Friday, June 23, 2023

Séquences dialogales (Razak)

 

 Tirées du roman : ’’ Ok, on ira voir ta sœur !’’.

Livre de Razak paru en France en 2018.

En vente sur Amazon, Fnac et d’autres cyber-librairies.

Lieux de fiction : Paris, Marseille et la  Route Bleue reliant Paris à la Côte d’Azur.



"– Il n’y aura pas de retour. Si tu pars, ce sera un «aller sans retour». Tu entends un «aller sans retour», ça veut dire la séparation à vie. Tu restes à côté de ta sœur, puisque ton mari n’a plus de valeur.

– C’est ce que je veux entendre de ta bouche. Moi aussi, j’en ai ras-le-bol de cette vie d’esclave. Je ne suis plus ton épouse, je suis devenue ton infirmière. Je suis fatiguée. Je passe mon temps à stériliser tes vêtements, les serviettes et les couvertures. Je travaille bénévolement avec le risque imminent d’attraper ce maudit virus. Tu te plains du feu intérieur qui t’embrase les nerfs et tu m’incrimines, comme si j’étais l’incendiaire.

– C’est la machine à laver qui s’occupe du linge.

– Mais il y a des mains humaines qui l’actionnent. Celles de ta généreuse femme et non pas d’un robot ou d’un clone téléguidé.

– On doit se séparer. Ça y est, c’est décidé. Le destin l’a voulu. Demain, tu fais ta valise. Je ne veux plus te revoir chez moi.

– Et que vont dire les voisins ? « Le mari tombe malade sa femme le quitte ».

– Je m’en fiche de ce que diront ces foutus voisins. Et puis, tu me dis ça tout bonnement, comme si tu m’aimais encore.

– Ces soins quotidiens, ces corvées, ces interminables va-et-vient entre la cuisine et la boite à pharmacie, ne sont-ils pas la preuve d’une affection sincère, l’expression d’un attachement ?

– Attachement ?! Si c’est vrai, pourquoi tu cherches à te détacher de moi, au moment où j’ai besoin de ta proximité ?

– Ce sont des illusions. Tu te fais du souci pour rien. Est-ce que tu sais pourquoi j’interdis à la femme de ménage de toucher tes vêtements ? Tu ne dis rien. Parce que je veux préserver notre intimité. Je prends tout en charge, tant que j’éprouve le sentiment du devoir conjugal. Je n’ai rien dit à Henriette, pour éviter les commérages, qu’en général, les servantes ressassent pour se défouler et se moquer de leur maitresse.

– Normal, ça fait partie des obligations dictées par l’acte de mariage. « Unis pour le meilleur et pour le pire, jusqu’à ce que la mort vous sépare », tu te rappelles du serment ?

– Le staphylo t’a rendu cynique. Tu oublies tes bonnes manières. Même dans ton sommeil, le stress fait grincer tes dents. On entend tes bruits dentaires de loin. On dirait quelqu’un qui aiguise une lame de fer ou qui traine un morceau de tôle sur un sol cimenté. Ecoute mon gaillard, essaie de tiédir ton langage. Il commence à me déplaire. Je ne suis pas ta servante ou ton valet de chambre. Je suis ta conjointe et en tant que telle, j’ai des égards et des droits à être traitée avec respect et déférence. Tu es toujours d’humeur massacrante. Tu veux que j’arrache les dents qui me restent, pour te prouver mon attachement. Je ne suis pas folle, pour commettre cet acte masochiste et irréfléchi.

– Madame sort son arsenal guerrier.

– Tu peux pas garder ton calme, comme font les humbles. Tu n’es pas un tuberculeux. Tu manges, tu marches et tu respires comme le commun des mortels. Les boutons, tout le monde en a, même les stars de ciné les plus adulées. Et puis qui nous dit que tu n’as qu’une allergie passagère. Je ne vois pas de pus. Tu n’as pas fait les analyses du sang, pour connaitre ta vraie maladie. Avec le sang, on ne badine pas. C’est la boite noire de notre organisme. Tout y est enregistré, nos excès et nos carences.

– L’allergie s’accapare le corps entier. Le St doré, est plutôt sélectif. Il choisit minutieusement sa zone. Là où l’on se met à gratter comme un singe, le virus nous dit « coucou, je me cache là ». Il le dit triomphalement et avec défi, puisqu’il n’a pas trouvé d’antibiotiques efficaces pour le neutraliser. "


Wednesday, May 31, 2023

Où va le monde de l'art ?

 Web-Chronique de Razak

Triste époque ! On ne donne plus au temps le temps de mûrir les choses. Tellement pressé, l'homme veut toujours courir plus vite que son ombre. Il oublie que c'est le soleil qui en décide. Autrefois, on s'extasiait du cliché Polaroid et de son instantanéité photographique. C'était une prouesse qui surclassait le travail lent et patient du peintre-portraitiste. Les mains de ce dernier étaient tellement occupées, qu'il oubliait de se raser la figure. Son hobby l'absorbait. Barbe rimait avec peinture, comme bière rimait avec marin. Polaroid allait devenir le selfie qu'exhibent les M'as-tu-vu d'aujourd'hui avec vanité. 

Les images fixes avaient déblayé le terrain au cinéma. Le parlant succédait au cinéma muet qui avait à cette époque, ses joyaux et ses joualliers. Chaplin en fut un des plus inventifs. La couleur ajoutait au noir et blanc une teinte réaliste. La quadrichromie paracheva la gamme. Elle devenait fantaisiste avec les faiseurs d'images ayant une inclination exacerbée pour la science-fiction. 

Parallèlement, l'acoustique connut un essor considérable grâce à l'introduction de nouveaux instruments sonores. La musique synthé bousculait la musique traditionnelle , née du contact du violon avec l'archet. Progressivement, les instruments cordophones cèdaient la place aux puces électroniques, qui pour la première fois, se mettaient à chanter. Même dans les musiques où les quadruples-croches peuplaient la partition, comme la musique arabe et la musique indienne, en avaient accepté l'usage et le métissage. Leur orchestration s'était avérée fructueuse, malgré le refus des puristes. Ces puces électroniques allaient   bouffer de  nombreux instruments , comme le Kanoun (harpe orientale) , l'Oud ( le luth) et le Nay (flûte) . Un synthétiseur pouvait exécuter les tâches musicales de tout un orchestre , du percussionniste au trompettiste. C'était ainsi que la musique psychédélique était née. Si elle avait plu à la jeunesse en quête d'évasion, elle avait déplu aux parents , qui y voyaient une source de déviation, car la drogue s'accommodaient avec ce genre de musique. Des groupes mal ou bien constitués y avaient bâti leur célébrité trans-planétaire , en monopolisant pendant un certain temps, l'industrie discographique. C'était la première fois que la musique-pop commençait à répandre de l'odeur. Celle de l'herbe qui donnait le vertige. La classe moyenne était la plus visée. Quant au Reggae, la classe des paupérises voyait à travers l'apparition des Rastas , une secte de gourous à suivre même en enfer. 

Le pionnier du genre est mort, mais ses adeptes s'en remémorent rituellement. Les tresses de chevelure Rasta font partie du paysage urbain. Il avait fallu du temps pour imposer ce style de musique.

L'art où la vitesse de création avait pu creuser son sillon sans encombres, c'était l'art sculptural. Parfois , c'était le hasard newtonien qui précédait la trouvaille , dans d'autres situations,  c'était l'idée qui comptait plus que l'oeuvre. Ainsi, Marcel Duchamp le "renverseur d' urinoirs" et Cezar le "tasseur-compresseur" de livres croyaient jeter aux calendes grecques Rodin et ses disciples, mais leur manège n'avait pas fait long feu. Pourquoi ? Parce que le vite-dit et le vite-fait (ready-made) avaient et ont toujours, un défaut inguérissable: ils font partie du jetable après usage, comme les rasoirs après rasage. La carence du temps nécessaire à leur maturité  les a condamnés à cette courte longévité. Tous ces sobriquets agencés furtivement portaient les stigmates de l'art éphémère. L'éclat de l'instant butait contre l'exigence de la durée. 

Le présent nous apprend un tas de révélations et de constats. Nombreuses sont les initiatives tombées en désuétude. L'effort qui donne à l'art de la noblesse a horreur de la précipitation.   Le tourbillon de la vitesse est de nature cyclonique . Seuls, les objets lourds y résistent.

Quand on se fatigue on fait recours aux machines. Mais la robotisation a le revers désagréable de favoriser la paresse. Entre l'euphorie physique et la passivité contre-productive, il fallait faire attention aux caprices de la machine et surtout se remémorer en toute circonstance ,  qu'un muscle qui ne travaille pas s'atrophie.

Aujourd'hui , il est désolant de constater que la vue l'emporte sur l'action. On est plus spectateur que joueur, plus oculaire que musculaire et plus passif que réactif. L'immobilité empoisonne le corps. Elle provoque l'obésité. Rester 10 heures devant la télé ou devant une console peut porter préjudice aux enfants en phase de croissance . Il y a deux risques majeurs : la dégradation prématurée des cellules visuelles par les megapixels et mauvaise circulation du sang . Ceux qui auront du surpoids auront des difficultés à dissiper les kilos excédentaires . 

Un parent averti avait deux . Quant  aux pressés de l'art , il est temps de régler la montre et laisser au temps le temps d'injecter son durable parfum. 

Monday, May 22, 2023

Kinema-Critique (5ème sélection)


 

Tirées des chroniques cinématographiques de Razak.

 


-« Au Far West, il n’y avait pas de sieste. Ce fut un monde à part ou l’on disait: ’’ les gens naissent égaux, mais c’est le colt qui les rend inégaux’’. Le plus rapide descendait  le moins agile. Quand on demandait à un cow-boy quel était  son vrai ami, il répondait : ’’le cheval et le pistolet’’. La loi de talion était de rigueur et en vigueur ».

-« Qui s’assemble se ressemble,  Cinecittà et le Colisée  ont toujours fait bon voisinage, malgré leur relatif éloignement sur la carte de la ville dont la légende dit  qu’elle est éternelle. L’une est parodie de l’autre. En  effet, comme vestige  d’une époque avide de conquêtes et de sang, l’ex-arène de gladiateurs bâtie par Vespasien et achevée par son fils Titus avec le butin des conquêtes, a été plusieurs fois ressuscitée par Cinecittà ».

-« Parmi les hors-la-loi qui sont devenus des célébrités du Far West,  il y a, outre William Bonney, que l’on a cité précédemment,  Jesse James et son Frère Frank, les frères Dalton  (dont le bédéiste Moris a dénombré les méfaits dans les albums de Lucky Luck), Robert LeRoy Parker (alias Butch Cassidy), Bill Doolin, Sam Bass, William Brocius, (alias Curly Bill), James Miller, Thomas Coleman Younger, John Wesley Hardin…. »

-« Avec ou sans moustache, Fonda reste égal à lui-même.  Il en est de même pour James Stewart ( voir  ’’Bandolero !’’ réalisé  par Andrew  Mc Laglen  et ’’Attaque au  Cheyenne Club ’’ de Gene Kelly). Cependant, les acteurs qui  comme John Wayne, Gary Cooper et Robert Mitchum ont porté l’étoile du chérif sans être obligé de porter une moustache, doivent leur renommée à leur carrure et leur gueule de cinéma ».

-« Beaucoup de mustangs ont été euthanasiés par ceux qui les montaient, parce que épuisés, ils ne pouvaient pas aller plu loin. A la première tendinite on les abattait ».  

-« Rappelons que le cinéma est né muet, mais les pianistes de grande renommée , comme Jordi, lui avaient  donné de la voix ». 

-« Dans le film « Allan Quatermain et la cité de l’or perdu » de Gary Nelson, l’acteur marocain Larbi Doghmi porte de longues cornes et se vêtit en homme de caverne. Il casse des pierres avec sa tête. Dans « Body of lies » du revenant Ridley Scott, qui, durant le tournage à Rabat et à Salé avait bénéficié de facilités exceptionnelles, on découvre une image dégradante, tant du Maroc que des Marocains ».

-« Les critiques intègres avaient beau signaler, à bon escient, les dérapages et dysfonctionnements du centre de ’’masticage et de cérémonies’’ (titre d’une ancienne chronique humoristique), en vain. On les prenait pour des rabat-joie invétérés, qui aboyaient sur une caravane immobile ».

-« Dans un pays où tout semble galvaudé à outrance, il faut s’attendre à toutes les monstruosités imaginables, car malgré les décennies écoulées, de tâtonnement et d’errance cinématographique, on n’a pas trouvé ‘’the right man for the right place’’ ».

-« Bref, un film où tout est 100 % féminin n’est pas cinématographique, il est soit pornographique, soit ségrégationniste et un festival qui se base sur de tels simulacres propagandistes ne sert ni le 7e art, ni la culture qu’il est sensé animer ».

 

 

Wednesday, May 10, 2023

Séquences dialogales (Razak)

         Tirées du roman : ’’ Ok, on ira voir ta sœur !’’.

Livre de Razak paru en France en 2018.

En vente sur Amazon, Fnac et d’autres cyber-ibrairies.

Lieux de fiction : Paris, Marseille et la  Route Bleue reliant Paris à la Côte d’Azur.


 

-Qu’on en finisse une fois pour toute. Vide ton sac. Si cette nuit ne suffit pas, on reportera le débat au lendemain. Tu as peut-être raison, on doit se séparer à l’amiable. Moi aussi, ça me chagrine de te voir constamment sur tes gardes, comme une  paranoïaque  qui craint que son mari aille l’égorger par somnambulisme.

-Tu n’es pas réel ? Tu sembles planer dans un vide sidéral, comme sous l’effet des joints. Toi aussi, la paranoïa te tenaille et te fait tourner sur toi-même, comme une vis filetée. Ta phobie est d’origine métaphysique. Elle te fait voir le destin sous les traits d’un démon, au point de paraître irascible et ennuyeux. Tu ne m’écoutes jamais. Beaucoup de gens ont essayé l’homéopathie. Pourquoi ne pas faire comme eux ? Il existe  des huiles naturelles pour ça.

-Je ne suis pas un stupide, pour croire à ces balivernes. Ce dont j’ai besoin, ce n’est pas l’homéopathie, mais un peu de sympathie de ta part.

-Qu’est-ce que ça te coûte d’essayer ?

-Tu parles sans cesse  d’homéopathie, est-ce que  tu sais au moins  ce que ça signifie ?

-Je ne suis ni  analphabète,  ni analpha-BIT. Grâce à  Google on peut avoir les explications nécessaires,  il suffit de savoir questionner.

Elle sort son ipad. Elle télécharge une notice médicale. 

-Voilà ce qu’on a écrit dans un site web spécialisé: « le médicament homéopathique, préparé à partir de principes actifs d’origine minérale, animale ou végétale, s’obtient après une série de dilutions et d’agitations ( dynamisation ) afin d’atteindre différentes concentrations très faibles ( doses infinitésimales )». C’est très explicite. On ajoute un élément statistique. Ecoute : « D’après le sondage réalisé par Ipsos, 56% de Français utilisent  des médicaments homéopathiques et 77% des répondants déclarent faire confiance à l’homéopathie ».

Pierre se remet à gratter le thorax. Il déboutonne la veste, ainsi que sa chemise neuve. Mais on ne voit pas de trace ni de sang, ni de pus.

-Regarde ma poitrine, c’est  rouge comme le crépuscule enflammé  que l’on vient de voir partiellement. Ce maudit virus veut  me brûler vif.

-Je ne peux pas voir. Ça me terrifie. Tu n’as pas mis le baume contre les démangeaisons. Où tu as égaré l’Euripax ?

-C’est de la crème Nivea. Ça ne donne  rien. Demain, j’irais  voir un autre dermatologue. Ce chacal  de la rue Theodore  vend du cosmétique. Il arnaque les patients. Il se fait plein de pognon avec ces pseudos médicaments. Les pharmacies tirent profit de ses ordonnances fantaisistes. Si j’étais un tueur à gage, je le flinguerais sans cligner les paupières. Je laisserais la dernière balle du barillet pour moi. J’en ai marre de cette  chienne de vie.

-Arrête de te torturer. C’est devenu psychique chez toi. Tes intentions criminelles et suicidaires me font craindre le pire ; et à chaque  fois que j’essaie de  te raisonner, tu me prends pour une idiote. Par ailleurs, quand je te parle de pause, tu m’incrimines et tu m’accuses de tous les maux. Sache qu’en matière de douleur, comme l’a dit l’auteur de ’’Zona’’, tu n’as pas le monopole de la souffrance. Beaucoup de gens en ce moment gémissent dans les hôpitaux,  mais en silence, dans la résignation et la dignité. Ce matin, le conférencier, qui est plus expérimenté que ce dermatologue de pacotille, a dit que le St doré est indestructible. Il ne faut pas lui en vouloir. Après mon retour du voyage, on ira dans une station thermale.

(A la prochaine séquence dialogale de ce roman à rebondissements)

Monday, April 17, 2023

Kinema-Critique (4ème sélection)


Tirées des chroniques cinématographiques de Razak.

 


-« Encore une fois, le cinéma indien a sauvé ce «vestival» où le vestimentaire domine le cinématographique ».

(A propos du festival de Marrakech)

 

-« Dans certains longs-métrages et par étourderie outrancière, on a l’air de voir plusieurs films incorporés en un seul, à cause justement de cette exubérance d’images superflues et excédentaires, qu’un peu d’intelligence dans le montage de postproduction, aurait évitée salutairement ». 

 

-« Nous avons toujours dit que le making-of des films à succès apporte des révélations inattendues. Nous en avions vu des dizaines. On y trouve un intérêt double. Malheureusement, les cancres du cinoche marocain ont la manie d’anticiper les choses dans la médiocrité : on se hâte de filmer le «making-of» (les malins disent micmacig-ouff !) alors qu’il s’agit d’un navet poilu, dont l’aura ne dépasse pas le détroit qui se trouve au nord du pays ».

 

-« La caméra de prise de vue, qu’elle soit au service d’une télé ou du cinéma, qu’elle soit fixée à un trépied amovible ou portative (steadicam), glissant sur des rails ou suspendue à une grue, ne cherche pas à capter uniquement les choses sérieuses (dégâts tectoniques, crashs d’avions, inondations, conflits armés, accidents de la circulation…) et à filmer les apparences pudibondes (films religieux…), les parures élégantes (romances aristocratiques) et puis à se remémorer des allures chevaleresques (péplums, fresques historiques …). Parfois, elle trouve sa recréation dans le comique, quand ce n’est pas un Chaplin ou un Buster Keaton qui, en gagman initié, lui impose le monostyle ».

 

-« En hommage à Thompson, on lui a dédié un film qui porte le même titre que le roman. Dans cette adaptation cinématographique, c’est Johnny Depp qui réincarne Paul Kemp. Le film s'achève sur ces éloquentes paroles: ''trouve un vent pour le porter''. Il s'agit du message de vérité que le reporter voulait que le peuple sache ».  

Dans le lointain Far West américain, où pour survivre il fallait être un as de la gâchette, la moustache avait une connotation toute particulière. C’était un signe de virilité et de dureté de caractère. Dans les films westerns qui tentaient de ressusciter ce monde révolu de cow-boys et d’indiens, on en trouvait toute une galerie variant entre le réel et le postiche ». 

 

-« Clint Eastwood, un acteur américain de grand gabarit, a  incarné dans moult films westerns ces énergumènes hirsutes,  qui pénétraient dans le saloon sans saluer personne et qui y laissaient souvent des cadavres derrière eux. Ils se baladaient de bourgade en bourgade, comme des apatrides, pourchassés par des shérifs et des chasseurs de primes ».

 

-« Du point de vue ethnologique, les Indiens n’étaient aussi sauvages qu’on le pensait. Ils étaient différents,  mais pas sauvages. Ils défendaient leurs terres où vivaient leurs ancêtres. Ils avaient leurs rites et leurs coutumes. Ils étaient braves et des ’’hommes de parole’’ plus sincères que les Blancs ».

 

-« La vie dans l’Ouest américain comme dans le  Sud-ouest était pleine  de dangers et de désagréments. Certains croyaient y trouver l’Eldorado, mais ce n’était qu’une chimère. On vivait sous une menace permanente. De nombreux shérifs y avaient laissé leur peau. Les plus chanceux comme Patrick Garrett, plus connu sous le nom de Pat Garrett et Wyatt Earp, avaient eu une longévité mouvementée.  Tireurs adroits, ces deux shérifs de fer servaient d’exemple pour les aspirants ».

-« Pourquoi faire des films s'il n'y a personne dans les salles pour les regarder? Cette logique a gelé  le sang dans les veines de Cinecittà ».

 

 

Friday, April 14, 2023

Séquences dialogales

Tirées du roman : ’’ Ok, on ira voir ta sœur !’’.

Livre de Razak paru en France en 2018.

En vente sur Amazon, Fnac et d’autres cyber-ibrairies.

Lieux de fiction : Paris, Marseille et la  Route Bleue reliant Paris à la Côte d’Azur.

 


-« En d’autres termes, tu veux me mettre en quarantaine, c’est ça ? Tu veux fuir ton mari. Ecoute ma vieille, je vais changer de discours. Si tu me quittes sans préavis, tu auras affaire à moi. Je porterais plainte au tribunal matrimonial, pour abandon de mari en état de détresse.

-Ecoute mon vieux. Je te rends la pareille. A malin, malin et demi. Tu n’es pas un sinistré à ce que je sache ou en agonie. Moi aussi, je peux porter plainte  pour contagion préméditée. Démarre la voiture et arrête de divaguer. Je veux sortir de l’Intramuros. J’ai besoin de voir l’horizon au crépuscule. Ces murs de béton cachent  tout  et la Seine n’est plus la même. Dans cette ville, nous sommes devenus tellement nombreux et encombrés, que l’air pur est devenu si rare. Les HLM qui poussent comme des champignons, des bousculades partout, au métro, dans les magasins de solde et dans les supermarchés. Il n’y a même pas de terrain libre pour enterrer les  mourants, dans un  cimetière digne de ce nom. Je ne sais pas ce que va devenir Paris dans les trente années à venir.

-Tu m’as percé l’ouïe avec tes jérémiades, comme si j’étais ton tortionnaire.

-Il faut se mettre à ma place. C’est au-delà de mes forces.

-Certains cancéreux ont de la chance. Ils trouvent au moins des épouses compatissantes et prêtes au sacrifice.

-Le cancer n’est pas contagieux. Ce n’est pas la même chose.

-Je ne suis pas un lépreux  et ce qui m’arrive peut t’atteindre toi aussi  de manière naturelle, car quand les anticorps baissent les bras, on s’expose à toutes les anomalies.    

 La voiture se met en marche. Les deux époux poursuivent leur chamaillerie et leur joute verbale. Il y a de l’électricité dans l’air.

     -Si j’attrape cette maladie, on sera tous les deux foutus. Ce sera toi le responsable.  N’oublie pas qu’on va vers la soixantaine et que cette saloperie de maladie guette aussi bien les hommes  que les femmes, les dévots et les mécréants, fragilisés par les ans vécus. Deux malades dans la même maison, c’est pas beau à voir.  

-Bien dit. Bravo ! Te voilà enfin remise sur orbite. Sors les  gélules de ma poche, je ne peux pas lâcher le volant.

-Tu as dit de ne toucher à rien.

Pierre freine le véhicule. Le 4x4 de couleur noire s’arrête au bord de la route. Il sort un petit flacon de sa poche, avale un comprimé. La tête dans ses mains, il pose son front sur le volant par lassitude et désespoir.

-Oh, qu’ai-je fait de grave pour mériter ce supplice ?

Il descend  de la voiture et il regarde l’horizon nerveusement. Sa femme Mélanie  le rejoint, l’air triste et inquiet.

-« Voilà ton crépuscule, lui dit-il en lui remettant  le paquet de clopes.  Brûle-toi les poumons. Moi, je me laisse consumer à petit feu par  le St doré. Contente-toi de ce petit morceau de crépuscule, car  pour avoir une vue panoramique plus large, il faudrait aller aux falaises d’Etretat en  Normandie ».

-Je n’en veux plus. Tu as tout gâché.

(A la prochaine séquence dialogale de ce roman à rebondissements)

 

 

Monday, April 10, 2023

Kinema-Critique (3ème sélection)

Kinema-Critique

(3ème sélection)

Phrases tirées des chroniques cinématographiques de Razak.


 

-« Cinématographiquement, la conquête de l’espace a fait l’objet de moult space-movies . Entre la cinématique (étude physique du mouvement d’un point matériel) et le cinématographique, il y a un lien de consanguinité incontournable : le mouvement ».

 -« Les cow-boys étaient des gens indépendants, poussifs et jouissifs à la fois, mais ils étaient des individualistes difficiles à apprivoiser ».

 -" Les séquences dialoguées ne sont pas d’égale éloquence. On peut passer du lyrisme le plus sensible à la vulgarité langagière la plus irritante pour l’ouïe. Le cinéma est ainsi fait. Le film, tout comme le scenario qui lui a donné naissance, se revigore du contraste de langage, des paroles entrechoquées, des réactions imprévues et des rebondissements que renferme le récit filmique " .

 -« C’est dans la confrontation des contraires que l’on dégage les bonnes synthèses. Ces sautes d’humeur servent à l’accentuation caractérielle des personnages. Leur piment sert aussi à valoriser leurs contraires. Une langue tenue en bride nuit à la clarté des mots qui la composent, car on y remplace les plus audacieux par leur doublure. Le cinéma qui les vocalise devient à son tour une fâcheuse parodie de ce à quoi il aspire. Si c’est la vérité, ce cinéma cultivera le mensonge ».

 -« Lors du tournage de ce film de propagande militaire  (capture de Farah Aïdid) les détonations se faisaient entendre de loin. Les habitants de Salé avaient cru que le pays était entré en guerre ».

 -« Je mettrais Shane dans la catégorie des films initiatiques; et il est conseillé de voir le film du point de vue de cet enfant. Si l’on change d’angle oculaire, cela pourrait paraitre un sosie de film à cliché. La technique de l’acteur-spectateur qui a été utilisée par Stevens voudrait que l’on soit mis à la place de ce gosse ».

 -«’’Three Kings’’ est un bide. C’est pas parce que qu’il y a Clooney que le film est bon ».

 -« Revenons au FIFM, pour parler de ses  FAFM, c’est-à-dire: ses Fautes, Anomalies, Futilités et Maladresses ».

(A propos du festival de Marrakech)

 -« ’’Pauvre riche FIFM’’ : il n’y a pas meilleur oxymore que celui-ci pour entamer cette chronique de synthèse. Pourquoi pauvre riche ? La pauvreté réside dans l’esprit de certains protagonistes qui ne veulent  pas évoluer. La richesse se trouve dans les liasses des subventions  allouées,  tant pour son fonctionnement que pour son rayonnement ».

 -« Il serait facétieux et insidieusement déroutant de considérer un morceau de bobine, composé de quelques séquences disparates et incohérentes comme un court-métrage ».