Monday, February 05, 2024

L'internat des années 70 (extrait du roman "Le Pyjama du pauvre" de Razak )

 

"L’oreille aux aguets, le chef de l’internat, dont la silhouette massive ressemblait à celle d’un ours, se faufilait entre les lits de couchette en métal, comme un fauve cherchant une proie. Il aurait souhaité avoir trois oreilles au lieu de deux. Dans le tumulte des toussotements, des chuchotements et des bavardages indistincts, il cherchait à capter, dans le noir, les paroles suspectes. Ce tribunal ambulant n’avait ni huissier, ni bureau d’ordre. Ses jugements étaient sans appel. Quand ce « juge de la nuit » se fatiguait, il chargeait un de ses auxiliaires de monter la garde. L’astreinte faisait que l’angoisse de la responsabilité se transmettait hiérarchiquement. Les maîtres d’internat devaient faire montre de beaucoup de patience. Comme ces derniers étaient désignés parmi les élèves les plus âgés, on retrouvait un peu de liberté, puisque ces surveillants, qui assuraient la relève, étaient des nôtres. Mais au delà de 22 heures, heure officielle de l’extinction des feux, ce « quelqu’un des nôtres » qui montait la garde devenait intransigeant et dur comme du silex. On se demandait qu’est-ce qu’on lui avait fait boire et fourré dans la tête, pour jouer au « Double-face ». Etait-il avec nous ou avec l’administration ?

Comme c’était curieux, on retrouvait les mêmes similitudes avec le monde carcéral : à chaque interne on attribuait un numéro ; et dans les prisons, la direction se servait des prisonniers les plus costauds, comme chefs de cellules. Ces forçats asservis jouaient le rôle des matons, sans se rendre compte qu’ils avaient tort, puisque, avant tout, ils étaient des prisonniers et que cette exécrable corvée qu’on leur ajoutait, n’était pas un privilège, mais une contrainte qui pourrait créer  pas mal d’ennemis, puisqu’elle provoquait la haine et l’ire des codétenus. Comme ces geôliers, les maîtres d’internat étaient, avant tout, des élèves comme nous, mais on les avait désorientés, en leur faisant miroiter la virtualité, de faire plus tard partie des instances dirigeantes. L’on se demandait comment ces « vigiles scolaires » avaient pu réussir leurs études. Logiquement, surveiller ne rimait pas avec étudier. Est-ce qu’on leur avait donné les épreuves de l’examen en cachette, où étaient-ils des cracks ? Aucune réponse là-dessus."

Tuesday, January 23, 2024

Extrait du roman de RAZAK Le Pyjama du pauvre

 


« C’était contre mon gré qu’on me l’enfilait, ensuite comme vêtement de nuit, il devenait asphyxiant, surtout quand les nuits volaient de la chaleur aux jours. En outre, ceux qui les avaient cousus n’étaient pas des couturiers stylistes, qui savaient faire de belles étoffes, avec l’aiguille d’une machine à coudre, mais c’étaient des ouvrières, mal payées et travaillant à la chaîne, et puis qui n’avaient pas le temps de vérifier si la taille du prototype initial était bonne ou si les proportions étaient équilibrées et convenables.

SINGER, la légendaire machine à coudre qui se chargeait de corriger les erreurs d’usine, chez les couseuses du souk hebdomadaire devrait les plaindre, pour cette criarde malhabileté. Cette noble machine que toutes les femmes inventives aimaient avoir dans leur chambre de couture, avait sauvé pas mal de foyers de la misère et de la mendicité. Tel un bon samaritain, elle continue, de nos jours, d’assurer en tant que gagne-pain, la croûte pour de nombreuses familles, notamment dans les agglomérations semi-rurales.

Dans les souks régionaux, clairsemés çà et là, on voit toujours de vieux spécimens. Ainsi, si les arracheurs de molaires cariées qu’on appelle « dentistes ambulants », se servent d’un haut-parleur pour attirer la foule, les couseuses travaillent en silence et dans la concentration.  

Dans les maisons où l’on prône le labeur, on réserve une place de choix à cette machine insolite. Quand les femmes se livrent aux travaux manuels, outre que le lavage de la vaisselle et du linge sale,  elles trouvent à travers cette acupuncture sur étoffe, de quoi cribler la peau épaisse du temps ennuyeux, tout en retrouvant un nouvel élan pour les autres corvées ménagères.

S’il y a une machine sacrée, ce devra être cette machine-là qui émet un son spécifique. De toute la diversité des appareils mécaniques, je n’en vois pas une qui soit digne de louanges. Il n’y a qu’à contempler, avec sagesse, ce qu’elle fait. Son comportement exemplaire fait des envieux. Elle ne fait pas de racisme entre les tissus et elle accepte tous les fils de couture, sans distinction ni de couleur, ni de tresse. Outre ces qualités indiscutables, que même les plus vertueux de nos hommes n’ont pas, cette machine à coudre possède la magie de réconcilier l’inconciliable, de ressouder les déchirures, d’unifier ce qui est désuni et disparate. Si les ciseaux passent leur temps à découper, sectionner, séparer et créer la désunion, SINGER apaise les rivalités. Elle ne connaît ni jalousie, ni vantardise, alors qu’en cas de maladresse, les ciseaux, en finissant avec le tissu, s’en prennent parfois aux doigts de ceux et celles qui les manipulent. Dans ce cas, ils deviennent des ciseaux sanguinaires. Dans de nombreux films de gangstérisme, l’arme du crime est un ciseau. Les scies électriques et les tronçonneuses sont encore pires. Parfois, au lieu de couper le bois, elles se vengent du bûcheron qui les manipule.

De couleur noire et enjolivée par de petites décorations, cette machine à coudre, est d’une grande générosité. Elle donne sans rien recevoir. Si les machines à vapeur réclament en permanence du combustible (houille, bois…) pour se mettre en marche, celle-là ne demande qu’une petite caresse. Comme dans une valse à deux temps, le pied de la couturière sert à maintenir la cadence. Le mouvement alternatif du pied sert aussi à consolider la physiologie des tondons, des mollets et des petits muscles de la cheville, conformément au principe physiologique qui dit : « tout muscle qui travaille se développe ». Bref, si certains outils disloquent et morcellent sans arrêt, territorialisent et balkanisent à cœur joie, la machine à coudre, en vraie battante, procède à leur unification, en offrant ses bons offices. De son labeur, on pourrait déduire tant de fécondantes métaphorisations, ayant trait avec la pudeur, l’élégance et la sobriété. A travers l’amalgame des tissus à raccommoder, transparaît l’image de notre honteux monde. Cette machine utilitaire et unioniste mérite d’autres superlatifs plus élogieux. Son rapport avec les humains est, lui aussi, plein d’affection. Cet amour passe par la paume palmaire de la main et par la plante nervurée du pied. Elle n’a ni la traîtrise des outils de charcuterie ( les bouchers dont le nombre total des doigts correspond à un chiffre impair savent de quoi je parle ) ni la prétention des Moulinex, qui après une courte période de fonctionnement, ils déclarent forfait. Elle est d’une longue longévité et de ce fait, elle mérite tout notre respect, avec bien entendu, un sincère clin d’œil louangeur, à celui qui l’avait inventée. Non seulement elle aide les pauvres, mais elle les rend humbles. Ainsi, quand on voit une jeune couturière issue d’un milieu modeste, le haut du thorax amoureusement courbé sur sa SINGER, on devine aisément qu’elle n’est pas du genre à vendre sa chair au plus offrant ; et qu’en se contentant du fruit de son labeur, elle s’endort chaque nuit, la conscience tranquille et l’hymen intact.

SINGER est un joli nom. En anglais il devient chantonnant. Comme machine ayant de la tendresse, elle fait de l’assemblage sa doctrine fonctionnaliste. Quand elle s’amuse à faire des patchworks, avec des moreaux de tissus de différentes trames et couleurs, elle s’apparente à un verrier qui fait du vitrail. La mosaïque de verres colorés est consolidée, par des plombs soigneusement incorporés. Pour SINGER, le plomb du patchwork, c’est le fil de couture qui coule en douceur du rouleau cylindrique, tournant verticalement autour de son axe, vers la place où il doit passer. Ainsi, quand cette machine veut que rien ne désagrège son ouvrage, elle s’invente un tas de passages insolites, en faisant l’aller et le retour, avec la même régularité, sans changer de style graphique, ni d’interligne, puisque l’œil de l’aiguille n’est pas assez grand. Ainsi, si certains écrivains, utilisant les ordinateurs pour leurs tapuscrits, choisissent Times New Roman, Arial ou Helvetica, comme caractères de police, SINGER dont on parle, n’en a qu’un seul et on pourrait l’Appeler : «Singeria Americana», puisque c’est un américain nommé Issac Merrit Singer qui a inventé cette machine à « écrire avec du fil ». Les vitraux de SINGER sont opaques et d’une géométrisation élémentaire. Ce qu’elle perd en transparence, elle le récupère dans la sobriété de la ligne. Les morceaux retrouvent leur cohésion. La contiguïté synergique les unissent tous. A part les tailleurs qui découpent le tissu avec une règle, les arrondis du patchwork, ainsi constitué, sont d’une circularité ovoïdale. Mais la juxtaposition des plaques de tissu leur ajoute un autre charme. Grâce à cette juxtaposition, le rapiécé devient un motif d’un assemblage esthétique. Il suffit de donner libre cours aux mains qui aiment les formes géométriques les plus originales.

Pour la petite histoire du « pyjama-moule » qu’on nous imposait, on ne devrait pas incriminer l’appareil et lui endosser les défauts de couture, car ce n’était pas lui qui, en s’auto-actionnant, avait fait fausse route, mais le travail d’usine et ses contraintes. D’ailleurs, les machines à coudre employées dans les grandes manufactures, n’avaient rien à voir avec la romantique SINGER, que l’on vient de présenter avec ferveur, nostalgie et solennité. Le travail en série les avait rendues plus robotiques. Or sensible au toucher humain, l’appareil de Meritt suivait la souplesse de la main de celle qui la manipulait. Elle était un symbole de la patience et de la régularité.

Malgré le poids des ans, elle n’a pas perdu son flegme. Elle n’aime ni précipitation, ni fainéantise. Ce n’est pas un cheval qu’on éperonne, pour courir vite ou une ’’deux-chevaux’’ qui expire à la première dénivelée du terrain ou un Solex qui, faute de carburant, sollicite des coups de pédales supplémentaires. Quand elle se met à écrire des sonnets tristes avec du fil noir, le tissu du pauvre écoute la complainte de sa poésie. Que de fils luminescents n’a-t-elle pas rêvé, pour parfaire sa broderie. L’ «aiguille-plume» dont elle se sert, écrit en cousant et coud en écrivant. Elle ébauche la structure d’une langue inédite où même les ratures ont leur beauté. Dans la régularité de son écriture réside la sobriété de ses ineffaçables prédicats et la solidité de sa grammaire. Chomsky a omis de l’ajouter à ses nombreux objets d’analyse linguistique.  La sémantique dont elle tire l’essence et la résonnance trouve tout son éclat dans l’utilitaire et dans le sauvetage de couture. Les caftans de femmes, les gilets d’hommes, chemises fleuries, persiennes brodées, housses de soie, mouchoir parfumés, tous appellent son secours, quand un clou aimant se venger des jolis tissus allonge l’incision ou quand une étincelle veut y laisser sa trace. Elle ne fait rien à la hâte et chasse la honte du cœur des pauvres, des démunis et des laissés pour compte.      

 

 

 

Tuesday, January 16, 2024

Le système éducatif dans le roman ''Le Pyjama du pauvre'' de RAZAK

 

Feuillet littéraire tiré du roman ’’Le Pyjama du pauvre’’ paru en France (2018).   On y évoque le système éducatif. Le narrateur est un interne des années 70.  

 

 

« Quel rapport y avait-il entre le baccalauréat et le pyjama ? », je m’étais toujours posé cette question, peut-être stupide, mais ayant développé la manie de m’autoanalyser, je voulais éplucher davantage ce qu’il y avait derrière l’écorce et le vernis des choses.

« Les mots ne viennent jamais par hasard. Quelque chose d’insaisissable les motive », m’étais-je dit avec la perméabilité du jeune universitaire, ébloui par les lumières du structuralisme. Ayant développé l’esprit critique, je voulais régler cette question restée en suspens, depuis le secondaire. Pour bien m’autoanalyser, je répétais plusieurs fois la question : « Quel rapport y avait-il entre le baccalauréat et le pyjama ? ». A la énième interrogation, une bribe de réponse se profilait dans mon esprit : « ils voulaient que nous dormions dans le pyjama du système, afin d’espionner nos rêves ».

Non, c’était trop enchevêtré. Ce pyjama gouvernemental n’était pas sur mesure ; et qu’entre le tissu et le cerveau, il y avait un no man’s land qu’on ne pouvait pas franchir. Par conséquent, cette folle tentative descriptiviste serait vouée à l’échec. J’avais répété encore une autre fois le même exercice interrogatif, en creusant davantage les méninges et en fouillant dans le grouillant conglomérat des superlatifs :

« Penseraient-ils qu’en portant le même pyjama, on aurait le même rêve ; et qu’en ayant le même rêve, ils allaient enfin dompter nos esprits et nous contraindre, par le contrôle rigoureux de notre onirologie, à accepter tout ce qu’ils nous dicteraient ? »

Non, c’était trop savant, pour des fonctionnaires dogmatiques et intellectuellement bornés.

« Enfin, testons la voie qui mène à l’excitabilité des cellules nerveuses et leur dépendance vis-à-vis du sommeil : Est-ce que le pyjama aidait à dormir, pour calmer les nerfs et inhiber la réactivité revendicative ? », m’étais-je interrogé de manière sécante.

Ceux qui n’étaient pas passés par l’internat, ne serait-ce que pour une courte durée, pourraient dire hâtivement : « oui ». Mais les contre-exemples qui confirmaient la négation pullulaient. Même avec les pyjamas de luxe, rien n’était garanti. Se coucher élégamment, ne voudrait pas dire, forcement, retrouver le sommeil rapidement et faire de beaux rêves. J’avais vu des insomniaques bien « pyjamantés » du cou jusqu’aux orteils, qui donneraient ce qu’ils avaient de précieux pour retrouver un court somme.

Pendant le sommeil, beaucoup d’internes déliraient bruyamment. Il pouvait se passer des phénomènes étranges. J’en avais vu un de mes propres yeux. Ayant bu beaucoup d’eau, je m’étais réveillé au milieu de la nuit, pour aller aux toilettes. En entrant dans la salle d’hygiène, qui était collée au dortoir, je voyais un somnambule qui marchait les yeux fermés ; et même en essayant de le réveiller en douceur, il était resté dans son état somnambulique. Et je me demandais comment il avait fait pour rejoindre dans l’obscurité, d’abord son box, ensuite son lit, sans se tromper d’adresse et puis, un fait étrange, sans quitter son état de « dormeur éveillé ». Le lendemain, quand j’avais raconté aux copains, ce que j’avais vu la veille, on ne m’avait pas cru. On me prenait pour un halluciné. Son pyjama semblait d’une créature fantomatique. Plus tard, quand j’avais commencé à lire des revues de parapsychologie, j’avais trouvé une bribe de réponse à ce phénomène bizarroïde. Parmi les histoires dramatiques qui étaient arrivées à des somnambules et qu’une de ces revues spécialisées racontait, il y avait celle d’un bûcheron qui, assimilant sa femme à un arbre, il s’était mis à la tronçonner, avec sa tranchante hache. Soudain, le visage effacé du somnambule de l’internat resurgissait devant moi. On avait frôlé le désastre. Comme il était assez costaud, on pourrait craindre le pire. Il y aurait des morts par strangulation ou par asphyxie, si le somnambule pacifique imitait, dans son état second, le bûcheron. Dans de telles situations, la neutralité du pyjama serait à plaindre. Elle en ferait un complice, puisqu’il imitait les gestes du somnambule. L’intransigeance des maîtres d’internat serait due à l’idée maléfique qu’ils se faisaient de certains élèves. Chaque nuit, ils se disaient avec angoisse : « que va-t-il se passer ? ».

Beaucoup de gens avaient fantasmé sur l’internat, comme univers singulier. Ils avaient longuement disserté avec des expressions bien recherchées, entre le propos didactique et le documentaire, sur les nuits qu’on y passait. Mais le point de vue de quelqu’un qui était passé par là, était différent de celui ou de celle qui voyait les choses du dehors. Il fallait être dedans, pour paraître crédible. Signalons que les internats n’étaient pas tous les mêmes. Ça changeait d’un pays à l’autre. Le nôtre était copié texto de France. 

Ainsi, après moult réflexions tourbillonnantes, j’en étais arrivé à la constatation suivante : « le pyjama est un moule, qui en cas de décès, il devient linceul. D’ailleurs, ne dit-on pas parfois qu’Untel est mort dans son pyjama ? »

Pour pouvoir décrocher le bac, nous devions d’abord porter cet uniforme, comme un archétypique signe de formatage conformiste. Ils voulaient que notre vie coïncidât avec une certaine conception formaliste, mais les mieux positionnés, étaient ceux qui manipulaient, dans les coulisses, les choses et non ceux qui en étaient manipulés. Le point de vue personnel, que j’avais consciencieusement laissé mûrir, en tant qu’ex-interne, tenait compte aussi bien du pour que du contre. Comme synthèse, j’en avais déduit, que les études réunissaient deux modes de vie, certes corrélatifs, mais distincts, notamment quand on les voyait sous l’angle végétatif, lié aux conditions vitales. La permutation était possible, mais cela pourrait changer la donne : l’interne, débarrassé de l’omniprésent « œil qui juge », retrouverait une liberté relative, mais l’externe, en arpentant le chemin épineux inverse, verrait les cercles de la flaque marécageuse se concentrer autour de lui, dans le but de lui ôter son indépendance et de le conditionner.

L’enseignement biparti ainsi élaboré, d’abord entre filles et garçons, dans les collèges mixtes, ensuite entre internes et externes, pourrait créer une émulation, entraînant une probable amélioration des résultats scolaires, mais c’est au niveau des affects de l’instinctivité subliminale et objectale, que les traits distinctifs se jaugeront. Il serait temps de le dire : le référentiel, d’où on avait puisé les méthodes éducatives, n’était pas un référentiel de la bonne humeur, mais un référentiel de la contrainte, de la peur et du travail forcé, basé sur la réprimande. C’était un référentiel au service de la rigueur disciplinaire et non de l’épanouissement de l’être. Dans les Medersa de jadis et les couvents médiévaux, on retrouvait la même rigueur, la même atmosphère d’austérité, de privations et de refoulement. 

 

Monday, December 25, 2023

Humorist Dieudonné wins the 19th International Prize of Humor

 

                                        Press release

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Humorist Dieudonné  wins

the 19th  International  Prize of Humor 

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The 19th   B-Awards is attributed to the humorist Dieudonné. Dieudonné M'bala M'bala is born on 11 February 1966. He is a French-camerounian  comedian. Gifted with an excellent diction , He writes and plays his sketches with great sensitivity.

The ’’Bouzghgiba-Awards” is an original cultural prize which was created   in 2005 by the Moroccan artist, writer and critic-movie Razak Abderazzak. The creator of Bouzghiba’s avatar launched this cultural award in order to encourage humoristic performances around the World. The trophy is represented by a painting made by him and inspired by the life of the winner .

Art painting and bibliophilia are the two fundamentals characteristics that distinguish this anti-materialist prize.  3 Tomes have been published under the same label, including one in France. Razak has published several books (7 in France 1 in Canada and 5 in Morocco). His last art exhibition was titled “Haikus and painting”. Channels TV and newspapers have talked positively about this singular cultural event.

Razak the initiator  of this cultural prize  tells about this event :

« The 2023 trophy is placed under the sign of Gaza. It was necessary to choose a neutral artist, that is to say neither Arab nor Muslim, and who showed solidarity with the Palestinians. A people threatened with ethnic cleansing, via a fatally orchestrated genocidal process. There are dozens of them on the pre-selection list, such as actor Jason Statham, actress Angelina Jolie, and legendary basketball player Mickael Jourdain. The two singers Rihanna and Selena Gomez, the rapper Marcus Morton, the two actresses Susan Sarandon and Pénélope Cruz, the actor John Cusack. World-famous stars that  we appreciate during this crisis. It was Dieudo’s vocation that prevailed. Informative humor is a priority for the B-Awards. Dieudo has all the required qualities:  punch, commitment and sincerity, qualities that many comedians, famous or not, do not have. He joins the brightest  constalletion of awarded leading figures as Ennio Morricone, Peter Brook, Ahmed Fouad Najm, Ahmed Senoussi, Lata Mangeshkar, Plantu, Patricia Piccinini, Theo Jansen, Marcel Khalifa, Ismaël Lo, Zhang Yimou,  Derib, ... »

 

 

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بلاغ ثقافي *** الفكاهي ديودوني مبالا مبالا يفوز بجائزة بوزغيبة الدولية للفن الساخر لسنة 2023


 

بلاغ ثقافي                       

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الفكاهي  ديودوني مبالا مبالا  يفوز بجائزة بوزغيبة الدولية 

للفن الساخر لسنة 2023

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اعتمادا على المعايير المؤسسة لجائزة بوزغيبة الدولية  للفن الساخر، وانطلاقا من الركائز الثقافية  المسطرة مبدئيا من أجل اختيار الكفاءات الفنية التي تستحقها ، عادت جائزة سنة  2023 من نصيب الكوميدي الارتجالي والفكاهي  ديودوني مبالا مبالا،  الفرنسي ذي الأصول الإفريقية.

 

ازداد ديودوني  في 11 فبراير من سنة 1966 من أب كاميروني وأم فرنسية . عاش طفولته في ضواحي باريس . وعندما بدأ مشواره الفني ككوميدي متخصص في الفن الساخر  تعرض للاضطهاد والتضييق .  لكن رب عسر يخفي يسرا . فبعد المحاكمات التي اقتيد إليها  بدأت شعبيته تكبر بشكل رهيب في فرنسا ، حيث اعتبره رواد التواصل الاجتماعي الأجود على الإطلاق نظرا لحنكته  ومهاراته ، ولجماليات أسلوبه الفكاهي ، وجودة السكيتشات التي يكتبها ويؤديها علي الخشبة .

يذكر أن الجائزة تأسست عام 2005 ، من طرف الفنان التشكيلي والكاتب المغربي رزاق عبدالرزاق ، و تتميز  بازدواجية بعديها التشكيلي والببليوغرافي ، حيث يكلل التتويج بفصول وفقرات إضافية  تسلط الضوء  على مسارات الفائزين ، وذلك في كتاب مونوغرافي،   صدر منه  لحد ألان ثلاث أجزاء،  واحد  تم نشره بفرنسا سنة 2012، في حلتين ورقية و الكترونية ،  مما يؤكد جليا  البعد الدولي للمشروع الثقافي الذي انطلق من المغرب . والجانب التشكيلي يكمن في  تجسيد الجائزة بلوحة زيتية تحمل توقيع مبدعها ، والجائزة في كينونتها  وصيرورتها تهدف  إلى  خدمة قيم التعايش السلمي و التواصل الإنساني عبر الإبداع الفني  وحوار الثقافات.

 

 يقول رزاق عبدالرزاق  بهذا الخصوص :

''دورة هذه السنة تطغى عليها القضية الفلسطينية وما تعرضت له غزة من وحشية وتصفية عرقية . كان حريا بي أن اختار واحدا من الفنانين المناضلين الذين ساندوا  فلسطين في محنتها ولو بقول كلمة حق ، واللائحة طويلة تضم أسماء بارزة من ممثلين و رياضيين كالنجم  السينمائي جايسون  ستاثام،  والممتثلة المقتدرة أنجلينا جولي، ولاعب كرة السلة الشهير  مايكل جوردان . ومغني الراب الشهير ماركوس مورطن ، والمغنيتين ريهانا وسيلينا كوميز ، والممثلتين سوزان ساراندن و بينيلوب كروز،  فكان الاختيار النهائي لصالح ديودوني مبالا مبالا ، مع التنويه والإشادة  بالآخرين على موقفهم المشرف . فديودوني يستوفي الشروط ، أهمها مزاولة فن السخرية ، الذي من أجله تم خلق  الجائزة . سخر ديودوني كل طاقاته في إسعاد الجماهير ، طيلة أزيد من عشرين سنه ، كما فعل أحمد السنوسي الذي كان لنا شرف تتويجه سنة 2020 بنفس الجائزة . تجمع هاتين القامتين تفانيهما من أجل الرقي بالفن الساخر دوليا ، ومحنة التضييق رغم اتساع رقعة الكون. كلاهما انضم إلى لائحة المتوجين ''بوزغيبيا''  والتي تضم اينيو موريكوني، بيتر بروك، احمد فؤاد نجم، لاطا مانجيشكار، باتريسيا بيسينيني ، بلانتو ، مارسيل خليفة، ثيو جانسن، إسماعيل لو، زهانغ ييمو، دريب،... ''                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                        

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