Wednesday, May 25, 2016

’’Un écrivain en colère’’ Un roman inspiré du vécu Extrait




 Extrait
« Dans le night-club étagé, que les entraîneuses sexuelles surnomment «Le Pillage» (on a remplacé une consonne par une autre, comme pour  «Al Kintra» de Casablanca), il faut rester vigilant, sinon l’on risque d’être dépouillé de ce qu’on a dans les poches, comme argent ou gadgets électroniques de communication. On devra surveiller son iPad ou son iPhone, si on en a un de plus coûteux. C’est une autre «boîte d’ennuis» à ajouter aux autres, malfamées et pernicieuses et puis que ce péage non réglementaire rend encore plus ennuyeuses. L’accès est gratuit, mais en analysant la situation, on découvre l’inverse. Cette dîme  de passage est imposée aux filles de joie, par les videurs avec la secrète approbation  des flics de mauvaise réputation.
En tant qu’usager de la plume, j’ai eu ma part d’ennuis. Les journalistes intègres,  comme il est devenu très rare d’en rencontrer quelques uns et les écrivains qui écrivent vrai sont très suspectés, même s’ils viennent à la discothèque pour se défouler un peu, comme le commun des mortels et les bons vivants. On ne leur accorde ni faveur, ni passe-droit. Pire, on les surveille de plus près, comme s’ils étaient des gens peu recommandables ou des types à craindre. J’y viens souvent en anonyme et en solitaire. Mais il arrive un moment où on vous dévoile et ce sera le début des tracas. Le cas des écrivains est encore pire, car on sait ni où, ni quand leur livre sortirait et ce qu’il contiendrait comme révélations. On ne veut pas que les mauvais secrets de la boîte soient divulgués.
-«J’ai arrêté d’écrire dans les journaux. D’ailleurs, je ne m’intéresse qu’à l’art et non aux affaires de mœurs», leur ai-je dit en toute sincérité, pour essayer de les tranquilliser. Mais, têtus comme ils sont, ils n’ont pas voulu me croire. Par ailleurs, on ne peut pas cajoler des ours mal léchés et des bisons hérissés. Il y a quelque chose de génétiquement zoophilique qu’on ne peut pas défaire rapidement. Seule et à long terme, l’Évolution darwinienne pourrait en décider.
Cette paranoïa est due à la cupidité, car chaque nuit, il y a de grosses sommes d’argent en jeu. La flicaille corrompue prend sa part, en fermant l’œil ou en se vengeant de ceux qui dénoncent ce pillage nocturne, dont sont victimes les dites «filles de joie» et une partie des clients qui perd le contrôle de ses réflexes. On a tout fait pour m’empêcher de revenir au même endroit. On m’a fait doubler plusieurs fois la consommation, malicieusement et illégalement pour que j’en aie marre. La manœuvre n’a pas réussi. Quant aux dérèglements intestinaux et aux diarrhées qu’ils provoquent, j’en ai eu ma dose. Mais têtu et obstiné comme eux, je résiste. Je reviens à la même case de départ, à mes risques et périls évidemment.
Ainsi, quand l’envie de changer de ville me saisit et le besoin de rincer le gosier devient pressant, je reprends le train. 20 minutes et me voilà dans la ville de «Halala». Cette plante aux fleurs jaunes, hissée au rang d’emblème régional, a un goût de moutarde. Enfants, nous l’utilisions pour sortir les scorpions de leur trou. Mais les scorpions à visage humain semblent indomptables et plus nocifs (….)
 La femme de nuit , qui parodiant à sa guise, a utilisé pour la première fois le mot «pillage» à la place de ’’village’’, pour révéler le sens caché et sanguinaire de l’enseigne, semble avoir vu juste.
Un serveur m’a  raconté qu’un de ses confrères d’origine berbère, travaillant la nuit dans la cave du sous-sol, réaménagée dangereusement en piste de danse a eu la mort par manque d’aération. Beaucoup de gens ont été traumatisés par ce décès suspect. Comme subterfuge de simulation, on a posé des ventilateurs fonctionnant en vase clos. La police judiciaire n’a pas enquêté sur ce décès suspect. C’est un pauvre chleuh qui vivait plus des pourboires de la clientèle que des quatre sous que le propriétaire israélite lui  donne mensuellement. En serait-il ainsi si l’homme asphyxié était le rejeton d’un haut fonctionnaire ou un juif ? Le bar serait fermé et le propriétaire mis en examen, voire incarcéré en cas de négligence préméditée entraînant la mort.  Un détail  importantissime pour revoir ce dossier: il y avait litige au sujet de cette cave entre le propriétaire du dancing et celui du café voisin. Ce dernier a fini par avoir gain de cause. Le tribunal lui a restitué son bien, mais la mort du serveur  demeure un mystère, une énigme et un point noir qu’il faudrait un jour éclairer. Le serveur qui connaît les détails de cette affaire est toujours en service. L’heure de sa retraite n’a pas encore sonné. Quand pour la première fois il m’avait parlé de ce qui était arrivé à son collègue, sa voix pleine de tristesse, avait besoin d’être consolée. Mais par delà le larmoyant souvenir,  c’est la justice qui devrait consoler tous les Sans-voix et les Sans-familles. Pourvu qu’il y’ait un vaillant justicier qui  se soumette à son urgent appel. 
Est-ce de l’audace de m’en avoir informé ou un piège? Suis-je un enquêteur? Faire des enquêtes n’est pas de mon ressort, même si par compassion, l’on éprouve le besoin naturel de se solidariser avec les victimes, en souhaitant le châtiment aux personnes qui ont commis le forfait. C’est le boulot des inspecteurs,  pourvu que ces derniers exercent leur devoir dans la légalité, loin des bavures et des insidieuses tournures.   
Parmi les autres histoires dramatiques que l’on m’a racontées, il y en a une qui chagrine. Un homme entre en bon état physionomique dans cette discothèque où a eu l’asphyxie. Il en sort tout défiguré, avec des brûlures au visage et le portefeuille vide. L’arcade souricière a été épargnée de justesse. Il aurait perdu un œil, si les agresseurs avaient poussé la cruauté à son paroxysme sauvage et inhumain. Il avait 7000 dirhams sur lui et il a commis l’imprudence de montrer ses billets de banques, dans un lieu où il ne le fallait pas et la folie de venir seul. Avec un copain, même pris en charge financièrement, on assure le «gardiennage» de la table et ce qu’on a posé dessus comme liqueur. Celui qui m’a raconté cette histoire dit qu’on a versé un somnifère dans le verre de la victime. Quand l’homme drogué se réveille, il trouve que sa main et son visage portent des traces de brûlures, provoquées par des cigarettes allumées. Il se rend compte qu’on lui a tout pris. C’est un vol de vengeance. Pas la peine de jouer à Kojak ou à Columbo. Un «voleur normal» ne peut pas montrer de telles hargnes sadiques. Ce qui l’intéresse, c’est le pognon. Il prend le magot et il file. Ces criminels ont bien préparé leur coup. Ils savent combien dure le sommeil artificiel qu’ils ont provoqué. Ils ont pris le temps de «disséquer» leur victime.
L’homme agressé voulut porter plainte, mais il ne sut pas contre qui? Contre le propriétaire de la discothèque où l’agression a eu lieu? Contre les videurs qui, dit-on, sont payés pour assurer la sécurité des clients et qui ont laissé ces voleurs pénétrer dans l’enceinte?
Un autre individu a pissé du sang et il regrette d’avoir commis l’imprudence de ne s’être pas servi d’un verre pour bien voir ce qu’il y a dedans. Voulant boire à  l’américaine, on lui a bousillé les reins à la marocaine, avec une farine de verre bien pilé. On lui a dit que c’est de l’usine que ça vient. Un subterfuge que l’on utilise insidieusement pour se désinculper.  
Il y a des situations paradoxales et ingérables où le fil de la vérité se perd dans la filasse  des incertitudes. Mais quelles que  soient les circonstances, le client a droit à un minimum de sécurité. Il faut qu’il se sente en confiance et dans un établissement en bonne et due forme,  mais non dans un atelier de torture. Quant à ceux que l’on fourgue à la moindre désinvolture, ils sont innombrables, mais leur criarde magnanimité est à plaindre. Ils oublient qu’il  y a des associations de droits de l’homme qui militent contre la dictature policière. Pourquoi ne pas faire recours à leur précieux secours.  Personnellement, je les plains de ne pas avoir poussé le bouchon jusqu’au bout, puisque d’une part, ils n’ont rien à perdre, d’autre part, même si on ne donnait pas de suite à leur plainte, il y aurait leur dossier dans les archives de police. Si des agressions de ce genre se répètent plusieurs fois, on en déduira que la boîte et les vigiles sont dans le coup. Voilà pourquoi j’ai souhaité que toutes ces victimes  plaident leur cause, ne serait-ce que pour sauver leur dignité. Je sais qu’ils savent qu’il y a anguille sous roche et que les représentants de la loi  ne sont pas ceux qu’on croit.
La corruption a fracturé ce corps d’Etat, de surcroît porteur d’arme et censé protéger les citoyens faibles du mal des puissants. Hélas, de nombreux agents  incontrôlés ont fait pacte avec le diable. Profitant de l’absurdité d’un texte de loi plein de contradictions et d’ambivalences, ils tyrannisent les consommateurs marocains au nom d’un puritanisme religieux truqué et désuet. »

RAZAK
»

Thursday, May 19, 2016

REPRISE DU BLOGGING CULTUREL



Après une pause bien justifiée, nous reprenons  le blogging culturel avec  les mêmes ambitions et la même combativité. Comme l’écriture romanesque exige une totale disponibilité d’esprit, on s’est soumis à son astreignant régime. Les romans achevés (On ira voir ta sœur et Un écrivain en colère), on revient au blog pour faire le commentaire critique du temps qui passe. Pour un  blog de réflexion comme le nôtre, cela exige une certaine latence  dans la cadence de mise en ligne. Rien à voir avec les sites de news  qui changent de texture et d’orientation toutes les demi-heures. On doit  donner aux articles le temps nécessaire pour  interagir avec les internautes intéressés. Ce temps est estimé à environ 36 heures. Mais ce n’est pas une règle absolue. La précipitation nuit  aux choses sérieuses. Les archives du blog rattachent le passé au présent. Il suffit d’un simple click sur un mot-clef  pour les faire émerger de la blogosphère, dans leur fraîcheur et leur crudité.  
Comme on  privilégie la qualité au détriment de la quantité, on est  fier que, connaissant la valeur des choses, certains internautes nous gratifient de leur exigeante assiduité. Ils étaient  17900 à lire notre communiqué sur les «Haïkus picturaux», chiffre estimé par le compteur du journal  qui l’a diffusé. En outre, «La chanson de l’esthète-troubadour» a été lue  plus de 15300 fois. Grâce à ces deux remarquables performances, une plateforme de news, domiciliée en Suisse et ayant une filiale en France, nous a contacté  à titre personnel, pour une éventuelle collaboration rémunérée. Mais il y a un hic: rémunérer ne doit pas rimer avec pervertir. On privilégie le contenant en délaissant le contenu. Ce qui rend  cette collaboration aléatoire.
Tout journal électronique qui aspire au meilleur doit s’éloigner du tic robotisé et inhibiteur. Cette plateforme n’accepte que les articles rédigés selon un formatage bien défini préalablement (nombre de mots méticuleusement compté, photo obligatoire…). On veut un rédacteur  de petites dépêches et non un chroniqueur culturel qui consacre au sujet traité les mots qu’il faut. Les chroniques culturelles ne sauraient être réduites et assujetties  à de tels rabotages avaricieux. Quand on aime un texte on le lit dans sa totalité, peu importe qu’il soit long ou court. On ne doit se soucier que de sa langueur et non de sa longueur. Par ailleurs, faudrait-il  rappeler qu’avant le web,  c’est dans le journalisme critique que l’auteur de ce blog a trouvé sa voie et sa voix (plus de 1200 articles dans la presse écrite publiés sous différents pseudonymes).
Razakcinema ne dépend que de sa crédibilité. Est-ce un hasard si les Indous et les Américains ont cautionné ce que nous y faisons et si le festival l’Europe autour de l'Europe des films d’auteurs l’a cité dans une de ses références  cinéphiliques (à propos du cinéaste  Zanussi) ?
 La pertinence et l’engagement  sont toujours à l’ordre du jour. Vu leur importance, on a hissé ces deux vertus au rang de devise, que l’on a couronnée avec ces mots scintillants: ’’Le cinéma vu autrement’’.
Dédié au 7e art, le site est déjà vieux de 11 ans. Il a bâti sa réputation dans la militante droiture, sans servitude et sans compromission.
Par ailleurs, si  le nombre de vues  était notre objectif suprême, on aurait ajouté Lolitas à l’URL, car les chiffres sont là, le ’’hardcore’’ pornographique dope les sites web. Nous n’avons pas cette bestiale  obsession. On voudrait assouvir notre passion culturelle par quelque chose de plus noble, tout en déballant les  non-dits et éclairant  les recoins sombres de la société où l’on vit. Le cinéma et la société sont intrinsèquement liés: l’un n’est-il pas  reflet de l’autre ?  
Les nouveaux articles sont pleins de surprises, et puis constatant de visu la faillite de pas mal de journaux (support papier), Internet s’érige en sauveur. Il est assez généreux pour servir de créneau et de credo pour les chercheurs de vérité. Pour l’auteur de ce social-site-ciné, c’est  une fenêtre qui donne sur le monde libre.  Quand les journaux (en papier)  censurent nos chroniques, on  fait du blog notre ultime recours.
RAZAK  

Thursday, March 24, 2016

Hamlet le réconciliateur par Razak (journal l'Opinion)

Hamlet le réconciliateur

On ne remercierait jamais assez Shakespeare d’avoir  réconcilié (outre-tombe) les publics de Rabat avec leur théâtre, une bâtisse qui avait besoin d'un chef-d’œuvre pour colmater les brèches et astiquer sa devanture, amochée par tant d’égratignures. Contre toute attente, l’affluence-mètre que l’on croyait moribond et défectueux à cause de la sclérose qui a frappé le milieu s'est remis à compter les billets vendus. Il a plafonné pour Hamlet du ''théâtre du Shakespeare’s Globe'' et chose curieuse, le spectacle a été présenté en anglais. Les sous-titres ne traduisaient que les situations et non les répliques des acteurs, mais cela importait peu puisque l'histoire de Hamlet est connue par la multitude: le père de Hamlet meurt empoisonné, son oncle s'empare du trône danois et de la main de la reine. Hamlet se révolte contre cette mainmise facétieuse et ce mariage peu orthodoxe.
Personnellement, j'ai vu pas mal de Hamlet au cinéma et au théâtre universitaire, mais ce Hamlet-là a une autre saveur. Il m’a fait oublier les douleurs de l’entorse que j’ai eue le soir du samedi. Jaouad qui a assisté à la première présentation m’en a parlé, lui qui aime outre mesure Shakespeare.
C'est du vrai théâtre parce que (côté texte) c'est écrit par un auteur de génie, côté mise en scène et jeu des acteurs il y a une telle vivacité qui plait même au profane. Intelligemment, on a évité les lourdeurs scénographiques qui handicapent le spectacle en nuisant à la sonorité de la rhétorique shakespearienne, pour ne laisser que ce qui est nécessaire et même au niveau des costumes, on a assisté à une bellissime succession de métamorphoses, rien qu'on variant les accoutrements. Ainsi, le roi devient spectre et Ophélie en devient une autre lorsqu’elle met une légère chemise sur sa robe rouge ou elle manie un accordéon.
Cette prouesse mérite d'être saluée trois fois, puisque contre toute attente, le théâtre afficha complet pendant trois soirées consécutives. Ce succès nous rappelle ceux où Jean-Paul Belmondo et Louis Trintignant (lire nos chroniques consacrées à ces deux spectacles) étaient les vedettes.
Cette grande salle que l'on vient de rénover pour la énième fois, pour un meilleur confort , retrouve enfin sa véritable fonction. Merci au British-Council d’avoir fait de cette enchanteresse apparition un agréable conciliabule, où l’on échange courtoisement non pas des secrets d’alcôve, mais des secrets de théâtre. Ce succès a infirmé tous les faux constats et démenti les voix qui claironnaient que le théâtre est mort et qu'il vaut mieux le remplacer par le folklore. Le public veut de la qualité, il réagit favorablement quand des signes avant-coureurs lui apparaissent.  
Parmi les grandes retrouvailles de ce providentiel Hamlet et qui prouvait que le choix était bon, nous eûmes le plaisir de rencontrer deux personnages qui ont donné académiquement et passionnellement beaucoup au théâtre au Maroc. Il s’agit d’Ahmed Badri et Hassan Smili. L'un a créé l'ISADAC, l'autre le FITUC. Malheureusement, après leur départ, les choses se sont gâchées médiocrement. Dommage !
RAZAK

Monday, February 08, 2016

Carnet de voyage par RAZAK (Journal L'Opinion)

LIEN URL
 http://www.lopinion.ma/def.asp?codelangue=23&id_info=49751&date_ar=2016-2-8%2010:21:00

Thursday, February 04, 2016

Bouzghiba au Collosseo (journal L'Opinion : éditions papier et éléctroniques)

Bouzghiba au Collosseo
Par RAZAK

Écrire en voyageant, voyager en écrivant, est devenu pour le géniteur de l’avatar Bouzghiba et l’aventurier de l’art que je crois être , une sorte de drogue douce dont je suis un irréductible et inassouvissable accro. L’âme des lieux et l’âme de ceux qui les occupent transparaissent en filigrane à travers ces textes écrits quelquefois à la hâte, mais portant l’empreinte du temps qui passe et les senteurs de la lande foulée du pied.
Ainsi, au lieu du très fugace et coûteux vol aérien entre le ciel de Rabat et puis la voûte romaine, une ligne aérienne si pauvre en dépaysements, puisqu’à travers les hublots, on ne voit que les hélices qui fouettent les nuages amoncelés au grès des vents, j’ai  choisi, comme pour le voyage parisien, la voie terrestre. Certes, elle est contraignante physiquement, mais enrichissante à plus d’un titre. Par ailleurs, sur le plan financier, elle coûte moins cher.
Trois jours d'affilée, cela ressemble à une pénitence. Pour aller à Paris , il fallait morceler le trajet au moins en deux tronçons et faire escale à Marseille me parut meilleur. Cela m'a permis une bonne récupération. Le TGV semblait le moyen le plus adéquate pour monter vers le nord, malgré le prix élevé du ticket.
Quand à l’ancienne capitale impériale d'où Caesar transmettait ses ordres à ses généraux éparpillés sur le pourtour méditerranéen, c'est devenu un Etat-fils au sein d'un Etat-père . Rome une ville dont l’histoire est si riche et regorgeant de vestiges datant de l’époque gréco-romaine est devenue si vétuste. Son présent n'est pas aussi reluisant que son passé , puisque la ville s’est étendue indéfiniment en créant des problèmes insurmontables aux services municipaux. Le graffiti maladroit et inesthétique a fait de ses murs et des rideaux de magasins une ardoise pour dessinateurs mal inspirés.
Ainsi, pour le trophée-2015 revenant Ennio Morricone j'aurais dû l'envoyer par voie aéropostale, mais je m'en suis abstenu, car je voulais voir Rome et je ne regrette dans ce voyage culturel qu'une seule chose, le froid alpin qui a quelque peu désenchanté les randonnées urbaines. A Rome, à pareille époque, les rayons d’Apollon valent de l'or. La grande botte de mousquetaire qui veut shooter les deux iles de Sicile et Sardaigne ne m'a que trop séduit et m'interpellait à découvrir ses mystères.
Pour aller à l’Accademia Nazionale di Santa Cecilia où je devais déposer le trophée, il a fallu effectuer tout un périple, sachant que les journées romaines sont désespérément courtes. A peine finit-on de déjeuner , le crépuscule se profile à l’horizon. Arrivé au fameux Collosseo, un tourbillon de pensées s’empare irrésistiblement de moi. Je revois dans la vastitude de cette arène les combats mortels de titans et de gladiateurs et la foule avide de la vue du sang qui rappelle celle des corridas espagnoles. Voir Rome sans allonger le pas jusqu' au Collosseo aurait été un voyage raté.
RAZAK
Rome, 19 Janvier 2016