Friday, May 18, 2012

Remember VIGON



Remember  Vigon
 
Bien qu'il soit naturalisé français, Abdelghafour Mohcine (alias Vigon) s’est toujours estimé ignoré par les medias dominants en France. Malgré son immense talent, l’on arrive à se demander quels préjugés réducteurs seraient derrière ce veto audiovisuel inhospitalier. Cette légende vivante qui, par ailleurs, a une voix magique  dédia  sa vie à la Soul-music. Qui  l’entend pour la première fois ne croira pas qu’il s’agisse d’un chanteur d’origine marocaine. C’est du Sam Cooke tout fignolé. Vigon fut l’idole de toute une génération. J’en fus un des plus enthousiastes. Aux débuts des années 80,  j’avais eu la chance de le rencontrer par hasard à Agadir dans les dédales du quartier «Talborjt» où se trouvait la gare routière. J’étais au courant qu’il chantait  au «Tam-Tam Club» à l’hôtel «Les Almohades», mais à l’époque, l’accès à ce club était (financièrement parlant) hors de ma portée. En tant qu’admirateur, j’avais souhaité qu’il aille aux USA pour donner plus de mordant et de rayonnement  à sa carrière. C’est un gâchis que de passer à côté d’une méga-star délaissée injustement. Heureusement, il y a aujourd’hui un regain d’intérêt  pour la Soul-music. Le genre est  entrain de renaître de ses cendres. C’est pour cela que, par nostalgie, notre crooner de charme réapparaît, avec autant d'impact que de réussite. Enfin, les plateaux de télévision hexagonaux commencent à se l’arracher (mieux vaut tard que jamais). Ses réapparitions électrisent la foule. L’onde de choc est arrivée au Maroc, un peu tardivement, bien que la flamme y ait pris naissance. Abdelghafour va retrouver sa ville natale. Bon retour au bercail. A cette occasion, le théâtre Mohamed-V va (Mawazine oblige) «vigonniser» son programme. Le jeu en vaut la chandelle. Mais, sang de bon sang,  pourquoi l'avait-on ignoré durant toutes ces longues années, alors que des perroquets à bec humain ayant la voix éteinte s'accaparent les estrades de démonstration audiovisuelle et festivalières?
D’où vient  le pseudonyme Vigon? Abdelghafour qui est le frère du célèbre gagman du sérail, s’explique: «Alors que j'étais en classe, au lieu de dire wagon, j'ai dit vigon. Ça a amusé tout le monde et on m'a surnommé Vigon».
Son histoire avec la Soul-music commence avec l’arrivée des Américains au Maroc. Après la guerre, plusieurs bases militaires se sont installées dans différentes régions du Maroc (Kenitra, Benguerir…). Vigon avait formé un petit orchestre et allait chanter tous les samedis, pour les GI. C’est là qu’il avait appris son métier, en découvrant et imitant Ray Charles, Sam Cook, Fats Domino, Little Richard et Salomon Burk. «Des monuments», comme il dit. En 1964, il part en France, la chance lui sourit, car providentiellement, Bruno Coquatrix  lui propose de faire le prologue d’ouverture pour les grands spectacles de l’Olympia. Dans la foulée, il a connu un grand nombre de célébrités françaises et anglo-saxonnes telles que  Jimmy Hendrix, Otis Redding,  Johnny Halliday…
En 2011, terrassé par la mort de sa fille Sofia, Vigon termina la chanson «Stand by me» avec une voix endeuillée et émouvante. L’auditoire eut les yeux humides. L’on espère qu’après les nuages sombres du deuil, le crooner franco-marocain retrouve  la joie et le plaisir de chanter. N’a-t-il pas dit: «Dieu m'a donné une voix, je me donne du  plaisir et  je n'en demande pas plus».
Une dédicace pour les inconditionnels de la Soul-music qui assisteraient au «Remember-Vigon» du 21 mai: «A change is gonna» de Sam Cooke  et l’inusable «Stand by me» de Ben E-King, mais cette fois sans les larmes chaudes versées pour la belle Sofia.
RAZAK

Thursday, May 17, 2012

Ciné-répliques à méditer: Le plus vieIl écolier du monde

Le plus vieil écolier du monde


Réalisateur: Justin Chadwick
Scénario: Ann Peacock

Kimani Nganga Maruge (Oliver Litondo) est un ancien combattant qui a subi des traitements atroces durant sa captivité dans les geôles coloniales britanniques. Après l’indépendance, le président du Kenya lui envoie une lettre. Mais Maruge est analphabète. Comme l’Etat décide la généralisation et la gratuité de l’instruction à tous les Kényans, alors il se présente à l’école. Mais l’homme est âgé de 84 ans. La directrice Jane ( Naomie Harris ) va lutter contre l'hiérarchie pour lui garantir sa scolarité. On la  mute dans un autre établissement scolaire. Pour la faire revenir à son village, Maruge va voir le ministre de l’enseignement  à Nairobi. Il arrive au ministère mais la secrétaire refuse de le laisser enter. Ainsi profitant d’un moment d’inattention, il réussit à s’infiltrer dans la salle de réunion.

-La secrétaire: Attendez monsieur...monsieur  vous ne pouvez pas enter. Je suis vraiment désolée monsieur le ministre. Je vais appeler la sécurité. 
-Le ministre: Vous le connaissez?
-L’adjoint: Monsieur le ministre, c’est monsieur Maruge.
-Le ministre: Ah monsieur Maruge, que peut-on faire pour vous ?
-Maruge: Je suis ici pour la maîtresse.
-La secrétaire: Monsieur le ministre…
-Le ministre: Non, ça ira. Je vous remercie.
-Le ministre: Vous avez toute notre attention.
-Maruge: J’étais dans les camps de prisonniers avec nos pères fondateurs. Ces hommes ont tout sacrifié pour votre génération. Sans ces hommes, vous ne serez pas là. Avant, il n’y avait que la reine des Anglais sur ce mur.
(Il se déshabille pour montrer les cicatrices du dos)
-Maruge: Ce sont les Anglais qui m’ont fait ça. Ils ont fracassé mon crâne. Ils ont  coupé tous mes orteils.
-L’adjoint: Monsieur le ministre, monsieur Marugue, je crois que ça suffit.
-Maruge: Il faut tirer les leçons de notre passé. Il ne faut jamais oublier et il faut devenir meilleur. Pour ça, il nous faut de bons enseignants. C’est par nos  enfants que nous récolterons  ce que  nous avons semé. Il faut nous la rendre. Merci!

Inspiré de faits réels, le film est plaisant à voir. Maruge  a été invité aux Nations Unies à New York. Il s’adressa aux chefs d’Etats pour les sensibiliser sur les vertus de l’instruction et l’éducation. Maruge est décédé en 2009 d’un cancer de l’estomac.

RAZAK

Wednesday, May 02, 2012

Ingratitude

Ingratitude 
Par Razak
Pourquoi ne devrait-on récolter que de l’amertume après chaque acte de charité et geste 
de bonne volonté? La réponse est simple: il y a erreur de destinataire. La personne à 
aider ou à secourir n’est pas celle que l’on pense. Par ailleurs Li Andou Jouâ Kdim 
(avarice inguérissable) est incapable de répondre par la pareille, en termes de 
courtoisie et de réciprocité bienveillante. Dans le vocabulaire usuel de ces profiteurs 
on ne trouve pas le mot Merci. C’est une perte d’encre que de consacrer des lignes 
élogieuses à des énergumènes qui cachent du poison derrière la face rieuse et qui 
crachent dans la soupe que le bon samaritain leur offre gratuitement. Le mieux qu’on 
puisse attendre des mauvais types c’est le manque de civisme et de l’ingratitude 
outrancière, pour le geste généreux qu’on vient de commettre en leur faveur. Je dis 
commettre, car il y a un peu de susceptibilité qui s’insinue par inadvertance de s’être 
trompé de gars. Mais on ne doit pas se lamenter et céder au dépit, car après tout, les 
gens sont pierres et «Tob» (roche tendre) comme dit l’adage marocain. Les lecteurs de mes 
chroniques se souviennent que bénévolement et stoïquement l’on avait aidé de nombreux 
novices dans leurs premiers pas et on a réussi à détourner l’attention sur des comédiens 
et comédiennes que l’on considérait comme victimes de la société. On était allé (avec la 
bénédiction du chef de rubrique) jusqu’à afficher leur jolies gueules dans la publication 
pour que les lecteurs se souviennent d’eux. Après la diffusion du journal, ils ont vu que 
leurs conditions se sont nettement améliorées, mais ils oublient de dire merci, au moins, 
au support qui a servi de courroie de transmission et de passerelle. Bref, ils en ont 
profité, mais pourquoi se montrer irrévérencieux comme font les arnaqueurs et les pique-
assiettes? Les uns ont carrément changé de statut social. De l’être besogneux à l’être 
fortuné, l’ascension devait-elle passer par le sacrifice du chroniqueur ou du journaliste 
culturel qui l’a propulsé? D’autres, menacés d’expulsion de leur domicile, ont dû être 
sauvés in extremis grâce au journal qui, par solidarité, a évoqué leur cas. On n’attend 
pas d’eux qu’ils nous fassent une thèse doctorale de civilité, mais un tout petit mot de 
gratitude pour le rôle noble accompli. Que dire enfin de quelqu’un qui vient presque à 
quatre pattes vous supplier d’écrire sur son calvaire, mais une fois débarrassé de son 
problème, il vous dit sans vergogne: «dommage, le journal n’a pas beaucoup de lecteurs» 
comme si les journaux qui tirent à 100 milles ou 120 milles étaient tous crédibles et 
ne dribblaient pas avec la vérité. Excepté les ressortissants étrangers, on reçoit 
rarement de feed-back de nos concitoyens humblement servis, qu’ils soient artistes, 
acteurs, politiciens ou activistes de la société civile. Il y en a qui, franchissant le 
fleuve amer de la misère détestent ceux qui ont eu la gentillesse et le flair de les 
révéler en toute primeur au public. Ils ont supprimé leurs articles du book-press parce 
que cela leur rappelle les années de pauvreté et de galère. Etre artiste, c’est avoir un 
minimum de politesse et être reconnaissant envers ceux et celles qui vous ont déblayé le 
terrain. En tant que freelance, ayant épaulé pas mal de gens (voire archives de presses) 
j’aurais dû demander ma part du gâteau, notamment à ceux et celles qui réussissent, car 
tout travail mérite rétribution, mais je ne l’ai pas fait et je ne le ferais pas, parce 
qu’un humanisme quelque peu masochiste m’y conduit comme un écervelé. Demander des sous à 
un photographe sur le point d’être expulsé de son taudis n’est pas de mes habitudes. 
Demander de l’argent à des comédiens chassés des tréteaux ou ignorés par les maisons de 
production cinématographiques ne fait pas patrie de mes moeurs. Le matérialisme sauvage a 
ébranlé toutes les bonnes valeurs. Désormais, le verbe «profiter» se conjugue à tous les 
temps grammaticaux. Comme par décadence, toutes les belles choses sont devenues 
monnayables et obéissent à la vile loi du marchandising. Une chanteuse au crépuscule de 
sa carrière a dit sans rougir: «j’ai le droit d’acheter les récompenses et les 
distinctions». Cela signifie corrompre les jurys de sélection. N’est-ce pas horrible? Les 
prix doivent auréoler les plus talentueux et non pas les plus riches. Comme je l’ai déjà 
mentionné dans le tome-2 de la monographie Bouzghiba-Awards qui va paraître prochainement 
sous forme de E-book (le contrat vient d’être signé avec un cyber-éditeur parisien): 
«certains sont devenus caricaturaux et affreusement affadis, à cause du folklorisme 
clinquant et de l’affairisme décadent qui les submergent. L’objectivité y a cédé la place 
à la complaisance et à l’arnaque. Il n’a résulté de ces "loteries" perverses que les 
mièvreries et les impuretés pseudo artistiques. Certes, quelques individualités 
talentueuses méritaient d’être auréolées, mais il fallait être précautionneux pour ne pas 
en faire des prétentieux doublement affectés de négativisme et de mégalomanie. De grands 
vaniteux sont sortis de ces «urnes» dépravatrices. La débauche y est devenue une 
constante écœurante». 

Monday, April 16, 2012

L'audiovisuel et la voie "lajnocratique"


L'audiovisuel et la voie "lajnocratique"
C’est une chimère que de croire qu’en changeant les membres d’un jury ou d’une commission on peut changer la donne et mettre un terme à la gabegie dévastatrice qui a asphyxié les rouages publics durant des décennies de laisser-aller et de laxisme complices. Que l’on mette un économiste au delà de tout soupçon ou un fiduciaire assermenté, qu’est-ce que ça change à la problématique existante? Dr Mahdi el Manjra a très bien visé lorsqu’il a évoqué dans un de ses livres les effets pervers de ce qu’il appelle «Lajnocratie» (du mot Lajna signifiant commission). Le penseur marocain accuse cette excroissance bureaucratique de tous les maux sociétaux. Vu la débâcle, on ne peut qu’appuyer son point de vue, lui qui fut directeur de la RTM à une époque houleuse où le «direct» primait sur «l’enregistré» et où les confrontations idéologiques entre «gauche» et «droite» étaient si vives et querelleuses. Une petite confidence avant d’entrer dans le vif du sujet: il est arrivé accidentellement à l’auteur de ces lignes désolées de faire (une fois n’est pas coutume) partie d’un jury de sélection pour l’émission Musica (l’ancêtre de Studio 2M). Dépité, j’avais dû quitter les auditions prématurément parce qu’un des membres dudit jury dont le nom ne mérite pas d’être rappelé m’avait demandé d’être indulgent envers une candidate qui faisait partie de sa tribu. N’est-ce pas de la tricherie que de donner indûment une bonne note à une personne qui ne le mérite pas? Vexé par ce comportement a-déontologique, j’avais fui l’auditorium précipitamment. A l’époque c’était le bénévolat qui prévalait. Il n’y avait ni cachets, ni primes juteuses comme celles qu’on distribue aujourd’hui à tout va. Depuis cette clownesque soirée, je n’avais porté que peu d’intérêt aux délibérations des diverses commissions à but lucratif, parce que tous les maux viennent du pécule, de la complaisance et du manque d’étique. L’expression artistique dans tous ses états en a subi de sérieux revers. N’ayons pas peur des mots et disons les choses telles qu’elles sont. Nous avons de nombreux départements qui sont malades de leurs dirigeants, parce que leur désignation a été soit hâtive, soit subjective et ne tenant pas compte des compétences réelles du manager désigné. Le hic, c’est qu’on leur rajoute d’autres tâches supplémentaires comme le charger d’une fédération sportive. N’est-ce pas de l’enfantillage? Il est évident que pour faire face au fardeau de la responsabilité ces managers surmenés doivent suivre le raccourci «lajnocratique» pour se disculper en cas de défaillance et d’échec. Quand ils commettent des erreurs graves ils le font endosser auxdites commissions. Machiavélique comme subterfuge! C’est ce qui explique la longévité administrative de certains d’entre eux. Qui choisit ces membres de commission qui ne font rien sans toucher «la commission»? Qui tire les ficelles dans les coulisses? Trois sessions pour le cinoche, d’autres plus budgétivores encore pour la téloche, sans oublier les différentes caisses de soutien du ministère de la culture et celui de l’information. Même la Cité des arts à Paris doit passer par les canaux «lajnocratiques» à la marocaine, comme si les artistes étaient des gamins dont le sort devait dépendre d’un groupuscule de tuteurs. Quel en a été le résultat de tout ce branle-bas? A-t-on atteint les objectifs escomptés?
Côté audiovisuel, on est toujours à la traîne. 2M est au bord du gouffre (c’est le ministre lui-même qui le dit) et Aljazeera fait des ravages non pas dans le domaine culturel et artistique comme le souhaitent les gens cultivés mais dans celui que la «footite virale» a infecté. Tiens on nous parle de cahier de charges comme si l’énonciation des principes généraux était la solution idoine. Est-ce suffisant? On s’attendait à un cahier de décharge plus percutant c’est à dire des limogeages massifs pour incompétence et dilapidation des deniers publics on nous sort une prose insipide dépourvue d’inventivité et d’audace, alors que les bilans désastreux de notre audiovisuel sont visibles l’oeil nu et audibles à l’oreille qui a bonne mémoire.
RAZAK

Thursday, March 22, 2012

RAZAK, ce soir sur RTM chaîne Inter émission: Rencontre du soir

Emission radiophonique :"RENCONTRE DU SOIR"

Thème débattu: Le livre, entre l’édition classique (livre « papier ») et l’édition électronique (E-book)

MOTS-CLEFS:

-Editeurs ou courtiers d’imprimerie ?

-E-book le sauveur

-Attention aux arnaqueurs de la cyber-édition

-Le ministère de la culture et le livre électronique

-Galeries virtuelles des arts plastiques, incidences et prévoyances.

Date de diffusion: jeudi 22 mars 2012

Horaire: 21 h 45 mn. RTM chaîne inter

Producteur et animateur et Adib el Machrafi

Tuesday, March 20, 2012

Tableau perdu de Razak

Peinture à l'huile sur toile
la toile a été vue pour le dernière fois au centre Maârif de Casablanca
dans le cadre d'une exposition thématique intitulée:
Au grès du pinceau et de la plume
dim: 130 x 105

Caricatures de Razak



Friday, February 03, 2012

ESSAFI KHAMMAR OU LA PUISSANCE INSTINCTIVE D’UN REGARD




L’amateur d’art qui a la chance d’assister à la genèse d’un chef-d’œuvre pictural ou photographique jouit doublement: le prestige du regard admiratif, jeté sur un univers coloré en gestation et l’extase du produit final. Ainsi, il y a des photographes qui, aussi doués qu’imprévisibles, vous offrent cette double sensation gratifiante. Benthami Khammar ESSAFI, l’un des rares photographes d’art auxquels le magazine de la RAM (Royal Air Maroc) a consacré un spécial fort élogieux paru sous le titre: PATRIMOINE, L’EAU COMME SOURCE DE VIE, n’arrête pas de nous étonner avec sa manière si débridée et instinctive de composer avec les objets familiers et les substances fluidiques pour en faire des paradoxes visuels. Ses œuvres photographiques ont quelque chose de transcendantal. L’abstrait s’y insinue doucereusement comme une strophe dans un poème. En 2007, au commencement de l’hiver, j’avais fait le voyage avec lui en Haut-Atlas région Setti Fadma-Ourika et il en avait résulté un travail digne d’intérêt, confirmant la bonne impression que j’avais de lui depuis des lustres. Je me souviens aussi des risques imminents qu’il encourait en traversant les flots de la rivière sur un tronc d’arbre mal posé. Ce voltigeur fou de la photo est aussi un bon cadreur. Comme un topographe expérimenté, il cherchait toujours la bonne orientation. Ainsi, doué d’un regard perçant, il lui avait suffi d’un instinctif clic sur son appareil pour qu’une oeuvre d’une beauté énigmatique naisse. Quand il m’avait montré le tirage final je fus surpris et ébahi. La nuit en me montrant ses photos sur son MAC, le sommeil avait pris fuite. Si je n’avais pas été témoin de ses prises de vue instantanées, j’aurais pensé à un photomontage, comme il est devenu coutumier d’en faire en grands nombres grâce au multimédia. Mais l’artiste n’est pas à sa première œuvre énigmatique. On rappellerait qu’aux années 80 du siècle dernier, il avait photographié la rame d’une felouque. Aucune personne n’avait pu déceler «l’intrus» qui se cachait derrière les vagues. L’angle de prise de vue avait accentué le mystère. Mais comme la presse en avait abondamment parlé, on se mit à imiter le photographe sans vergogne. Tout près du Toubkal les sens de l’artiste semblaient retrouver toute leur vigueur et leur finesse. Son regard devenait aigu et sa main plus agile. Malgré leur turbulence, les filets d’eau lui étaient d’une docilité exquise. La qualité artistique de son travail, le caractère inédit de ses photos surtout les possibilités de lectures offertes au regard du spectateur, font de certaines photos des chef-d’oeuvr


RAZAK













Friday, January 27, 2012

Sousdi est mort mais ses refrains survivent



Mohamed Sousdi était pour Lemchaheb ce qu'étaient Boujmiâ et Larbi Batma pour Nass el Ghiwane: une voix du genre fortissimo et une plume poétique féconde. C'était un Zejjal d'une verve ruisselante toute imprégnée de militantisme. Hindiphile jusqu'a la moelle et fan du roi du sitar Ravi Shankar, Sousdi s'est vu octroyer le prix de la meilleure voix en 1969 justement pour avoir chanté une chanson pathétique tirée du célèbre film hindi DOSTI (Essadaka). Le brillant vocaliste, auteur de «Oua Bghit Bladi» ne mâchait pas ses mots. Le mot «Bladi» placé au coeur de cette belle strophe a plusieurs sens. Il peut signifier le lopin de terre qu’on confisque à un pauvre paysan, comme il peut signifier patrie. Selon des témoignages livrés à la presse par le défunt, cette chanson présentée dans un cadre intimiste au palais royal de Bouznika aurait tiré les larmes au roi disparu. Tellement ému par la teneur sémantique et la puissance des mots et puis par la musique qui leur donnait forme le monarque se serait vu écrier par jubilation: «Ca, c’est de la vraie chanson!». L’appréciation était à sa juste valeur, car depuis son lancement au milieu des années 70, Lemchaheb a marqué des générations ensuivies notamment parmi les lettrés que compte le pays. Ils ont redonné au ghiwanisme ses lettres de noblesse, en y imprimant une touche sonore toute particulière. Personnellement, je le préférais aux autres groupes bien que Nass el Ghiwane jouisse du prestige du pionnier et je ne suis pas le seul à avoir un faible pour ce groupe magmatique qui avait dessiné des flammes rougeoyantes et emblématiques même sur les instruments de musique. On lui doit aussi d’avoir modernisé l’orchestration en introduisant des instruments électriques (la mandoline s’est dotée d’un amplificateur…) alors que d’autres se sont contentés du jumelage du banjo avec le Hajhouj (certains disent Sentir).


Il serait bon de rappeler à ce propos qu’avant que Transparency-Maroc ne soit créé dans le but de combattre la corruption Nass el Ghiwane et Lemchaheb avaient réussi à détourner les regards sur ce fléau qui ronge la société marocaine depuis des lustres. Ce serait dommage que juste après la mort de Boujemaâ Hakour (alias Boujmiâ) et de Larbi Batma, Nass el Ghiwane ait changé de style. Il est devenu plus édulcoré et moins virulent. Une chanson comme «Saifna Ouella Chettoua» (notre été est devenu hiver) haranguait les foules au point de la transe. Au stade Harti d’Agadir (1981) j’avais vu de mes propres yeux l’état d’ébullition dans lequel l’arène gazonnée était plongée. Le film «Al Hal» de Maânouni garde quelques Celsius endiablés dans ses bobines. Lemchaheb était le préféré des élèves des Instituts et grandes écoles comme l’Ecole des mines et l’école Mohammedia des ingénieurs. En effet, en 1976, célébrant la fête du mineur, le syndicat des élèves de l’ENIM avait réuni les cotisations nécessaires pour inviter Lemchaheh. Ce fut une soirée inoubliable. J’avais la chance d’y prendre part. La salle des fêtes jouxtant la préfecture de Rabat était archi-comble. Le seul désagrément qui avait enlaidi et noirci ce beau souvenir: les rafles nous attendaient vers minuit à la sortie de la fête. Les sécuritaires de l’époque qui avaient une dent cariée contre cette formation musicale marocaine qui faisait des maux de la société son cheval de bataille, voulaient exprimer à leur manière leur haine pour ce groupe engagé ainsi que pour leurs fans. Le fameux «Ahaydouss» avec lequel s’achevait la chanson «Daouini» (guéris-moi) avait excité ces fonctionnaires armées de menottes qui n’avaient de respect ni pour les musiciens, ni pour les ingénieurs supposés être des leviers de futur pour le pays. Quelle sale époque ! Certains élèves ingénieurs n’avaient pas pu regagner leur dortoir universitaire. Ils ont passé le reste de la nuit au jardin Hassane enfouis entre les buissons par peur d’être arrêtés par les policiers nocturnes dont la férocité et la hargne faisaient trembler même les murs de marbre. Ainsi, malgré les tractations et les embûches, Lamchaheb a poursuivi son cheminement. Côté engagement, il n’a pas fléchi d’un iota. Il est resté fidèle aux principes de base qui ont favorisé sa naissance et son épanouissement. Comme Nass el Ghiwane, Lemchaheb a vu le jour au Hay Mohammadi (Casablanca). Sousdi en fut un des membres fondateurs. Il naquit à Derb Moulay Cherif en 1951, mais ses parents et arrière parents furent issus d’Ait Aâtab (région de Tadla-Azilal) . Sousdi avait reçu les éloges du père du folksong contestataire Cheikh Imam et du leader palestinien Yasser Arafat. Qui de nous ne se souvient pas de ces jolis refrains: «Ya Majmaâ Laârab Noudou Nkalôu Sfoun al Ajam Fel Bhour Daret Quiyama» ou encore «A Laâfou Yababa Ouach al Hak Yzoul Lakloub al Keddaba Nsaouna bel Maâkoul» …? Des mots presque intraduisibles dans une autre langue et que seuls les marocains de la classe défavorisée savent en saisir la profondeur. De son vivant, Sousdi avait lui aussi eu sa part de l’oubli et comme on l’a déjà mentionné dans une chronique précédente: «on enterre bien nos morts et on tourne le dos aux vivants». J’aurais dû écrire survivants car il s’agit de pauvres rescapés acculés, à vivre à la marge à cause du bicéphalisme sociétal ambiant, hypocritement entretenu par ceux qui, gargarisés dans les municipalité et préfectures, font la pluie et le beau temps. Sousdi est mort mais ses refrains survivent. Il faudrait des rafales de vents érosifs pour que le brasier magmatique s’éteigne. Les troupes Nass el Ghiwane, Lemchaheb, Jil Jilalala, Izenzarne, Mesnaoua…ont révolutionné l’écoute marocaine. L’histoire musicale du pays leur doit une chose: ils ont virilisé la chanson populaire marocaine, car avant leur apparition c’étaient les Chikhates (danseuses du ventre) qui monopolisaient les estrades populaires.


RAZAK

Friday, January 20, 2012

7th Bouzghiba-Awards Indian Embassy in Rabat wrote to Shahrukh Khan

On Wednesday 18 January we were received by Indian Embassy in Rabat. The purpose of the visit: the trophy of 7th International Prize of Bouzghiba. The winner is Shah Rukh Khan. At the same time we gave two copies of our last books titled: Monography of Bouzghiba (part 2) and The Indian cinema between Nirvana and Navarasas

We were assured that the Embassy has sent a letter to Shah Rukh Khan. We want to receive an answer and a reply as soon as possible.

Friday, January 13, 2012

CINEMA: de l’impudeur comme label de qualité ?!



Cinema: de l’impudeur comme label de qualité ?!

Le CCM n’a, semble-t-il, pas encore trouvé la voie salutaire, le style de gestion et de gouvernance probant. Chaque patron désigné à la tête de cet organisme semi-public ayant des prérogatives patrimoniales communes relevant des deux domaines de l’information et de la culture impose sa vision des choses, quitte à bousculer les us et coutume ancestraux sans pour autant élargir l’horizon esthético-culturel. La filmographie marocaine de la dernière décennie a été marquée par un clivage tout particulier qui a fait couler beaucoup d’encre noire, on a privilégié le sensuel érotisant au détriment du spirituel emblématique. Ainsi, comme par malédiction, un cinéma délétère plus libidinal que culturel a pris la relève. Heureusement ou (malheureusement pour les accrocs des Lolitas en tenue d’Eve) cette filmographie ne trouve ni acquéreurs, ni regardeurs intéressés. Pire, chaque film qui sort sous cette enseigne charrie avec lui un summum de poison et provoque un tollé de protestations proche du lynchage. Le chef du centre (qui depuis longtemps a dépassé l’âge de la retraite) endosse pleinement la responsabilité de ce choix thématique capricieux qui est loin de satisfaire le goût des Marocains y compris celui des cinéphiles les plus ouverts d’esprit et tolérants comme l’auteur de cette chronique. Le soi-disant film de Nejjar présenté lors de la soirée inaugurale du dernier FIFM constitue l’overdose de l’insipidité. Il n’y a pas un seul chroniqueur culturel marocain et respectable qui ait apprécié ce film. Cautionner cette préméditée «bordelisation» des bobines porte préjudice à la société marocaine toute entière, avec ses islamiques et ses laïcs. On veut monter au monde que contrairement aux autres peuplades de la planète les Marocains ont un problème avec la partie pubienne et les sphincters. Dans ce cas ça devient de la provocation. Ce cinéma de décadence encouragé par la complaisance et le laxisme complice des instances de contrôle cache une intentionnalité malveillante. Figurez-vous que cet organisme étatique qui ne survit que grâce aux ressources publiques et qui est censé guider le peuple contributeur vers des agoras imagées qui reposent son regard en cultivant son esprit prend la tangente dans une cabalistique fuite en avant qui n’a rien de glorieux. Au crépuscule de sa carrière son patron a assisté de visu à l’agonie de la cinéphilie de salle. Comme on ne lui a pas dit halte, maintenant il veut jouer au psychanalyste freudien sans en avoir le soubassement doctrinal. Il oublie l’essentiel: savoir se monter utile. Ainsi, délaissant les choses prioritaires comme la lutte contre le piratage on persiste et signe dans la même voie sinueuse avec une effronterie et une opiniâtreté jamais observées auparavant. L’atrophie symptomatique du nombre de salles qui passe de 270 unités à 40 n’est-elle pas la preuve tangible d’une gestion déficiente? A titre de comparaison et pour un pays moins peuplé que le Maroc les statistiques de l’UNESCO indiquaient que dans la Hongrie de 1972, il y avait 803 cinémas en 35 mm, 3 680 en 16 mm et 39 groupes mobiles. Le total des fauteuils de cinéma était de 285 000 pour les salles en 35 mm et de 438 000 pour celles en 16 mm, soit une moyenne de 7,2 sièges pour 100 habitants. Pourtant le dénombrement démographique établi en 1972 donnait comme chiffre: 10 259 000 habitants. Cela montre le gouffre culturel dans lequel on vit au Maroc. Autre lacune: l’envahissement des intrus. Aux États-Unis les gens passent plus de 14 ans à faire l’assistanat avant de tourner leur premier film. Au Maroc même les Farnatchi (fournier du hammam) se disent cinéastes. Il y’en a même qui disent «cineastres». Allez savoir d’où ces grosses têtes ont puisé ce charabia. L’effusion budgétaire (d’ailleurs attestée officiellement par la Cour des Comptes) s’ajoute à ces dérapages. La maison brûle mais le sapeur pompier croise les bras. Rien que pour la désignation d’un président de jury on a fait le voyage par avion jusqu’à sa demeure, alors qu’un fax aurait suffi. La gabegie semble bien installée dans son fauteuil. Au sein de ce centre on se targue d’avoir augmenté le nombre de films, et la tirelire comme si c’était une performance extraordinaire. Mais peut-on cacher les rayons du soleil avec un sas aux mailles espacées? La réalité est plutôt invivable. Elle suscite à la fois le dépit et la pitié. Les dysfonctionnements sont nombreux et criards. Car il ne s’agit nullement de privilégier le quantitatif mais le qualitatif, car le cinéma n’est pas un ustensile de cuisine ou un écrou qu’on fabrique à la chaîne. C’est un miroir de société. Il doit laisser transparaître la quintessence et non les difformités. Au lieu d’importuner les Marocains en les choquant par des créations hybrides, bâclées et insidieusement centrées sur les parties les moins nobles du corps humain, ne fallait-il pas revenir au riche patrimoine des aïeux et à l’œuvre romanesque de nos auteurs contemporains les plus imaginatifs et les plus prolixes? On ne serait pas passéiste si l’on disait que le cinéma d’autrefois était beaucoup plus pesé et plus attrayant que celui d’aujourd’hui malgré la modicité des capitaux de tournage de jadis. C’est une question de teneur et non de texture. Autrefois, on abordait les thèmes sociétaux les plus préoccupants comme l’exode rural et la précarité urbaine (films: Assarab, Weshma…), de nos jours ce sont les tares libidinales et les mœurs sexuelles qui prédominent. Pour être accepté par les apôtres du fonds d’aide dont on ignore toujours les critères de leur sélection et pourquoi on les paie, il faut mettre un peu de «hot» dans la hutte. C’est comme si l’impudeur était devenue un ingrédient de base et un label de qualité. Enfin, y en a marre des pseudos réalisateurs, des pseudos producteurs et des bureaucrates véreux qui les manipulent. L’heure d’une purge en profondeur a-t-elle sonné? Les deux nouveaux ministres de l’information et de la culture qui héritent d’une situation peu reluisante doivent nous montrer de quels déboires ils s’échauffent, sinon le désespoir, après leur échec, serait double.

RAZAK