qui choque, les cris colériques et les paroles indécentes ont le paradoxe de s’assourdir de leur fulgurance. On s’imagine mal comment en temps de crise et de contradictions sociétales, un film ferait l’économie de tels ingrédients de base ? D’ailleurs, c’est dans la confrontation des contraires que l’on dégage les bonnes synthèses. Ces sautes d’humeur servent à l’accentuation caractérielle des personnages. Leur piment sert aussi à valoriser leurs contraires. Une langue tenue en bride nuit à la clarté des mots qui la composent, car on y remplace les plus audacieux par leur doublure. Le cinéma qui les vocalise devient à son tour une fâcheuse parodie de ce à quoi il aspire. Si c’est la vérité, ce cinéma cultivera le mensonge. Sa finalité sera gâchée par la prédominance des tentatives infructueuses. Les scénaristes aguerris, notamment ceux qui font des adaptations de «novels» une spécialité tiennent à ce que les meilleures idées du texte originel et les réflexions préalablement couchées noir sur blanc soient communiquées à des moments cruciaux du film. Il y a des films qu’on peut recommander aux gens, rien que pour une scène, ou une séquence, qui donne à la fois à jouir et à réfléchir. Le pouvoir des mots cinématographiés réside dans leur éloquence et dans les sous-entendus qu’ils génèrent. Léo Ferré quand il arrive au refrain: «La solitude, la solitude, la solitude, la solitude, la solituuude» sa voix effectue un saut vertigineux. C’est ce déchaînement vocal qui nous touche. Le cri enflammé jaillissant de l’intérieur comme d’un volcan retentit comme une détonation. Il y a des séquences dialoguées qui ressemblent au refrain de Léo et où les mots explosent pour outrepasser le sens habituel qu’ils ont. D’autres moins impétueux nous irradie d’une intelligence suprême. Ainsi, fidèle à sa ligne innovatrice, Razakcinema se propose d’en présenter une sélection sous l’intitulé: «Répliques magnifiques à méditer». On a déjà fait le test réussi avec Philadelphia (voir article posté antérieurement sous le titre: Quand la diva Maria Callas se mêle à la mélancolie d’un sidé. L’article, comme en témoigne la toile a été repris par de nombreux sites web et portails infos ). Ces répliques choisies représentent à notre humble avis le summum du film analysé. On voit et revoit le film plusieurs fois pour déceler ces répliques mémorables qui logent en notre tête comme des souvenirs tenaces. Elles résistant à l’usure du temps. Doublés, sous-titrés ou en V.O, les films anciens ou nouveaux, sélectionnés avec minutie, sont passés au crible. Une corvée admirable. Ce sera désormais la nouveauté de cette reprise. RAZAK