Thursday, June 02, 2011

Répliques de films à,méditer

Réalisateur: Victor Fleming
Scénario: Sidney Howard

Peut-on gagner une guerre avec des mots ?

La guerre de sécession est sur le point d’éclater. Une réunion de concertation se tient en Georgie chez les Wilkes. On discute de la décision à prendre. Au pragmatisme de Rhett Bultler (Clark Gable) s’oppose la frivolité de Charles Hamilton (Rand Books). Ashley Wilkes (Leslie Howard) est là pour placer les mots qu’il faut pour ne pas gâcher la soirée.


Voix off
-Les Yankees nous ont assez insultés comme ça. Il est temps de leur faire comprendre que nous gardons nos esclaves. Que cela leur plaise ou non. L’Etat de Georgie a formellement le droit de se séparer de l’Union.
-Il a raison.
-Le Sud doit défendre sa cause par les armes. Après avoir attaqué Fort Sumter par ces canailles de Yankees, nous n’avons qu’à nous battre. Il n’y a pas 36 moyens.
-La guerre, parfaitement.
-Les Yankees seront les premiers à demander la paix.

-Gerald O’Hara: La situation est plus simple, les Yankees ne sont pas prêts. Nous le sommes.
-Brent Tarleton: Il n’ y aura même pas de bataille. Ils s’enfuiront comme des lapins.
-Stuart Tarleton: On leur donnera une raclée.
-Brent Tarleton: Un seul combat suffira pour les écraser. Les gentlemans sa battent mieux que la crapule.
-Frank Kennedy: Les gentlemans sa battent mieux que la crapule.
-Gerald O’hara: Qu’en pense le capitaine de notre haute élite ?
-Ashley: Et bien cher amis, si la Georgie doit se battre, je me battrais aussi. Mais comme mon père, j’espère que les Yankees nous laisseront quitter l’Union en paix.
-Brent Tarleton: Voyons Ashley, voyons Ashley. Ils nous ont insultés. Ne dites pas que vous ne souhaitez pas la guerre.
-Ashley: La plupart des misères de ce monde est causée par la guerre, et quand les guerres sont finies, nul ne sait quels en furent les motifs.
- Gerald O’Hara : Allons, allons Messieurs. M. Butler revient du Nord, je crois. Etés-vous de notre avis Mr Butler?
-Butler: Je crains qu’il ne soit difficile de gagner une guerre avec les mots.
-Hamilton: Que signifie monsieur?
-Butler: Uniquement Mr Hamilton qu’il n y a aucune fabrique de canons dans le sud.
-Hamilton: Quelle importance y a-t-il pour un gentleman ?
-Butler: Je crains fort que cela ait une importance considérable pour la plus part des gentlemen monsieur.
-Hamilton: Insinuez-vous Mr Butler que les Yankee seront vainqueurs?
-Butler: Non. Je ne veux rien insinuer. Je me rends compte malheureusement que les Yankees sont mieux équipés que nous. Ils possèdent des fabriques, des charbonnages, des chantiers navals et une flotte pour nous bloquer dans nos ports pour nous réduire à la famine Tout ce que nous avons c’est du coton, des esclaves et de l’arrogance.
-Hamilton: Vous parlez en traître
-Butler: Je suis désolé que la vérité vous blesse.
-Hamilton: Trop pressé à vous excuser monsieur. J’ai entendu dire que vous avez été chassé de l’académie militaire. N’est-ce pas Mr Butler ? Et que vous ne recevez plus dans les meilleures familles de Charleston. Pas même dans la vôtre.
-Butler: J’exprime de nouveau mes regrets pour mes propos trop francs. Monsieur Wilkes, puis-je vous demander la permission de me retirer dans une autre pièce. Il me semble que sans moi, ces messieurs goûteront mieux leur cognac, leur cigare et leur rêve de victoire.
-Hamilton: Vous voyez. Qu’est ce que pouvez attendre d’un individu comme ce Rhett Butler ?
-Butler: Exactement, comme si vous l’aviez provoqué en duel.
-Hamilton: Il ne tenait pas à se battre.
-Ashley: Ce n’est pas de cela Charles. Il ne voulait pas profiter de sa supériorité.
-Hamilton: Comment sa supériorité?
-Ashley: Oui c’est un des meilleurs tireurs du comté. Il l’a prouvé à maintes reprises devant des adversaires moins nerveux que vous.
-Hamilton: C’est ce qu’on va voir.
-Ashley: Ne vous emballez pas. Cette fois ça pourrait tourner mal. Gardez vos forces pour des combats beaucoup plus sérieux Mr Charles. Messieurs Excusez-moi monsieur Butler est notre ôte. Je dois lui tenir compagnie.

Les sudistes de Georgie vont essuyer une cuisante défaite. Atlanta a été mise à feu et à sang. Le domaine des O’Hara (terre de Tara) est en ruine. Charles Hamilton le fervent «s’en va-t-en guerre» sera le premier à y succomber. Ashley revient du front tout meurtri de l’intérieur. Butler a été épargné, mais il sort abattu de sa propre «guerre sentimentale» contre la charmante Scarlett.

RAZAK

Monday, May 30, 2011

Répliques de films à méditer: Touch of Spice



Réalisateur: Tassos Boulmetis
Scénario: Tassos Boulmetis

Un peu de «Gamello-astronomie»

A ans, Fanis ( Markos Osse ) a très tôt été attiré par l’art culinaire. C’est son grand-père Vassilis (Tassos Bandis) gérant d’une échoppe à épices qui l’en a influencé précocement. A l’âge adulte, il devient professeur en astronomie. La séquence choisie est en fait un flash-back. Le narrateur revient aux premières expériences de l’enfance. Le vieil épicier fait une drôle de similitude entre les épices et les astres. Le poivre renvoie au soleil. La cannelle fait penser à Venus. Un «zodiaque culinaire» est ainsi ébauché pour étancher les appétits tant du palais buccal que de l’esprit, face aux curiosités célestes.


-Fanis: Mon grand-père disait que le mot «astronome » était contenu dans le mot « gastronome » et donc mes leçons d’astronomie comportaient l’étude des épices.
-Vassilis: Moi, je vais parler et toi tu vas goûter et tu vas réfléchir. Nous sommes bien d’accord? Tu vas me goûter ça, du poivre, la chaleur brûlante.
-Fanis: Le soleil.
-Vassilis: Exact. Le soleil et alors qu’est ce qu’il voit le soleil?
-Fanis: Il voit partout le soleil.
-Vassilis : Exact. C’est pour ça que le poivre s’introduit dans toutes les nourritures et puis nous avons Mercure chaud comme le poivre et enfin Venus.
-Fanis: Cannelle.
-Vassilis: Oui. Venus. C’était la plus belle des femmes. Voilà pourquoi la cannelle est douce et amère, comme les femmes sont douces et amères. Voici la terre où nous vivons. Que y a-t-il sur la terre ?
-Fanis: Il parait qu’il y a la vie.
-Vassilis: Oui il y a la vie sur terre. Oui enfin il y a aussi la mort il faut faire de la place aux autres de temps en temps. Et la vie a besoin de …
-Fanis: De nourriture.
-Vassilis : Et qu’est ce qui donne du goût à ce qu’on mange?
-Fanis: Le sel.
-Vassilis : Exact. La vie aussi demande du sel. La vie comme la nourriture est meilleure avec du sel.

S’il y a des films qui vous donnent envie de boire du champagne, ou manger du saumon fumé préparé avec goût, d’autres comme Politiki Kouzina (Touch of Spice) vous donne envie de goûter la viande hachée préparée avec de la cannelle. Ce film sur les nourritures terrestres fait une escapade dans le cosmos. La politique frôlée au passage (conflit entre Accra et Athènes) se sert d’une autre cuisine. L’imagination humaine a réussi à mettre sur orbite gravitationnelle des grains de poivre autour d’une nébuleuse de sel. A quel astre correspondrait l’ail? Vassilis «l’épiçologue» en chef se contente de dire dans le bain de vapeur : «quand un diplomate renifle l’ail, croyez-moi, c’est très mauvais signe.»
RAZAK

Thursday, April 21, 2011

Les astuceurs



LES ASTUCEURS


Le mot n’existe pas dans le dictionnaire des arts et métiers du cinéma, mais il serait peut-être temps de l’y introduire, car quand on évoque le travail des personnes qui se chargent des effets spéciaux et des truquages cinématographiques, on ne dit pas «truqueur» ou «effecteur». Il n’y a pas un nom pour les designer. Comme anglicisme, on pourrait trouver une association de mots pour résorber cette carence. L’entité «maker» s’adapte à tous les assemblages reliés par un trait d’union. Ainsi le «make-up» (à ne pas confondre avec le «making-of») et qui signifie maquillage relève du domaine des astuceurs physionomiques. Par extension, les costumiers, les spécialistes du bruitage, les dresseurs d’animaux de tournage, les maquettistes, les décorateurs, les manipulateurs d’explosifs, les ciné-infographistes assistés par ordinateur sont tous des «astuceurs» de premier ordre. Les astuceurs du vestimentaire adaptent le look de l’acteur en chair et en os à celui du personnage de fiction. Ils effectuent un travail colossal quand il s’agit de film historique. Les astuceurs du feu ne manquent pas d’ingéniosité, mais parfois ils se font brûler le corps par les jets résultant des déflagrations, car la manipulation des explosifs n’est pas une partie de plaisir. Les spécialistes du bruitage sont des astuceurs du son. Ils cherchent à tromper notre ouïe. Une feuille mince de zinc qu’on agite devient du tonnerre. Les cascadeurs et les doublures sont aussi des astuceurs puisqu’ils prêtent astucieusement leur agilité physique aux acteurs du film. Enfin, les «ciné-manutentionnistes» qui sont des physiciens qui connaissent bien leur domaine réalisent de belles chutes, sans que l’on voie le câble de suspension. Un autre astuceur celui-là en sciences optiques leur facilite la tâche. Il suffit de filmer la scène avec un arrière-fond peint en bleu. Par incrustation, on peut transposer ces images dans des reliefs montagneux ou des ravins de grandes dénivelées.
Les astuceurs les plus notoires de toute l’histoire du cinéma sont les pionniers comme Edison et les Frères Lumière qui ont trouvé l’astuce géniale de faire mouvoir l’image fixe en se basant sur le mouvement de rotation. George Méliès en avait enrichi la palette. Dans les 32 chroniques hebdomadaires publiées dans un journal marocain sur le cinéma colonial, nous avions abordé l’apport de ces éclaireurs bien éclairés. Comme le cinéma est une astuce, ce sont les astuceurs rusés qui l’enrichissent. Le making-of qui retrace les péripéties du tournage révèle les talents de ces collaborateurs de production. Sans eux, le film aurait montré ses verrues, ses fissures et ses hideuses rides. On ne peut pas citer tous les films où ces «simulateurs» bien inspirés nous entraient en bateaux en nous aveuglant avec leurs prouesses, car il faudrait des volumes de paperasse pour cela. Mais on se limiterait à quelques exemples de films choisis au hasard. Dans les trois films «Citizen Kane», «Benjamain Button» et «Flawless» les deux acteurs Orson Wells et Brad Pitt ainsi que l’actrice Demi Moore se font sexagénaires grâce aux mains habiles qui ont anticipé artistiquement leur vieillesse. Chahrukh Khan dans «Veer Zaara» avait lui aussi les cheveux grisonnants à la sortie de prison. Dans le chef d’œuvre cinématographique «Autant en emporte le vent» les astuceurs ont fait de la remarquable scène montrant des centaines de blessés de guerre gémissant sur les rails une leçon de cinéma. Le filon d’or que l’on voit dans le film «Le Trésor de la Sierra Madre » n’est qu’un produit artificiel et les liasses de dollars américains montrées en grandes quantités dans les films sur la Mafia et les films de gangstérisme, comme «Le Parrain» et «Scareface» ne sont pas vraies. Ce sont des trucs d’astuceurs. La montagne de diamants montrée dans «Flawless» n’a rien de diamantifère. C’est du toc. Les play-back des films hindous ne montrent pas les visages des vrais chanteurs et chanteuses, c’est un subterfuge d’astuceur. Les deux karatekas Jet li et Jackie Chan n’ont pas des ailes pour s’envoler comme des faucons, l’ordinateur (images de synthèse) ou le câble d’accrochage leur assure cette faculté extraordinaire. Le petit chien qui dans le film western «Shane» resta planté devant une tombe ne serait pas là si son maître-dresseur n’était pas mis à l’intérieur du cercueil. Qui aurait pensé à cette astuce? Les bouteilles qu’on brise sur les têtes sont en sucre. Les cartouches de Winchesters, les couteaux et les épées qu’on enfonce dans le thorax, sont objets inoffensifs. Certains truquages sont obtenus par les mouvements de la camera. D’autres dépendent de la matière utilisée: silicone, fumigène…
Le jour où leur réservoir tarirait et que leurs réserves en inventivité s’épuiseraient, l’on sonnerait le glas du cinoche. Le 7eme art survit grâce à l’art des astuceurs.
Razak

Friday, March 25, 2011

Répliques à méditer: récapitulation

Répliques à méditer: récapitulation


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(VOIR ARCHIVES DU BLOG)

Friday, December 24, 2010

Le bédéiste Dérib gagne le 6e Prix international de l’humour




COMMUNIQUE

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Le bédéiste Dérib

gagne le 6e Prix international de l’humour

-0-

Le prix international Bouzghiba-Awards 2010 revient au scénariste et dessinateur de bandes dessinées Derib. Claude de Ribaupierre, alias Derib est né le 8 août 1944 à La Tour-de-Peilz (Suisse). Très jeune, il se rend à Bruxelles, ville réputée universellement dans le domaine de la BD. Le studio Peyo l’accueille à bras ouverts et lui donne l’occasion de s’illustrer. En 1970, Yakari, personnage de BD voit le jour. Il sera suivi par d’autres réalisations aussi séduisantes les unes que les autres dont notamment Buddy Longway et Red Road. Sa collaboration avec le journal Tintin et les éditions du Lombard a été fructueuse.

-«Lorsque j'ai dessiné Yakari chez Peyo, entre 2 Schtroumpfs, ça a été pour moi une première bouffée de liberté » disait Derib à propos de ce petit indien Sioux aussi brave que généreux comme lui d’ailleurs. Et d’ajouter: « Dans le monde enchanteur de La Grande Prairie, Yakari chevauche d'aventures en aventures, de découvertes en découvertes, de rencontres en rencontres…»

L’album Yakari a été traduit en 17 langues dont l'Allemand, l'Indonésien, le Portugais, le Chinois, et l'Arabe.

En 1984, Derib fut invité par le Centre culturel français de Rabat. La petite causerie qu’on avait eue sur l’art de la BD fut publiée en intégralité dans un journal marocain, rehaussée du joli dessin qu’il m’avait dédicacé. Durant plus de trois décennies ce grand bédéiste s’est dévoué avec grand amour et générosité à l’art ludique n’ayant qu’un seul souci: cultiver en divertissant. N’est-ce pas l’aspiration suprême du personnage Bouzghiba lui-même?

Derib mérité d’être auréolé du prix international de l’humour, à l’instar de ceux qui dans l’abnégation continuent de porter le flambeau de l’art sensible tout en demeurant au service de la joie et de la bonne humeur, deux denrées si rares et si précieuses de nos jours .

RAZAK

Le prix Bouzghiba: critères

  1. C’est un prix culturel symbolique, ouvert à tous les créateurs du monde, sans distinction de race, de croyance et de pays;
  2. Le trophée est un tableau de peinture réalisé par l’initiateur du prix;
  3. Le Prix ne concerne que les personnes vivantes se distinguant par l’abondance et la continuité dans la production;
  4. Tous les arts et disciplines sont pris en compte;
  5. La composante humoristique est fondamentale. L’humour édifiant est une prédilection omniprésente.
  6. Le Prix n’est pas tributaire d’aucune aire géographique. Il aspire à l’universalité par itinérance transculturelle.
  7. Un ouvrage récapitulatif est éventuellement publié pour faire l’éclairage approprié sur les lauréats. (Le tome-1 de la monographie Bouzghiba est paru en 2008).

NB: Les lauréats pourraient refuser le trophée, si toutefois ils n’y trouvaient aucun intérêt.


Le prix Bouzghiba: Chronologie

  • 2005 : Patricia Piccinini (sculpteuse australienne)
  • 2006 : Les animateurs du programme-tv éducatif « C’Est pas Sorcier »
  • 2007 : Theo Jansen (sculpteur et physicien hollandais, célèbre par ses sculptures mobiles)
  • 2008 : Zhang Yimou (cinéaste chinois qui a supervisé la cérémonie d’ouverture des JO-2008 de Pékin.)
  • 2009 : Larbi Sebbane (doyen des caricaturistes marocains)
  • 2010 : Derib (scénariste et dessinateur de bandes dessinées)

Le Prix Bouzghiba de l’humour a été initié par l’artiste peintre et critique de cinéma RAZAK Abderazzak. Après la troisième édition, il a publié le tome-1 de la monographie relative au Prix Bouzghiba pour faire le point sur ses spécificités, sa philosophie et ses objectifs suprêmes. L’ouvrage jette une lumière sur l’œuvre des trois premiers lauréats. Il en serait ainsi pour les futurs gagnants qui prendraient la relève. Pictural et bibliographique, tels sont les deux traits distinctifs de ce prix culturel unique en son genre dans tout le Maghreb.

Razak est l’auteur de: L’homme sans ombre, (le journal Libération, 1991), «Au-delà de l’Artifex, je dis» (recueil de poésie. Edi. Maxime, Montréal CANADA, 1995). L’année 2010 a été féconde et riche en créations. Il a écrit en plus de la pièce théâtrale Al Hait (Le Mur) le récit de science fiction intitulé Le Vidéographe Justicier et le roman Boumanjel le gaucher (oeuvre de fiction avec ancrage historique). Ces deux derniers écrits sont envoyés aux éditeurs en vue d’être publiés. Sur le plan pictural Razak a réalisé durant l’année 2010 un ensemble de 3 1toiles. Elles seront exposées prochainement. Une petite sélection de tableaux est visible sur le Net via son blog.




NOTE DE SYNTHESE

« Si à la place d’une œuvre d’art on donnait un chèque bancaire, le Prix Bouzghiba n’aurait aucune crédibilité. Tous les maux viennent du pécule », ainsi avions-nous écrit dans le tome-1 de la monographie relative aux Bouzghiba-Awards (page 96). On aimerait ajouter que dès que l’argent s’en mêle le symbolique disparaît. Les personnes qui ont une copie de ce livre peuvent relire l’introduction. Tout est déballé dans le premier paragraphe avec des mots du cru:

« Pour le prix Bouzghiba de l’humour, nous avons choisi, dès son lancement en 2005, la voie épineuse, au lieu des raccourcis fainéantisés menant à l’autoglorification trompeuse, qui ajoute à l’art plus de tares qu’elle n’en retranche. Ne voulant point céder à la facilité, nous voudrions faire l’éloge de l’excellence, loin de tout tapage folklorique et de tout marchandage aliénant. »

En tout cas, nous remercions tous les organes de presse, les annuaires de blogs internationaux et les portails de web-info pour leur généreux appui, que ce soit pour l’exposition «spécial Bouzghiba», le prix donné en son nom, la monographie ou le classement encouragent du blog Bouzghiba-Awards établi par la société américaine Wholinkstome spécialisée en mangement de réputation des sites web.


Friday, December 10, 2010

Le festival de Marrakech entre l'être et le paraitre

LE FESTIVAL DE MARRAKECH ENTRE L’ETRE ET LE PARAITRE

Alors que la cinéphilie de salle continue de régresser au Maroc, dramatiquement et sans nul espoir de relève, les festivals de cinéma prolifèrent profusément. Est-ce par paradoxe ou par défi administratif? Qu’il pleuve ou qu’il vente, qu’il y ait des catastrophes ou des fléaux, ils ouvrent leurs boutiques. Avec ou sans clientèles on s’obstine à rester dans le circuit, rien que par plaisir du gaspillage.
Juste deux jours avant l’ouverture du FIFM-10, il y a eu des inondations diluviennes qui ont causé la mort à plusieurs marocains mais ce festival qui est, rappelons-le en passant, l’un des plus budgétisés du Maghreb semble insensible devant les catastrophes comme si ceux qui veillent à survie (des français et des marocains) étaient d’une autre planète. Le budget copieux alloué à la manifestation devait être dépensé quelque soit les circonstances. Et vu les ressources financières dont dispose ce festival privilégié, on peut prédire qu’il s’éterniserait à l’infini, puisque une fondation officielle regroupant plusieurs ministères et des organismes semi-publics ou privés comme l’OCP, l‘ONA et l’IAM a été constituée pour en garantir la pérennité.
A Rabat et à Casablanca, on a dû annuler pas mal de festivités par solidarité avec les victimes. Le FIFM aurait dû, par humanisme éclairé, ajourner la manifestation, mais la partie française ne voulant pas rater son édition, a tenu à ce que l’hommage décennal réservé à sa cinématographie se fasse comme prévu. Que les noyés aient au cimetière.
Après dix années d’existence, quel impact y a-t-il eu sur la cinématographie marocaine? Les réalisateurs étrangers et les producteurs que l’on a fait venir de loin ont-ils tous tenu leurs promesses concernant des projets de tournage? Les distributeurs invités avaient-ils apprécié les produits audiovisuels marocains? Quelle plus-value a-t-on pu enregistrer au niveau des affluences touristiques et des nuites hôtelières étant donne que certains pensent naïvement qu’on peut marier aisément projections de films et tourisme?
C’est ce genre de questions que l’on devrait poser aux organisateurs les plus avisés et qui ont du poids au sein de l’organisation. Ceux qui se servent du festival sans le servir claironnent qu’il est devenu un carrefour incontournable et que les chaînes de télévision en parlent, et que tralala …Nous aurions souhaité qu’un débat franc, sincère et fécond soit entamé pour faire le bilan de manière objective, car avec la crise monétaire et économique qui a frappé tous les pays sans exceptions l’avenir nous interpelle tous. Qu’est-ce qui est plus important: construire un dispensaire ou financer un festival de divertissement ? Personnellement, j’ai visité d’autres quartiers se trouvant tout près de Bab Aghmat et qui se trouve à proximité de la place El Fna, il m’a semblé me trouver dans une jungle. Les lampadaires désagrégés, des dépôts d’ordures amoncelés partout, murs de maisons délabrés. Bref, on veut imiter Cannes mais dans cette ville française, il n’y a pas de telles saletés et il n’y a pas d’oisifs et de désœuvrés plantés aux coins des rues, guettant les touristes.
Le franc-parler dont Razakcinema cultive la pertinence et la cohérence de manière militante dérange les nombrilistes. Ils font tout pour nous éviter, alors que des énergumènes incultes et arrivistes, cinéphobes confirmés et blablateurs virulents viennent à Marrakech pour faire leur cinéma genre « m’as-tu-vu j’y étais». La liste noire ne cesse de s’allonger. Désormais, les badgés du festival sont de deux sortes: ceux qui reçoivent dans leur luxueuse chambre d’hôtel « n » étoiles les invitations pour les cérémonies d’ouverture et de clôture, y compris les réceptions spéciales et puis ceux qui (comme l’auteur de ce blog de cinéma) ne servent avec leur « demi-accréditation » qu’à garnir les chiffres pour justifier les budgets sans en profiter réellement. Ils disent que le festival appartient à tous les marocains. Mais en réalité, on remarque que seule une minorité privilégiée en profite. Le gratin le plus choyé se trouve chez les français du FIFM. Vient ensuite l’armada de la SNRT, du CCM et du ministère de l’information. Les éternels revenants (comme Yousra l’égyptienne…) commencent vraiment à agacer. Côté presse écrite, on privilégie l’institutionnel. De cette sélectivité discriminatoire, en a résulté un sentiment de Hogra chez les chroniqueurs indépendants. Ainsi, comme s’il s’agissait d’un bal pour aristocrates sur-argentés, on doit obligatoirement porter des habits luxueux avec papillon, smoking et redingote. Mais où êtes-vous monsieur Karajan ? Le vrai cinéma cède la place à un cinéma des apparences.
Les internautes qui ont pris l’habitude de hachteteper notre blog savent que l’on a déjà abordé cette tendance exhibitionniste qui a transformé un festival de cinéma en «vestival». Les grosses fortunes ayant des cervelles vides trouvent l’occasion idoine pour se démarquer. Mais ils ne savent pas qu’ils se font ridiculiser. A mon avis, la meilleure manière de se démarquer est d’investir dans le domaine du cinéma, car un producteur de cinéma est mille fois mieux qu’un pique-assiette qui en plus de l’avarice veut «paraître». L’habit ne fait pas le moine.

Par fidélité aux principes, on ne cherche ni à faire le franc-tireur, ni le «baise-main». Quand il y a un film qui mérite une critique positive on s‘y met sans arrière-pensée. Mais les navets c’est dans le souk qu’on doit les exposer. Malheureusement, c’est la mauvaise qualité qui domine la programmation de cette dixième édition. Les changements de dernière minute ont ajouté un désagrément auxdites festivités festivalières. Or le hic, c’est qu’il y a des gens qui prétendent s’ y connaître et qui croient être des génies infaillibles. Par conséquent, tout ce qu’ils font est impeccable, beau et splendide.
Où se trouve l’impeccable dans le piètre décor dressé devant le Palais des Congrès et que l’on a concocté médiocrement avec une série de portraits. Il est d’une mièvrerie écœurante. Quand on n’est pas artiste on ne peut pas être esthète. Comment ne pas râler alors qu’un festivalier portant un badge de professionnel a été interdit d’accéder au cinéma Le Colisée ? La guichetière lui a dit que le badge n’est valable que pour le Palais des Congres.
Dénoncer certains comportements excessifs de la part de vigiles ainsi que les dysfonctionnements inhérents à l’organisation cela fait partie des sujets qui intéressent Razakcinema, car pour améliorer les choses, il faudrait une part de vérité et d’autocritique. Une certaine presse acculée à écrire du mensonge pour continuer à profiter de la manne publique (congé payé) préfère le style agencier, genre « tout va bien madame la marquise », au style décapant et véridique . Pour notre cas, on a fait de Razakcinema un prolongement de ce que nous écrivions en toute objectivité dans les journaux depuis plus de deux décennies. On jauge aussi bien le contenu que le contenant. C’est cet atout qui distingue nettement notre site du reste de la presse électronique.
Il est regrettable qu’après 10 ans aucun film marocain n’ait pu décrocher le grand trophée du festival. Dix ans font d’un bébé un adolescent et d’un élève interne un docteur de médecine. Et comme la majorité des invités n’assiste pas au projections et vient exhiber ses habits alors qu’on organise dans les éditions à venir une exposition de costumes de tournage utilisés par les acteurs et actrices dans des films célèbres comme Autant en emporte le vent de Victor Fleming ou L’Esclave Libre de Raoul Walsh . Il serait instructif de voir les soieries que portaient Scarlett O’Hara et les habits d’époque dont s’était vêtu la grande star Clark Gable.
RAZAK
Sans rancune

Majorelle et Yves Saint Laurent











Sunday, December 05, 2010

Sons musicaux out of FIFM-10


Au fil des FIFM et malgré l'austérité relationnelle ambiante qui effecte la nomencalture festivalière dans sa totalité ("stars" reservées et sous haute surveillance, vigiles renfrognés, flicaille... ) il y a des liens d'amitié qu'on peut tisser en dehors du festival avec des gens simples n'ayant rien de prétencieux et de sophistiqué dans leur comportement. Youssef et Abdelhaq forment un duo d'intrumentistes qui en plus du talent, il a de l'affectivité et de l'intelligence. Ce duo anime avec sobriété et finesse l'espace de divertissement du palace se trouvant en face du Palais des Congrés. A chaque fois que les salles obscures m'obscurcissent les sens avec leurs mievreries cinégraphiques, je me dirige au coin douillet et dyonisiaque où ces deux artistes talentueux me consolent et me gratifient l'ouie avec leurs morceaux choisis.
RAZAK

Saturday, November 20, 2010

Roman: Boumanjel le gaucher (un autre extrait)

« Une fois tous les chapitres du volumineux bouquin furent contés, Saleh, avait remarqué que le conteur revenait aux premiers épisodes. Il abandonna ce petit forum de littérature populaire et s’en alla à la Halqua qui faisait du sol poussiéreux un ring.
-Pourquoi ne pas essayer? La boxe est après tout, un sport d’hommes courageux, s’était-il demandé avec enthousiasme.
L’animateur de la Halqua lui avait enfilé une paire de gants, tout rapiécés et demanda aux badauds rassemblés en cercle:
-Qui veut affronter ce champion?
Un gars plus âgé et plus robuste que Saleh leva sa main. Le maître de la Halqua lui avait dit:
-Avance mon gaillard.
Il demanda aux spectateurs d’applaudir. Il lui avait mis les gants en nouant les ficelles. Mais avant de donner le signal avec son sifflet, il rappela aux deux amateurs de boxe, les principes de jeu:
-Pas de coups en dessous de la ceinture, s’il vous plait.
On devinait aisément pourquoi, il insistait là-dessus. Dans cette région du corps, se trouvait l’organe le plus précieux, pour la reproduction génétique.
Dès le premier round, Saleh cogna son adversaire. Il était gaucher et rapide. Heureusement, les gants étaient bourrés de matière mole, pour amortir les coups. A mains nues, il aurait assommé son adversaire. Saleh ne savait pas, que c’était un jeu amical de divertissement et non pas un duel. Il avait tout de même, le privilège d’y apporter un peu de vérité, avec ce coup sortant du contexte ludique habituel.
-La boxe théâtralisée, est faite pour les femmelettes, en concluait-il.
S’il avait été né en Italie ou en Amérique du Nord, il aurait été inscrit dans un club de boxe. Au fil des compétitions, on l’aurait trouvé, sur un ring fumeux, affrontant une de ces grosses pointures comme Jake La Motta ou Rocky Marciano. Ces deux boxeurs de grande classe, firent ravage à cette époque. Si Marcel Cerdan, ce boxeur futé, né quelques années avant lui à Sidi Bel Abbas et qui vécut pendant des années à Casablanca avait vu ce gaucher qui frappait avec la vitesse de l’éclair, il lui aurait conseillé, de faire de la boxe professionnelle. Marcel Cerdan le légionnaire qu’on surnommait mystérieusement «le bombardier marocain» aurait fait avec le maquisard de Lagfaf, un duo d'enfer. Peut-être la destinée de Saleh aurait-elle pris un autre cheminement, que celui qu’il avait pris, à l’âge adulte: le chemin épineux du maquis et de la guérilla urbaine. Il avait les dons innés pour la boxe, mais cela nécessitait un perfectionnement. Ses coups de poings bruts avaient besoin d’être stylisés. L’art de la boxe avait ses propres canons et règles spécifiques. Parfois, le plus artiste gagnait le plus rouste. On en avait vu de beaux spécimens.»


(Extrait du roman inédit Boumanjel le gaucher, Chapitre-III. Auteur: RAZAK)

Wednesday, November 10, 2010

Répliques de films à méditer:FLAWLESS


Réalisateur: Michael Radford
Scénario:Edward Anderson

Vol caritatif

Hobbs (Michael Caine) a attendu 15 ans pour se venger. Il dévalise la London Diamant Corporation où il travaille comme balayeur. La compagnie d’assurance dont l’espiègle Hobbs veut prendre sa revanche doit mettre le paquet. Elle doit payer la rançon. Hobbs a perdu sa femme à cause de l’atermoiement de cette institution. Ainsi, mettant à exécution le plan qu’il a minutieusement préparé, Hobbs parvient à évacuer les diamants à travers les canalisations d’assainissement en les stockant dans le drain souterrain. Laura Quinn (Demi Moore) une employée de cette richissime firme va l’aider à déchiffrer la combinaison du coffre-fort. Les années passent. Une journaliste préparant un dossier sur les femmes distinguées des années 50 prend rendez-vous avec Laura dans un café pour l’interviewer. La séquence donne une réponse à toutes les énigmes du film.

-La journaliste: C’est pas que je cherche à faire du sensationnel, mais où est passé l’argent? Il faut absolument que je sache…et Mr Hobbs…?
-Laura Quinn: Ah! M. Hobbs. Nous ne sommes jamais reparlés. Mais un jour, j’ai reçu une lettre d’une banque en Suisse qui m’informait qu’un versement avait été fait à mon intention sur un compte numéroté, d’un montant de 100 millions de livres, la totalité. Et c’est là où ma véritable histoire commence. Dites-moi votre article s’intitule: «Les femmes au pouvoir», c’est bien ça? J’espère que vous êtes inspirée. J’espère que vous en inspirez d’autres. Vous pouvez me contracter, mes coordonnées sont au dos de l’enveloppe.

Laura Quinn s’en va. La journaliste se met à feuilleter le journal intime que la vielle femme lui a confié.

-Narration en voix off:«Je n’aurais jamais pensé que cela arriverait, mais le fardeau que constituait l’argent de Hobbs me projeta dans une autre direction. J’ai découvert le monde et à travers lui je me découvris moi-même. Vous n’imaginez sûrement pas le temps qu’il faut pour distribuer 100 millions de livres. Cela m’a pris 40 ans et c’est seulement aujourd’hui que j’ai donné le dernier penny. Je suis enfin libérée,
La journaliste: (A voix basse). Vous pouvez me contacter…mais où…
-Narration en voix off: Sauf de cette pierre que vous avez tenue dans votre main, que vous allez garder au cas où, à moins que… à moins que ce soit la dernière petite marque de vanité qui me reste.»

Dans Flawless (Le Casse du Siècle), ce grand vol de génie a fait de Hobbs un bon samaritain désintéressé. En réalité, il n’était intéressé que par la faillite de la compagnie d’assurance qui s’était moquée de lui quand il en avait besoin. Il a fait aussi de Laura une donatrice dépensant sans calculer au profit des déshérités. Cet espiègle, qui connaît tous les recoins du pavillon où il travaille, doit mener une course contre la montre pour déjouer l’attention des vigiles assistés par tout un arsenal ultrasophistiqué de surveillance. Il ne voulait pas du pognon mais venger sa femme. Laura qui, dans son journal intime, avoue stoïquement trouver des difficultés à distribuer les 100 millions de livres dans les œuvres de charité n’a pas pensé à l’idée de restituer l’argent à l’assureur. Aux yeux des deux voleurs ce dernier était le méchant. On a affaire à deux Arsène Lupin d’un genre inédit. L’un fait le coup et offre la totalité du butin à son complice. L’autre le distribuer aux nécessiteux. En y regardant de plus près, on s’aperçoit que l’on a volé aux riches pour aider les pauvres. Les diamants ont été retrouvés mais l’assureur en a payé fort la facture. Pour le cas de Laura Quinn, c’est Robin de bois sous la parure d’une femme célibataire. L’enquêteur futé qui a découvert le subterfuge sans aller jusqu'à inculper Laura a été et sans le vouloir, le troisième complice de ce vol caritatif.
Michael Caine joue à merveille les Seconds rôles qui captivent le regard. Quand à demi Demi Moore, le make-up a accentué un tout petit peu les traits pour le personnage vieillissant qu’elle interprète. Quand au reste elle a été sublime.
RAZAK

Tuesday, September 21, 2010

Répliques magnifiques à méditer

Répliques magnifiques à méditer

Introduction

Les séquences dialoguées ne sont pas d’égale éloquence. On peut passer du lyrisme le plus sensible à la vulgarité langagière la plus irritante pour l’ouïe. Le cinéma est ainsi fait. Le film, tout comme le scénario qui lui a donné naissance, se revigore du contraste de langage, des paroles entrechoquées , des réactions imprévues et des rebondissements que renferme le récit filmique. Parfois le dialogue domine l’image. Un simple plan fixe sans grande inventivité, alors que tout un torrent d’idées déferle. Vice-versa, on peut trouver des séquences où l’image, se suffisant à elle-même, raconte ce qu’elle a à narrer, sans avoir besoin des autres ingrédients sonores. Les premiers films comiques de charlot en témoignent.
Le dialogue devient plus saillant et plus percutant, quand on injecte aux mots la puissance qui les fait mouvoir jusqu à l’ébullition et vibrer jusqu’à la résonance, pour émouvoir plus. Les protagonistes et les antagonistes en sont le diapason et l’amplificateur. Ainsi, entre «déguerpis sale fumier», formule ordurière qu’on trouve à profusion dans les films de gangstérisme et «que me vaut l’honneur de votre visite» formule alambiquée de gentilhommerie, le nerf auditif du spectateur se heurte à ces intonations dissemblables et dissonantes , dont l’impact varie d’une personne à l’autre. Dans le film de Fellini " Amarcord" le curé recevant l’adolescent dans son confessionnal, lui demande : «Tu commets des actes impurs ? Te touches-tu. Tu sais que Saint-Louis pleure quand tu te touches». Une formule pudique signifiant «Ce n’est bien de se masturber». Dans d’autres films on lance les mots en vrac dans leur crudité impudique. Entre «en es-tu capable?», «en as-tu les couilles?» on sait à quel types de personnages on a affaire et on devine aisément la situation où ils évoluent. Par ailleurs on ne va pas dire: «Oh quel joli scorpion m’a piqué au mollet » ou encore «une adorable vipère m’a mordu le pied». Ce serait un pléonasme pour écervelés, moitié déraison, moitié suicide.
Comment peut-on filtrer les mots cinématographiés pour ne conserver que les paroles les plus saines? Un tel tamisage est-il possible? Couper le son c’est charcuter le film. Dans les premiers films muets, la parole était enfouie dans la gestualité des personnages. Pour les films sonores (parlants, disent les ciné-historiographes) les dialogues renforcent la teneur sémantique et aiguisent la perception de l’interprétation générale. Ils donnent de la densité et de l’épaisseur aux personnages. La dramatisation progressive passe par les synapses de jonction. Eliminer cet adjuvant essentiel, c’est fragiliser la construction du film. Ceux qui ont peur des mots ne doivent pas voir de films. C’est simple comme bonjour. Sinon ils n’ont qu’à se soumettre à cet exercice d’adsorption cérébrale, consistant à voir le film en pointillé. Cela signifie faire le tamisage en transformant l’entendu qui dérange, en un «non-entendu» acoustiquement correct. Mais dans ce cas, on ne suit plus le film, car les propos provocateurs que l’on veut soustraire servent à identifier les caractères psychologiques de certains personnages. La monotonie risquerait d’affadir le substrat et de désarticuler la succession logique des images. N’oublions pas que nous faisons un cinéma à notre image. La vie elle même est faite de clivages et d’antagonismes. Le mal et le bien la font basculer, au gré des circonstances. Les plus virulents peuvent fatalement provoquer son anéantissement. Nos instincts sont ce qu’ils sont. Ils exigent de l’assouvissement. Qu’il soit total ou partiel, il importe d’en tirer la meilleure quintessence. Il n’y a pas que le courtois et le raffiné, il y a aussi la brute, le pervers et le non civilisé. Par ailleurs, dans le cinéma, les cris de haine et les vociférations se diluent tous dans la parodie, car après tout, le cinéma est une parodie, puisque tout y’est jeu et simulation. Le sang que l’on voit n’est qu’un colorant artificiel Et l’homme qui se jette de la falaise est attaché à un câble.
Comme dans une peinture qui choque, les cris colériques et les paroles indécentes ont le paradoxe de s’assourdir de leur fulgurance. On s’imagine mal comment en temps de crise et de contradictions sociétales, un film ferait l’économie de tels ingrédients de base ? D’ailleurs, c’est dans la confrontation des contraires que l’on dégage les bonnes synthèses. Ces sautes d’humeur servent à l’accentuation caractérielle des personnages. Leur piment sert aussi à valoriser leurs contraires. Une langue tenue en bride nuit à la clarté des mots qui la composent, car on y remplace les plus audacieux par leur doublure. Le cinéma qui les vocalise devient à son tour une fâcheuse parodie de ce à quoi il aspire. Si c’est la vérité, ce cinéma cultivera le mensonge. Sa finalité sera gâchée par la prédominance des tentatives infructueuses.
Les scénaristes aguerris, notamment ceux qui font des adaptations de «novels» une spécialité tiennent à ce que les meilleures idées du texte originel et les réflexions préalablement couchées noir sur blanc soient communiquées à des moments cruciaux du film. Il y a des films qu’on peut recommander aux gens, rien que pour une scène, ou une séquence, qui donne à la fois à jouir et à réfléchir. Le pouvoir des mots cinématographiés réside dans leur éloquence et dans les sous-entendus qu’ils génèrent. Léo Ferré quand il arrive au refrain: «La solitude, la solitude, la solitude, la solitude, la solituuude» sa voix effectue un saut vertigineux. C’est ce déchaînement vocal qui nous touche. Le cri enflammé jaillissant de l’intérieur comme d’un volcan retentit comme une détonation.
Il y a des séquences dialoguées qui ressemblent au refrain de Léo et où les mots explosent pour outrepasser le sens habituel qu’ils ont. D’autres moins impétueux nous irradie d’une intelligence suprême.
Ainsi, fidèle à sa ligne innovatrice, Razakcinema se propose d’en présenter une sélection sous l’intitulé: «Répliques magnifiques à méditer». On a déjà fait le test réussi avec Philadelphia (voir article posté antérieurement sous le titre: Quand la diva Maria Callas se mêle à la mélancolie d’un sidé. L’article, comme en témoigne la toile a été repris par de nombreux sites web et portails infos ). Ces répliques choisies représentent à notre humble avis le summum du film analysé. On voit et revoit le film plusieurs fois pour déceler ces répliques mémorables qui logent en notre tête comme des souvenirs tenaces. Elles résistant à l’usure du temps. Doublés, sous-titrés ou en V.O, les films anciens ou nouveaux, sélectionnés avec minutie, sont passés au crible. Une corvée admirable. Ce sera désormais la nouveauté de cette reprise.
RAZAK

Friday, August 27, 2010

La reprise

LA REPRISE
L’été est la période où l'on blogue le moins. Les annuaires hébergeurs de blogs peuvent vous le prouver avec diagrammes évolutifs à l’appui. Le blogging s’amenuise en été et ne reprend son cours normal qu’avec la rentrée scolaire. Cependant, les blogs de voyages demeurent actifs. Ils sont dans leur majorité des blogs plus photographiques que graphiques. On y édite les photos (parfois sans légende) des lieux visités et des gens rencontrés. Les mots laissent la place aux pixels JPEG dont la blogosphère est si friande.Pour notre cas, le répit était dicté par d’autres impératifs qui n’ont rien à voir avec les voyages. Le succès de notre deuxième blog Razakcinema (1er au Top Ten sondage thématique établi par Wholinkstome, voir dépêches précédentes) nous imposait un certain décalage pour savourer les délices de cette démarcation. Les éditions de «posts» se sont raréfiées, que ce soit pour Bouzghiba-Awards ou pour Razakcinema. Comme pour un alpiniste qui atteint le sommet de la montagne et qui fait une petite sieste sur la crête, ce repos était nécessaire et vivifiant pour la reprise. Les autres impératifs sont purement artistiques. D’abord, il fallait trouver un tréteau pour ma dernière création dramatique Al Hait (le mur) et une cimaise pour mes travaux picturaux. Cette pièce en deux actes a été rédigée au mois de février 2010. L’envie d’écrire des choses romancées nous avait mis à l’ouvrage. La pièce théâtrale fut immédiatement suivie par d’autres créations dont notamment:
-Le vidéographe justicier (un récit de science-fiction),
-Présence des sens et de l’esprit (recueil de nouvelles),
-Boumanjel le gaucher (un roman avec ancrage historique).
RAZAK

Saturday, July 17, 2010

Du journalisme agencier politiquement incorrect


Les principes déontologiques recommandent du sérieux dans la manière d’informer et de présenter les choses. Le style décadent de/pour béni-oui-oui étourdis n’est plus de mise. Le compte-rendu que le correspondant de l’APS, sur le festival de Khouribga manque d’objectivité et de pertinence. Pour la bonne historicité de la chose, on aurait souhaité plus d'objectivité et de punch décapant. En effet, quiconque lit ce que ce rédacteur a écrit sur la 13e rencontre du cinéma africain tenue dans une ville fouettée par le soleil, au point de l’asphyxier , croirait que tout baignait dans la quiétude, la fraîcheur et la bonne humeur. L’auteur qui interpelle ce rédacteur mal informé, à travers ces lignes désolées, était un ex-envoyé spécial du journal Al Bayane , à l’époque où ce journal de gauche était dans l’opposition et avait une vocation militantisme, pas comme aujourd’hui, puisque le parti qui l’édite est au gouvernement et ne tolère plus la critique. Lors du 5e RCAK (1992) j’avais interviewé les principaux initiateurs de ce festival dont notamment le regretté Taher Cheriâ qui n’était pas du genre profiteur et magouilleur. J’avais réalisé plusieurs dossiers sur cette édition, porteuse de beaucoup d’espoir. Côté médias audiovisuels, la deuxième chaîne 2M, qui était relativement moins rigide qu’aujourd’hui , diffusa mon opinion aux infos de 13 heures, le directeur de l’information n’était autre que Fahd Yaâta, qui était nettement bien meilleur que la personne bornée qui lui avait succédé. Sabah Bendaoud de la radio nationale m’avait interviewé pendant 45 minutes et avait diffusé presque intégralement l’enregistrement dans son émission du vendredi. Tout cela pour dire l’importante que représentait pour moi le cinéma africain.
C’était une chimère. Je n’éprouve en ce moment que de l’amertume, car le festival n’est que le cadavre de lui-même. Il n’a pas pu évoluer convenablement. D’ailleurs, les circonstances cinéphiliques ont brusquement et globalement changé, de l’acceptable au pire. Les salles de cinéma ont fermé leur porte et la devedefication anarchique de la société marocaine a tout détruit sur son chemin.
A l’époque, ces rencontres cinématographiques étaient relativement plus intéressantes et plus animées, on ne s’ennuyait pas malgré la fournaise. Les infrastructures de loisir de l’OCP n’étaient pas encore entamées et les débats étaient d’un niveau appréciable. En 2010, le cinéma au Maroc est dans une situation d’agonie. Par extension, le panafricanisme en matière de cinéma a échoué. Il affronte les mêmes obstacles et les mêmes préjugés. Quand on se réunit pour en discuter, la démagogie et la langue de bois prennent le dessus. Au lieu de dire que le temps de fermer la boutique est venu, on se remet à ressasser les mêmes stupidités, tempérées par les sempiternels éloges pour un Sembene perdu de vue et un Cissé non opérationnel. Faute d’une relève active et influente, on les a hissés au rang de gourou du cinoche de la brousse. On ne serait pas étonné si, par ésotérisme, on construisait des marabouts après leur disparition.
A la chaleur étouffante dans laquelle cette manifestation s’est tenue s’ajoutait une autre négativité que la presse populaire (Al Massae, Al Ousboue…) a rendue si pesante. On parle sans arrêt du procès imminent du directeur du CCM et qui est en même temps le président de plusieurs festivals dont celui du cinéma africain de Khouribga (festival du court métrage méditerranéen de Tanger, festival national du film …excusez du peu). On croyait que ce directeur était au delà de tout soupçon. Mais un rapport d’inspection générale, établi par la Cour des Comptes vient de l’incriminer. S’il est appelé à la barre, il sera poursuivi pour dilapidation de deniers publics. Ses collaborateurs se sentent agités. Ils ont peur d’être impliqués comme témoins, voire comme complices. Un enseignant connu par son absentéisme a trouvé à travers la critique cinématographique un raccourci pour une ascension fulgurante. On le gratifia de deux postes juteux à savoir: le département communication et la direction d’un festival, pour les articles encenseurs publiés sur les exploits de son patron. Les journaleux avides d’argent qu’on retrouve dans les soi-disant comités de lecture de scénario et autres Lejnat lucratives devraient être entendus eux aussi. Si c’était du bénévolat on aurait loué leur attitude salutaire, mais c’est par le biais de ces commissions astucieusement constituées que l’argent du contribuable est jeté par les fenêtres. La plupart des membres ne savent même pas faire la différence entre un zoom et un travelling, story-board et synopsis.
Pourquoi ce journaliste sénégalais avait préféré la dépêche genre «politiquement correct» au bon scoop? C’est aux responsables de l’agence qui l’ont envoyé de répondre.
RAZAK

Thursday, May 06, 2010

Razakcinema aux premières loges (classement établi par Wholinkstome)

Le sérieux finit par payer. En effet, après l’honorable deuxième place du Top-10 obtenue l’année dernière par notre 1er blog : www. bouzghiba-awards.com (le classement étant établi par la société américaine WHOLINKSTOME qui fait du Ranking sa spécialité) c’est le tour de notre 2eme blog www.Razakcinema.com de gouter aux délices de la notoriété. Cette fois, c’est à travers Yahoo que l’analyse du contenu est établie. D’après un récent sondage réalisé par WHOLINKSTOME et selon ses propres critères, il caracole en tète.
Nous en remercierons tous les internautes des quatre coins du monde qui font de l’accès à nos pages Web un rituel d’enrichissement culturel. C’est à travers leurs clics quotidiens que le journalisme électronique auquel nous nous adonnons trouve de la valeur.
Razak

Monday, April 19, 2010

Un remède contre le piratage vidéographique

Le piratage vidéographique c’est du vol. Tout le monde est d’accord sur la criminalisation de l’acte, mais l'on déplore que l'on se préoccupe peu de la manière et de la fermeté d’y mettre un terme. Hormis l’impératif de combattre cette pratique délictueuse, il ne faut pas oublier qu’il y a au Maroc des gens qui en profitent et font tout pour que ce phénomène dévastateur perdure, s’amplifie pour le rendre plus complexe et difficile à éradiquer. Avant l’avènement du digital, comme support de communication universelle, on ne parlait que de contrefaçon (cosmétique, marques vestimentaires signées, montres, lunettes …) et de tableaux imités ou plagiés. La nouvelle ère numérique, dont nous assistons aujourd’hui à sa flamboyante apogée, a affecté tous les domaines et tous les secteurs de la vie courante. Le réseau des réseaux (l’Internet) en est le summum des summums. Les fruits qu’elle nous a offerts ont eux aussi, leur pépin. Ainsi, la vente accrue des ordinateurs équipés de lecteurs DVD a poussé les gens à faire du «home-cinema» à faible coût. En réalité il s’agit de «home-DVD ». Les duplicata illégaux de vidéogrammes légaux ou volés se vendent comme des petits pains. Les hackers sont constamment branchés sur les fréquences ciné. Inutile d’en citer les longueurs d'onde. Parfois on trouve dans le disque compact la trace digitale du crime: le cigle de la chaîne piratée. Le logo fait partie du transfert. Les logiciels de montage en digital sont difficiles à manier. Une des conséquences fâcheuses de cette «Dévédéfication» non contrôlée, c’est la fermeture imminente de toutes les salles de cinéma que compte le pays. D’aucuns me rétorqueraient: pourquoi en Europe, le phénomène est relativement maîtrisé, et paradoxalement la cinéphilie de salle connaît un boom extraordinaire? Il est question de culture et de niveau de vie. Dans cette région du monde, les habitants ont en plus de l’éducation, un revenu respectable et la manie bienheureuse de respecter l’art et puis possèdent la conscience vigilante vis à vis des droits de propriété intellectuelle. Autre facteur important lié aux moeurs socioculturelles de mondanité: les gens aiment voir un film en salle. Malheureusement, cette conscience suit une échelle descendante, en allant des pays développés vers les pays paupérisés.
Au Maroc, la lutte contre le piratage constitue un véritable casse-tête. Les responsables, parfois en panne d’idées, ne savent plus à quel saint se vouer. De toute évidence, les plus lésés dans cet abattage, ce sont les auteurs. Ils en sont abattus. Mais on les marginalise dans cette opération. Quand au produit visuel marocain, excepté quelques sketches de «marocains-francisants» le piratage de films made in Morocco n’en vaut pas la peine d'être tenté. Un film qui échoue dans les salles n’intéresse personne. Pourquoi et pour qui on va le pirater ? Même distribué gratuitement, peu de gens regarderont les films navets. La concurrence est sévère, car la production filmographique étrangère présente des atouts pleins d’attractivité.
Le piratage (comme on l’a mentionné dans d’autres chroniques) présente un aspect un peu trivial: on ne pirate que ce qui est bon. Les mauvais films seront épargnés. Ce sera une perte de pixels et de volts pour le «gravage». Il n’ont qu’un seul avantage; ils serviront d’alibi pour les contrôleurs écraseurs de CD et DVD. Mais leur cinéma commence à agacer.
Curieusement, on retrouve la même problématique et les mêmes contradictions que celles inhérentes au commerce des stupéfiants. Il y a d’une part, l’intoxiqué qui cherche sa dose quotidienne et d’autre part, il y a le gendarme qui en interdit l’usage. On arrête le trafiquant et on brûle la cargaison, mais deux semaines après, un autre dealer beaucoup plus audacieux reprend le trafic. De manière similaire, les autorités en charge du dossier des disques numériques piratés détruisent les prises au rouleau compresseur, mais l’on remarque que deux jours après ce rituel d’auto-flagellation, la duplication illégale reprend de plus belle. A la longue, tous les efforts d’assainissement déployés seront esquintés par l’essoufflement. Donc il faut chercher d’autres remèdes. La gageure serait de répondre efficacement à cette question: comment combattre le piratage de films sans nuire à la cinéphilie. En Hexagone par exemple, les deux vont de pair : il y a un contrôle rigoureux et les distributeurs de DVD protégés par le copyright ont baissé les prix. Ce qui est salutaire dans cette démarche, c’est qu’on se garde d’endommager sauvagement, un produit qui appartient aux autres. Le rouleau compresseur, dans de telles circonstances, est une calamité. Ecraser «Autant en emporte le vent» ou «Citizen Kane» c’est de la haine anti-cinéphilique. Il y a des chef-d’oeuvres qui n’ont pas été distribués au Maroc mais qui ont péri sous le métal lourd. N’est-ce pas ignominieux? Tout à l’heure, j’ai parlé de «panne d’idée», tenez en voici une qui pourrait résoudre pas mal de tracas: au lieu de démolir, répertorier les vidéogrammes piratés et les conserver; ensuite acheter les droits de diffusion numérique et puis les distribuer en toute légalité à des kiosquiers ayant leur patente et leur registre de commerce. Il serait judicieux d’apposer (ou graver) une marque graphique (âlama) sur les disques pour les distinguer du reste. L’exemple de la régie des tabacs est à méditer. Grâce aux kiosques à tabac éparpillés sur tout le territoire national, on voit de moins en moins de cigarettes de contrebande. Si on appliquait le même système aux vidéogrammes, on ferait d’une pierre deux coups: encourager la cinéphilie numérique et renforcer la légalité et la fluidité de ce commerce.

RAZAK