Thursday, December 20, 2007

Le Prix Bouzghiba 2007 décerné à THEO JANSEN

COMMUNIQUE DE PRESSE
-0-
LE PRIX BOUZGHIBA 2007 DECERNE AU PHYSICIEN ET ARTISTE THEO JANSEN
-0-



Partant des mêmes critères de sélection, d’universalité et de la même rigueur d’appréciation, nous avons le plaisir de décerner notre Prix annuel Bouzghiba-Award de l’humour au physicien et artiste néerlandais Theo Jansen. L’oeuvre originale de ce créateur aiguise notre curiosité. Elle illustre de manière éclatante un point de jonction entre l’art et la science, le génie mécanique et la sensibilité artistique. Grâce à l’ingéniosité de ses sculptures mobiles l’art cinétique devient à la fois ludique et spectaculaire. Le trophée (un tableau de notre création) s’inspire de son œuvre afin que l’heureux lauréat sache à travers ce coup de cœur qui lui est destiné l’importance du message de sympathie et de reconnaissance pour aller de l’avant. La concurrence entre les différents postulants à ce prix symbolique a été rude. Mais Theo Jansen semble se détacher du lot car il mérite plus qu’un clin d’œil mais un fervent hommage plein de magnificence. Bravo à notre nouveau lauréat.A rappeler que les deux premiers Prix Bouzghiba ont été décernés respectivement à Patricia Piccinini (2005) et aux animateurs de l’émission TV «C’est pas Sorcier » (5006). Plus de 20 sites Web en ont fait écho. Cela prouve que nos verdicts ne sont pas dénués d'objectivité .
RAZAK

Wednesday, January 17, 2007

Doctor Amitabh Bachchan conduisant le cortège nuptial du couple le plus celèbre de l'Inde

RAZAK ET ABHISHEK A MARRAKECH (PHOTO ESSAFI )



DOCTOR AMITABH BACHCHAN AU VOLANT CONDUISANT LE CORTEGE NUPTIAL
-O-

Razak souhaite le bonheur au couple de mariés: Abhishek-Aishwarya et présente ses meilleurs voeux aux deux familles unies pour le meilleur du monde possible .

Friday, December 29, 2006

Bouzghiba Award 2006


BOUZGHIBA AWARD 2006

Aujourd'hui c'est vendredi 29 decembre 2006 . Deux jours seulement nous séparent du nouvel an. Que les bloggeurs bollyphiles nous accordent un petit répit. Le temps d'achever les préparatifs du prix Bouzghiba de l'humour pour 2006. Pour en savoir plus, veuillez visiter http://bouzghiba--awards.blogspot.com


Sunday, December 17, 2006

S-EAU-S DE JEAN MICHEL JARRE A MERZOUGA


S-EAU-S DE JEAN MICHEL JARRE A MERZOUGA



Jovial , généreux , féerique , frissonnant , ingénieux, magnétique, n'ayons pas peur des mots , le dernier show de Jean Michel Jarre (samedi 16 décembre 2006)restera à jamais gravé sur chaque grain de sable de Merzouga . Bien qu'il soit dédié à l'eau et à sa problématique , le spectacle fut un carrefour des sciences , des techniques et des genres artistiques. Il y' avait de la poésie , du chant , de la danse , de l'électricité, de la musique savante et de l'ethno-musique , le tout mêlé aux sonorités typiquement "jean-michel-jarriennes" . Il y'a longtemps que je n'ai pas commenté un spectacle qui vaille la peine d'être commenté. Le jeu n'en valait pas la chandelle , car il n'y avait rien de savoureux à mettre sous le tympan . Merzouga-JMJ fut un régal pour les yeux . Merci à l'UNESCO de nous avoir gratifié d'une telle soirée . Merci à Jean Michel Jarre d'avoir mis de l'eau fraiche dans notre jarre. On ne se lassait pas de voir toutes ces cascades scintillantes , ces jets de lumière que des mains expertes avaient synchronisés aux coups de synthé.
"Le désert est un paradoxe" ainsi disait le grand compositeur entre deux "Labass" . Le show fut une attachante succession de paradoxes : Gagarine le cosmonaute redevient -hommage oblige- Gagarine l'aquatique .Les bulles d'oxygène de JMJ ressuscitent son exploit céleste .Les gnaouis font cause commune avec les instrumentistes cravatés d'un orchestre philharmonique . JMJ l'agile veillait au bon déroulement du spectacle .Soudain, c'est Leo Ferré qui se profile à l'esprit avec sa crinière argentée .Celle de JMJ est noire comme une nuit d'hiver . « C'est la vie » , JMJ avec des NRJ plein le sillon fait l'éloge d'une source de vie: l'eau .En bon samaritain il nous conseille d'en prendre soin et d'en faire bon usage . Il a raison de le faire, car le message d'un artiste doué de sa carrure a une résonance particulière . Ainsi , sautant d'une estrade à l'autre et d'un morceau à l'autre, JMJ n'a pas eu le moindre faux pas ni le moindre lapsus hors texte .Il a dirigé ses orchestres avec maestria et jovialité ludique. Il a réuni tout ce beau monde sur une dune de la région de Ouarzazate . Pourtant la tache n'était pas mince de jongler avec les paradoxes aussi inhabituels que de faire côtoyer sur un même plateau un gnaoui avec un violoniste qui joue d'après partition musicale .Un alliage réussi entre l'art musical et le multimédia .Les projections vidéo , les jeux de lumière et les feux d'artifice ont permis à notre adorable saltimbanque d'ajouter une autre prouesse à son riche palmarès . Ce que l'on retient de ce beau spectacle , c'est la joie de se produire devant un public composite dont certains sont venus de l'étranger. JMJ a tout dit et expliqué sauf une seule chose: il a omis de nous communiquer le nom des instruments bizarroïdes qu'il a utilisés : un clavier en forme de guitare, un segment à rayons de laser qui émet des sons fantastiques ,une sorte de harpe fluorescente qu'il manie avec la paume de sa main et une flute digitale . Grâce à H2O le compositeur d'Oxygène n'avait d'ambition que de nous avertir des dangers que la pénurie d'eau potable causerait aux populations si on ne prenait pas conscience des aléas climatiques et écologiques que les experts et environnementalistes n'ont de cesse de rappeler . Son S-EAU-S a été reçu 5 sur 5.

RAZAK (Samedi 16 décembre 2006)


Saturday, November 25, 2006

Razak et Joan Baez


Razak et Joan Baez avant le concert mémorable de Rabat (photo: Akkaf)
Razak présentant à Joan Baez un croquis d'elle et qu'il avait esquissé à l'époque éstudiantine (Photo :Azzouz)
RAZAK dédicaca à la grande diva du folksong Joan Baez son livre "Au-delà de l'artifex , je dis" qu'il a publié au Canada .

Livre de Razak


Livre de RAZAK

Saturday, November 11, 2006

Abhishek avec Razak à Marrakech (photo :ESSAFI)
Amitabh Bachchan (photo : ESSAFI)



Amitabh Bachchan le Shahenshah du cinéma asiatique
(2eme partie)

Dans son pays, Bachchan est plus qu’une méga star de cinéma, c’est une légende vivante. Certains lui vouent un véritable culte. L’occident l’a toujours méconnu injustement. Ce n’est qu’après trente années de carrière , que le Festival du Film Asiatique de Deauville se décide de l’ inviter. L’hommage venait à point nommé (le maire de Deauville le fit citoyen d’honneur en lui remettant la clef symbolique de la ville) . En 2006 Bachchan a été promu par la France Officier de la Légion d’Honneur . Les anglais étaient relativement plus « bachchanophiles » et avaient su se monter reconnaissants avant les français . En effet , un sondage réalisé en 1999 par la chaîne britannique BBC désigne Bachchan Superstar du Millenium devançant Marlon Brando , Robert de Niro, Laurence Olivier et Charlie Chaplin. Mais il faut reconnaître que le vote massif des indiens et pakistanais qui se trouvaient en grands nombres au Royaume Uni était derrière cette distinction. En 1983, l’inde a failli sombrer dans un deuil inconsolable lorsque son acteur fétiche a eu un accident lors du tournage du film Coolie. On le transporta à l’hôpital d’un état critique. Mais des millions de fans se mirent à prier pour que sa vie soit épargnée. Les uns jeûnaient pour lui, d’autres suivaient les péripéties de son hospitalisation minute par minute. Indira Gandhi dut interrompre un voyage aux USA pour aller à son chevet . La visite de Bachchan au Caire en 1991 n’est pas passée inaperçue, on eut cru une émeute alors qu’il s’agissait de bousculades pour un autographe. Celui qui avait incarné « The Angry Young Man » a des fans même au pays des Pharaons. Apprécié à la fois par l’ancienne et la nouvelle génération , Amitabh a glané un grand nombre de prix et de distinctions. Son palmarès en est tout plein (1984 : Padma Shri Award décerné par le gouvernement indien , 2005 : Padma Bhushan Award , plusieurs Filmfare du meilleur acteur auxquels vient de s’ajouter le récent iifa award 2006 du meilleur acteur qu’il a reçu à Dubai …)
Aucune appellation honorifique (Empereur du cinéma, Superstar de l’Inde, Superstar du Millenium, Méga-star de l’Asie…) n’est usurpée. Les intimes aiment employer des surnoms plus familiers comme Aby Baby, Big A ou Munna. C’est un des rares acteurs indiens à ne pas se cloîtrer dans un seul archétype. En atteignant la soixantaine, les majors de Bollywood avaient dit que Bachchan était fini comme acteur. Mais voila que The Big-B enchaîne avec frénésie en meublant l’affiche de nombreux films pour contredire les mauvaises prédictions de ses détracteurs (Armaan, Family, Kaante, Boom, Baghban, Veer-Zaara, Deewaar, Lakshya, Dev, Aetbaar, Khakhee, Waqt, Sarkar, Black , Paheli…). Sa courte apparition dans ce dernier film qui représenta l’inde aux oscars américains de 2006 sauva la carrière de ce long métrage d’un désastre humiliant. Mais le film où il montre une des facettes cachées de son immense talent est Black , du talentueux réalisateur Leela Sanjay Bhansali. Ce succès n’est pas sans rappeler sa prestation remarquable dans Sholay le film culte qui était resté durant (tenez-vous bien) cinq années au cinéma Minerva de Bombay . Bachchan avait eu comme co-partenaires des femmes aussi attirantes les unes que les autres : Saira Bano, Mumtaz , Nutan ,Waheeda Rehman , Jaya Bhaduri, Rekha, Jaya Pradha, Hema Malini , Parveen Babi , Rakhee ,Amrita Singh , Sridevi , Dimple Kapadia , Meenakshi Sheshadri ,Rati Agnohitri , Kimi Katakar , Zeenat Amaan… L’une d’entre elles est devenue sa femme .Il s’agit de Jaya Bhaduri qu’ il épousa en 1973. Elle lui donne deux enfants Shweta Bachchan Nanda (née en 1974) et Abhishek (né 1976).
Le seul déboire retentissant qui a faillit démolir sa réputation artistique était sa mésaventure politique de 1984 où Bachchan gagnant un siège parlementaire dans sa ville natale Allahabad (Uttar Pradesh) sous les couleurs du parti de Rajiv Gandhi (Le Parti du Congrès ) devait traverser un des plus rudes moments de sa vie. Comme la politicaillerie est mère de tous les vices on l’impliqua dans un scandale financier. Rajiv Gandhi dont il était un ami intime devait affronter la même tourmente. Une fois que l’ orage s’est calmé , il revient à son hobby (cinéma) pour en enrichir l’itinéraire et diversifier les confluents . Il retrouvait progressivement son statut de méga-star . Finalement, il redevint ce qu’il a toujours été : un acteur adulé par la multitude . Pour marquer l’avènement du troisième âge, il effectue une série de voyages à l’étranger. Il visite le Maroc où une foule nombreuse et enthousiaste le reçoit comme un conquérant de charme. Pour notre part, l’hommage que nous avons organisé à Marrakech pour vanter le mérite de cette grande icône fut un moment mémorable. La presse marocaine en relaté les péripéties .
Dès son retour au pays natal, Amitabh est gratifié par une série d'évènementialités dédiées à son 61ème anniversaire dont la plus importante est la sortie du livre «To be or not to be » où sa femme Jaya Bachchan, a pris part active dans l'édition. Le livre parle évidemment et inévitablement de son mari. On y lirait en filigrane " To B or not to B " (à Bollywood le " B " majuscule renvoie inéluctablement à Bachchan ) . Un critique de cinéma indien a dit à propos de Bachchan : « Connaître Amitabh Bachchan c’est connaître Bollywood ». Bref, la Bachchanmania semble avoir de beaux jours devant elle .Toute la famille s'y met avec enthousiasme. Abhishek Bachchan allant dans le sillage de son père est entrain de marquer des points sur l’échiquier Bollywoodien . Il vient de remporter le prix du meilleur second rôle aux iifa 2006 de Dubai pour son rôle dans le film Sarkar . En quatre ans il a joué dans plus de 20 films et la liste n’est pas close puisqu’il n’est qu’à ses débuts .
RAZAK
(àsuivre)

Tuesday, June 27, 2006

Black rafle le grand nombre de prix aux iifa de Dubai

Black rafle le grand nombre de prix aux iifa de Dubai
Comme nous l’avons prédit dans notre dernière scoop consacré aux iifa awards organisés à Dubai , paru en exclusivité dans Rabat Express , le film "Black" de Sanjay Leela Bhansali a été le grand vainqueur des ces Oscars indiens distribués en terre arabe .En effet, dans le verdict final de l’Académie Internationale du Film Indien on trouve Amitabh Bachchan qui remporte le prix du meilleur acteur, Rani Mukherjee sa partenaire dans "Black" a reçu celui de la meilleure actrice et le réalisateur du film Sanjay Leela Bhansali a eu le prix du meilleur réalisateur . Le prix du meilleur second rôle féminin est allé Ayesha Kapoor et le film Black a également remporté le prix de la meilleure image. En voici par ailleurs les gagnants des iffa awards 2006 dont on ne regrette qu’une seule chose : l’avarice de SNRT de ne pas couvrir cet événement cinématographique que toute l’Asie a suivi en direct sur ses chaînes TV. Quand il s’agit des cérémonies de remise de prix organisées par des occidentaux on envoie toute une armada de rapporteurs pour retransmettre des futilités , mais quand il s’agit d’un cinéma émergent du tiers-monde on fait le sourd et le muet . Dommage.
RAZAK
Liste des gagnants des iifa Awards 2006
Meilleure image : Black
Meilleur Réalisateur : Sanjay Leela Bhansali - Black
Meilleur Acteur : Amitabh Bachchan - Black
Meilleur Actrice : Rani Mukherjee - Black
Meilleur Second Rôle (Masculin ) :Abhishek Bachchan ( film : Sarkar)
Meilleur Second Rôle (Féminin) : Ayesha Kapoor ( film :Black)
Meilleur Rôle Comique : Javed Jaffery ( film : Salaam Namaste)
Meilleure Performance Négatif Rôle : Nana Patekar (film : Bluffmaster)
Meilleure Direction Musicale : Shankar Ehsaan Loy (film : Bunty Aur Babli)
Meilleure Histoire : Nagesh Kukunoor (film : Iqbal)
Lyrics : Gulzar (film : Kajra Re)
Chanteur Playback (Mâle) : Himesh Reshammiya (film : Aashiq Banaya Aapne )
Chanteuse Playback : Alisha Chinai ( Kajra Re)

Wednesday, May 31, 2006

Râ des salles obscures



Râ des salles obscures
Le monde du cinéma est en perpétuelle mutation . Même la terminologie utilisée par les différents protagonistes du métier est sujette à des variations ininterrompues. Le progrès technologique en constitue le principal élément inducteur. Tenez, autrefois, pour parler des artifices visuels créés, soit dans la camera, soit par les décorateurs , on disait «trucages», aujourd’hui, à l’ère du multimédia et du Web, on dit «effets spéciaux».Mais en fin de compte, le cinéma dans sa genèse, n’est-il pas qu’un «effet spécial», une tricherie visuelle, puisque notre œil, si facile à tromper, ne peut percevoir le mouvement normal , par persistance rétinienne, qu au delà d’une certaine cadence (24 images par seconde)?L’euphorie des découvertes nous fait oublier la justesse des mots .Les historiens des sciences du cinéma se sont beaucoup appesantis sur l’apport des pionniers du cinéma et des physiologistes qui ont étudié le phénomène de fixation des images dans le cerveau humain, mais le plus souvent, ils omettaient de citer les premiers savants qui ont créé les lois de l’électricité, avec à leur tête Coulomb, Watt, Ampère et Pouillet. Car comment peut-il y’ avoir cinéma sans le courant électrique? Impossible. Pour plus d’honnêteté lexicographique, l’on devrait appeler le cinéma «électri-cinéma». N’importe quel projectionniste de n’importe quelle salle de cinéma du monde vous dirait qu’il faudrait des ampoules spéciales d’une forte puissance électrique pour que la projection du film se fasse normalement. De même, la bande-son ne serait que muette sans la liaison électrique. Les premiers magnétophones (à bande magnétique), tout comme les cédéroms, ont besoin d’une source électrique. Même le DVD (Digital Versatil Disk) qui est entrain de révolutionner les moeurs cinéphiliques en apportant le cinéma jusque chez soi (Système Home cinéma) ne jure que par Deus Electricus, c’est à dire Râ des salles obscures.
Que peut-on dire en conclusion après avoir survolé les principaux points culminants de la nébuleuse «électri-cinématographique» sauf rappeler le rôle moteur joué par cette source d’énergie et qu’on a, par inadvertance, tendance à sous estimer? Et aussi curieux que cela puisse surprendre, le phénomène électrique mis en évidence à l’origine par ses propriétés attractives ou répulsives (électrostatique) a transmis au cinéma (de manière je dirais consanguine) cette dualité, puisqu’on trouve d’un côté des gens sur lesquels, le cinéma exerce un pouvoir attractif (cinéphiles) et de l’autre, ceux qui manifestent leur pulsion répulsive (iconoclastes, cinéphobes). La grande découverte des siècles à venir serait un cinéma fonctionnant sans énergie électrique. Mais l’on imagine mal quel en serait le dispositif.
RAZAK

Wednesday, May 17, 2006

Pérégrinations cinéphiliques à Bruxelles


Pérégrinations cinéphiliques à Bruxelles
A Bruxelles, les festivals de cinéma ne connaissent pas de répit .Ils se succèdent à un rythme honorable .Cette « permanence » festivalière prouve que la cinéphilie se porte relativement bien au pays de Brel .Psychose ou pas Psychose « anthraxiogène » on va voir les dernières nouveautés .Certes, l’on note un certain fléchissement proche de la récession au box-office, mais le phénomène n’est pas typiquement belge .Toute l’Europe est affectée. Cependant, il importe de signaler que les superproductions venues de pays de l’oncle SAM ont toujours la primeur. Un film comme Titanic a fait, à sa sortie, bonne presse et bonne recette. Quoi de plus normal ? Qui pouvait échapper à la « Titanicomania » envahissante qui a touché aussi bien les teen-agers que les plus âgés ? Aujourd’hui, Titanic c’est de l’histoire ancienne. La télévision belge (toutes antennes et langues confondues) joue un rôle dynamique dans le développement de la culture cinéphilique.Elle consacre d’intéressantes émissions au septime art .On ne se limite pas aux présentations plates et aux lectures machinales de synopsis comme ce qui se fait chez nous, avec agacement évident, mais on fait appel à des critiques crédibles et à des chroniqueurs culturels qui viennent donner leur point de vue, fut-il provocateur ou anti-conventionnel. La presse fait son devoir correctement. Elle informe le public et publie le critiques de films .Les instances officielles belges , contrairement à nos briseurs d’élan barricadés derrière une bureaucratie stérile, soutiennent les idées nouvelles et encouragent les initiatives de festivals, pourvu que la thématique réponde aux attentes .Que l’on soit wallon ou flamant, il y’a de l’aide pour tout le monde .
Toutes les salles de cinéma de Bruxellois sont équipées de matériels adéquats et il n’y a pas le moindre dérangement à suivre les péripéties d’un film .Le public bruxellois est « civiquement » et « cinéphiliquement » éduqué , attitude bellissime que nous aimons voir un jour entrée dans les mœurs du public marocain. Les salles qui se trouvent dans le vieux Bruxelles bénéficient de l’intérêt médiatique .Elles connaissent de l’affluence. D’autres, implantés dans des zones limitrophes , sont passablement fréquentées. Mais elles cèdent leur espace aux manifestations pluridisciplinaires susceptibles d’attirer , voire de fidéliser , une certaine clientèle. Ainsi , on a pu dénombrer à Bruxelles plus de 20 salles répondant au standard de visionnage public. Le nombre de places diffère d’une salle à l’autre .Une chose est sûre : le confort est garanti, bien que le prix du ticket soit relativement élevé pour les gens payés au « minimex » (SMIG belge équivalent à environ 27000FB soit 6750DH ) .On peut en citer à titre d’indication :Actors Studio, Arenberg-Galerie , Aventure , Cinéma-Apros, Ciné-Familles, Espace Senghor, Kinepolis, Le Stockel, Movy-club , Musée du Cinéma , Nova, STYX, UGC De Brouckère , UGC Toison d’or , Vandôme… Si toutefois vous visitez Bruxelles, laissez vous aller dans une de ces salles , histoire de vous imprégner de la réalité mondaine bruxelloise, vous remarquerez de vos propres yeux que le plus souvent, l’utile est joint à l’agréable .Les principaux festivals de Belgique se trouvent entre Namur et Bruxelles .Mais il y’en a qui ont choisi des petits patelins de province . Les plus médiatisés se trouvent en métropole . Celui de Namur leur vole en quelque sorte la vedette .Dûment organisés, ils se relaient pour le grand plaisir des cinéphilies.
Ainsi, on peut dire, sans risque de se tromper que le cinéma dans tous ses états trouve une estrade de démonstration en Belgique à travers cette multitude de festivals dont certains ont une renommée internationale , d’autres sont consacrés à la vulgarisation des sciences .
RAZAK, Bruxelles le 4 novembre 2001
(Paru dans la presse écrite le 1 décembre 2001)

Hommage belge à Pholan Devi




HOMMAGE BELGE A PHOOLAN DEVI
DU 24 OCTOBRE AU 6 NOVEMBRE 2001 S’EST TENU A BRUXELLES LE FESTIVAL DU CINEMA DES LIBERTES. PARMI LES FILMS PRESENTES SOUS LE THEME : « FEMMES A L’ECRAN » BANDIT QUEEN DE SHEKAR KAPUR ALIMENTE TOUJOURS LE DEBAT DE BIEN ORIGINALES FACONS. CHRONIQUE DE VISION REDIGEE IN SITU.
Ceinte de son inséparable bandeau rouge , chevauchant la cartouchière garnie de balles et le fusil sur l’épaule, Phoolan Devi ressemble à un guérillero mexicain des années 1920 .Cheveux en l’air , le regard menaçant et le teint basané , il ne lui manque que le sombrero pour une Zapata à l’indienne .Elle a dû subir de bien atroces tourments pour en arriver là. Née en 1957 dans un petit village de l’Uttar Pradesh, elle a eu une enfance mouvementée, marquée de bout en bout, par la violence. Phoolan Devi est la deuxième fille d’une famille de déshérités qui appartient à la basse caste des Mallahs .Vivant comme des bohémiens, ils ne voient dans la naissance d’une fille que problèmes et bouche à nourrir .Chez ces gens là, seuls les garçons jouissaient des rites de célébration à leur naissance. En 1974 , son père la vend à un homme beaucoup plus âgé qu’elle . Il l’exploite inhumainement .Ne pouvant plus supporter le calvaire, elle s’enfuit. Comme elle défiait son cousin , celui-ci la fait arrêter. Elle est violée par les geôliers de la prison .Une bande de brigands (Dacoits ) l’enlèvent de ce lieu d’incarcération et l’adoptent .Et comme la guerre des castes fait rage , elle tombe dans les mains des adversaires Thakurs qui la paradent nue dans les villages .Ainsi, de sévices en sévices , la femme en devient une autre .
« Elle s’est laissée submerger d’une révolte et d’une soif de vengeance insatiable », disait d’elle une ethnologue émue par le sort tragique de cette femme singulière devenue par la force des choses, une figure charismatique de l’Inde .Elle décide de ne plus faire la victime muette qui encaisse les coups. Elle extériorise sa haine .Aux armes citoyennes indiennes. De toutes les humiliations subies, la plus abominable pour elle, fut le viol collectif .Elle n’oublierait jamais ce calvaire d’une cruauté indicible .C’est pour cela qu’elle avait juré de se venger de tous ceux qui ont participé à cette sauvagerie .Pour se faire justice, elle durcit les biceps el le cœur dans le brigandage .Elle forme son propre gang et mène des attaques bien ciblées. Le film de Shekar Kapur en relate des bribes. Mais il reste superficiel quant à la manière de narrer la vie rocambolesque de Devi . Rappelons qu’une polémique a été déclenchée dès la sortie du film en 1995. Phoolan Devi, s’estimant lésée, dut ester en justice contre le réalisateur .Une intellectuelle Susanna Arundharti Roy prit le défense de Phoolan Devi. Elle déclara devant la Cour de Justice que « nul n’a le droit de présenter au cinéma une scène de viol sans l’accord de la protagoniste concernée » .Elle dénonça l’exploitation des malheurs de cette femme dans un but purement commercial .Mais malgré ce différent et malgré la légèreté de certaines scènes du film, ainsi que ses nombreuses exagérations scénaristiques , la légende Phoolan Devi dite la « Reine des Bandits » doit son ancrage médiatique plus au film de Kapur qu’ aux nombreux ouvrages qui lui ont été consacrés. Bien que le livre que Irene Frain a rédigé à partir des confidence de la prisonnière ait eu beaucoup de retentissement .Mais la puissance de l’image est incontournable et indiscutable .L’autre virage de la vie de Phoolan Devi, est sa spectaculaire sédition de 1983 .Elle se rend aux autorités judiciaires après avoir semé la terreur dans la région. Elle passe onze ans en prison. Elle y perd ses ovaires, donc son aptitude innée à procréer .Certains voyaient en elle une martyre vivante .Un symbole de résistance contre l’abus du féminin par le masculin .Dès sa sortie de prison en 1994, elle est déjà célèbre et la presse ne parle que d’elle. La politique la tente .Elle voulait changer le monde après avoir été acculée à le subir. Ainsi sous les couleurs du parti Yadav (parti socialiste) elle présenta sa candidature .Elle brigue un premier mandat de député .Elle perd son siège en 1998, mais elle le retrouve l’année suivante. Au parlement, l’essentiel de ses interventions était consacré à la défense des opprimés et des laissés pour compte. Devi serait même allée jusqu’à proposer sa candidature au prix Nobel .La respectabilité acquise , elle s’apprêtait à mener d’autres combats sur d’autres fronts lorsque , au seuil de sa résidence officielle de New Delhi , des tireurs inconnus vidèrent sur elle la charge de leur revolver .Cela se passait le 25 juillet 2001.Dans son hommage, le président K.R Narayanan a dit de cet amazone rebelle qui s’est battue jusqu'au bout pour sa dignité : « Sa vie était une histoire de rébellion et de défi réussi , devant l’oppression et l’exploitation » . Apres sa mort, les contes fleuriront .Et comme on est au royaume des légendes et des fables, Phoolan Devi serait un jour ressuscitée par l’écrit, le son et le mime telle une divinité guerrière des temps immémoriaux .Quand à Shekar Kapur, une suite du film Bandit Queen apparaît comme une nécessité pour percer le mystère de ce lâche assassinat et monter l’autre facette de Phoolan Devi concernant sa vie parlementaire, ses réalisations sociales, son combat de femme réhabilitée. Pourvue que l’objectivité scénaristique soit alliée à l’art de narrer.

RAZAK , Bruxelles : le 1 novembre 2001.
(Paru dans la presse écrite le 10 novembre 2001)
NOTE DE LAUTEUR : La suite de Bandit Queen n’a pas eu lieu . Le mystère de cet assassinat reste entier. Après La Reine des Bandits, Shekar Kapur a réalisé Elizabeth (1999) et Frères du Désert (2003).Il a aussi produit Le Gourou et Les Femmes (2003). Il est un des réalisateurs indiens les plus occidentalisés
.

Le Festival du Cinéma des Libertés 2001 sous le signe d’Eve


Le Festival du Cinéma des Libertés 2001 sous le signe d’Eve
Cinéma Vandome à Bruxelles , intérieur nuit . La salle n’est pas pleine à craquer , mais le film en vaut le détour . Bandit Queen , le film que Shekar Kapur a consacré à la « reine » indienne des bandits n’est pas le seul film spécial de la programmation du Festival du Cinéma des Libertés . D’autres créations cinématographiques à caractère social , culturel ou ethnique sont a menu .En effet , depuis le jour de son inauguration (jeudi 24 octobre 2001 ) ce festival déjà vieux de 15 ans propose des rencontres de cinéma ponctuées de débats . Ainsi, c’est sous le signe d’Eve que l’édition 2001 se déroule. Malgré les circonstances dramatiques internationales dans lesquelles se tient le FCL, les inconditionnels du festival ont répondu à l’appel. Initié par l’association ASBL, cette manifestation est décrite par l’éditorialiste du catalogue comme un « cocktail particulièrement varié de films et d’animations ».Le clou du festival reste sans conteste le film de Kapur Bandit Queen, un long métrage de fiction de 119 minutes qui retrace la vie rocambolesque de Phoolan Devi. Cette femme indienne qui eut une enfance malheureuse et qui est devenue parlementaire pour se consacrer à la défense des opprimés. Assassinée lâchement, Devi reste une figure emblématique de l’Inde. (Lire notre prochaine chronique sur le film.)
RAZAK, Bruxelles, le 29 octobre 2001
(Paru dans la presse écrite avec le programme complet du festival , le 3 novembre 2001)