« Une fois tous les chapitres du volumineux bouquin furent contés, Saleh, avait remarqué que le conteur revenait aux premiers épisodes. Il abandonna ce petit forum de littérature populaire et s’en alla à la Halqua qui faisait du sol poussiéreux un ring.
-Pourquoi ne pas essayer? La boxe est après tout, un sport d’hommes courageux, s’était-il demandé avec enthousiasme.
L’animateur de la Halqua lui avait enfilé une paire de gants, tout rapiécés et demanda aux badauds rassemblés en cercle:
-Qui veut affronter ce champion?
Un gars plus âgé et plus robuste que Saleh leva sa main. Le maître de la Halqua lui avait dit:
-Avance mon gaillard.
Il demanda aux spectateurs d’applaudir. Il lui avait mis les gants en nouant les ficelles. Mais avant de donner le signal avec son sifflet, il rappela aux deux amateurs de boxe, les principes de jeu:
-Pas de coups en dessous de la ceinture, s’il vous plait.
On devinait aisément pourquoi, il insistait là-dessus. Dans cette région du corps, se trouvait l’organe le plus précieux, pour la reproduction génétique.
Dès le premier round, Saleh cogna son adversaire. Il était gaucher et rapide. Heureusement, les gants étaient bourrés de matière mole, pour amortir les coups. A mains nues, il aurait assommé son adversaire. Saleh ne savait pas, que c’était un jeu amical de divertissement et non pas un duel. Il avait tout de même, le privilège d’y apporter un peu de vérité, avec ce coup sortant du contexte ludique habituel.
-La boxe théâtralisée, est faite pour les femmelettes, en concluait-il.
S’il avait été né en Italie ou en Amérique du Nord, il aurait été inscrit dans un club de boxe. Au fil des compétitions, on l’aurait trouvé, sur un ring fumeux, affrontant une de ces grosses pointures comme Jake La Motta ou Rocky Marciano. Ces deux boxeurs de grande classe, firent ravage à cette époque. Si Marcel Cerdan, ce boxeur futé, né quelques années avant lui à Sidi Bel Abbas et qui vécut pendant des années à Casablanca avait vu ce gaucher qui frappait avec la vitesse de l’éclair, il lui aurait conseillé, de faire de la boxe professionnelle. Marcel Cerdan le légionnaire qu’on surnommait mystérieusement «le bombardier marocain» aurait fait avec le maquisard de Lagfaf, un duo d'enfer. Peut-être la destinée de Saleh aurait-elle pris un autre cheminement, que celui qu’il avait pris, à l’âge adulte: le chemin épineux du maquis et de la guérilla urbaine. Il avait les dons innés pour la boxe, mais cela nécessitait un perfectionnement. Ses coups de poings bruts avaient besoin d’être stylisés. L’art de la boxe avait ses propres canons et règles spécifiques. Parfois, le plus artiste gagnait le plus rouste. On en avait vu de beaux spécimens.»
(Extrait du roman inédit Boumanjel le gaucher, Chapitre-III. Auteur: RAZAK)
Saturday, November 20, 2010
Wednesday, November 10, 2010
Répliques de films à méditer:FLAWLESS
Réalisateur: Michael Radford
Scénario:Edward Anderson
Vol caritatif
Hobbs (Michael Caine) a attendu 15 ans pour se venger. Il dévalise la London Diamant Corporation où il travaille comme balayeur. La compagnie d’assurance dont l’espiègle Hobbs veut prendre sa revanche doit mettre le paquet. Elle doit payer la rançon. Hobbs a perdu sa femme à cause de l’atermoiement de cette institution. Ainsi, mettant à exécution le plan qu’il a minutieusement préparé, Hobbs parvient à évacuer les diamants à travers les canalisations d’assainissement en les stockant dans le drain souterrain. Laura Quinn (Demi Moore) une employée de cette richissime firme va l’aider à déchiffrer la combinaison du coffre-fort. Les années passent. Une journaliste préparant un dossier sur les femmes distinguées des années 50 prend rendez-vous avec Laura dans un café pour l’interviewer. La séquence donne une réponse à toutes les énigmes du film.
-La journaliste: C’est pas que je cherche à faire du sensationnel, mais où est passé l’argent? Il faut absolument que je sache…et Mr Hobbs…?
-Laura Quinn: Ah! M. Hobbs. Nous ne sommes jamais reparlés. Mais un jour, j’ai reçu une lettre d’une banque en Suisse qui m’informait qu’un versement avait été fait à mon intention sur un compte numéroté, d’un montant de 100 millions de livres, la totalité. Et c’est là où ma véritable histoire commence. Dites-moi votre article s’intitule: «Les femmes au pouvoir», c’est bien ça? J’espère que vous êtes inspirée. J’espère que vous en inspirez d’autres. Vous pouvez me contracter, mes coordonnées sont au dos de l’enveloppe.
Laura Quinn s’en va. La journaliste se met à feuilleter le journal intime que la vielle femme lui a confié.
-Narration en voix off:«Je n’aurais jamais pensé que cela arriverait, mais le fardeau que constituait l’argent de Hobbs me projeta dans une autre direction. J’ai découvert le monde et à travers lui je me découvris moi-même. Vous n’imaginez sûrement pas le temps qu’il faut pour distribuer 100 millions de livres. Cela m’a pris 40 ans et c’est seulement aujourd’hui que j’ai donné le dernier penny. Je suis enfin libérée,
La journaliste: (A voix basse). Vous pouvez me contacter…mais où…
-Narration en voix off: Sauf de cette pierre que vous avez tenue dans votre main, que vous allez garder au cas où, à moins que… à moins que ce soit la dernière petite marque de vanité qui me reste.»
Dans Flawless (Le Casse du Siècle), ce grand vol de génie a fait de Hobbs un bon samaritain désintéressé. En réalité, il n’était intéressé que par la faillite de la compagnie d’assurance qui s’était moquée de lui quand il en avait besoin. Il a fait aussi de Laura une donatrice dépensant sans calculer au profit des déshérités. Cet espiègle, qui connaît tous les recoins du pavillon où il travaille, doit mener une course contre la montre pour déjouer l’attention des vigiles assistés par tout un arsenal ultrasophistiqué de surveillance. Il ne voulait pas du pognon mais venger sa femme. Laura qui, dans son journal intime, avoue stoïquement trouver des difficultés à distribuer les 100 millions de livres dans les œuvres de charité n’a pas pensé à l’idée de restituer l’argent à l’assureur. Aux yeux des deux voleurs ce dernier était le méchant. On a affaire à deux Arsène Lupin d’un genre inédit. L’un fait le coup et offre la totalité du butin à son complice. L’autre le distribuer aux nécessiteux. En y regardant de plus près, on s’aperçoit que l’on a volé aux riches pour aider les pauvres. Les diamants ont été retrouvés mais l’assureur en a payé fort la facture. Pour le cas de Laura Quinn, c’est Robin de bois sous la parure d’une femme célibataire. L’enquêteur futé qui a découvert le subterfuge sans aller jusqu'à inculper Laura a été et sans le vouloir, le troisième complice de ce vol caritatif.
Michael Caine joue à merveille les Seconds rôles qui captivent le regard. Quand à demi Demi Moore, le make-up a accentué un tout petit peu les traits pour le personnage vieillissant qu’elle interprète. Quand au reste elle a été sublime.
RAZAK
Scénario:Edward Anderson
Vol caritatif
Hobbs (Michael Caine) a attendu 15 ans pour se venger. Il dévalise la London Diamant Corporation où il travaille comme balayeur. La compagnie d’assurance dont l’espiègle Hobbs veut prendre sa revanche doit mettre le paquet. Elle doit payer la rançon. Hobbs a perdu sa femme à cause de l’atermoiement de cette institution. Ainsi, mettant à exécution le plan qu’il a minutieusement préparé, Hobbs parvient à évacuer les diamants à travers les canalisations d’assainissement en les stockant dans le drain souterrain. Laura Quinn (Demi Moore) une employée de cette richissime firme va l’aider à déchiffrer la combinaison du coffre-fort. Les années passent. Une journaliste préparant un dossier sur les femmes distinguées des années 50 prend rendez-vous avec Laura dans un café pour l’interviewer. La séquence donne une réponse à toutes les énigmes du film.
-La journaliste: C’est pas que je cherche à faire du sensationnel, mais où est passé l’argent? Il faut absolument que je sache…et Mr Hobbs…?
-Laura Quinn: Ah! M. Hobbs. Nous ne sommes jamais reparlés. Mais un jour, j’ai reçu une lettre d’une banque en Suisse qui m’informait qu’un versement avait été fait à mon intention sur un compte numéroté, d’un montant de 100 millions de livres, la totalité. Et c’est là où ma véritable histoire commence. Dites-moi votre article s’intitule: «Les femmes au pouvoir», c’est bien ça? J’espère que vous êtes inspirée. J’espère que vous en inspirez d’autres. Vous pouvez me contracter, mes coordonnées sont au dos de l’enveloppe.
Laura Quinn s’en va. La journaliste se met à feuilleter le journal intime que la vielle femme lui a confié.
-Narration en voix off:«Je n’aurais jamais pensé que cela arriverait, mais le fardeau que constituait l’argent de Hobbs me projeta dans une autre direction. J’ai découvert le monde et à travers lui je me découvris moi-même. Vous n’imaginez sûrement pas le temps qu’il faut pour distribuer 100 millions de livres. Cela m’a pris 40 ans et c’est seulement aujourd’hui que j’ai donné le dernier penny. Je suis enfin libérée,
La journaliste: (A voix basse). Vous pouvez me contacter…mais où…
-Narration en voix off: Sauf de cette pierre que vous avez tenue dans votre main, que vous allez garder au cas où, à moins que… à moins que ce soit la dernière petite marque de vanité qui me reste.»
Dans Flawless (Le Casse du Siècle), ce grand vol de génie a fait de Hobbs un bon samaritain désintéressé. En réalité, il n’était intéressé que par la faillite de la compagnie d’assurance qui s’était moquée de lui quand il en avait besoin. Il a fait aussi de Laura une donatrice dépensant sans calculer au profit des déshérités. Cet espiègle, qui connaît tous les recoins du pavillon où il travaille, doit mener une course contre la montre pour déjouer l’attention des vigiles assistés par tout un arsenal ultrasophistiqué de surveillance. Il ne voulait pas du pognon mais venger sa femme. Laura qui, dans son journal intime, avoue stoïquement trouver des difficultés à distribuer les 100 millions de livres dans les œuvres de charité n’a pas pensé à l’idée de restituer l’argent à l’assureur. Aux yeux des deux voleurs ce dernier était le méchant. On a affaire à deux Arsène Lupin d’un genre inédit. L’un fait le coup et offre la totalité du butin à son complice. L’autre le distribuer aux nécessiteux. En y regardant de plus près, on s’aperçoit que l’on a volé aux riches pour aider les pauvres. Les diamants ont été retrouvés mais l’assureur en a payé fort la facture. Pour le cas de Laura Quinn, c’est Robin de bois sous la parure d’une femme célibataire. L’enquêteur futé qui a découvert le subterfuge sans aller jusqu'à inculper Laura a été et sans le vouloir, le troisième complice de ce vol caritatif.
Michael Caine joue à merveille les Seconds rôles qui captivent le regard. Quand à demi Demi Moore, le make-up a accentué un tout petit peu les traits pour le personnage vieillissant qu’elle interprète. Quand au reste elle a été sublime.
RAZAK
Tuesday, September 21, 2010
Répliques magnifiques à méditer
Répliques magnifiques à méditer
Introduction
Les séquences dialoguées ne sont pas d’égale éloquence. On peut passer du lyrisme le plus sensible à la vulgarité langagière la plus irritante pour l’ouïe. Le cinéma est ainsi fait. Le film, tout comme le scénario qui lui a donné naissance, se revigore du contraste de langage, des paroles entrechoquées , des réactions imprévues et des rebondissements que renferme le récit filmique. Parfois le dialogue domine l’image. Un simple plan fixe sans grande inventivité, alors que tout un torrent d’idées déferle. Vice-versa, on peut trouver des séquences où l’image, se suffisant à elle-même, raconte ce qu’elle a à narrer, sans avoir besoin des autres ingrédients sonores. Les premiers films comiques de charlot en témoignent.
Le dialogue devient plus saillant et plus percutant, quand on injecte aux mots la puissance qui les fait mouvoir jusqu à l’ébullition et vibrer jusqu’à la résonance, pour émouvoir plus. Les protagonistes et les antagonistes en sont le diapason et l’amplificateur. Ainsi, entre «déguerpis sale fumier», formule ordurière qu’on trouve à profusion dans les films de gangstérisme et «que me vaut l’honneur de votre visite» formule alambiquée de gentilhommerie, le nerf auditif du spectateur se heurte à ces intonations dissemblables et dissonantes , dont l’impact varie d’une personne à l’autre. Dans le film de Fellini " Amarcord" le curé recevant l’adolescent dans son confessionnal, lui demande : «Tu commets des actes impurs ? Te touches-tu. Tu sais que Saint-Louis pleure quand tu te touches». Une formule pudique signifiant «Ce n’est bien de se masturber». Dans d’autres films on lance les mots en vrac dans leur crudité impudique. Entre «en es-tu capable?», «en as-tu les couilles?» on sait à quel types de personnages on a affaire et on devine aisément la situation où ils évoluent. Par ailleurs on ne va pas dire: «Oh quel joli scorpion m’a piqué au mollet » ou encore «une adorable vipère m’a mordu le pied». Ce serait un pléonasme pour écervelés, moitié déraison, moitié suicide.
Comment peut-on filtrer les mots cinématographiés pour ne conserver que les paroles les plus saines? Un tel tamisage est-il possible? Couper le son c’est charcuter le film. Dans les premiers films muets, la parole était enfouie dans la gestualité des personnages. Pour les films sonores (parlants, disent les ciné-historiographes) les dialogues renforcent la teneur sémantique et aiguisent la perception de l’interprétation générale. Ils donnent de la densité et de l’épaisseur aux personnages. La dramatisation progressive passe par les synapses de jonction. Eliminer cet adjuvant essentiel, c’est fragiliser la construction du film. Ceux qui ont peur des mots ne doivent pas voir de films. C’est simple comme bonjour. Sinon ils n’ont qu’à se soumettre à cet exercice d’adsorption cérébrale, consistant à voir le film en pointillé. Cela signifie faire le tamisage en transformant l’entendu qui dérange, en un «non-entendu» acoustiquement correct. Mais dans ce cas, on ne suit plus le film, car les propos provocateurs que l’on veut soustraire servent à identifier les caractères psychologiques de certains personnages. La monotonie risquerait d’affadir le substrat et de désarticuler la succession logique des images. N’oublions pas que nous faisons un cinéma à notre image. La vie elle même est faite de clivages et d’antagonismes. Le mal et le bien la font basculer, au gré des circonstances. Les plus virulents peuvent fatalement provoquer son anéantissement. Nos instincts sont ce qu’ils sont. Ils exigent de l’assouvissement. Qu’il soit total ou partiel, il importe d’en tirer la meilleure quintessence. Il n’y a pas que le courtois et le raffiné, il y a aussi la brute, le pervers et le non civilisé. Par ailleurs, dans le cinéma, les cris de haine et les vociférations se diluent tous dans la parodie, car après tout, le cinéma est une parodie, puisque tout y’est jeu et simulation. Le sang que l’on voit n’est qu’un colorant artificiel Et l’homme qui se jette de la falaise est attaché à un câble.
Comme dans une peinture qui choque, les cris colériques et les paroles indécentes ont le paradoxe de s’assourdir de leur fulgurance. On s’imagine mal comment en temps de crise et de contradictions sociétales, un film ferait l’économie de tels ingrédients de base ? D’ailleurs, c’est dans la confrontation des contraires que l’on dégage les bonnes synthèses. Ces sautes d’humeur servent à l’accentuation caractérielle des personnages. Leur piment sert aussi à valoriser leurs contraires. Une langue tenue en bride nuit à la clarté des mots qui la composent, car on y remplace les plus audacieux par leur doublure. Le cinéma qui les vocalise devient à son tour une fâcheuse parodie de ce à quoi il aspire. Si c’est la vérité, ce cinéma cultivera le mensonge. Sa finalité sera gâchée par la prédominance des tentatives infructueuses.
Les scénaristes aguerris, notamment ceux qui font des adaptations de «novels» une spécialité tiennent à ce que les meilleures idées du texte originel et les réflexions préalablement couchées noir sur blanc soient communiquées à des moments cruciaux du film. Il y a des films qu’on peut recommander aux gens, rien que pour une scène, ou une séquence, qui donne à la fois à jouir et à réfléchir. Le pouvoir des mots cinématographiés réside dans leur éloquence et dans les sous-entendus qu’ils génèrent. Léo Ferré quand il arrive au refrain: «La solitude, la solitude, la solitude, la solitude, la solituuude» sa voix effectue un saut vertigineux. C’est ce déchaînement vocal qui nous touche. Le cri enflammé jaillissant de l’intérieur comme d’un volcan retentit comme une détonation.
Il y a des séquences dialoguées qui ressemblent au refrain de Léo et où les mots explosent pour outrepasser le sens habituel qu’ils ont. D’autres moins impétueux nous irradie d’une intelligence suprême.
Ainsi, fidèle à sa ligne innovatrice, Razakcinema se propose d’en présenter une sélection sous l’intitulé: «Répliques magnifiques à méditer». On a déjà fait le test réussi avec Philadelphia (voir article posté antérieurement sous le titre: Quand la diva Maria Callas se mêle à la mélancolie d’un sidé. L’article, comme en témoigne la toile a été repris par de nombreux sites web et portails infos ). Ces répliques choisies représentent à notre humble avis le summum du film analysé. On voit et revoit le film plusieurs fois pour déceler ces répliques mémorables qui logent en notre tête comme des souvenirs tenaces. Elles résistant à l’usure du temps. Doublés, sous-titrés ou en V.O, les films anciens ou nouveaux, sélectionnés avec minutie, sont passés au crible. Une corvée admirable. Ce sera désormais la nouveauté de cette reprise.
RAZAK
Introduction
Les séquences dialoguées ne sont pas d’égale éloquence. On peut passer du lyrisme le plus sensible à la vulgarité langagière la plus irritante pour l’ouïe. Le cinéma est ainsi fait. Le film, tout comme le scénario qui lui a donné naissance, se revigore du contraste de langage, des paroles entrechoquées , des réactions imprévues et des rebondissements que renferme le récit filmique. Parfois le dialogue domine l’image. Un simple plan fixe sans grande inventivité, alors que tout un torrent d’idées déferle. Vice-versa, on peut trouver des séquences où l’image, se suffisant à elle-même, raconte ce qu’elle a à narrer, sans avoir besoin des autres ingrédients sonores. Les premiers films comiques de charlot en témoignent.
Le dialogue devient plus saillant et plus percutant, quand on injecte aux mots la puissance qui les fait mouvoir jusqu à l’ébullition et vibrer jusqu’à la résonance, pour émouvoir plus. Les protagonistes et les antagonistes en sont le diapason et l’amplificateur. Ainsi, entre «déguerpis sale fumier», formule ordurière qu’on trouve à profusion dans les films de gangstérisme et «que me vaut l’honneur de votre visite» formule alambiquée de gentilhommerie, le nerf auditif du spectateur se heurte à ces intonations dissemblables et dissonantes , dont l’impact varie d’une personne à l’autre. Dans le film de Fellini " Amarcord" le curé recevant l’adolescent dans son confessionnal, lui demande : «Tu commets des actes impurs ? Te touches-tu. Tu sais que Saint-Louis pleure quand tu te touches». Une formule pudique signifiant «Ce n’est bien de se masturber». Dans d’autres films on lance les mots en vrac dans leur crudité impudique. Entre «en es-tu capable?», «en as-tu les couilles?» on sait à quel types de personnages on a affaire et on devine aisément la situation où ils évoluent. Par ailleurs on ne va pas dire: «Oh quel joli scorpion m’a piqué au mollet » ou encore «une adorable vipère m’a mordu le pied». Ce serait un pléonasme pour écervelés, moitié déraison, moitié suicide.
Comment peut-on filtrer les mots cinématographiés pour ne conserver que les paroles les plus saines? Un tel tamisage est-il possible? Couper le son c’est charcuter le film. Dans les premiers films muets, la parole était enfouie dans la gestualité des personnages. Pour les films sonores (parlants, disent les ciné-historiographes) les dialogues renforcent la teneur sémantique et aiguisent la perception de l’interprétation générale. Ils donnent de la densité et de l’épaisseur aux personnages. La dramatisation progressive passe par les synapses de jonction. Eliminer cet adjuvant essentiel, c’est fragiliser la construction du film. Ceux qui ont peur des mots ne doivent pas voir de films. C’est simple comme bonjour. Sinon ils n’ont qu’à se soumettre à cet exercice d’adsorption cérébrale, consistant à voir le film en pointillé. Cela signifie faire le tamisage en transformant l’entendu qui dérange, en un «non-entendu» acoustiquement correct. Mais dans ce cas, on ne suit plus le film, car les propos provocateurs que l’on veut soustraire servent à identifier les caractères psychologiques de certains personnages. La monotonie risquerait d’affadir le substrat et de désarticuler la succession logique des images. N’oublions pas que nous faisons un cinéma à notre image. La vie elle même est faite de clivages et d’antagonismes. Le mal et le bien la font basculer, au gré des circonstances. Les plus virulents peuvent fatalement provoquer son anéantissement. Nos instincts sont ce qu’ils sont. Ils exigent de l’assouvissement. Qu’il soit total ou partiel, il importe d’en tirer la meilleure quintessence. Il n’y a pas que le courtois et le raffiné, il y a aussi la brute, le pervers et le non civilisé. Par ailleurs, dans le cinéma, les cris de haine et les vociférations se diluent tous dans la parodie, car après tout, le cinéma est une parodie, puisque tout y’est jeu et simulation. Le sang que l’on voit n’est qu’un colorant artificiel Et l’homme qui se jette de la falaise est attaché à un câble.
Comme dans une peinture qui choque, les cris colériques et les paroles indécentes ont le paradoxe de s’assourdir de leur fulgurance. On s’imagine mal comment en temps de crise et de contradictions sociétales, un film ferait l’économie de tels ingrédients de base ? D’ailleurs, c’est dans la confrontation des contraires que l’on dégage les bonnes synthèses. Ces sautes d’humeur servent à l’accentuation caractérielle des personnages. Leur piment sert aussi à valoriser leurs contraires. Une langue tenue en bride nuit à la clarté des mots qui la composent, car on y remplace les plus audacieux par leur doublure. Le cinéma qui les vocalise devient à son tour une fâcheuse parodie de ce à quoi il aspire. Si c’est la vérité, ce cinéma cultivera le mensonge. Sa finalité sera gâchée par la prédominance des tentatives infructueuses.
Les scénaristes aguerris, notamment ceux qui font des adaptations de «novels» une spécialité tiennent à ce que les meilleures idées du texte originel et les réflexions préalablement couchées noir sur blanc soient communiquées à des moments cruciaux du film. Il y a des films qu’on peut recommander aux gens, rien que pour une scène, ou une séquence, qui donne à la fois à jouir et à réfléchir. Le pouvoir des mots cinématographiés réside dans leur éloquence et dans les sous-entendus qu’ils génèrent. Léo Ferré quand il arrive au refrain: «La solitude, la solitude, la solitude, la solitude, la solituuude» sa voix effectue un saut vertigineux. C’est ce déchaînement vocal qui nous touche. Le cri enflammé jaillissant de l’intérieur comme d’un volcan retentit comme une détonation.
Il y a des séquences dialoguées qui ressemblent au refrain de Léo et où les mots explosent pour outrepasser le sens habituel qu’ils ont. D’autres moins impétueux nous irradie d’une intelligence suprême.
Ainsi, fidèle à sa ligne innovatrice, Razakcinema se propose d’en présenter une sélection sous l’intitulé: «Répliques magnifiques à méditer». On a déjà fait le test réussi avec Philadelphia (voir article posté antérieurement sous le titre: Quand la diva Maria Callas se mêle à la mélancolie d’un sidé. L’article, comme en témoigne la toile a été repris par de nombreux sites web et portails infos ). Ces répliques choisies représentent à notre humble avis le summum du film analysé. On voit et revoit le film plusieurs fois pour déceler ces répliques mémorables qui logent en notre tête comme des souvenirs tenaces. Elles résistant à l’usure du temps. Doublés, sous-titrés ou en V.O, les films anciens ou nouveaux, sélectionnés avec minutie, sont passés au crible. Une corvée admirable. Ce sera désormais la nouveauté de cette reprise.
RAZAK
Monday, September 13, 2010
Friday, August 27, 2010
La reprise
LA REPRISE
L’été est la période où l'on blogue le moins. Les annuaires hébergeurs de blogs peuvent vous le prouver avec diagrammes évolutifs à l’appui. Le blogging s’amenuise en été et ne reprend son cours normal qu’avec la rentrée scolaire. Cependant, les blogs de voyages demeurent actifs. Ils sont dans leur majorité des blogs plus photographiques que graphiques. On y édite les photos (parfois sans légende) des lieux visités et des gens rencontrés. Les mots laissent la place aux pixels JPEG dont la blogosphère est si friande.Pour notre cas, le répit était dicté par d’autres impératifs qui n’ont rien à voir avec les voyages. Le succès de notre deuxième blog Razakcinema (1er au Top Ten sondage thématique établi par Wholinkstome, voir dépêches précédentes) nous imposait un certain décalage pour savourer les délices de cette démarcation. Les éditions de «posts» se sont raréfiées, que ce soit pour Bouzghiba-Awards ou pour Razakcinema. Comme pour un alpiniste qui atteint le sommet de la montagne et qui fait une petite sieste sur la crête, ce repos était nécessaire et vivifiant pour la reprise. Les autres impératifs sont purement artistiques. D’abord, il fallait trouver un tréteau pour ma dernière création dramatique Al Hait (le mur) et une cimaise pour mes travaux picturaux. Cette pièce en deux actes a été rédigée au mois de février 2010. L’envie d’écrire des choses romancées nous avait mis à l’ouvrage. La pièce théâtrale fut immédiatement suivie par d’autres créations dont notamment:
-Le vidéographe justicier (un récit de science-fiction),
-Présence des sens et de l’esprit (recueil de nouvelles),
-Boumanjel le gaucher (un roman avec ancrage historique).
RAZAK
L’été est la période où l'on blogue le moins. Les annuaires hébergeurs de blogs peuvent vous le prouver avec diagrammes évolutifs à l’appui. Le blogging s’amenuise en été et ne reprend son cours normal qu’avec la rentrée scolaire. Cependant, les blogs de voyages demeurent actifs. Ils sont dans leur majorité des blogs plus photographiques que graphiques. On y édite les photos (parfois sans légende) des lieux visités et des gens rencontrés. Les mots laissent la place aux pixels JPEG dont la blogosphère est si friande.Pour notre cas, le répit était dicté par d’autres impératifs qui n’ont rien à voir avec les voyages. Le succès de notre deuxième blog Razakcinema (1er au Top Ten sondage thématique établi par Wholinkstome, voir dépêches précédentes) nous imposait un certain décalage pour savourer les délices de cette démarcation. Les éditions de «posts» se sont raréfiées, que ce soit pour Bouzghiba-Awards ou pour Razakcinema. Comme pour un alpiniste qui atteint le sommet de la montagne et qui fait une petite sieste sur la crête, ce repos était nécessaire et vivifiant pour la reprise. Les autres impératifs sont purement artistiques. D’abord, il fallait trouver un tréteau pour ma dernière création dramatique Al Hait (le mur) et une cimaise pour mes travaux picturaux. Cette pièce en deux actes a été rédigée au mois de février 2010. L’envie d’écrire des choses romancées nous avait mis à l’ouvrage. La pièce théâtrale fut immédiatement suivie par d’autres créations dont notamment:
-Le vidéographe justicier (un récit de science-fiction),
-Présence des sens et de l’esprit (recueil de nouvelles),
-Boumanjel le gaucher (un roman avec ancrage historique).
RAZAK
Saturday, July 17, 2010
Du journalisme agencier politiquement incorrect
Les principes déontologiques recommandent du sérieux dans la manière d’informer et de présenter les choses. Le style décadent de/pour béni-oui-oui étourdis n’est plus de mise. Le compte-rendu que le correspondant de l’APS, sur le festival de Khouribga manque d’objectivité et de pertinence. Pour la bonne historicité de la chose, on aurait souhaité plus d'objectivité et de punch décapant. En effet, quiconque lit ce que ce rédacteur a écrit sur la 13e rencontre du cinéma africain tenue dans une ville fouettée par le soleil, au point de l’asphyxier , croirait que tout baignait dans la quiétude, la fraîcheur et la bonne humeur. L’auteur qui interpelle ce rédacteur mal informé, à travers ces lignes désolées, était un ex-envoyé spécial du journal Al Bayane , à l’époque où ce journal de gauche était dans l’opposition et avait une vocation militantisme, pas comme aujourd’hui, puisque le parti qui l’édite est au gouvernement et ne tolère plus la critique. Lors du 5e RCAK (1992) j’avais interviewé les principaux initiateurs de ce festival dont notamment le regretté Taher Cheriâ qui n’était pas du genre profiteur et magouilleur. J’avais réalisé plusieurs dossiers sur cette édition, porteuse de beaucoup d’espoir. Côté médias audiovisuels, la deuxième chaîne 2M, qui était relativement moins rigide qu’aujourd’hui , diffusa mon opinion aux infos de 13 heures, le directeur de l’information n’était autre que Fahd Yaâta, qui était nettement bien meilleur que la personne bornée qui lui avait succédé. Sabah Bendaoud de la radio nationale m’avait interviewé pendant 45 minutes et avait diffusé presque intégralement l’enregistrement dans son émission du vendredi. Tout cela pour dire l’importante que représentait pour moi le cinéma africain.
C’était une chimère. Je n’éprouve en ce moment que de l’amertume, car le festival n’est que le cadavre de lui-même. Il n’a pas pu évoluer convenablement. D’ailleurs, les circonstances cinéphiliques ont brusquement et globalement changé, de l’acceptable au pire. Les salles de cinéma ont fermé leur porte et la devedefication anarchique de la société marocaine a tout détruit sur son chemin.
A l’époque, ces rencontres cinématographiques étaient relativement plus intéressantes et plus animées, on ne s’ennuyait pas malgré la fournaise. Les infrastructures de loisir de l’OCP n’étaient pas encore entamées et les débats étaient d’un niveau appréciable. En 2010, le cinéma au Maroc est dans une situation d’agonie. Par extension, le panafricanisme en matière de cinéma a échoué. Il affronte les mêmes obstacles et les mêmes préjugés. Quand on se réunit pour en discuter, la démagogie et la langue de bois prennent le dessus. Au lieu de dire que le temps de fermer la boutique est venu, on se remet à ressasser les mêmes stupidités, tempérées par les sempiternels éloges pour un Sembene perdu de vue et un Cissé non opérationnel. Faute d’une relève active et influente, on les a hissés au rang de gourou du cinoche de la brousse. On ne serait pas étonné si, par ésotérisme, on construisait des marabouts après leur disparition.
A la chaleur étouffante dans laquelle cette manifestation s’est tenue s’ajoutait une autre négativité que la presse populaire (Al Massae, Al Ousboue…) a rendue si pesante. On parle sans arrêt du procès imminent du directeur du CCM et qui est en même temps le président de plusieurs festivals dont celui du cinéma africain de Khouribga (festival du court métrage méditerranéen de Tanger, festival national du film …excusez du peu). On croyait que ce directeur était au delà de tout soupçon. Mais un rapport d’inspection générale, établi par la Cour des Comptes vient de l’incriminer. S’il est appelé à la barre, il sera poursuivi pour dilapidation de deniers publics. Ses collaborateurs se sentent agités. Ils ont peur d’être impliqués comme témoins, voire comme complices. Un enseignant connu par son absentéisme a trouvé à travers la critique cinématographique un raccourci pour une ascension fulgurante. On le gratifia de deux postes juteux à savoir: le département communication et la direction d’un festival, pour les articles encenseurs publiés sur les exploits de son patron. Les journaleux avides d’argent qu’on retrouve dans les soi-disant comités de lecture de scénario et autres Lejnat lucratives devraient être entendus eux aussi. Si c’était du bénévolat on aurait loué leur attitude salutaire, mais c’est par le biais de ces commissions astucieusement constituées que l’argent du contribuable est jeté par les fenêtres. La plupart des membres ne savent même pas faire la différence entre un zoom et un travelling, story-board et synopsis.
Pourquoi ce journaliste sénégalais avait préféré la dépêche genre «politiquement correct» au bon scoop? C’est aux responsables de l’agence qui l’ont envoyé de répondre.
RAZAK
C’était une chimère. Je n’éprouve en ce moment que de l’amertume, car le festival n’est que le cadavre de lui-même. Il n’a pas pu évoluer convenablement. D’ailleurs, les circonstances cinéphiliques ont brusquement et globalement changé, de l’acceptable au pire. Les salles de cinéma ont fermé leur porte et la devedefication anarchique de la société marocaine a tout détruit sur son chemin.
A l’époque, ces rencontres cinématographiques étaient relativement plus intéressantes et plus animées, on ne s’ennuyait pas malgré la fournaise. Les infrastructures de loisir de l’OCP n’étaient pas encore entamées et les débats étaient d’un niveau appréciable. En 2010, le cinéma au Maroc est dans une situation d’agonie. Par extension, le panafricanisme en matière de cinéma a échoué. Il affronte les mêmes obstacles et les mêmes préjugés. Quand on se réunit pour en discuter, la démagogie et la langue de bois prennent le dessus. Au lieu de dire que le temps de fermer la boutique est venu, on se remet à ressasser les mêmes stupidités, tempérées par les sempiternels éloges pour un Sembene perdu de vue et un Cissé non opérationnel. Faute d’une relève active et influente, on les a hissés au rang de gourou du cinoche de la brousse. On ne serait pas étonné si, par ésotérisme, on construisait des marabouts après leur disparition.
A la chaleur étouffante dans laquelle cette manifestation s’est tenue s’ajoutait une autre négativité que la presse populaire (Al Massae, Al Ousboue…) a rendue si pesante. On parle sans arrêt du procès imminent du directeur du CCM et qui est en même temps le président de plusieurs festivals dont celui du cinéma africain de Khouribga (festival du court métrage méditerranéen de Tanger, festival national du film …excusez du peu). On croyait que ce directeur était au delà de tout soupçon. Mais un rapport d’inspection générale, établi par la Cour des Comptes vient de l’incriminer. S’il est appelé à la barre, il sera poursuivi pour dilapidation de deniers publics. Ses collaborateurs se sentent agités. Ils ont peur d’être impliqués comme témoins, voire comme complices. Un enseignant connu par son absentéisme a trouvé à travers la critique cinématographique un raccourci pour une ascension fulgurante. On le gratifia de deux postes juteux à savoir: le département communication et la direction d’un festival, pour les articles encenseurs publiés sur les exploits de son patron. Les journaleux avides d’argent qu’on retrouve dans les soi-disant comités de lecture de scénario et autres Lejnat lucratives devraient être entendus eux aussi. Si c’était du bénévolat on aurait loué leur attitude salutaire, mais c’est par le biais de ces commissions astucieusement constituées que l’argent du contribuable est jeté par les fenêtres. La plupart des membres ne savent même pas faire la différence entre un zoom et un travelling, story-board et synopsis.
Pourquoi ce journaliste sénégalais avait préféré la dépêche genre «politiquement correct» au bon scoop? C’est aux responsables de l’agence qui l’ont envoyé de répondre.
RAZAK
Thursday, May 20, 2010
Thursday, May 06, 2010
Razakcinema aux premières loges (classement établi par Wholinkstome)
Nous en remercierons tous les internautes des quatre coins du monde qui font de l’accès à nos pages Web un rituel d’enrichissement culturel. C’est à travers leurs clics quotidiens que le journalisme électronique auquel nous nous adonnons trouve de la valeur.
Razak
Monday, April 19, 2010
Un remède contre le piratage vidéographique
Au Maroc, la lutte contre le piratage constitue un véritable casse-tête. Les responsables, parfois en panne d’idées, ne savent plus à quel saint se vouer. De toute évidence, les plus lésés dans cet abattage, ce sont les auteurs. Ils en sont abattus. Mais on les marginalise dans cette opération. Quand au produit visuel marocain, excepté quelques sketches de «marocains-francisants» le piratage de films made in Morocco n’en vaut pas la peine d'être tenté. Un film qui échoue dans les salles n’intéresse personne. Pourquoi et pour qui on va le pirater ? Même distribué gratuitement, peu de gens regarderont les films navets. La concurrence est sévère, car la production filmographique étrangère présente des atouts pleins d’attractivité.
Le piratage (comme on l’a mentionné dans d’autres chroniques) présente un aspect un peu trivial: on ne pirate que ce qui est bon. Les mauvais films seront épargnés. Ce sera une perte de pixels et de volts pour le «gravage». Il n’ont qu’un seul avantage; ils serviront d’alibi pour les contrôleurs écraseurs de CD et DVD. Mais leur cinéma commence à agacer.
Curieusement, on retrouve la même problématique et les mêmes contradictions que celles inhérentes au commerce des stupéfiants. Il y a d’une part, l’intoxiqué qui cherche sa dose quotidienne et d’autre part, il y a le gendarme qui en interdit l’usage. On arrête le trafiquant et on brûle la cargaison, mais deux semaines après, un autre dealer beaucoup plus audacieux reprend le trafic. De manière similaire, les autorités en charge du dossier des disques numériques piratés détruisent les prises au rouleau compresseur, mais l’on remarque que deux jours après ce rituel d’auto-flagellation, la duplication illégale reprend de plus belle. A la longue, tous les efforts d’assainissement déployés seront esquintés par l’essoufflement. Donc il faut chercher d’autres remèdes. La gageure serait de répondre efficacement à cette question: comment combattre le piratage de films sans nuire à la cinéphilie. En Hexagone par exemple, les deux vont de pair : il y a un contrôle rigoureux et les distributeurs de DVD protégés par le copyright ont baissé les prix. Ce qui est salutaire dans cette démarche, c’est qu’on se garde d’endommager sauvagement, un produit qui appartient aux autres. Le rouleau compresseur, dans de telles circonstances, est une calamité. Ecraser «Autant en emporte le vent» ou «Citizen Kane» c’est de la haine anti-cinéphilique. Il y a des chef-d’oeuvres qui n’ont pas été distribués au Maroc mais qui ont péri sous le métal lourd. N’est-ce pas ignominieux? Tout à l’heure, j’ai parlé de «panne d’idée», tenez en voici une qui pourrait résoudre pas mal de tracas: au lieu de démolir, répertorier les vidéogrammes piratés et les conserver; ensuite acheter les droits de diffusion numérique et puis les distribuer en toute légalité à des kiosquiers ayant leur patente et leur registre de commerce. Il serait judicieux d’apposer (ou graver) une marque graphique (âlama) sur les disques pour les distinguer du reste. L’exemple de la régie des tabacs est à méditer. Grâce aux kiosques à tabac éparpillés sur tout le territoire national, on voit de moins en moins de cigarettes de contrebande. Si on appliquait le même système aux vidéogrammes, on ferait d’une pierre deux coups: encourager la cinéphilie numérique et renforcer la légalité et la fluidité de ce commerce.
RAZAK
Friday, April 09, 2010
Quand la diva Maria Callas se mêla à la mélancolie d’un sidé
L’une des séquences les plus pathétiques du film Philadelphia de Jonathan Demme (2 oscars) est sans doute celle où Andrew (Tom Hanks) avocat licencié à cause de la maladie du sida se réunit avec son avocat Joe Miller (Denzel Washington) pour compléter un questionnaire d’appui, nécessaire à la plaidoirie. Au lieu d’y répondre, Andrew préfère commenter mélancoliquement le morceau de musique classique qu’il écoute. Il se passionne pour le chant d’opéra. Mais malgré la douleur qu’il ressent, le malade victime du VIH trouve dans cette musique espoir et délivrance. Il s’identifie à une maison en flammes. La scène est émouvante. Elle se présente comme suit: Joe est assis sur une chaise. Il demande à Andrew de lui raconter les circonstances de son entrée au cabinet juridique d’où on l’a chassé. Le malade traînant la tige métallique de suspension du sérum lui dit : «Tu aimes l’opéra ?». L’avocat répond: «Je n’ai pas tellement l’habitude d’en écouter». Ainsi, Andrew augmente le volume de l’appareil audio et entame sa pathétique déclamation sur cette composition musicale ( La Mamma Morta, opéra Andrea Chénier d' Umberto Jiordano) et la puissante voix qui l’accompagne. La voix tristement belle de la diva Maria Callas. L’interprétation est théâtrale mais la musique et les propos qu’elle suscite sont réels. Ce mariage fiction et réalité est d’une épatante subtilité. On pourrait longtemps disserter sur les ingrédients sémantiques de cette séquence: les bougies allumées et leur rapport confessionnel avec la prière et la mort, les nombreuses pauses en plongée, les flammes vivaces de la cheminée et la lumière rougeoyante reflétée sur le visage …Est-ce une parabole vers le géhenne? Andrew anticipe les choses. Avant de se laisser entraîner par la suavité du chant, il parle du testament et du don destiné aux oeuvres caritatives. Il se sait agonisant, mais avant le purgatoire, il a ce petit moment fugace comme l’éclair pour jouir de son hobby.
« C’est mon area favorite poursuit Andrew, Maria Callas… Elle c’est Madeleine. Elle raconte que pendant la révolution française des émeutiers ont mis le feu à sa maison et que sa mère est morte dans la souffrance. »
Andrew, imitant l’attitude des non-voyants et sentimentalement affecté poursuit son commentaire artistique avec mélancolie: «Ecoute, le berceau de ma naissance est en flammes. Je suis ça. Tu entends la douleur dans sa voix, tu entends sa souffrance Joe. C’est là qu’arrivent les instruments à corde, soudain tout change. La musique devient pleine d’espoir et là ça change encore écoute, écoute, j’apporte le malheur à tout ce qui m’aime. Oh ! Ce solo de violoncelle. C’est au sein de ce malheur que l’amour est apparu. Une voix se leva pleine de vie. Elle dit: vis encore. Je suis la vie. Le ciel est dans tes yeux. Ne vois-tu autour de toi que poussière et malheur. Je suis la force céleste. Je suis le péché. Je suis le dieu qui vient du paradis sur la terre pour faire de la terre un paradis, car j’ai en moi l’amour, car je suis l’amour. »
Andrew qui sait qu’il est condamné mais qui parle avec poésie d’un drame historique sublimé par la musique veut nous dire par le truchement de cette escapade musicale que si le physique est enlaidi par tant de meurtrissures et de lésions hideuses, l’âme est restée intacte. Une leçon magistrale. Même face au malheur et face à la mort, on doit se délecter de la beauté de l’espoir. Joli psaume posthume. L’avocat, tout ému, voit la scène avec une grande compassion. Le jeu de lumière fait suinter une larme sur son visage. Il rejoint son domicile tout bouleversé et le son hors-champs (voix de Maria Callas) suit ses pas et couvre les gestes de tendresse pour les êtres qui lui sont chers à savoir son bébé et sa femme. Cette séquence est d’une poignante beauté. La réussite du film serait due notamment à cette séquence travaillée avec art et sensibilité. L’oscar du meilleur acteur n’était pas un cadeau mais une récompense bien méritée.
RAZAK
« C’est mon area favorite poursuit Andrew, Maria Callas… Elle c’est Madeleine. Elle raconte que pendant la révolution française des émeutiers ont mis le feu à sa maison et que sa mère est morte dans la souffrance. »
Andrew, imitant l’attitude des non-voyants et sentimentalement affecté poursuit son commentaire artistique avec mélancolie: «Ecoute, le berceau de ma naissance est en flammes. Je suis ça. Tu entends la douleur dans sa voix, tu entends sa souffrance Joe. C’est là qu’arrivent les instruments à corde, soudain tout change. La musique devient pleine d’espoir et là ça change encore écoute, écoute, j’apporte le malheur à tout ce qui m’aime. Oh ! Ce solo de violoncelle. C’est au sein de ce malheur que l’amour est apparu. Une voix se leva pleine de vie. Elle dit: vis encore. Je suis la vie. Le ciel est dans tes yeux. Ne vois-tu autour de toi que poussière et malheur. Je suis la force céleste. Je suis le péché. Je suis le dieu qui vient du paradis sur la terre pour faire de la terre un paradis, car j’ai en moi l’amour, car je suis l’amour. »
Andrew qui sait qu’il est condamné mais qui parle avec poésie d’un drame historique sublimé par la musique veut nous dire par le truchement de cette escapade musicale que si le physique est enlaidi par tant de meurtrissures et de lésions hideuses, l’âme est restée intacte. Une leçon magistrale. Même face au malheur et face à la mort, on doit se délecter de la beauté de l’espoir. Joli psaume posthume. L’avocat, tout ému, voit la scène avec une grande compassion. Le jeu de lumière fait suinter une larme sur son visage. Il rejoint son domicile tout bouleversé et le son hors-champs (voix de Maria Callas) suit ses pas et couvre les gestes de tendresse pour les êtres qui lui sont chers à savoir son bébé et sa femme. Cette séquence est d’une poignante beauté. La réussite du film serait due notamment à cette séquence travaillée avec art et sensibilité. L’oscar du meilleur acteur n’était pas un cadeau mais une récompense bien méritée.
RAZAK
Monday, March 22, 2010
Body of lies entre tournage et visionnage
"Body of Lies", le film d’espionnage que Ridley Scott a tourné à Rabat n’a pas trouvé dans cette ville de cinéma pour y être projeté. L’unique salle de cinéma qui passait les nouveautés a été transformée en salle de fête avec immobilisation définitive de son appareil de projection. Restent les DVD, Dailymotion et Youtube. L’on se souvient des péripéties de tournage qui avaient sérieusement gêné la circulation au centre ville durant plusieurs jours. Une grande armada bien outillée et des centaines de badauds agglutinés sur les chaussées du boulevard Mohamed V. C’était l’un des grands tournages que la capitale marocaine ait vus. Une grue énorme portant un projecteur était placée à l’angle de la rue Zahla. Un opérateur perché sur le haut de cette machine de levage dirigeait le faisceau lumineux sur la fenêtre d’un appartement style colonial. L’architecte a gravé son nom sur le mur. C’est là que Dicaprio, espion de la CIA, avait choisi son nid. C’est un cabinet médical. Dans le même immeuble se trouvait une école privée. Elle ferma ses portes durant la période de tournage contre une indemnité forfaitaire. Dans la rue, le convoi formé par les grands routiers de la Romana Gruppi société italienne de sous-traitance, renforcé par les engins de la société marocaine et les nombreux Touring-cars servant au transport des acteurs, prit de la place. Le boulevard en a été envahi. A la tète de ce grand convoi on trouvait deux grands ventilateurs attachés en remorque à deux pick-up. Ces accessoires spéciaux attendaient leur tour pour être déployés aux parages de Ouarzazate. Ces étendues pierreuses fouettées constamment par le soleil incarneront dans le film des regs syriens et iraquiens. Les badauds regardaient ce conglomérat d’engins mécaniques et d’outillages perfectionnés avec des yeux curieux et hagards. Les collégiens et collégiennes des Lycées Les Orangers et AL Khayyâm qui voulaient voir le héros romantique de Titanic étaient restés sur leur faim. Ils avaient les yeux rivés sur la grande fenêtre de l’appartement aux murs ocrés et où l’on avait calé un morceau de contreplaqué couvert d’un tissu noir, histoire d’accentuer le contraste lumineux à l’intérieur de la pièce où l’on filmait la scène. Dicaprio y manigançait un de ses diaboliques plans pour mettre dans le filet un présumé membre de la Qaida. Les vigiles en surnombre gardaient l’accès de l’immeuble nerveusement. Ce qui était amusant à noter c’est que les nombreux techniciens avaient chacun, et à la manière des cow-boys, une ceinture garnie de gadgets et de petits outillages pratiques : portatif, gants, instruments d’étalonnage, petits crochets de manutention et je ne sais quoi encore. On était assuré que si le réalisateur avait demandé une épingle ou une aiguille on la lui aurait donnée sans tarder. Pourquoi de tels équipements préventifs? La réponse est simple: les scènes de Ridley Scott coûtent cher. Il ne faut pas qu’une petite défaillance technique ou un manque d’outillage fasse interrompre le tournage. Time is Money et vice-versa Money is Time. Arrêter le tournage et le reprendre après, ce n’est ni professionnel, ni commode. C’est dispendieux et déstabilisant. Les deux premiers rôles sont confiés à Dicaprio (l’agent secret) et Russell Crowe (son chef hiérarchique) .Dans les seconds rôles on trouve une distribution composite: des palestiniens, des marocains, des juifs, des américains… N’oublions pas qu’on devait répéter les scènes plusieurs fois pour en tirer les meilleurs plans. Midi avait sonné mais les acteurs et le metteur en scène n’étaient pas sortis de leur nid. L’immeuble d’en face (Saâda) était sous contrôle des GI dont Ridley Scott était le lieutenant de circonstance. Une voiture calcinée des camions militaires vieillots garés, des jeeps avec des bâches tachetées comme celles qu’on voyait lors de l’invasion de l’Irak et la chose qui nous avait le plus impressionnés c’était la camera de prise de vue. Elle était très sophistiquée. Apparemment ; il faudrait au moins deux années de formation spécialisée pour la manipuler convenablement. C’est l’élément le plus précieux de tout l’outillage. Grâce à cet appareil magique; Rabat l’une des principales villes impériales qui a souvent été négligée par les grands cinéastes a laissé son empreinte dans une méga production que les salles de cinéma les plus fréquentées du monde avaient attendu impatiemment. L’histoire du film n’est pas fameuse mais le tournage est instructif. C'est une adaptation d'un roman écrit par David Ignatius, journaliste au Washington Post. Rappelons furtivement que Ridley Scott est un habitué du Maroc. Il y a tourné plusieurs films dont Gladiator (avec Russell Crowe) , Saladin et La chute du faucon noir, tourné à Salé. C’est un féru des scènes à explosifs. Lors du tournage de ce film de propagande militaire (capture de Farah Aïdid) les détonations se faisaient entendre de loin. Les habitants de salé avaient cru que le pays était entré en guerre. Pour Body of lies (traduction littérale: corps de mensonges, le film est présenté aux francophones sous le titre Mensonges d'état) Scott avait donné, à la place de la poste à Rabat, le premier coup de manivelle. C’était le lundi 1 octobre 2007. J’en avais pris note parce que je croyais que le film allait être captivant, et que La chute du faucon noir n’avait été qu’une erreur de parcours. Par ailleurs on voulait que le réalisateur revienne au pays pour d’autres productions plus percutantes. Beaucoup de tournages étrangers ont connu des irrégularités. D’autres films à gros budget étaient prévus pour être tournés au Maroc mais au dernier moment on y renonça. Michel douglas dupé par des énergumènes malhonnêtes avait juré de ne plus mettre les pieds ici. De même James Cameron qui avait réalisé Titanic avait pensé d’abord au Maroc pour le tournage de ce film. Le Mexique avait eu la primeur. Le manque de communication en été la cause. Scott avait trouvé des facilités exceptionnelles. Il cherchait une ambiance proche orientale. Quelques retouches d’apparat (pancartes écrites en calligraphie koufie, accoutrements spécifiques …) et voila le tour est joué. Enfin, si Michael Curtiz le réalisateur du classique Casablanca s’était contenté d’une reconstitution artificielle de la médina de Casablanca dans un studio de tournage, Scott a préféré imprégner son histoire de l’âme des lieux, de leurs bruits et de leurs odeurs. Cette fois, c’est Rabat qui les lui avait insufflées.
Ce qui est un peu drôle c’est qu’après avoir vu le film l’on est surpris par les nouvelles fonctions de certaines constructions. Ainsi la salle omnisports que les chinois avaient construite entre Rabat et Témara est devenue dans le film le siège de l’ambassade des USA à Amman. Le boulevard Mohamed V si reconnaissable avec ses hauts et minces palmiers devient une artère de la capitale jordanienne. Les spécialistes du trucage photo (infographistes) lui ont rajouté des minarets de type oriental. Dans une autre séquence tournée au quartier Agdal l’on reconnaît la coupole verte de la mosquée Badr. Dans la voiture la vitre plastifiée donnait une image brumeuse de certains endroits parcourus. Personnellement je suis peu convaincu du résultat. Le film n’est pas un chef d’œuvre et l’on se dit après tout le brouhaha : dommage la montagne a accouché d’une souris. Toute une armada pour si peu de choses. L’on préfèrerait de loin le film anglais Shoot on sight inspiré de faits réels et traitant du même sujet épineux. Ce film où l’acteur hindou Naseeruddin Shah interprète le rôle d’un commissaire de la Scotland Yard de confession musulmane expose les arguments des deux parties adverses, tandis que Body of lies suit une ligne unilatérale. Les quelques mots arabes prononcés maladroitement par Dicaprio ont ôté toute épaisseur au personnage. Les grossièretés genre "je veux sauver la civilisation" et les trahisons en série nous autorisent à dire que le tournage était plus enrichissant que le visionnage.
RAZAK
Tuesday, March 16, 2010
Les Oscars 2010 et la mise à l’écart d'Avatar
L’hétérogénéité acteurs réels /mascottes de synthèse numérique, testée par le réalisateur semble ne pas plaire aux adultes et à fortiori aux critiques de cinéma dont certains éprouvent de la nostalgie pour le cinéma classique fait avec des acteurs en chair et en os. Les gosses de 9 ans dont la mémoire est déjà formatée par l’avatarmania charriée torrentiellement par les jeux-vidéo ont vite adopté le type d’avatar proposé par James Cameron malgré la difformité repoussante de sa silhouette. Mais les cinéphiles âgés (j’en fais partie) n’ont trouvé dans ce film que de l’ennui. Le make-up du film et les prouesses techniques utilisées sont plus intéressants que le film lui-même.
Dans la chronique précédente (Mômes de cinéma) l’on avait souligné que les «child-movies» sont devenus de plus en plus omniprésents, car les entrées du box-office sont désormais dominées par l’adolescence. La pyramide des âges en matière de cinéphilie « de salle » a basculé du côté de cette dernière. James Cameron visait cette tranche d’âge pour ne pas gâcher son projet. Il a gagné le pari (pécuniairement cela s’entend) mais le film fait partie du déjà vu , car le cinéma assisté par l’ordinateur est vieux d’une éternité. Dans un autre article de synthèse intitulé « Le cinéma menacé par le computer » publié à l’époque où l’intrusion de ordinateur dans l’industrie cinématographique commençait à agacer. L’on avait signalé que le cinéma assisté par l’ordinateur contenait en son sein les graines de sa négation. On a abouti à une véritable débauche d’images de synthèse. Cameron voulut sans doute suivre le sillage de Georges Lucas avec une discrète envie de le dépasser. Mais un réalisateur talentueux comme lui gagnerait à être moins dépendant de l’ordinateur. Vu son acuité et son actualité, nous en reproduisons un extrait. Car il se pourrait qu’une bribe de réponse à ce paradoxe s’y trouve transcrite: ” On n’est pas passéiste si on est amené à dire que le passé du cinema est plus riche et plus intéressant que le présent. Aujourd’hui. Avec le recours massif et effréné aux images de synthèse, une sorte de perversité s’empare du cinéma. La manipulation du « virtuel » a atteint son paroxysme. Le doute s’installe .L’overdose est largement dépassée dans Matrix-2 et Spider Man destinés aux adolescents. Or le doute en matière de cinéma mène au dégoût et à la désaffection. C’est inéluctable. Jadis, lorsqu’un cascadeur réalise une prouesse à couper le souffle, le spectateur applaudit, car il sait que cette performance est réelle, puisqu’elle est effectuée par un être humain qui lui ressemble . Même prêtée à un acteur/doublure, ce qui est très fréquent dans les films d’action , elle reste du domaine de l’insolite . En général les spectateurs se remémorent plus des scènes dangereuses que des titres de films. Dans Papillon par exemple ( film tiré d’un best-seller) c’est le saut final de l’évadé qui reste vivace dans les esprits. Papillon c’est ce plongeon du haut de la falaise et le grand bleu de la liberté gagnée au prix de mille sacrifices et sévices corporels .
Aujourd’hui, avec la surabondance des techniques de clonage électronique, le spectateur perd ses repères de lecture de film. Le cinéma assisté par l’ordinateur est un cinéma du jetable après visionnage . L’épithète « classique » lui serait interdite car le genre, si l’on peut parler ainsi , est en fait une multitude de genres et chaque jour qui vient s’ajouter à l’éphéméride, de nouvelles inventions viennent effacer celles de la veille. L’on assiste à un phénomène étrange qui va inévitablement anticiper la mort de cet art né au 19eme siècle et auquel on a attribué le chiffre 7. Il s’agit de l’extinction, à petit feu, de ce qu’on appelle « vedette de cinéma » puisque c’est l’ordinateur qui est devenu la véritable vedette. Cette chosification de l’art et cette mécanisation porteront un coup fatal au « star-system » qui est considéré par les professionnels comme l’élément de base dans la carrière d’un film.”
RAZAK
Friday, March 12, 2010
Mômes de cinéma
Ce qui est élogieux dans ces films où des mômes sont mis côte à côte avec des adultes parfois hideusement cruels, pervers et obscènes; c’est qu’ils s’en sortent bien. Leur introduction dans le casting avait souvent une origine anecdotique ou était due à des conjonctions hasardeuses. Pour Chaplin ; la fausse couche que sa femme avait eue serait la principale motivation de ce choix.
Pour le film de Bertolucci Little Buddha, la trame du récit devait passer par la soif d’apprendre de Jesse Conrad, un gamin de 9 ans. Les enfants mis en scène par Mira Nair dans Salaam Bombay étaient dans les mêmes conditions précaires , que ceux que Danny Boyle a dirigés dans son dernier film oscarisé Slumdog Millionaire.
Oliver Twist et Cosette deux des personnages les plus chagrinants de La littérature mondiale (Romans: Oliver Twist et Les misérables, auteurs respectifs: Charles Dickens et Victor Hugo) évoluaient dans un monde austère et sans pitié. De la graphie à la cinématographie, (de nombreuses adaptations cinématographiques dont notamment celles de Frank Lloyd , David Lean et Roman Polanski pour Oliver Twist et puis Stuart Blackton, Albert Capellani, Henri Fescourt, Raymond Bernard, Richard Boleslawski, Robert Hossein, Claude Lelouch et Bille August pour Les Misérables ) on retrouve la même noirceur, la même morbidité et la même atmosphère funeste. Le film hindou Dosti réalisé aux années 60 avait ému l’Inde de jadis à peine guérie des blessures de la partition. Mother India fit de même. Mais Mère Courage dut souffrir à cause des deux chenapans qu’elle devait élever dans des circonstances sordides.
Dans les films de la dernière décennie, les «child-movies» sont devenus de plus en plus omniprésents car les entrées du box-office sont désormais dominées par l’adolescence. La pyramide des âges en matière de cinéphilie « de salle » a basculé du côté de cette dernière. La saga Harry Potter en est un exemple tout à fait typique et révélateur. Certains enfant-acteurs auront comme souvenir d’avoir eu ( pour le besoin fictionnel et narratologique du film) comme parents ou comme partenaires des stars de gros calibres: Chandler Canterbury avec Nicolas Cage dans Knowing (film d’'Alex Proyas), Rizwan Khan avec Shahrukh Khan ( My Name is Khan de Karan Johar), l’enfant aborigène avec Nicole Kidman (dans le film Australia de Baz Luhmann ) , la prodige Dakota Fanning avec les trois grandes vedettes Robert de Niro (Trouble jeu de John Polson ), Tom Cruise (La guerre des mondes) et Denzel Washington (Man on fire)…
Dans le cinéma western, on trouve peu d’enfants. Ceux auxquels on fit appel comme figurants, passaient presque inaperçus. Ils accompagnaient leurs parents dans les convois de pionniers itinérants en quête de terres arables ou figuraient comme courtiers d’écurie ou montreurs de saloon/hôtels. Les petits mexicains font la part belle dans cette figuration qui n’a rien d’ennoblissant. Ils sont employés pour les petites besognes. Un des rares films westerns spaghettis qui ont abordé la question de l’esclavage des enfants est Adios Texas de Ferninado Baldi. Django (Franco Nero) qui avait enterré son arme au cimetière pour devenir un paroissien va y revenir pour libérer les petites filles captives des mains d’une bande de détraqués et sanguinaires. Dans le film Keoma (autre film spaghetti ) du cinéaste Enzo Castellari , les flash-backs du Keoma-enfant révélaient l’adversité qu’il y avait entre les quatre frères. Ce retour en arrière est essentiel dans le film. Je pourrais en oublier d’autres où le rôle interprété par des enfants a été plus ou moins crucial. Shane de Georges Stevens (prononcer chayne) semble dédié à l’enfance. Il multiplia les plans et les pauses sur Joey (Brandon De Wilde). Ce môme en phase de croissance et de réceptivité était comme une conjonction de coordination. Le second rôle tenu par lui s’est avéré en réalité un rôle de premier ordre. Ce film western américain a départagé la critique. Il est à revoir (au même titre que L’Homme de l’Ouest de Anthony Mann, lire notre chronique parue dans le journal l’Opinion et dont un scann est on-line dans notre blog Razakcinema). Joey symbolisait l’innocence. Je mettrais Shane dans la catégorie des films initiatiques, et il est conseillé de voir le film du point de vue de cet enfant. Si l’on change d’angle oculaire, cela pourrait paraître un sosie de film à cliché. La technique de l’acteur spectateur qui a été utilisée par Stevens voudrait que l’on soit mis à la place de ce gosse. Pour plus de certitude, il serait instructif de voir aussi le long métrage intitulé Les Cow-boys de Mark Rydell où l’acteur fétiche John Wayne va entraîner avec lui, tel un resquilleur écervelé, un groupe d’enfants dans une aventure à hauts risques. N’ayant pas trouvé de cow-boys professionnels pour l’aider à acheminer le bétail, Wayne sélectionna de jeunes écoliers pour en faire des vachers et des cow-boys. Dans ce film initiatique, on fait l’éloge du courage précoce mais. Mais l’on oublie l’instruction qui est fondamentale.
RAZAK
Tuesday, February 16, 2010
Les semaines du film européen et le manque à gagner
Les semaines du film européen et le manque à gagner
Aussi paradoxal que cela puisse paraître, les semaines du film européen organisées à Rabat attirent du monde. Il y a belle lurette que la capitale avait perdu les bonnes salles qui programmaient les films nouveaux notamment américains. Mais le théâtre de la ville (TNMV) en de pareilles festivités ne désemplit pas. Cet engouement serait dû à deux choses: le mailing et l’importance de l’entité organisatrice à savoir la Délégation de l'Union européenne qui regroupe désormais 27 Etats membres. Qui pourrait refuser une invitation émanant de cette imposante institution ? Les malins disent que ce n’est pas par amour au cinoche que l’on se déplace mais par amour au Schengen. Ceci est peut-être vrai pour nos concitoyens notamment ceux qui se démènent désespérément pour avoir un visa de voyage, mais pour les ressortissants européens cela pourrait être un coup de cœur, une escapade ou tout simplement un désir mêlé à de la nostalgie. On remarque aussi que même si parfois le film n’est pas fameux on ne quitte pas la salle. L’essentiel c’est le regroupement sous une même toiture de personnalités issues d’horizons différents. Il y a des gens que l’on a perdus de vue depuis des lustres mais grâce à cette manifestation cinématographique on les retrouve, costumes tirés à quatre épingles , le verbe dosé et l’air révérencieux. Ce cinéma diplomatique a quelque chose de vertueux : le melting-pot ethnique et linguistique. Il aurait dû être couronné par un bal de clôture pour ajouter plus de glamour à ces semaines de films dont la monotonie commence à irriter. Autre suggestion constructive : pourquoi ne pas consacrer dans les années à venir une édition spéciale au cinéma western européen. Les cinémathèques des Etats membres en en ont plein d’archétypes dans leurs archives. Une rétrospective savamment peaufinée attirerait davantage de cinéphiles. Enfin la présence des cinéastes et des acteurs aurait été un agrément en sus. Pour le film Looking for Eric de Ken Loach dédié à l'ex-joueur de Manchester-City Eric Cantona , c’aurait été une heureuse surprise si on avait invité ce grand footballeur qui a participé en tant qu'acteur et joueur avant-centre dans le film. La délégation de l'union européenne qui a les moyens de ses ambitions pourrait (en cherchant ce petit manque à gagner) être à l’origine d’un grand festival de cinéma qui a son label, son panel et ses inconditionnels. Organiser des projections c’est bien, mais inviter des vedettes pour rencontrer leurs fans est meilleur.
RAZAK
Friday, February 12, 2010
Douce Calamité

Douce calamité
Si parmi les cinéphiles de ma génération, il y en a quelques uns qui se souviennent du film western italien intitulé Keoma, ce serait pour deux choses je pense: la chanson (guitare sèche et voix baryton) garnissant la bande-son et puis l’acteur principal: Franco Nero. Une star qui fut à l’époque très adulée par la multitude.
Il y a d’autres westerns qui ressemblent incongrûment à des comédies musicales qui retiennent l’attention. On trouve dans chacun de ses épisodes une ou deux chansons. Le plus typique de ce sous-genre est le film Calamity Jane (La blonde du Far West) de David Butler. Rappelons que Calamity Jane la vraie a bel et bien existé mais entre la légende et la réalité la rumeur a bifurqué. Butler avait déniché un oiseau rare en la personne de Doris Day une star du music hall qui au moment où le film était sorti en 1953, elle avait une ardoise artistique bien garnie. Le réalisateur a réuni autour d’elle des comédiens formés à l’ancienne école, un orchestre doué et des chanteurs aguerris pour transformer un film fantaisiste en un attrayant western de divertissement. La partition musicale (Sammy Fain) et le lyrics (Paul Francis Webster) orchestrés tantôt par Ray Heindorf tantôt par Jack Donohue en font un savoureux mélange de subtilité et de rigueur. On ne voit plus de films de cette facture. Heureusement avec la vidéographie numérique et la générosité youtubaire on a le loisir d’en déguster la splendeur.
Deadwood (Bois Mort) est une petite bourgade tranquille du Far West. Un petit patelin du Dakota (Black Hills) en pleine expansion encouragée notamment par la découverte d’une mine aurifère devient le centre névralgique du canton. Il ne manque qu’un théâtre pour distraire les habitants. Calamity avec son courage débonnaire quelque peu frivole se charge d’emmener la diva Adelaid Adams. Malheureusement celle-ci part en Europe et c’est sa servante Katie qui, usurpant son rôle, va être ramenée à Deadwood . La vérité éclata au Golden Garter (La Jarretière dorée) où Katie se produisit. Calamity, humiliée parvient à renverser la situation. Elle défend le droit de cette novice à se faire connaître. Elle y réussit et l’intruse qui craignait le lynchage devient une célébrité si convoitée par les gentlemen les plus considérés. Une histoire simple mais c’est l’arsenal cinématographique (transformation d’une cabane poussiéreuse en un foyer de luxe, prouesses athlétiques, les décors…) et les chants insérés dans le film qui la rendent intéressante à suivre. A part quelques coups de feu tirés sur des Sioux qui voulaient attaquer la diligence, le film se compte parmi les moins violents du répertoire. D’ailleurs ce long métrage se démarque par sa texture (une femme héroïne au lieu du gringo habituel mal rasé et bagarreur). C’est une sorte de West Side story à la manière des Cow-boys du Dakota. L’une des chansons si reconnaissable par son timbre mélodieux est un hymne à la prairie qui a enfanté les Black Hills (hill veut dire relief en français).
Doris Day cette blonde aux yeux bleus est presque présente dans toutes séquences du film. C'est Calam, Brave et courageuse, elle est aussi drôle et désinvolte. Sa vivacité de garçon manqué, sa remarquable agilité, pur produit de la prairie, fruste et alerte comme un félin et puis son volontarisme lui valent le respect des gens de la bourgade. Il lui arrive d’être dupée comme lors de son arrivée à Chicago. Quand elle a une idée fixe dans a tête il est difficile de la faire changer d’avis. Elle est un peu vantarde sur les récits guerriers mais cette jeune femme vêtue comme un trappeur, mêlée chastement aux affaires des hommes et qui a un caractère solide va succomber à ses propres faiblesses et griefs. L’attirance instinctive pour un lieutenant de cavalerie qu’elle avait sauvé, va bouleverser son tempérament. L’amitié avec Katie le chanteuses va vite devenir de la jalousie et on retrouve tout à coup la femme vulnérable et brouillonne. Elle gâche tout sur son passage. Calamity qui fut le chouchou de la cité devient une vraie calamité. On l’évite comme si elle était une lépreuse à mettre en quarantaine. Elle se rachète en allant ramener celle qu’elle croyait être son émule d’où le happy-end qui soulage aussi bien les protagonistes de Deadwod-City si fiers de retrouver leur idole, que les spectateurs pris de compassion avec leur brave héroïne. Calamity retrouve enfin le calme après une vie sauvage et mouvementée. Le film est d’un humour assez spécial. Je ne sais pas ce que donnerait un duo constitué de l’espiègle Térence Hill (popularisé grâce à Trinita) et Doris Day (même plus âgée que lui) ? Le western dit crépusculaire avait vraiment raté une occasion inespérée de repartir de nouveau pour diversifier et enrichir davantage le répertoire et puis éventuellement cumuler les bobines estampillées «classic».
RAZAK
Si parmi les cinéphiles de ma génération, il y en a quelques uns qui se souviennent du film western italien intitulé Keoma, ce serait pour deux choses je pense: la chanson (guitare sèche et voix baryton) garnissant la bande-son et puis l’acteur principal: Franco Nero. Une star qui fut à l’époque très adulée par la multitude.
Il y a d’autres westerns qui ressemblent incongrûment à des comédies musicales qui retiennent l’attention. On trouve dans chacun de ses épisodes une ou deux chansons. Le plus typique de ce sous-genre est le film Calamity Jane (La blonde du Far West) de David Butler. Rappelons que Calamity Jane la vraie a bel et bien existé mais entre la légende et la réalité la rumeur a bifurqué. Butler avait déniché un oiseau rare en la personne de Doris Day une star du music hall qui au moment où le film était sorti en 1953, elle avait une ardoise artistique bien garnie. Le réalisateur a réuni autour d’elle des comédiens formés à l’ancienne école, un orchestre doué et des chanteurs aguerris pour transformer un film fantaisiste en un attrayant western de divertissement. La partition musicale (Sammy Fain) et le lyrics (Paul Francis Webster) orchestrés tantôt par Ray Heindorf tantôt par Jack Donohue en font un savoureux mélange de subtilité et de rigueur. On ne voit plus de films de cette facture. Heureusement avec la vidéographie numérique et la générosité youtubaire on a le loisir d’en déguster la splendeur.
Deadwood (Bois Mort) est une petite bourgade tranquille du Far West. Un petit patelin du Dakota (Black Hills) en pleine expansion encouragée notamment par la découverte d’une mine aurifère devient le centre névralgique du canton. Il ne manque qu’un théâtre pour distraire les habitants. Calamity avec son courage débonnaire quelque peu frivole se charge d’emmener la diva Adelaid Adams. Malheureusement celle-ci part en Europe et c’est sa servante Katie qui, usurpant son rôle, va être ramenée à Deadwood . La vérité éclata au Golden Garter (La Jarretière dorée) où Katie se produisit. Calamity, humiliée parvient à renverser la situation. Elle défend le droit de cette novice à se faire connaître. Elle y réussit et l’intruse qui craignait le lynchage devient une célébrité si convoitée par les gentlemen les plus considérés. Une histoire simple mais c’est l’arsenal cinématographique (transformation d’une cabane poussiéreuse en un foyer de luxe, prouesses athlétiques, les décors…) et les chants insérés dans le film qui la rendent intéressante à suivre. A part quelques coups de feu tirés sur des Sioux qui voulaient attaquer la diligence, le film se compte parmi les moins violents du répertoire. D’ailleurs ce long métrage se démarque par sa texture (une femme héroïne au lieu du gringo habituel mal rasé et bagarreur). C’est une sorte de West Side story à la manière des Cow-boys du Dakota. L’une des chansons si reconnaissable par son timbre mélodieux est un hymne à la prairie qui a enfanté les Black Hills (hill veut dire relief en français).
Doris Day cette blonde aux yeux bleus est presque présente dans toutes séquences du film. C'est Calam, Brave et courageuse, elle est aussi drôle et désinvolte. Sa vivacité de garçon manqué, sa remarquable agilité, pur produit de la prairie, fruste et alerte comme un félin et puis son volontarisme lui valent le respect des gens de la bourgade. Il lui arrive d’être dupée comme lors de son arrivée à Chicago. Quand elle a une idée fixe dans a tête il est difficile de la faire changer d’avis. Elle est un peu vantarde sur les récits guerriers mais cette jeune femme vêtue comme un trappeur, mêlée chastement aux affaires des hommes et qui a un caractère solide va succomber à ses propres faiblesses et griefs. L’attirance instinctive pour un lieutenant de cavalerie qu’elle avait sauvé, va bouleverser son tempérament. L’amitié avec Katie le chanteuses va vite devenir de la jalousie et on retrouve tout à coup la femme vulnérable et brouillonne. Elle gâche tout sur son passage. Calamity qui fut le chouchou de la cité devient une vraie calamité. On l’évite comme si elle était une lépreuse à mettre en quarantaine. Elle se rachète en allant ramener celle qu’elle croyait être son émule d’où le happy-end qui soulage aussi bien les protagonistes de Deadwod-City si fiers de retrouver leur idole, que les spectateurs pris de compassion avec leur brave héroïne. Calamity retrouve enfin le calme après une vie sauvage et mouvementée. Le film est d’un humour assez spécial. Je ne sais pas ce que donnerait un duo constitué de l’espiègle Térence Hill (popularisé grâce à Trinita) et Doris Day (même plus âgée que lui) ? Le western dit crépusculaire avait vraiment raté une occasion inespérée de repartir de nouveau pour diversifier et enrichir davantage le répertoire et puis éventuellement cumuler les bobines estampillées «classic».
RAZAK
Saturday, January 30, 2010
Fâcheuses attitudes
Fâcheuses attitudes
« De mémoire de théâtromane ayant fréquenté assidûment les grandes salles comme le théâtre de la ville et les petites (relevant des centres culturels rattachés aux ambassades accréditées au pays) » écrit-il « jamais un bon spectacle n’avait fini sans le bouquet de fleurs, le geste symbolique qui réchauffait le cœur de l’artiste, qui descendant de la rampe, tout luisant de sueur, en avait besoin. Ce n’était pas le cachet copieux qui le faisait jubiler mais le feedback humain. De nos jours, de tels boniments de civilité semblent révolus. Même les entités qui organisent ou parrainent ces manifestations artistiques commencent à s’en passer. C’est vraiment désolant, et l’on craint que ce ne soit pas un phénomène éphémère dû à la cupidité et l’avarice. A une certaine époque, la première des choses à laquelle l’organisateur pensait, c’était le bouquet de fleurs. Les fleuristes de la ville rivalisaient entre eux pour en faire de plus beaux et de plus colorés. Actuellement on ne s’adonne plus à ce bellissime rituel à cause justement des nombreux gardes qui dressent leur barricade devant la scène et obligent manu militari les spectateurs de sortir par la porte d’où ils sont entrés. J’avouerais sans craindre personne, que c’était à cause des désagréments de cette horreur qui surgissaient pour fausser l’ambiance générale, que j’avais juré de ne plus remettre les pieds dans ce théâtre dont le rapport qualité/médiocrité commençait à prendre des proportions alarmantes. D’ailleurs le «silence critique» m’a été d’un bienfait fortifiant, la peinture et le cinéma, (mon hobby primaire) ont pris le dessus. L’intrusion de ce bataillon de vigiles qui ne se contente pas de surveiller les issues, comme cela est indiqué dans le cahier de charges, mais s’introduit à l’intérieur de la salle pour la marquer mauvaisement de sa pesante présence. Vous regardez le spectacle et eux vous regardent avec des yeux revolvers, comme ceux de Lee Van Cleef. Craigne-t-on une invasion extraterrestre? On a le sentiment d’être dans une messe sous haute surveillance. Et l’on se demande toujours s’il y a quelqu'un de sensé pour mettre un terme à cette stupidité ou du moins en atténuer la gravité en réduisant l’effectif. Les autres employés statuaires de cette institution sont au repos. Figurez-vous que la salle en question et qui a un passé prestigieux (Bolchoï, les Etoiles de Paris …) se trouve juste à quelques pas de la préfecture qui est constamment gardée par des hommes en uniforme et armés de mitraillettes. Ce théâtre qui se trouve dans son voisinage immédiat a-t-il besoin d’un tel sureffectif ? La direction intérimaire, qui a hérité d’une situation assez complexe, devrait penser à ce dysfonctionnement, car le budget global en serait affecté et cela influerait par voie de conséquence sur la qualité des spectacles programmés. Autrefois, quand un comédien ou un chanteur nous subjuguait (Jean Pia, Belmondo, Nour Cherif…) on cherchait à le lui prouver avec des fleurs. Je me rappelle que pour Georges Moustaki j’étais venu voir son concert avec une rose. Je la lui avais remise à la fin de son mémorable tour de chant. A l’époque, il n’y avait ni vigiles ni personnes encombrantes. Les pompiers qui étaient (et sont toujours) les plus concernés par la sécurité du lieu se faisaient discrets. Dommage. Pour Jean Louis Trintignant et Sanchez Cabezudo qui incarnait Mister Metro Cubico on n’avait pas vu de fleurs. Pour le cas de Cabezudo c’était pire: j’étais le seul à le féliciter après son époustouflant spectacle. Ceux qui l’avaient applaudi chaleureusement sont repartis comme s’ils étaient dans un meeting. Les habitués de la salle savent que, même en apportant des fleurs, ils seront empêchés d’accéder à l’estrade parce qu’un mur d’hommes se dresse pour faire la sentinelle. Autre négativité inquiétante: l’on remarque l’absence de photographes. Autrefois on en voyait une nuée. Peut-être les intraitables vigiles leur feraient peur. A quand un spectacle sans le spectacle irritant de ces intrus? »
RAZAK
« De mémoire de théâtromane ayant fréquenté assidûment les grandes salles comme le théâtre de la ville et les petites (relevant des centres culturels rattachés aux ambassades accréditées au pays) » écrit-il « jamais un bon spectacle n’avait fini sans le bouquet de fleurs, le geste symbolique qui réchauffait le cœur de l’artiste, qui descendant de la rampe, tout luisant de sueur, en avait besoin. Ce n’était pas le cachet copieux qui le faisait jubiler mais le feedback humain. De nos jours, de tels boniments de civilité semblent révolus. Même les entités qui organisent ou parrainent ces manifestations artistiques commencent à s’en passer. C’est vraiment désolant, et l’on craint que ce ne soit pas un phénomène éphémère dû à la cupidité et l’avarice. A une certaine époque, la première des choses à laquelle l’organisateur pensait, c’était le bouquet de fleurs. Les fleuristes de la ville rivalisaient entre eux pour en faire de plus beaux et de plus colorés. Actuellement on ne s’adonne plus à ce bellissime rituel à cause justement des nombreux gardes qui dressent leur barricade devant la scène et obligent manu militari les spectateurs de sortir par la porte d’où ils sont entrés. J’avouerais sans craindre personne, que c’était à cause des désagréments de cette horreur qui surgissaient pour fausser l’ambiance générale, que j’avais juré de ne plus remettre les pieds dans ce théâtre dont le rapport qualité/médiocrité commençait à prendre des proportions alarmantes. D’ailleurs le «silence critique» m’a été d’un bienfait fortifiant, la peinture et le cinéma, (mon hobby primaire) ont pris le dessus. L’intrusion de ce bataillon de vigiles qui ne se contente pas de surveiller les issues, comme cela est indiqué dans le cahier de charges, mais s’introduit à l’intérieur de la salle pour la marquer mauvaisement de sa pesante présence. Vous regardez le spectacle et eux vous regardent avec des yeux revolvers, comme ceux de Lee Van Cleef. Craigne-t-on une invasion extraterrestre? On a le sentiment d’être dans une messe sous haute surveillance. Et l’on se demande toujours s’il y a quelqu'un de sensé pour mettre un terme à cette stupidité ou du moins en atténuer la gravité en réduisant l’effectif. Les autres employés statuaires de cette institution sont au repos. Figurez-vous que la salle en question et qui a un passé prestigieux (Bolchoï, les Etoiles de Paris …) se trouve juste à quelques pas de la préfecture qui est constamment gardée par des hommes en uniforme et armés de mitraillettes. Ce théâtre qui se trouve dans son voisinage immédiat a-t-il besoin d’un tel sureffectif ? La direction intérimaire, qui a hérité d’une situation assez complexe, devrait penser à ce dysfonctionnement, car le budget global en serait affecté et cela influerait par voie de conséquence sur la qualité des spectacles programmés. Autrefois, quand un comédien ou un chanteur nous subjuguait (Jean Pia, Belmondo, Nour Cherif…) on cherchait à le lui prouver avec des fleurs. Je me rappelle que pour Georges Moustaki j’étais venu voir son concert avec une rose. Je la lui avais remise à la fin de son mémorable tour de chant. A l’époque, il n’y avait ni vigiles ni personnes encombrantes. Les pompiers qui étaient (et sont toujours) les plus concernés par la sécurité du lieu se faisaient discrets. Dommage. Pour Jean Louis Trintignant et Sanchez Cabezudo qui incarnait Mister Metro Cubico on n’avait pas vu de fleurs. Pour le cas de Cabezudo c’était pire: j’étais le seul à le féliciter après son époustouflant spectacle. Ceux qui l’avaient applaudi chaleureusement sont repartis comme s’ils étaient dans un meeting. Les habitués de la salle savent que, même en apportant des fleurs, ils seront empêchés d’accéder à l’estrade parce qu’un mur d’hommes se dresse pour faire la sentinelle. Autre négativité inquiétante: l’on remarque l’absence de photographes. Autrefois on en voyait une nuée. Peut-être les intraitables vigiles leur feraient peur. A quand un spectacle sans le spectacle irritant de ces intrus? »
RAZAK
Sunday, January 24, 2010
Festival des deux rives :les échos de Tataracine et Metro Cubico
D’habitude c’est sur un écran encastré verticalement que l’on projette des films (bobine cellophane) mais avec Cachivache Producciones on change de repère et d’orientation. A la fin de ce programme de divertissement on projeta à l’horizontale. Le plafond du théâtre fit l’affaire. Tataracine, un spectacle présenté (le 22 janvier soit le deuxième jour du festival des deux rives) est une sorte de patchwork pluridisciplinaire. On y trouve du mime, de la musique, un jeu de marionnette et du cinéma. Le roi du rire Charlie Chaplin est ressuscité avec autant de finesse que de frugalité. Certaines séquences tirées de films anciens ont été présentées sous une autre texture. C’est comme si on était au début du cinéma : un pianiste, des accessoires multiples de bruitage et de la bonne humeur. L’assistance (dont une bonne partie est constituée de mômes) a pu s’esclaffer de manière candide et délassante. Le deuxième spectacle programmé pour le 24 janvier et que les tétouanis ont eu la primeur de voir dans le cadre de cette manifestation (parrainée par la fondation de l’institut international du théâtre méditerranéen) est d’une autre saveur. Il en existe une copie mise en partage dans Youtube. C’est du théâtre comique que l’on pourrait qualifier de comique absurde. Cela débute par une annonce immobilière lue sur un journal. Mais au lieu d’un appartement répondant aux normes ce locataire malchanceux se retrouve dans une piaule d’un mètre carré de surface et d’un mètre cube de volume. Pour un nain cela pourrait convenir mais pour un homme de grand gabarit cela devient délicat. Le comique de la situation réside dans cette contraignante contradiction. Al Hombre Cubico (l’homme cubique) n’est pas un yogi hindou pour s’acclimater avec cette mortelle exiguïté et que dire de deux amis qui viendront partager avec lui cet espace non vital. Il faudrait avoir les dons de saltimbanque pour s’y sentir à l’aise. Ce Mister Bean espagnol (SANCHEZ Cabezudo) a pu se débrouiller pour éviter l’asphyxie. Si la pièce a eu du succès notamment en Espagne c’est parce qu’elle s’attaque satiriquement à la crise de logement, dont nous ressentons nous aussi les désagréables méfaits. Casablancais vous voila avertis, ne ratez pas spectacle qui vous sera proposé le 25 janvier au théâtre de la ville. Metro Cubico vous transporterait dans son métropolitain fait de gags et rire jaune.
RAZAK
RAZAK
Wednesday, January 20, 2010
UNE STUPIDITE A PSYCHANALYSER
CONSTITUé AU HASARD DES PIXELS DE LA CYBERNETIQUE FONCTIONNE DANS LA CLARTE ET LE RESPECT MUTUEL. AINSI COMME A L’ACCOUTUMéE CE PORTAIL INFO EN PLEIN BOOM ACTUELLEMENT A REPRIS NOTRE ARTICLE SUR LES CINE-CLUBS MEDICAUX. LE SITE PSYCHANALYSE EN LIGNE .ORG Y A VU A SON TOUR UN CERTAIN INTERET DE LE REPERCUTER A TRAVERS SON RESEAU GRACE A WIKIO . CET ARTICLE DEVAIT ETRE PUBLIE EN EXCLUSIVITE DANS LE JOURNAL L’OPINION. MAIS CERTAINES SUSCEPTIBILITES PARTISANES (LE MINSITRE DE LA SANTE EST ENTRE DANS LE GOUVERNEMENT MAROCAIN AU NOM DE CE PARTI DONT CE JOURNAL EST LE PORTE-PAROLE). ON L’A CENSURE TOUT SIMPLEMENT PARCE QU’ON Y PARLE DE TAMIFLU ET DE VACCIN DOUTEUX. MAIS AVEC INTERNET RIEN N’EST «CENSURABLE». DE TELLES STUPIDITES DE GOUVERNANCE SONT A PSYCHANALYSER.
RAZAK
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