Thursday, December 26, 2019

FEUILLET LITTERAIRE ET PHILOSOPHIQUE L’aérotype Par RAZAK



FEUILLET LITTERAIRE ET PHILOSOPHIQUE
L’aérotype
Par RAZAK

Je suis un cynique et fier de l’être. Je le dis comme on dit « je suis un méticuleux », ou « je suis un tuberculeux ». Pour tout avouer, je ne suis pas devenu cynique par apprentissage, influence  ou par mimesis, en lisant Gogol ou en buvant, jusqu’à la lie, Mirbeau et Schopenhauer et puis encore moins en suivant la philosophie abrasive du célèbre objecteur de conscience Diogène de Sinope, dont les rapporteurs de l’époque disaient qu’il était « Socrate devenu fou ». Ce grand troubadour, parfaitement saint d’esprit et physiquement apte  aimait  être simple et détestait  tout ce qui est clinquant et brillantine. Il faisait de son malpropre tonneau un château de luxe où les moisissures seraient des dorures et les ratures des tentures de soie. L’homme-philosophe  s’érigeait contre la vanité humaine, la cupidité et l’égoïsme  dont le pouvoir de possession est la pierre angulaire,  la clef de voûte de tout un édifice en équilibre instable. Le moindre vacillement le fait ébranler. Le moindre tressaillement le fait gueuler dans son lit de mort.   
Pour ce qui me concerne, ce sont les intimes et ceux qui, par étourderie et puis par excès de crédulité, je prenais pour des amis,  m’y ont poussé. Ce cynisme que, par-dessus la morgue, je qualifierais de libérateur, me ravit. Je le sens circuler dans les veines qui irriguent le cerveau et les trippes. Je m’y complais, tant il m’épargne le vain et éreintant effort de marcher droit au milieu de gens qui zigzaguent et me sauve des élucubrations mensongères qui rendent l’homme esclave de son langage. Le moindre lapsus se traduit par du remord. La parole a son côté cynique. Même la plus aseptisée pourra causer des dégâts incalculables, si on a une langue déliée, une bouche sans sphincter, une canalisation sans clapet.
Face au pétrin que parfois le parler franc transforme en traquenard, l’on souhaite faire partie des muets et de ceux qui ont la langue fichue. Les langues fourchues sont, par nature, proches du guêpier. Le mutisme circonstanciel  a l’avantage d’éviter les inconséquences fâcheuses, surtout quand  on vit dans un coin où la liberté est bannie. Et puis, contrairement aux bavards, les muets n’engagent que leurs intraduisibles mimiques. Les juges de ces derniers temps, de plus en plus intéressés par les errements de la parole que par la gravité des actes commis, ne trouvent rien à incriminer chez les muets. C’est le seul cas où l’incomplétude s’apparente à une vertu et le handicap à un bouclier protecteur.     
On ne naît pas cynique, on le devient et un cynique cultivé est mieux qu’un cynique inculte. La trahison est une vile affaire et la mort est la chose la plus sérieuse qui soit. Que l’on soit cynique ou non, riche ou pauvre, elle guette tout le monde. Ainsi, quand on a la malchance existentielle et chromosomique de vivre  dans un bled arriéré où les iconoclastes de tout poil brillent par leur incurable stupidité, leur minable idiotie et leur effronterie liberticide, outrancièrement exhibée à tous les étages de la société, dans le but de museler les voix sincères jaillissant de têtes bien  nées  et prendre en otage les têtes endurcies que l’air biscornu égare en permanence , cela devient une calamité. Elle s’ajoute aux autres perfidies imposées par la doxa dominante que le génial George Orwell rattache au mystérieux et ténébreux  Big Brother, un tyran sans pitié et sans scrupule. Ce « Contr’un » est contre tous. Il inverse les valeurs, en les transformant en contresens. Tout un cycle d’attaques nocives et de brimades visant la dénaturation de la nature humaine, par le domptage forcé des gens, notamment ceux qui ne veulent pas penser bête ou du moins tenter d’en voler l’apparence, car  quand tout est galvaudé, il y a risque de confondre les profils et les rôles, les sentiers et les destinations. La pensée libre a besoin d’un espace adéquat pour s’épanouir. Un champ fertile où il n’y a ni tournants, ni entraves, ni cloisonnements, ni épines.  
Le dire vrai est plus reposant que la dire flou.  Le reste n’est que verbiage déviant. Cependant, ce qui mérite d’être rappelé, c’est  d’éviter les pièges tendus par les assassins de la parole débridée, les brigades du conformisme et les fossoyeurs de toute belle chose en l’homme. La pensée en est la plus primordiale.
La chambre 101 où l’innocent Winston a subi le formatage dirigiste et unidirectionnel attend et guette les amoureux de la parole libre. Ce sont les unijambistes qui freinent les coureurs et ce sont  les conformistes qui brisent l’élan des novateurs.
L’image est une arme. Au lieu de divertir et d’instruire, la télévision mise au service de la minorité dominante  est acculée  à faire la sale besogne, d’abêtir la populace, et au besoin,  de l’ameuter dans une chasse aux sorcières sans gloire aucune. Quand elle tombe en panne, elle tend la main aux contribuables, qu’elle n’a que trop mal servis. Cette servitude volontaire mettrait en colère Etienne de la Béotie qui voyait dans la soumission aveugle une absurdité.
Les acculés au mutisme forcé traquent les diseurs de bonnes vérités. Asservi par embrigadement prémédité, le rectangle de plasma devient un perfide œil de surveillance, de délation, un fouet de flagellation et une paire de menottes. Les tyrans se servent de cet instrument  de torture pour mâter le peuple. Le dressage passe par les yeux avant de se concentrer sur les habitudes. Les aèdes engagés et les chantres de vérité sont mis au cachot, tandis que les idiots se moquent d’eux, en toute liberté. Il y en a qui, poussant la bêtise à son paroxysme, veulent les rééduquer « ministériellement » en utilisant l’outillage sanguinaire de « la chambre 101 ». Interdit de chanter, interdit de se solidariser avec autrui , interdit de rire,  interdit de prédire, interdit de s’exprimer librement, interdit de faire et interdit de ne pas faire , interdit de plaire et interdit de ne pas plaire , interdit de sentir, interdit de respirer, interdit d’aimer… Vous devinez dans quelle jungle on vit.
Qui  a encouragé ces potentats  à commettre de telles bavures et à lancer de tels provocants défis ? Qu’un ministre du bétail adresse son discours animalier aux habitants de poulaillers, de basses-cours et des enclos d’équidés, cela pourrait se comprendre. On est dans le même  contexte sémantique.  Mais en  s’adressant à ceux qui  paient les salaires de son ministère,  cela s’appelle UBU-ministre. C’est du Caligula déguisé en berger.  
Etant donné qu’on parle zoo, il serait opportun de rappeler que si les animaux,  venus après l’avènement darwinien de l’Evolution, avaient saisi le sens profond de ses révélations, ils auraient échappé au massacre. Ce qui est navrant, c’est de remarquer que les poules n’arrêtent pas de pondre des œufs, malgré le carnage qui les attend. On dirait qu’elles y éprouvent un plaisir masochiste. Si elles avaient su qu’après la décapitation, on les  plonge dans l’eau bouillante et on leur ôte les plumes, elles auraient  fait d’un duvet un puissant organe de vol et de décollage, pour échapper au massacre. Les dindes sont encore plus stupides que les poules.  Comme des arriérées de l’espèce animale, elles se laissent faire. Les narines pleines de morve et les ailes paralysées, elles ne servent qu’au Toussaint  chrétien et à « Hagouza », la petite fête musulmane. Les souris sont plus rusées que ces volatiles qui marchent paresseusement, au lieu de faire  usage de leurs organes de propulsion,  comme font les aigles, avec fierté et orgueil. Encore une fois, il ne faut pas  confondre  aérotype et « morveux-type ».
Le savoir qui ne se traduit pas en actes est un savoir obsolète, une coquille vide. Les malins de la politicaillerie ont vite compris le subterfuge : il ne faut pas cultiver les gens, car un peuple cultivé  est un peuple dangereux et imprévisible. Les requêtes et les revendications sont proportionnelles au  degré de conscience atteint. Il faut coûte que coûte que cette imprévisibilité et cette soif revendicative soient circonscrites précocement et tuées dans l’œuf, afin d’éviter les pépins du futur.
Le stéréotype est une vilaine  machinerie. Ceux qui prônent ce système d’uniformisation savent à quoi s'en tenir, dans leur ruée cabalistique. Mais ils oublient que la richesse émerge de  la diversité et ne résulte pas  de  l’uniformisation. Cette dernière est la source de tout endettement. Quand le cumul de la dette extérieure atteint des proportions effrayantes, le pire serait à attendre. Le colonialisme y a trouvé les motifs pour son expansion. Il n’y a qu’à relire les pages de l’Histoire. Soit payer les arriérés, soit perdre sa souveraineté, telle est la leçon à tirer du passé. 
Ainsi, si pour le machinisme, cette uniformisation mécanique pourrait générer du profit, à  l’échelle humaine, elle  est contreproductive,  puisqu’elle réduit tout à un conglomérat de pantins  exerçant les mêmes mouvements et agissant de la même façon, sous la contrainte. La charge punitive extrême, en est le retour au moule de fabrication et au four de réajustement où on enlève les excroissances, on rabote les bosselures, on colmate les brèches à colmater, comme retouches nécessaires  au cycle comportemental. Les animaux sont les premiers à servir de cobayes pour un tel remodelage effectué sous pression. Il suffisait de les dompter par le coup de fouet. Quand les sévices n’aboutissent à rien, on tente  la voie digestive. Pavlov en a esquissé des pistes prometteuses, en expérimentant des procédés de servage sur les quadrupèdes qui aboient. Entre l’espèce animale et la race humaine, il y a des recoupements physiologiques insoupçonnés. 
Au stéréotype, j’oppose l’aérotype, un concept sorti de mon imagination déjà bourdonnant de mille projets. Ainsi, si le stéréotype se limite à une seule gamme et à un seul label, l’aérotype est  intrinsèquement né pour la liberté d’être et pour la diversité d’approches. Doué d’une sensibilité à toutes épreuves et à fleur de peau, l’aérotype trouve son élan dans l’étendue spatiale. Pour les êtres humains qui portent cette noble étiquette, la spiritualité spatiale est plus vaste que la vastitude cosmique. Icare fut une incarnation physique de cet aérotype visionnaire. Il voulait concrétiser un rêve qui n’intéressait que  les dispos au rêve. Ibn Farnass  le berbère et Léonard de Vinci ont repris le flambeau de l’aérotype bien décidé à percer les mystères de l’aérosphère, parce qu’ils étaient des rêveurs éveillés qui aimaient respirer l’air libre et planer dans l’espace, comme bon leur semblait.
Au niveau comportemental, ils formaient  deux aérotypes de type goéland. La propreté de leur caractère respectif transparait à travers la propreté de ce qu’ils faisaient ou projetaient comme projets à léguer à la postérité  
Le goéland est une créature merveilleuse. Digne de tous les éloges, cet aérotype est un grand séducteur. D’ailleurs comme on peut aisément le vérifier linguistiquement, on trouve dans  l’architecture de son nom  les entités « go » et « elan ». C’est du pur turbo haute cylindrée. Quant aux chauves-souris et aux mouettes, on trouve des entités dégradantes : « souris », « chauve » et « mou ». Tout cela pour dire que l’on n’a pas  la finesse et le même goût que le goéland. L’aveuglement et les immondices d’ici-bas les enlaidissent. Le relent des déchets ingurgités leur empestent l’haleine. C’est pour cela que leur plumage cache à peine leurs pourritures nauséabondes. Elles sont nées pour les saletés, les mesquineries et les bassesses. On en trouve des nuées dans les dépotoirs publics,  les marécages d’eaux usées et insalubres. Cependant, l’on se demande quelle immunité microbienne les aide à proliférer démesurément. Leurs déjections usent le métal et leur acidification efface les peintures et dénature les revêtements pigmentaires les plus résistants.
Les créatures ailées ne sont pas toutes des aérotypes au sens où nous l’entendons, c’est-à-dire des  types singuliers qui aiment l’air libre et qui ne laissent personne leur cacher les rayons du soleil. Ils réagissent aux assaillants, qu’ils soient des  rois ou des  empereurs. Diogène notre « cynique en chef »,  en plaçant bien la réplique qu’il fallait et au  moment propice, avait ôté l’impérialité à Alexandre le Grand, quand ce dernier voulut le séparer de son tonneau et l’emmener au palais comme hôte distingué. Diogène  vit dans cette main tendue non pas un parasol d’acclimatation et de sauvetage  mais un voile, un prélude à une véritable mainmise.  Laissons  le soleil aux aérotypes et les l’espaces exiguës aux stéréotypes.

Thursday, December 05, 2019

5 DÉCEMBRE : LA FRANCE RETIENT SON SOUFFLE Par RAZAK






5 DÉCEMBRE :  LA FRANCE RETIENT SON SOUFFLE
Par RAZAK
Un mois de décembre en rappelle un autre.
Décembre 1995 : suite à une erreur d’appréciation sociétale commise, à bon ou mauvais escient, par Alain Juppé ( 1e ministre de l’époque) qui proposait un plan de reforme relatif à la sécurité sociale et au régime de retraite, la France avait été paralysée par des grèves monstres, générant des perturbations insurmontables  et des blocages énormes . Tout était pratiquement à l’arrêt et ces blocages avaient duré trois semaines. Elles rappelaient par leur gravité  les troubles de l’insurrectionnel mouvement de Mai 68. Ces mobilisations de masses firent émerger deux noms : Daniel Cohn-Bendit pour les Soixante-huitards hexagonaux et Bernard Thibaud pour les grèves de 1995.
Jeudi 5 décembre 2019 : le même spectre plane au dessus  de tout et de grands blocages se profilent à l’horizon et à l’orée de l’aire urbaine. Le même scénario risque de se répéter, avec cette nuance de taille qui pourrait aggraver la situation : pour la première fois deux formations politiques (le Rassemblement National et France Insoumise) soutiennent les syndicats en grève et cela  malgré leur divergence idéologique. Certains parlent déjà de jeudi noir et redoutent que ces manifestations  s’éternisent comme cela s’est passé avec les Gilets Jaunes qui sont arrivés à leur deuxième semestre. La « gilet-jaunisation » dont parlaient certains chroniqueurs politiques semble avoir des répercussions qui s’étalent  dans la durée et ont un impact contagieux.
Ainsi, si pour les grèves de 1995 le président fraîchement intronisé J. Chirac, privilégiant la paix sociale, se rétractait en jetant aux calendes grecques le projet défendu par son 1e ministre, en permettant aux deux puissants syndicats de l’époque CGT et CFDT, de savourer leur victoire, sur un gouvernement désuni, celles d’aujourd’hui (5 décembre 2019 ) s’annoncent redoutables et pourraient dégénérer de pire en pis. Il y a autant de mélanges détonants et que l’étincelle semble proche de la mèche  explosive. La colère gronde et le partage équitable des revenus de l’Etat semble à l’ordre du jour, comme jadis.
Bref, la France retient son souffle. Enseignants , postiers , cheminots,  étudiants, sapeurs pompiers , douaniers , Gilets Jaunes et (tenez- vous bien) policiers participeront au grand  déferlement du Boulevard de la République auquel s'ajoutent les marches en province. Donc pas la peine d’aller ce jeudi au métro, à la RATP, à l’hôpital et même à l’aéroport, car  les services seront réduits dans des proportions dramatiques faute de personnel.  Ce dernier est à pied de guerre dans un bras de fer avec  le gouvernement Macron qui voit dans ces grèves une conspiration. Le soulèvement fera date .
Va-t-on rebrousser chemin comme en 1995 ou résister à la grande marée ?
Il y a un sérieux problème : faut-il soutenir l’économie ou satisfaire la demande  sociale ou faire en sorte que les deux option soient prises sur le mème pied d’égalité ? L’année 2019 a été marquée de bout en bout par l’action des GJ. Celle qui suivra dans  moins d’un mois s’annonce plus problématique,  car de l’avis des experts assermentés penchés sur la question , il y a proéminence d’une crise encore plus grave que celle qui, en 2008, avait secoué l’Europe et le reste du monde. Les facteurs aggravants sont le surendettement extérieur et la propagation au sein du système bancaire des taux d’intérêt négatifs. La baisse du pouvoir d'achat semble inexécutable .
Comme le peuple français est relativement plus cultivé  et se préfigure les difficultés matérielles qui l’attendent ,  il en appelle  à ce que le « ruissellement »  financier prôné par la classe dominante quitte le système du « goutte-à-goutte » pour mettre à sa place un autre plus équitable. Une sorte de drainage de l’honneur et du bon partage où chacun aura sa part qui lui revient de droit .
Gageons qu’au sein  cette hydraulique financière, l’on faille éviter les coups de béliers qui dans les adductions d’eau potable créent des turbulences  néfastes  et des dégâts incalculables au réseau de distribution .








Tuesday, December 03, 2019



LE FESTIVAL DE MARRAKECH
ET LE RETOUR BOITEUX
Par RAZAK

Le titre flatteur dont un journaleux en phase de préretraite avait  encensé, l’année dernière, à pareille époque, le retour du FIFM, après une année sabbatique, s’est avéré une exagération phraséologique. L’édition actuelle infirme ce que ce plumitif besogneux confirmait dans sa complaisante dissertation où le maquillage  de façade cachait de hideuses monstruosités. L’affluence-mètre du FIFM 2019 a connu une baisse notable proche de la désertion et cela malgré les continuelles augmentations  budgétaires dont il bénéficie.
Encore une fois, il ne faut pas incriminer les intempéries d’une talle chute, car , parole d’un témoin assermenté, ce n’est qu’au quatrième jour dudit festival que la pluie a commencé à tomber et ce n’est pas une pluie diluvienne de nature à  empêcher les habitants de la ville de sortir dehors, mais une rosée tiède où les enfants de bas âge aimeraient jouer « Achtata »,  ne serait-ce  que par célébration ancestrale , car ça fait un long bail que l’eau du ciel n’a pas arrosé la terre aride de la ville ocre.
Sur les 25 personnalités étrangères invitées on verrait que seule une partie aurait fait le voyage. On ne le dirait pas, car cela ferait mal de réserver des chambres coûteuses dans de grands palaces et des billets d’avion à des fantômes.
La seule donnée qui a connu une hausse vertigineuse, c’est le nombre impressionnant de policiers. Ils rempliraient les deux grandes salles du « palais des regrets » , si  on les autorisait à s’y asseoir en spectateurs. L'incarcération du rappeur- youtuber Lagnaoui serait derrière ce sureffectif et les « tifos » contestataires , exhibés ces derniers temps, ont sonné l’alarme. Leur interdiction dans les stades de foot ne ferait  que raviver la grogne juvénile.
A propos du journaleux encenseur, on aurait aimé le voir jouir , à l’instar des autres journalistes attitrés,  de la manne « fifmienne » (du sigle FIFM ) pour le service  propagandiste rendu . Mais il semble que celle ou celui qui a commandité l’article a trahi son auteur. Faut-il s’étonner ? Au festival des incongruités rancunières  et des oublis de telles pratiques sont monnaie courante. Quant à ceux qui prétendent  être des critiques  de cinéma, alors qu’ils ne sont que des intrus ont mine figure. Ils ont été asservis de vile manière. Ces haut-parleurs, à qui manque la parole juste, font   d’un navet  poilu un chef-d’œuvre et d’un apprenti-cinéaste un géant de cinoche. Les vrais critiques de cinéma savent que les films qui marchent au box office évitent les festivals, parce qu’ils y voient des mouroirs tout indiqués .
Enfin, peut-on programmer au sein du FIFM le blockbuster « Joker »,  le film qui a fait couler beaucoup d’encre et gagné tout un pactole?
Au sein du jury il y a deux personnes que j’avais révélées au grand public, via le journal-papier, quand ce dernier avait de l’impact : une jeune actrice (Mouna Fettou ) et un jeune documentariste  (Essafi). Au delà de ce fait louangeur adressé à des novices, et connaissant la limite de leurs capacités, je trouve que tous  les deux sont inaptes pour statuer au sein d’un jury international sur des films de fiction qui demandent la connaissance d’au moins cinq langues vivantes. La  VO est  plus originale que la version doublée.  La traduction nuit à l’originalité de toute œuvre, qu’elle soit littéraire ou cinématographique.
Certaines vérités fâchent,  mais  par amour à ces vérités, on continuera à fâcher les opportunistes , les unijambistes et les  arrivistes.
A bon entendeur , salut !

Monday, December 02, 2019


Tifos contestataires
Par Razak

Des tribunes au tribunat, les irréductibles aficionados du Raja Club de Casablanca ( ainsi que d’autres clubs lui ressemblant ) ont transformé,  au fil des matchs disputés  l’arène de jeu en un immense amplificateur d’idées contestataires ne manquant pas de perplexité et en un véritable incubateur d’images allégoriques  que  les réseaux sociaux (y compris la plateforme youtubaire) se partagent en toute facilité.
Ainsi, vibrant à l’unisson, les voix de milliers de jeunes supporters, ayant ras le bol de la situation politique que le  pays  traverse, passent du déclamatoire sportif au déploiement revendicatif, avec une connotation sociopolitique évidente. Ces ultras qui exhibent des tifos d’un genre inédit  effraient les conservateurs et inquiètent les sécuritaires au plus haut  niveau.
La lourde peine infligée au rappeur-youtuber Lagnaoui a ravivé la flamme contestataire. Chaque match son cri et à peine lancé, son écho retentit plus loin que le coup de fusil. Mais les politiques ( toutes tendances confondues ) semblent en quadrature retard par rapport à  cette mouvance juvénile.
Hier on parlait de footite virale, aujourd’hui cette footite se politise à vue d’œil et d’allégorie en allégorie, la galerie des images ainsi composées se diversifie. Cette mouvance où le contestataire prend des formes insoupçonnées,  a été initialement entamée avec le boycott commercial ( Moqataâ ) qui a  porté préjudice à des sociétés ayant un gros chiffre d’affaires  et se poursuivant avec des tifos d’initiés. Celui  que le derby casablancais a engendré fait référence au célèbre roman de George Orwell  intitulé « 1984 » et précisément au «Room 101», lieu de torture et de lavage de cerveaux. Les autres  thèmes abordés  renvoient  à des ouvrages littéraires adaptés au grand écran ou au théâtre comme « Orange mécanique » et « La Cantatrice chauve » .
L’issue du derby est allé au plus chanceux  après une époustouflante remonatada  mais ce « Room 101 » répandu à la vitesse de l’éclair aux quatre coins du monde via Internet est resté chez certains comme un os en travers de la gorge car ils craignent  que la gronde, quittant les gradins, puisse s’installer dans les places publiques. Enfin, mieux vaut gueuler dans un espace clos  que déferler dans les  rues.

Monday, April 22, 2019

Marrakech, ville de tous les vices



Ville de tous paradoxes imaginables et inimaginables, Marrakech cache à peine ses hideuses verrues. Le relatif succès touristique dont elle se vante prétentieusement est infirmé par le laxisme et l’insuccès des autorités à assainir ses coins et recoins sombres, points obscures qui font d’elle une agglomérée à hauts risques, tant pour le visiteur marocain, que pour le touriste étranger. Ces négativités sont en nette recrudescence et la propagation des mauvaises mœurs en fait une ville satanique de premier ordre. Le tourisme sexuel y fleurit avec ses facettes perverses. Graduellement et irréversiblement, la cité ocre est devenue un ’’wakr’’ (fief) de vicieux pédophiles, de proxénètes, de maniaques récidivistes, de dealers incorrigibles et d’arnaqueurs de tout acabit. On voit partout les mégots de joints dans les hôtels, les jardins, les urinoirs et dans les places publiques. Cette «nederlandisation » narcotique défiant et outrepassant les prérogatives de la régie des tabacs prouve que les vrais maîtres de la ville ne sont pas ceux qu’on croit. Il faut enquêter en profondeur pour voir la silhouette macabre de ceux qui tirent les ficelles dans l’ombre, en soutirant un argent fou, du trafic ainsi manigancé .
Les bars hors-la-loi dont la plupart affiche des enseignes de restauration sans servir le moindre repas aux clients, sont devenus des lieux de torture et d’arnaque. Servant d’indics aux policiers véreux, notamment ceux qui jonglent avec leurs prérogatives de représentants de la loi, les videurs bastonnent en toute impunité les clients qui refusent de payer les surfacturations imposées par la force. Quant à ceux qui rouspètent, contre cette surfacturation  frauduleuse, ils sont tabassés et raflés manu militari. On épargne le propriétaire et le gérant du bar, parce que ces derniers  soudoient ces agents  que la cupidité a aveuglés en leur faisant oublier leur devoir.
Rappelons que la loi en vigueur interdit la vente des boissons alcalisées aux Marocains de confession musulmane ou désignés en tant que tels, car les Marocains ne sont pas tous des musulmans pratiquants. L’on se demande pourquoi les Marocains de confession juive ne sont pas concernés par cette inique interdiction. Le grand malheur, c’est que les victimes ne peuvent pas porter plainte contre les agresseurs en uniforme ou en survêt.
Cette disposition ubuesque et hypocrite relève de l’absurde. En effet, le pays prétend être pour la modernité et se dit engagé à respecter les droits de l’homme, mais l’on voit avec preuves irréfutables à l’appui que l’archaïque le plus castrateur lui ronge la colonne vertébrale et que les droits de l’homme sont bafoués.
Il est archi connu que les policiers sont, dans leur majorité des picoleurs, mais les tyranniques parmi eux font profil bas, quand ils se trouvent face à face avec  un haut gradé de l’armée ou de la gendarmerie. On ne badine pas avec les corps d’Etat porteurs d’arme. Cela pourra se transformer en carnage, si les sbires des bars vont plus loin dans leur provocation. On en a déjà vu une scène   à Marrakech dans une boite d’ennuis de Gueliz.

Pourquoi la wilaya et la préfecture de police  ferment l’œil sur les dépassements de ces bars-restos illégaux ? Pourquoi le service d’hygiène n’effectue pas les  contrôles réglementaires ?  Des questions sans réponses.  Le but est la vente du vin, étant donné et connu que ce commerce est plus juteux que les plats de cuisine. La bouteille est facturée au quadruple de son prix ordinaire. Ces pseudos restaurants qui se trouvent en surnombre à Gueliz, le quartier français de Marrakech, ajoutent leurs désordres à la fiche générale des irrégularités constatées de visu.
Ces empoisonneurs à la légalité vacillante ne peuvent pas subsister sans les pots de vin. Et grâce à la corruption, ces bars hors-la-loi ont réussi à mettre la main sur un corps d’Etat qui a une fonction primordiale, à savoir la sécurité des citoyens et de leurs biens. Malheureusement, c’est l’inverse qui se produit. Dans ces bars  anarchiques on empoisonne et on dépouille les clients en toute légalité. Pour donner l’air que l’on fait son devoir correctement, on lâche de temps en temps à la presse de faits divers des infos d’arrestation ou de saisie. Mais ce n’est que l’arbre qui cache la forêt. Par complicité, on ne touche pas aux grands trafiquants.
                L’arnaque policière se manifeste à deux niveaux : l’alcool et le sexe. Pour l’alcool, on en a expliqué le modus operandis , qui a fait tomber plus d’un innocent (lire notre article précédent). Pour le sexe, le subterfuge est simple : on envoie une fille mineure à l’homme visé et le tour est joué. Cela finit toujours par un marché par entente directe. Si le type concerné ne paie pas ce qu’on lui demande, il sera mis en taule.
Bref, partant de ce qui vient d’être insinué et relaté, l’on se demande avec la fougue de l’affamé de vérité et l’engouement de l’assoiffé de connaissance anthropologique, comment une cité bâtie par des gens de foi (les Almoravides) est devenue un grand bordel où la prostitution et l’exploitation orgiaque de mineurs défrayent la chronique. Il va venir un temps où se déclarer Marrakechi (natif de la ville de Marrakech) aura comme synonymes : homosexuel et pédophile  incestueux. La dépravation va crescendo. Même les vieillards des halka de Jamaâ Lafna ne parlent que de sexe. S’agirait-il d’un vice héréditaire ou d’un tic de sociabilité maladive à psychanalyser par des freudiens ?
Dans certaine ruelles labyrinthiques de l’ancienne médina où les hôtels zéro étoile poussent comme des champignons, les proxénètes et les dealers vous barrent le chemin. Dans l’une d’elles qui donne sur la rue des princes on trouve des Mokhazni, mais ils brillent par leur laisser-pourrir. Pourquoi sont- ils là, en permanence ? Est-ce pour veiller au bon déroulement du trafic malsain et apporter la ’’garmouma’’ à leurs supérieurs, ou attendent-ils leur tour pour pousser au lit ? Au suivant, il y a assez de chair fraîche à acheter au rabais.

Wednesday, April 17, 2019

Rafles de police, menottes et mots orduriers


Je ne sais pas pourquoi plus on s’éloigne de la capitale plus les services de police deviennent  violents et peu respectueux des droits des citoyens. La brutalité de certains  agents en uniforme  laisse planer  de nombreuses questions vis-à-vis de l’hiérarchie dont le sommet se trouve à Rabat.
A Marrakech, les rafles  sont souvent accompagnées de coups et de mots orduriers. Les représentants de la loi sont les premiers à la transgresser. Un comportement indigne d’une institution  qui rêve d’être aimée par les Marocains. Gifler un homme âgé de 60 ans après lui avoir mis les menottes,  c’est dictatorial et inadmissible. Ville de tous les désordres (prostitution, pédérastie,  drogues hallucinogènes, arnaques …) les exactions policières  ajoutent beaucoup de noirceur à la palette. Les policiers corrompus qui couvèrent les bars malfamés de Gueliz comme ceux qui se trouvent au boulevard Mansour Eddahbi  sont les plus violents et les plus incontrôlés . L’inspection a du pain sur les planches.     

Tuesday, April 16, 2019

Abba contre le bourrage coranique par RAZAK


Dans un Cyber de Marrakech que je fréquente assidûment ,  pour actualiser les données de mon blog personnel, la Cyber-girl qui s’en charge le jour, avant de  confier sa charge,  la nuit, à un jeune homme plus âgé qu’elle, a transformé le Cyber en annexe d’une école coranique. je ne le situerais pas géographiquement pour ne pas tomber dans la délation.
Cette jeune femme en âge de procréer   a pris l’habitude de passer des enregistrements coraniques, non pas ceux qui prônent la tolérance, mais les « sourates » où l’on parle de tuer,  d’agression et de représailles. À la longue, cela a fini par m’agacer. J’ai fini par en avoir marre. Je ne peux pas lui faire la remarque, autrement , elle me prendrait pour un juif ou un anti-islamique. Alors pour pouvoir continuer mon blogging,   loin du sang jihadiste et des promesses de châtiment,   dont le coran est le pôle de diffusion et la courroie de transmission, j’ai demandé secours à Youtube. Le  groupe Abba m’a aidé à éviter le bourrage du crâne. Je mets le casque en me disant : «en avant la zizique ». Me voilà hors des tristes frontières, largué dans un autre espace moins crispé et moins liberticide, dans un de ces lieux bénis par les muses de la liberté et de la démocratie et puis où il n’y a pas de corruption . chose admirable. 
Qui a dit que la musique est inutile ?
«Une grande découverte : la zizique »,  avait dit un radiophoniste qui a roulé sa voix sur les antennes.

La zizique du groupe suédois est une zizique de bonheur, pur produit  d’un peuple heureux. Les gens frustrés ne peuvent pas en produire.  J’enchaîne par le bouquet : “ABBA Greatest Hits Full Album” qui commence par « Dancing Queen » , un de mes tubes préférés.  De loin, les autres ’’mots-ultimatums’’ qui  promettent l'enfer aux non croyants et qui parlent plus de mort que de  vie, s’écoutent faiblement et en filigrane, mais qui me rappellent l’enfer incarné par ce présent malade de son passé.  

Quand je finis  ma séquence,  je débranche le fil virtuel qui me rattache à ce paradis sonore où la poésie et la musique font bon tandem. Je quitte ce lieu de deuil où les fous et les folles de  dieu jouent aux agents funéraires, et qui rêvent de sacrifier les gens qui pensent  juste, sur l’autel de l’absurde .    

Monday, April 08, 2019

Feuillet littéraire: Coupable ! par RAZAK


Si les princes de ce bas monde sont nés avec une cuillère d’argent  dans  la bouche, moi, je suis né avec un stylographe entre la lèvre supérieure et la lèvre inférieure du trou buccal. Ma salive, c’est de l’encre à l’état pur. S’il y a une résurrection ou un jour de purgatoire où l’on paie pour les crimes commis,  le papier que j’ai noirci, avec ma corrosive salive devra réclamer son dû. J’avoue volontiers avoir torturé beaucoup de papier et tué tant de pages innocentes, la nuit comme le jour, avec un sadisme inégalé. Je ne me contente pas de les froisser, quand les mots deviennent hostiles  ou font grève tout simplement, mais je passe à la charcuterie. Je les découpe en mille morceaux ou je mets le feu dessus, la tête froide et avec préméditation, comme un  tueur professionnel. Je suis un « serial killer » de la paperasse, c’est- à-dire un tueur en série, doublé de pyromane incorrigible .  Il faut que je paie pour les forfaits commis. 
Sale « salisseur de l’immaculé », voilà ce que prosaïquement je suis. Je demande pardon à tous les papiers  que j’ai importunés ou rendus invalides. Mais ces crimes commis me dépassent. Je n’en suis, en fait, que  l’exécutant,  l’instrument de torture et il faut chercher ailleurs, pour découvrir le vrai alibi. Ce n’est pas  par souci écologique que je cherche la voie du repentir, car de l’arbre au papier, un meurtre crapuleux  a déjà été commis, avant moi, par un bûcheron, mais par principe. Ainsi, quand je brûle un papier plein de mots désordonnés et de ratures, ça porte nuisance à l’environnement, en empoisonnant l’air avec des mots calcinés. Je reconnais ma culpabilité. Mais pour comprendre les  griefs de ce ’’brûle-mots’’, plus nocif que les ’’brûle-cigarettes’’, il faudrait fouiller dans les recoins sombres de sa psyché, dans ces régions fermées à l’entendement,  comme dirait Rilke.

Mea culpa : quand j’arrête d’écrire, comme cela m’arrive de temps en temps, la tension artérielle  frôle l’infarctus. Mes temporaux tambourinent. Mais en reprenant le stylographe, mon joujou de naissance  et le papier à noircir, elle baisse, comme par providence. Je n’écris pas pour les autres, mais pour moi-même. Il n’y a rien d’égotique dans  cette praxis curative. Ce qui devrait valoir dans ce processus, entre le haut et le bas artériel, c’est de trouver le mot qui sonne juste et la bonne expression qui vaut la peine d’être mémorisée et consignée dans un bouquin. J’en suis à mon  16ème  .   
Ça ne sert à rien de multiplier les titres, quand on vit dans un désert culturel où les analphabètes et les ’’analpha-BIT’’ sont plus nombreux que les gens lettrés. Personne ne les lira. Et puis même si on en a la verve, il faudrait chercher d’autres motifs, pour continuer l’aventure en solitaire. Le mien, comme je l’ai spécifié avec des mots terre à terre, c’est d’éviter  la dépression par la pratique de l’écriture. Cette dernière  m’a déjà sauvé du zona varicelle, en 2010.
Complexés par les textes religieux, les iconoclastes  manifestent une haine viscérale envers les écrits romanesques et ont une répulsion maladive vis-à-vis des ouvrages de réflexion. C’est pour cela qu’ils sont restés bêtes. Ils se laissent exploiter et manipuler, comme des cancres. La connaissance mène à la conscience et la conscience mène à la dignité et au respect de soi. Les écrits  célestes les ensorcellent, au point de les halluciner. Ceux qui ont vu l’image de Mohammed V sur la lune sont les plus fantasmagoriques. Une pièce de monnaie était derrière ce mirage lunaire, improvisé par transposition visuelle. L’ignorance avait  fait le reste. N’oublions que dans le bled où je suis né,  il y en a  encore des gens qui croient que la terre n’est pas ronde. Il faudrait les mettre dans une navette spatiale, pour qu’ils puissent   rectifier la vision.
Le brûleur de papier que je suis, ne mène pas une vie facile, au sein des ignares qui l’entourent. Vampirique, la mal-vie suce le sang des poètes intègres et des écrivains qui ne pensent pas bête et puis qui ne courbent pas  l’échine. Lâchement et indûment, leurs contraires se la coulent douce, en se gargarisant dans leur  douillette médiocrité, si prisée par le système. Ils profitent de la manne rentière, un des signes  décadents de notre temps, officialisée via moult canaux de desserte. Ces travestis de la phraséologie  décorative ne m’intéressent pas. Les intègres ont, à mes yeux, plus de valeur, parce qu’ils dialoguent, par dessus les affres de la persécution, avec l’Histoire et la postérité. Un vrai écrivain vaut mille écrivaillons. Ainsi , comme je l’ai écrit quelque part : « nous vivons l’ère du triomphe de l’écrit vain sur l’écrivain,  l’écrit –tic  sur les critiques  et du charlatan sur le philosophe ».
Tout ça pour dire que cette litté-rature a sali la vraie littérature et le piratage artistique s’est avéré, en fin de compte, du pire ratage. On rate le coche  dans l’humiliation et le déshonneur.   
Face au vide ambiant, les comparses entrent en scène. Les scribouillards qui ont été mis sur le devant de la scène, le doivent, soit à ce que j’appelle ’’l’Internationale Homo’’ pour les gais , soit  la franc-maçonnerie, pour les pro-sionistes. Autrefois,  c’était l’Internationale Socialiste qui s’occupait des écrivains gauchisants, où qu’ils se trouvaient. Après le démantèlement  du mur  de Berlin, la littérature progressiste  est tombée en désuétude. Le capitalisme sauvage a repris du poil de la bête, par manque de réplique et de riposte intellectuelle. L’antidote du matérialisme ne peut être que spirituel. Malheureusement, ce dernier  semble errer dans le vide. La chute du mur de Berlin ravive les appétits d’antan d’avant la grande révolution russe où le tzar se prenait pour un dieu.
De nouveau,  la convoitise  gouverne le monde. La cupidité en excite méchamment  l’influx nerveux. Le matérialisme lui sert d’abreuvoir. Son retour en force est dû à un flagrant manque de combativité.  Le « qu’est- ce que tu es » est supplanté par « qu’est- ce que tu possèdes ». L’avoir domine l’être. La dangerosité de la chose réside dans le manque d’étique. Les transactions prennent parfois des voies cafouilleuses. Peu importe que vous amassiez votre fortune en volant ou en trichant , l’essentiel c’est  le poids monétaire de ce que vous avez et puis si vous craignez le fisc, on vous montrera le chemin , pour échapper au  contrôle réglementaire. Les paradis fiscaux sont faits pour cela.
Pour devenir riche, il faut tricher. Il n’y a pas, hélas, de fortune sans  ces raccourcis déviants et sans ces combines. L’art de la diversion vient après, pour enjoliver les actants et les rendre  humains dans leur macabre inhumanité. Les plus rusés dominent les plus naïfs. Les Etats mercenaires, calamités du nouveau millénaire,  offrent leurs sordides  services aux demandeurs sur- argentés. Pas d’objection, si pour instaurer des régimes rétrogrades,  ou en défaire de plus égalitaristes,  on fait recours aux armes de destruction massive.
Les médias les plus influents s’offrent aux plus offrants. La vérité erre dans les dédales de l’oubli,  jusqu’à nouveau réveil. Gilets jaunes, gilets oranges, tous dans la même galère, puisque le capitalisme est aveugle .
Enfin, si le vote électoral est la base de toute démocratie, le peuple algérien a voté massivement. La rue est une grande urne à ciel ouvert. On verra si la junte au pouvoir  va respecter ce vote populaire ou chercher à le piéger, pour  faire perdurer la mainmise et le racket .




Thursday, March 21, 2019

Les journalistes et les artistes dans le même wagon de la gratuité Par RAZAK



La publication de la 28 ème partie de notre livre (De l’Art transcendantal aux Haïkus picturaux) a eu des retombées bénéfiques. Pour une fois, on a exaucé un de nos vœux. En effet, dans un communiqué distribué à la presse, on apprend qu’un accord a été signé le jeudi 21 mars 2019 entre le ministère de la culture et l’ONCF préconisant qu’à l’instar des journalistes professionnels la gratuité du transport par train (2 ème classe et trains navettes ) pour les artistes détenant la « Blue card » et une réduction de 50 pour le TGV (Al Barraq). Une bonne nouvelle. On ne peut que s’en féliciter .
Compte tenu de cet acquis et en souhaitant qu’il soit couronné par la couverture médicale généralisée, l’on aimerait revenir sur ce paragraphe salvateur qui a eu la vertu de réveiller les consciences :
« Pour le moment, cette carte ne sert à rien. Une formalité ni plus, ni moins. Elle aurait plus d’importance, si, au moins, elle permettait la gratuité du transport par train, comme cela est garanti pour les journalistes attitrés. Tant qu’on y est, pourquoi ne pas accorder cette faveur aux artistes, puisque l’information et la culture dépendent actuellement  du même ministère ? Cela ne demande rien, il suffit d’un peu de volonté politique. D’ailleurs,  l’ONCF est un bien public et l’artiste est connu pour être une personnalité  publique.
Les accords  bilatéraux en matière de culture,  entre pays amis,  devraient permettre l’accès gratuit  aux  musées,  sites archéologiques et monuments tant du Maroc et que du pays étranger, avec lequel on a signé l’accord de coopération. Je me rappelle qu’à Paris, voulant visiter le musée Picasso, on m’avait  dit que « seule la carte d’artiste délivrée par l’Etat français est acceptée ». Je fus sidéré, car mon pays n’avait  pas fait le nécessaire. Être ministre de la culture, c’est penser à ces choses-là, étant donné que la culture  est universelle.  Priver un artiste de voir les travaux d’un autre artiste est  une insultante calamité. 
La carte d’artiste que l’on délivre actuellement  à tout va, a besoin  impérativement de quelques retouches. Aussi, il faut que les membres de la commission  soient au niveau, pour séparer l’ivraie du bon grain. Un quidam  qui n’a  publié ne serait-ce qu’un  petit fascicule et qui vient statuer envers quelqu'un qui a publié une dizaine de livres, c’est une absurdité tragi-comique. Qui choisit ces membres et sur quelle base on trie les dossiers ? Pourquoi on y trouve beaucoup de revenants et question fondamentale: pourquoi on les rémunère ? En matière d’art, le bénévolat est plus vertueux que le pécuniaire. Car ce dernier entraîne avec lui la dépravation. »

Friday, March 08, 2019

De l’Art transcendantal aux Haïkus picturaux Regard sur un livre d’art Par RAZAK (30ème partie)

Nous avons écrit ci-avant que les femmes fonctionnaires marocaines sont relativement moins magouilleuses  que les hommes, mais elles ont un grand défaut : elles font recours à la sorcellerie pour se prémunir contre l’imprévu. La SNRT n’est pas la seule boite où la sorcellerie fleurit. Les échos qui viennent des autres offices,  agences et départements ministériels nous rappellent que l’on est devant un phénomène généralisé. De cette sorcellerie tentaculaire, on a énuméré  trois tendances: soussie (du Souss), meknassie (de Meknès) et juive. La sorcellerie israélite est relativement la plus puissante. Certains rabbins prétendent que si le Maroc est ce qu’il est, c’est grâce à leur magie.
Ayant enquêté sur ce phénomène dévastateur, en focalisant sur un office semi-public, autrefois levier du développement industriel, on a induit le constat dans la trame narrative du  roman, en phase d’édition  intitulé : « Le Vidéographe justicier ». Extrait :
« La pratique de la sorcellerie (S’hour) dans les  différentes subdivisions de cet office, par des agents superstitieux, constitue une entrave au bon fonctionnement des rouages internes. L'ampleur du phénomène, sa gravité et sa grande banalisation rendent l'exercice aléatoire. Aucun service n'est à l'abri. Qu'il soit technique ou administratif, le jeu obscène a fini par imposer ses règles sordides. On en parle sans sourciller, comme si c'était un jeu de société ou un rite communément admis. Cette «vaudouisation» de l'une des plus importantes boites d’ingénierie publique comporte des risques inévitables: d'abord les objectifs que l'on s'est fixés (généralisation du service, optimisation, certification…) ne seront jamais  atteints, quels que soient l'optimisme et la détermination des dirigeants, à supposer que ces derniers soient  aptes et  valides, pour mener la barque à bon port, sans encombre, parce que tout simplement, le personnel n'est pas celui qu'on pense. Et leur patron ne sait pas comment s’y prendre. Et rien nous dit qu’il n’est pas, lui aussi, pris par  les fils enchevêtrés de l’araignée ésotérique.
Gangrené par le fléau inhibiteur du charlatanisme et empoisonné par les affres castratrices de "Tachekamt" (mouchardage),  ce personnel  ne peut être qu'improductif. Un des premiers signes révélateurs de cette "S’houroumania" tentaculaire est la suspicion paralysante qui a enchevêtré toutes les connexions. Le rendement des travailleurs s'en trouve amoindri, pour ne pas dire réduit à néant. On ne compte plus les victimes. Les clients et partenaires externes de cette boite étatique en paient les frais. Tous se plaignent de l'atermoiement et des lenteurs de l'administration (notamment technico-financière) mais ils en ignorent les véritables causes. Ce ne sont pas les mots d'intention et les notes d'incitation placardées et punaisées à l'entrée des bureaux qui vont régler cette épineuse question. Aucun responsable, digne de ce nom, n'a pu décortiquer le phénomène. Peut-être manquait-on de lucidité et d'audace pour s'y pencher, tel un docteur ausculte son patient. L'entreprise n'est pas aisée, car on a affaire à une caste d'initiés. Verticalement, les plus visés sont les cadres supérieurs et horizontalement, les techniciens brillants. Ils sont une cible privilégiée. D'ailleurs, l'administration avec ses statuts et ses règlements intérieurs ne s'est pas protégée suffisamment contre ce genre de délit. Les effets pervers de cette mainmise diabolique sont visibles à l'œil nu. Les noms des adeptes se chevauchent. Certains  pratiquent leurs rituels sans la moindre gêne. Les anecdotes de la paranoïa ésotérique foisonnent: tel chef d'aménagement doute que le verre de thé, servi par sa secrétaire, contient un soluté ésotérique, tel autre ferme à clef son bureau et ses tiroirs de  peur que des agents malicieux y placent  des objets mystérieux. Les plus avertis procèdent à un nettoyage systématique du mobilier, en changeant constamment de bureau, de secrétaire et de serrures. D'autres se laissent faire. Bonjour les dégâts. L'arsenal ésotérique utilisé est tellement vaste et diversifié. Les ingrédients de cette alchimie dangereuse se trouvent dans les boutiques ésotériques (Attar) où la faune et la flore dans leur état mortuaire sont si présentes. Ainsi le "Fkih" ou le sorcier en prescrit les doses et le mode opératoire. Formules magiques, philtres, incantations, sachets, potions et infusions chimiopathiques, invocations… Il est très difficile d'énumérer tous  les éléments nocifs entrant en interaction. Dès le crépuscule, il y a bousculade chez les voyantes ayant pignon sur rue. Et détrempez-vous ce ne sont pas que les secrétaires  esseulées, veuves ou délaissées par les hommes qui  fréquentent les chamanes, mais il y a aussi des hommes moustachus qui se fient aux érudits des sciences occultes, pour avoir plus de "Kouboul" (acceptabilité). Mais le constat le plus affligeant est de voir des ingénieurs supposés avoir l'élan bâtisseur, pencher du côté destructeur, en fréquentant  assidûment les sorciers et les sorcières, pour les mêmes raisons évoquées précédemment. Les plus discrets se contentent de talismans et d'amulettes, sous forme de pierres précieuses sur lesquelles on a gravé des formules magiques. Le grimoire est supposé avoir des vertus protectrices pour celui qui le porte. Si un jour les voyantes et les charlatans passent aux aveux en  dévoilant leur clientèle, l'on sera étonné du nombre impressionnant d'adhérents à ces «clubs ésotériques».
Certes, la sorcellerie existe depuis la nuit des temps. Le désir de changer ou de transformer des choses par les forces invisibles, surtout la folle envie de dominer autrui à distance ont toujours exercé une fascination sur les humains. Ce recours aux forces surnaturelles maléfiques et hostiles à l'homme relève d'une carence libidinale que l'on veut combler.»(…)
Quand elle trouve le ferment propice, la sorcellerie accède au rang de culte. Les quelques agents lucides, assistent à un phénomène de désertion jamais constaté. L'absentéisme de certains responsables est plus qu'alarmant. Leurs fugues prolongées laissent le service dans un désordre indescriptible. Dans la division des expropriations, le responsable est incapable de se tenir dans son siège plus d'une demi-heure. Selon les rumeurs qui circulent, une veuve aux mœurs légères l’aurait possédé. Il en a fait sa secrétaire et sa concubine. Des citoyens venus de régions lointaines, pour régler leurs affaires en instance, retournent bredouilles, avec l'amère déception d'être mal reçus. Le plus urgent, c'est de s'attaquer à la racine du mal et non pas à ses manifestations extérieures.
Cette généalogie du mal se sert d'une autre généalogie: celle des victimes. Le sorcier exige des photos avec les noms complets de la lignée familiale. C'est pour cela que les dossiers personnels des agents sont tout le temps fouillés par ces maléfiques personnes, en liaison avec des sorciers. Le but de ces gourous est de faire croire que l'on peut non seulement perturber la vie d’autrui avec des plantes asséchées et des mots, mais aussi jeter un sort et lancer une malédiction. Les chamanes qui se servent de l’oral et  du ’’Samaoui’’ (force astrale) hypnotisent leurs victimes avant de les dépouiller. Doit-on laisser les choses pourrir ainsi?» (…)    
« Les scientifiques ont tenté d'analyser ce phénomène bizarre où démonologie et chimie ésotérique se mêlent étroitement aux traditions médicinales teintées de mysticisme. Leurs conclusions restent marquées du seau de l'élitisme. Les uns parlent de parapsychologie et de phénomènes paranormaux, d'autres n'y voient que canulars et supercheries; mais lorsqu'un phénomène étrange les surprend, ils perdent leurs convictions scientifiques. Les ethnologues structuralistes en ont épluché le substrat apparent. Mais malheureusement, leurs travaux ne sont pas largement diffusés, pour en tirer une quintessence utile. L'analphabétisme aidant, l'ésotérisme a encore de beaux jours devant lui. Rappelons que la chasse aux sorcières, menée avec fermeté au Moyen-âge, a réduit de sa propagation. Il fallait sauvegarder le fragile équilibre de la société, sinon il y aurait plus de morts que de vivants et plus d’êtres envoûtés que de lucides.
En effet, lors de l'inquisition du XIIIe  siècle, on a tué plus d'un million de sorciers. Le châtiment du crime de sorcellerie était le bûcher. Parmi les brûlés vifs, il y en avait  des sataniques qui agissaient par plaisir sadique de nuire à autrui.
Vous arrive-il de rencontrer un responsable envoûté? Il ressemble à un individu sous hypnose. Il n'a pas perdu son agilité, mais ses pas sont comptés et ses actes sont téléguidés, sans en être consciemment responsable. Pris en otage par les jeteurs et jeteuses de sort, barricadés derrière le secret de leurs pratiques, ils sont manipulés comme on manipule une poupée. Il y en a qui ont le "Tkaf" (handicap génital) , mais ils ne peuvent pas le dire. C'est "Hchouma" (tabou). Leur énergie vitale leur a été spoliée. Ils se reconnaissent par l'instabilité de leur caractère lymphatique et par l'humeur changeante. Ils sont sous l'emprise vibratoire des forces cosmiques, vous dirait un astrologue. L'ensorcelé aura toujours cette duplicité comportementale, tant qu'il n'a pas entamé le processus inverse de dés-envoûtement. Il doit rechercher l'antidote de ce qui lui arrive et le possède. Il n'y a pas de juste milieu pour un "Mashour" (ensorcelé). Il est tout le temps tiraillé entre deux tendances, mais en présence de son ensorceleur (ou de son ensorceleuse) il devient si docile, si consentant et d'une totale soumission.
Le "S’hour" est perçu par certaines personnes comme le dernier recours, pour se protéger contre l'imprévu. On pratique la sorcellerie pour se venger d'un ennemi, ou tout simplement pour avoir une promotion rapide. Les lâches et les fainéants la pratiquent aussi pour forcer la sympathie du chef, afin d'éviter ses réprimandes en cas d’absences prolongées, ou de fautes graves. Les corrompus en usent pour faire durer l'impunité.
Curieusement, l'on remarque que  des incompétents notoires ont pu gagner  plusieurs échelles d’un seul coup. L'on se demande toujours si ce n'est pas par sorcellerie.
Il faut mettre un terme à la ’’vaudouisation’’  galopante au sein de cette institution, si l'on veut accroître son efficacité. L'avenir de la boite en dépend. Des rumeurs persistantes font état d'une probable concession de cet établissement semi-public au privé, mais il y a risque de ne pas trouver preneur. Qui va risquer d'investir dans une entreprise paralysée par le charlatanisme?  A moins que l'on ne  pense à une régénération approfondie du personnel. Or celle-ci passe par le dés-envoûtement collatéral. La cure de normalisation pourrait réveiller les compétences inhibées et relancer la machine vers des horizons meilleurs.
A l'opposé, les  gourous n'ont pas déposé les armes. Il faut avoir le flair d'un anthropologue capable de percer le mystère et la vigilance scientifique d'un psychiatre pour explorer le phénomène.
"Les esprits qui protègent sont aussi ceux qui frappent",  dit l'un des brillants ethnologues qui ont étudié ce phénomène. ’’En milieu urbain", explique-il, "les plus violents sont ceux qui rôdent dans les lieux publics, les carrefours et les ruelles obscures".

Par conséquent, il faudrait un guérisseur d’une scientificité inédite et d’une solidité caractérielle à toutes épreuves, pour réparer la machine en panne. Il doit œuvrer inlassablement, pour que le rationnel l'emporte sur l'irrationnel. Tout dépend de la vision qu'on a des choses. D'abord: Identifier et circonscrire l'étrangeté du phénomène, ensuite limiter les dégâts avant de l'éradiquer. Cela revient à dire tout démystifier. Il est intolérable que des fauteurs de troubles, incontrôlables, insaisissables et dangereux continuent de sévir dans l'impunité en manipulant les forces du mal. Leur grande capacité de diversion réside dans leur apparence inoffensive. Que l'on adhère ou non à ces croyances irrationnelles, que l'on croie ou non à leurs extravagances, leurs incidences sur la marche de cet établissement est réelle».

Friday, March 01, 2019

De l’Art transcendantal aux Haïkus picturaux Regard sur un livre d’art Par RAZAK (29ème partie


Les journalistes « ménopausés » qui, par stérilité intellectuelle, ne produisent que du vide autour d’eux sont faciles à manipuler et à asservir. Normalement, ils devraient  être licenciés, si le respect de la déontologie était primordial. Mais d’autres calculs pernicieux entrent en  jeu, pour compliquer l’équation. Financièrement parlant, le licenciement de ces vauriens coûte plus cher que leur maintien dans la rédaction. On attend que l’âge fasse le ménage, tout naturellement, sans remous et sans bruit. Arrivée à terme, la rupture dans de telles circonstances parait salvatrice, car on arrive à se débarrasser d’un bras cassé que les circonstances exténuantes ont rendu indéboulonnable. Mais la problématique reste entière et barbante. Comment assurer la relève avec des éléments compétents et honnêtes ? L’institut forme des bureaucrates et les meilleurs journalistes que ce pays a enfantés n’ont pas fait d’institut. C’est le militantisme de gauche qui les a révélés au public. Le malheur, c’est que bon nombre de ces intellectuels ont soit quitté ce monde, soit changé le fusil d’épaule. Il ne reste que  les frileux carriéristes, adeptes du « politiquement correct ». Ils évitent les sujets hard et se laissent entraîner par le soft, où l’on ne risque rien. Quitte à répéter les mêmes débilités et inepties, que l’agence officielle pond à un rythme effroyable. Les crâneries viennent avec le hard.
En lisant cette chronique, on comprendrait pourquoi  on a censuré les dernières parties de ce  livre autobiographique où j’évoque mon calvaire  avec les gens qui m’entourent. Mais le web est si vaste et si généreux.
Les pantouflards de la presse sont plus nombreux que les audacieux. Mais ils ne sont pas confortablement casés. On en trouve de plus incorrigibles, parmi ceux qui sont  en phase de préretraite. Deux ou trois ans avant de déguerpir. Leur inactivité porte nuisance au journal qui les emploie. L’OJD Maroc  en dévoile au quotidien les chiffres et compte les décombres. Les chutes de vente  sont dramatiques. Passer de 90000 lecteurs quotidiens à 3000, il y a de quoi s’arracher les cheveux. C’est l’Etat qui, après avoir donné le coup d’estoc fatal à ses adversaires de la presse écrite, dont certains sont considérés comme des opposants, aide ces journaux défaillants à survivre, via son œuvre de bienfaisance. Sans sa « générosité calculée », ils feraient tous Tilt, comme le Gottlieb d’antan,  que l’on connait sous le nom de  billard  électrique (flipper). On a copié ce plan de secours de l’ex-pays colonisateur : la France. Mais le copier-coller n’a rien de probant et de reluisant. Un monticule de paperasse, pour un rendement presque nul. Il y a anguille sous roche. Ce cirque  journalistique est fait pour épater le regard des touristes étrangers. En effet, quand on voit le grand étalage de titres dans les kiosques de Casablanca et des autres villes,  l’on se croirait au cœur palpitant de  l’Eden du journalisme et de la liberté d’expression. Mais les locaux connaissent parfaitement la réalité de la presse au Maroc. Ils savent pourquoi on a emprisonné tel journaliste et poussé à l’exil  tel autre. L’épée de Damoclès demeure la pub, puisque  désormais on ne peut pas compter sur le lectorat pour survivre. Cette pub  est débitée selon le degré d’obédience et de docilité  de l’organe de presse. Fermer son  robinet, c’est anticiper sa faillite.
Un  scribouillard arabophone prétend, sans rougir, être le doyen de la presse écrite. Sans doute se prend-il pour Haikal Hassanein. Si on l’a laissé travailler, c’est parce que son hebdo ne dérange pas le système, comme faisaient ’’Le Journal’’ de Boubker Jamai et ’’Demain’’ d’Ali Lemrabet. Toutes les issues sont verrouillées. Même le réseau de  distribution est hermétiquement contrôlé par des gens  du pouvoir. Liberticides, les textes de loi viennent compliquer la donne. 
Les vrais journalistes ont déguerpi, restent les journaleux. Ceux qui  ont accumulé  la poisse, durant de longues années de fainéantise font de la corruption un  gagne-pain. C’est une bouée de secours. Traitres à leur rôle, ils s’offrent aux plus offrants. Et parmi les offrants, il y a des mafieux.  Ils s’achètent à bas prix les colonnes de propagande,  pour y passer leur charabia, histoire de broder le profil avec des mots payés au centimètre dactylographié.  Il y en a même qui ont fait carrière dans ces égouts. Les rubriques sportives et cultuelles en sont contaminées. J’en ai connu des taupes au dos courbé  et que la cataracte a rendues invalides. Ils ne voient rien et on ne sait pas comment ils arrivent à faire une page avec les écrits des autres. Par complicité ou par lâcheté, les rédacteurs en chef les laissent faire, car eux aussi ne sont pas au-delà de tout soupçon. Quand le  bateau chavire et coule comme Titanic, c’est chacun pour soi et la mer pour tous. Les requins s’occupent du reste. Même le capitaine cherche à sauver sa peau avant celles des autres. C’est ce qui arrive à ces feuilles de choux, jaunies par le laisser aller et l’irresponsabilité.
Pire naïveté que de  donner aujourd’hui un livre nouvellement paru à un journaleux, pour le présenter au public. Les chargés des rubriques culturelles ne lisent pas, ou plutôt lisent les livres de ceux qui les payent. Ils ont d’autres chats à fouetter et d’autres panses à engraisser. Mais malgré la dépravation, l’on trouve l’effarante audace de réclamer au ministre de truelle l’institution d’un prix culturel. Ce sera, à coup sûr, une mascarade. C’est le rentier que l’on vise,  le culturel n’est en fait qu’une façade. Ce n’est pas le ministère qui doit le faire, mais les journaux eux-mêmes, comme ce qu’a fait France Football pour le trophée du ballon d’or. Le journal canalise les votes des autres rédacteurs sportifs.
 Les actualités livresques ne sont pas aussi fluides qu’on le croirait. Ce que l’on cache est plus important que ce que l’on  montre. Enfin, de mémoire d’un habitué (14 livres), ce sont mes communiqués que le plus souvent l’on publie. Quand le grand manitou de la rubrique culturelle veuille vouloir y faire écho, il faut souhaiter qu’on le publie sans fautes d’orthographe, de grammaire ou de style. Ceux qui de temps en temps prennent la plume pour décortiquer un roman ou un essai  ne sont pas des journalistes attitrés, mais des collaborateurs externes. Ils le font bénévolement et sans contrepartie.
A la radio  c’est la loi du tout ou rien. Si le livre parle positivement du système, on se hâte de le présenter. L’agence officielle de presse en fait tout un tapage. Et comme par providence, les interviewes se mettent à pleuvoir, comme si l’auteur était  Emile Zola  réincarné ou un tribun de high standing, comme fut Benjamin Constant, homme politique  qui ne jonglait pas avec les mots et ne craignait pas les puissants de son époque. Dans le cas contraire, si le livre comporte des analyses critiques ou des chroniques reflétant le vécu macabre, on en fait fi. L’autocensure engendre la censure.
Dire qu’il n’y a pas de discrimination  au Maroc, c’est un mensonge d’Etat. Le régionalisme n’est-il pas une discrimination ? La SNRT a un faible pour les Meknassi parce que le patron est issu de cette ville. Les autres n’ont qu’à aller boire la mer. Pour un mot on m’a censuré deux émissions  radiophoniques : dans la première interview, l’animateur m’avait demandé après une heure et quart d’enregistrement (Nagra) ce que je pensais de son émission.  Je lui avais dit la vérité. Il en fut vexé. Il s’était énervé et avait juré de ne rien diffuser de toute l’interview. Pour la seconde, on l’avait censurée pour avoir affirmé l’existence de gens qui confondent surréalisme et  « seroualisme »  (du mot seroual qui signifie pantalon).

Enfin  tout récemment, j’ai donné de main propre à la directrice de la radio-SNRT de Marrakech une copie de mon dernier livre sur le cinéma, dans l’espoir de le présenter aux auditeurs. Elle avait promis de lui consacrer  une  émission. Trois semaines se sont écoulées et mon intuition me dit d’oublier cette aventure. Les livres font peur aux petits hommes et aux  petites femmes.  Quant à la télé, c’est la censure de la radio multipliée par dix.