Thursday, July 26, 2012

Ciné-Répliques à méditer : Une balle signée X

Réalisateur: Jack Arnold
Scénario: Gene L. Coon
D’après une histoire de Howard Amacker

Idée saillante: la mort rapproche le tueur à gage au docteur

Après le suicide du banquier, le docteur  Luke Canfield ( Charles Duke) veut incriminer John Gant (Audie Murphy). Depuis l’arrivée de ce tueur à gage, les notoriétés da la ville ne dorment  que d’un seul œil. Chacun croit qu’il est venu pour le liquider. 


-Le docteur: Vous vous attendiez à ce que ça arrive, n’est-ce pas?
-Gant: Je n’en suis pas surpris.
-Le docteur: C’est vous qui l’avez tué.
-Gant: Vous faites erreur docteur, cette idée le hantait bien longtemps avant mon arrivée.
-Le docteur: Vous avez bien manigancé votre coup Mr Gant.
-Gant: Vous regardez Gant et vous vous dites; c’est un meurtrier 
-Le docteur: Oui.
-Gant: J’ai tué et le point important est qui ai-je tué?
-Le docteur: Pour moi le crime est le même.
-Gant: Mon prix est cher. L’homme qui m’engage risque une grosse somme sur moi. Un meurtre sans assassin c’est rare et ça vaut bien le prix qu’on me paie. Vous ne me comprenez pas docteur. Je vous étonne.
-Le docteur: Cherchez-vous  à  me convaincre   quel  les hommes  que vous avez fait mourir méritaient leur sort?
-Gant: Disons, la plus part d’entre eux.
-Le docteur: En admettant qu’il y ait dans le monde certains hommes  qui méritent un châtiment suprême, je ne vous reconnais pas le droit d’appliquer à tout  autre ce châtiment. C’est le rôle de la justice.
-Gant: Prenons deux homme, disons qu’ils ont volé et trahi et puis qui n’ont jamais été punis. Une de leurs victimes vient me trouver et me dit: tuez cet  homme  qui  m’a  volé  et j’exécute. Le second tombe malade et mourrait si un docteur ne faisait pas l’impossible pour lui redonner la santé, pour qu’il vole et trahisse encore. D’après-vous quel est le plus coupable: moi ou le docteur? Ne croyez surtout pas que je sois fou. Réfléchissez à ce que je viens de dire

Audie Murphy  est un grand acteur réputé pour son calme. Né dans le Texas (1924) il mourut  en Virginie (1971). Ce qui est impressionnant dans ce film western ,  c’est  l’indifférence  ironique  dont  il  fait montre. Un étranger débarque  dans une ville du Far-West  tout le monde panique.  La paranoïa que sa présence  a  créée va permettre  un  nettoyage inattendu  de  cette cité. Tous les tricheurs  vont être éliminés non pas lui, mais par la zizanie. Il y a un peu de philosophie dans  cette réplique.
«Réfléchissez à ce que je viens de dire», c’est ainsi qu’il finit sa conversation avec le toubib. Il ne s’adresse pas uniquement au docteur,  nous sommes , nous aussi , concernés et interpelés. Réfléchissez-y .
RAZAK

Tuesday, July 24, 2012

Ciné-Répliques à méditer : L’Enigmatique Monsieur Ripley


Réalisateur: Anthony Minghella
Scénario: Anthony Minghella
D’après le roman de Patricia Highsmith

Idée saillante: Etre un  faux quelqu’un ou un vrai rien du tout?

Tom Ripley (Matt Damon) voyage en bateau avec Peter (Jack Davenport). Ce dernier ne sait pas que ce sera le dernier voyage de sa vie, car l’ami qu’il chérissait va être son assassin.

-Peter: Je ne te suis pas du tout.
-Tom: Ouais je sais. Je suis désolé Peter. Je suis perdu. Je vais me retrouver enfermé au fond de la cave, n’est-ce pas? Voilà, c’est terrible. Je suis seul dans le noir et j’ai menti. Je n’ai pas dit qui j’étais vraiment, ni où j’étais réellement, maintenant personne ne me trouvera jamais.  
-Peter: Cela signifie quoi, que tu as menti sur qui tu es?
-Tom: J’ai toujours cru que ce serait mieux d’être un  faux quelqu’un que d’être un vrai rien du tout.
-Peter: De quoi est-ce que tu parles? Toi, rien du tout, ce n’est certainement pas ton cas.
-Tom: Peter, dis-moi du bien du dénommé Tom Ripley. Ne te lèves pas, ne te lèves pas,  reste-là. Dis…dis-moi seulement du bien de lui … de Tom Ripley.
-Peter: Que je dise du bien de Tom Ripley, ça risque de prendre du temps. Tom  est talentueux. Tom est tendre. Tom est magnifique.
-Tom: Oh, quel menteur tu es.
-Peter: Tom est un mystère. Tom n’est pas un rien du tout. Tom a des secrets qu’il ne veut pas me dire et je regrette. Tom fait des cauchemars, ça ce n’est pas une bonne chose. Tom a quelqu'un qui l’aime, ça c’est une bonne chose. Tom étouffe. Tom étouffe… Ah …Tom… tu m’étouffes…  

Le son- hors-champ utilisé dans la dernière séquence laisse deviner que Tom a étranglé Peter. Ce subtil subterfuge cinématographique a ajouté du suspense à l’histoire du film. A l’élève surdoué en mathématiques (Good Will Hunting) succède le musicien serial killer. C’est l’ange déchu qui se métamorphose en assassin. Tom a tué Dickie, Freddie et Peter. Marge, la fiancée de Dickie a échappé de justesse. Dans ce thriller  bâti autour  de l’idée d’identification psychologique , Tom ne va pas ramener le playboy auprès de sa famille mais il va se charger mystérieusement d’abréger son existence.  
  RAZAK    

Monday, July 16, 2012

Ciné-Répliques à méditer: Cheval de guerre


Réalisateur: Stephen Spielberg
Scénario: Lee Hall et Richard Curtis
D'après le roman de Michael Morpurgo

Idée saillante: Un cheval nommé espoir  

Joey est un cheval anglais. Pendant la première guerre mondiale les Britanniques  l’ont utilisé avec d’autres chevaux pour tracter l’artillerie lourde. Pris dans le camps adverse, il doit fuir une zone minée et pleine de fils barbelés. Sur le no man’s land deux soldats ennemis, Peter et Colin viennent au secours du cheval enchevêtré. Ce quadrupède miraculé va réconcilier les deux soldats ennemis.

-Colin: Regarde un peu ce cheval. Regarde les muscles qu’il a et ces jambes immenses.  Les chevaux sont faits pour courir et pour fuir le danger. C’est leur seul moyen de survivre et nous leur demandons l’inverse: courir vers la mort. C’est un cheval de guerre. Cheval de guerre, voilà mon grand, tu es vraiment un cheval hors du commun!
-Peter: Et maintenant ?
-Colin: Je le ramène avec moi.   
-Peter: J’ai fourni les cisailles, alors ce cheval est à moi. C’est normal non?
-Colin: Tu plaisantes, ce cheval est anglais. Ça ne fait aucun doute
-Peter: Oh tu veux dire parce qu’il est crasseux?
-Colin: Parce qu’il est élégant et malin et tu es aussi crasseux que lui  je te signale.
-Peter: On pourra se battre et  le gagnant prendra le cheval ?
-Colin: Non, merci petit, cela pourrait déclencher une guerre, attention. Tu  as une pièce de monnaie sur toi?
-Peter: Pile ou face?
-Colin: Ouais. A toi l’honneur Fritz.
-Peter: Je ne m’appelle pas Fritz. Je m’appelle Peter.
-Colin: Peter, moi c’est Colin.
-Peter: Tu choisis quoi Colin?  
-Colin: Face.
-Peter: C’est le visage du Kaiser et j’aurais préféré ne pas le voir. Ce cheval est à toi.
-Colin: Ça s’est calmé on dirait?
-Peter: Ouais, mais attends une demi-heure et tu verras que les tirs reprendront.  
-Colin: Je suis un mauvais tireur Peter. Je vais m’arranger pour viser à côté.
-Peter: Merci, bonne chance. Prends bien soin de lui d’accord ?
-Colin: Je ferais.
-Peter: Un miraculé.  
-Colin: Et prends bien soin de toi aussi, promis?
-Peter: Collin, Garde cette cisaille allemande en mémoire d’un ami de Düsseldorf.
-Colin: Merci, je m’en servirais dans mon jardin. Fais bien attention à toi Peter.
-Peter: Ce cheval est extraordinaire, vraiment extraordinaire.

Stephen Spielberg a une petite écurie de chevaux. Cela prouve qu’il aime les descendants  de Pégase. Dans ce film dédié au cheval  il a mis tant de minutie dans le tournage.  Les scènes de guerre sont  bien maitrisées. On trouve la même démarche  et le même élan perfectionniste que dans «Il faut sauver le soldat Ryan» avec cette petite nuance: c’est un équidé nommé Joey  qui est le véritable  héros. Tous les belligérants ont perdu sauf lui. Un film de guerre qui commence par des images idylliques et  qui va vite s’embourber dans  la grisaille et l’horreur du conflit armé. Le scène du no man’s land est amusante malgré le drame subi par ce cheval miraculé. Ce  pur-sang apprivoisé par le jeune Albert est fabuleux . En regardant les premières séquences de  ce film on pense au film de Robert Redfort  «L’Homme qui murmurait  à l’oreille des chevaux» .   
RAZAK 

Thursday, July 12, 2012

Ciné-Répliques à méditer: Le mercenaire de minuit







Réalisateur: Richard Wilson
Scénario: Elizabeth et Richard Wilson
Adapté par Alvin Sapinsley d'après le roman de Hal Goodman et Harry  Klein


Idée saillante: L’âne peut être plus droit qu un être humain

Jules Gaspard d’Estaing (Yul Brynner) le tueur à gage s’enrage. Il détruit les magasins de la ville de Pecos. Sam Brewster (Pat Hingle) veut lui parler au nom des habitants. Il va être humilié devant ceux qu’il représente. 

-Brewster: Jules,  je désirais vous parler. 
-Jules: Je suis là, je vous écoute.
-Brewster: Et je désirais vous parler en privé.
-Jules: Et bien faites-le ici.
-Brewster: Entendu.
-Jules: A genoux, à genoux Mr Brewster, seul et unique coq du poulailler. A genoux, j’ai dit. Répétez après moi. Ne me regardez pas, regardez ce misérable animal…
-Un badaud: (retransmettant ce qu’il voit à un non-voyant) Il s’exécute.
-Jules: Allez répétez après moi: «je suis un voleur et un  hypocrisie. J’implore  le pardon des ignominies dont je vous ai accablées dans la plus  répugnante  des villes de notre répugnante planète». Allez…

Ce western est plutôt bavard. Comme dans les films tirés des romans à l’eau de rose, on y joue du clavecin et Jules Gaspard le présupposé as de la gâchette  s’y promène comme un randonneur des jardins reverdis, le cigare au bec. Le thème du sauveur  qui devient un sbire déchaîné, n’est pas une nouveauté scénaristique. Richard Widmark  l’a  testé dans un film beaucoup plus poussiéreux et captivant. En effet, quand un  marshal change de statut et se met à tirer sur les citoyens, cela devient dramatique. Quand à Jules Gaspard le pistolero créole, on le paie  comme  mercenaire pour liquider un rebelle. Ce dernier a été dépossédé de sa ferme par Brewster. D’où la brimade de ce dernier. Jules sera tué  de manière bête à la fin du film. Pat Hingle excelle dans les seconds rôles. Tout comme Michael Caine, Ben Johnson, Carl Malden. Dans le film  Hang’Em High Pat Hingle interpréta le  rôle d’un juge, et Klint Eastwood celui d’un Marshall des praires.    
Quoi qu’il en soit on a retenu cette tirade pour cet agenouillement inhabituel qu’on voit rarement dans un film de cow-boys.
RAZAK  




Tuesday, July 10, 2012

Ciné-Répliques à méditer : Kash







Réalisateur: Stephen Milburn Anderson
Scénario: Stephen Milburn Anderson

Idée saillante: Méfiez-vous des cracks, ils peuvent duper l’emprunteur et le créancier.  

Pyke Kubic (Sean Bean)  négocie avec le banquier Dale (Michael Mantell) un refinancement de liquidité à partir de l’hypothèque initial. Le crédit étant contracté par Sam Phelan (Chris Hemsworth) et sa femme Leslie Phelan (Victoria Profeta). Comme Pyke Kubic  s’y connaît en finances, il va obtenir pour les Phelan  un crédit supplémentaire. Mais en réalité (vu la situation d’embrouille où ce couple se trouve) Kubic use de sa science pour récupérer une partie du pactole dépensée par ce couple, après un hold-up effectué par son frère. Tenaillés par cet homme dangereux, les Phelan  n’ont  pas le choix. Ils  doivent s’y soumettre.  


-Le banquier: Mme et Mr Fellan vous confirmez que vous souhaitez être représentés par monsieur pour gérer vos affaires financières?
-Sam Phelan: Oui, bien sûr, on confirme.
-Pyke: Quel était le montant exact de l’acquisition initiale? 
-Le banquier: Le bien immobilier a été acquis pour un montant de 200 000 dollars
-Pyke: Quand?
-Le banquier: L’achat remonte à 5 ans.
-Pyke: Quel est le montant de la mensualité?
-Le banquier: Il est de  647 dollars 70 cents  par mois.
-Pyke: Durée du crédit?
-Le banquier: 29 ans en tout.
-Pyke: Apport personnel ?
-Le banquier: Et bien 10 pour cent, ce qui veut dire 20 000 dollars.
-Pyke: Donc sachant qu’un apport personnel à valeur de capitaux propres et que l’achat de la maison était financé  à hauteur de 20 000 dollars, cette somme leur appartient toujours
-Le banquier: Oui d’un point de vue technique, oui.
-Pyke: Ils ont réglé  la mensualité sans anicroche, pendant ces 5 dernières années. Ce qui nous emmène à un montant de 38 862 dollars exactement. Est-ce que je me trompe?
-Le banquier: Attendez une seconde, (il prend sa calculatrice)  38 862 dollars. Oui c’est exact.
-Pyke: Donc, en déduisant les intérêts d’emprunt, ils ont dû rembourser quelque chose comme 13 000 dollars en amortissement de crédit, c’est ça?
-Le banquier: Attendez, (calculatrice) c’est bien ça. Effectivement ça représente environ 13000 dollars. C’est ça.
-Pyke: Donc, il leur reste176 000 de capital à rembourser, bien. Durant cette période de 5 ans la maison qu’ils ont achetée a pris de la valeur.
-Le banquier: Oui, c’est certainement vrai, mais nous ne pouvons pas savoir exactement combien sans  procéder à une  estimation.
-Pyke: Contentons-nous d’une estimation basse et disons 20000 dollars en 5 ans. Vous admettrez que 4000 dollars par an, ce n’est  pas exagéré, comme évaluation?
-Le banquier: Non, non, c’est dans  une  fourchette raisonnable.
-Pyke: Ok. Donc nous venons de démontrer  dans le détail, contre l’apport, les remboursements et la  plus-value, ils se retrouvent en  possession d’un capital de 53 000 dollars. En conséquence,  je ne comprendrais pas pourquoi cet organisme leur  refuse  un prêt sur l’hypothèque de  25298 dollars, c’est à dire moitie moins  que leur capital ?
-Le banquier: Et bien comment dire? J’avoue que…
-Sam Phelan: On a démissionné, elle et moi.
-Le banquier: Vous êtes chômeurs?
-Sam Phelan: Ouais.
-Pyke: Est-ce que vous connaissez les prêts hypothécaires  sans garantie ?
-Le banquier: Oui Bien entendu.
-Pyke: Donc vous savez que c’est un prêt qui s’accorde sans obligation de revenu ou d’emploi. Le prêteur n’a pas à vérifier les informations, concernant la situation de l’emprunteur ou de la valeur de son bien.
-Le banquier: Oui bien sûr.
-Pyke: Les Phelan possèdent un capital, ils devraient pouvoir obtenir un prêt sans difficultés.
-Le banquier: Je ne crois pas que notre banque propose des prêts hypothécaires sans  garantie. Nous ne l’avons jamais fait et au vu du dossier…  
-Pyke: Écoutez, je crois que vous laissez passer  une belle occasion Mr Dill.
-Le banquier: Mr Dale, Mr Dale.
-Pyke: Si vous voulez. On peut s’adresser à une autre banque,  et je ne crois pas que vos supérieurs apprécieraient , de vous voir louper une affaire, en particulier si l’on considère que votre organisme détenait, le contrat de prêt initial. Mais nous sommes pressés. Ces personnes ont besoin d’argent aujourd’hui.  Faites-nous une proposition, au taux du marché actuel. Ils ont plus que le capital nécessaire. Donc plus d’intérêt pour vous,  si vous concluez l’affaire et on se comprend. C’est tout bénef pour vous. Avec peut-être même une promotion à la clef, au passage.
-Le banquier: Nous pouvons peut-être envisager un petit prêt hypothécaire sans garantie, pour financer des  travaux de réfection, à un taux d’intérêt élevé,
-Pyke: Si c’est la seule solution.
-Le banquier: Bien, alors nous prenons la juste valeur marchande, multipliée par 80 pour cent de l’emprunt valeur, ce qui nous fait 86 000 dollars, moins les intérêts compensés, jusqu’au  terme du prêt. Je peux vous accorder la somme de 11421 dollars 89 cents. C’est le  maximum que je peux vous offrir pour un prêt sur une hypothèque sans garantie.
-Pyke: D’accord ? Préparez de l’argent en liquide, le contrat est  pour vous.

Disons-le tout de suite sans tarder, Pyke l’espiègle aurait pu gagner sa vie honorablement, si de bonne foi, il avait mis ses compétences au service de la communauté. Calé et astucieux comme il est, le grade d’inspecteur général  des affaires bancaires lui aurait permis de gagner des galons élogieux. Mais c’est l’argent sale qu’il voulait. Et à la fin de l’histoire, on se rend compte que la minutieuse science n’a servi à rien, car sa répugnante avarice l’a emmené au cimetière. Il sera tué par Sam après le braquage d’une banque. Enfin, reprenant le chemin vertueux, le couple va restituer tout l’argent volé sous les ordres de Pyke, mais il conserve ce qui reste du premier butin. Enfin débarrassés des poursuites judiciaires, et après avoir traversé des moments humiliants ce couple  va enfin jouir de la manne.
Dans ce thriller de crime les enquêteurs sont presque inexistants. On focalise sur les voleurs. Comment se fait il qu’après 13 braquages on ne voit pas la silhouette  d’un inspecteur. Les pilleurs commettent leur forfait avec une facilité déconcertante et le font  à visage découvert. Cette banalisation  a diminué de la pertinence du récit cinématographique. 
RAZAK  

Friday, July 06, 2012

Ciné-Répliques à méditer : Zorba le Grec



Réalisateur: Michael Cacoyannis
Scénario: Michael Cacoyannis
D’après le roman de Níkos Kazantzakis,

Idée saillante: Même vieux,  il faut avoir l’appétit de dévorer le monde

Zorba  (Anthony Quinn) montre à son patron Basil (Alan Bates) un projet de téléphérique qu’il a façonné avec du sable pour faire descendre les arbres du haut de la montagne. Mais est-il un bon physicien pour que le système ne s’écroule pas? 

-Zorba: Patron.
-Basil: Quoi?
-Zorba: Viens voir. Tu te rappelles le projet que je ne pouvais pas te parler, le voilà.
-Basil: Qu’est-ce que c’est?
-Zorba: Une montagne, celle-là.
-Basil: Ah, oui.
-Zorba: Regarde, voilà comment nous ferons descendre les arbres.
-Basil: Construire un téléphérique? Tu es fou?
-Zorba: Pourquoi?
-Basil: Et bien, d’abord parce que cette forêt n’est pas à nous.
-Zorba: Et bien, elle n’est pas à nous et elle l’est …
-Basil: Qu’est-ce que ça veut dire ça?
-Zorba: Elle appartient à un monastère. Le monastère appartient à Dieu et Dieu appartient à tout le monde. Tu es d’accord?
-Basil: Non, absolument pas.
-Zorba: Alors dans ce cas, tu paies aux moines quelque chose, mais pas beaucoup. 
-Basil: Qu’est-ce tu en sais?
-Zorba: ils sont tous mes amis. Si ça marche on va pouvoir descendre toute la forêt. D’abord il faut exploiter la mine ensuite ouvrir une usine pour scier le bois. On va crouler sous le fric. Ensuite on fait un beau bateau et hop on fera le tour du monde.
-Basil: Est-ce que tu ne vas pas un peu trop vite ?
-Zorba: Tu sais l’âge que j’ai exactement? Tant pis, c’est un secret. Mais moi, il faut que j’aille vite. Tu sais, on dit que l’âge ça tue le feu qui est au dedans de l’homme et que quand il entend venir la mort il ouvre la porte et lui dit : «entre et donne-moi le repose». N’y crois pas, ce sont des saloperies de mensonge. J’ai assez d’appétit en moi pour dévorer le monde. Alors je me bagarre. Et bien, on se bat ou est-ce qu’on laisse  la montagne nous flanquer la bile.
-Basil: Dis-moi ce qu il faut?
-Zorba: Il me faudrait des gros câbles, des crochets, d’autres trucs. Il faudra que j’aille à la ville. Il faut encore que je mijote une petite combine. Si elle n’est pas parfaite, ça finit par une catastrophe.
-Basil: Combien de temps ça te prendra?
-Zorba: Oh…
-Basil: Vu la façon dont les choses se présentent, il faut le faire bientôt ou pas du tout. A Noël tout doit être fini.

Lors des essais, le téléphérique artisanal  va s’écrouler. Les deux hommes vont terminer ce projet échoué dans le rire. Ironiquement, Zorba demande à Basil s’il a déjà vu un plus splendide désastre comme celui qu’il vient de provoquer. L’autre lui répond que c’est le troisième essai qui fut le plus catastrophique, rien n’y restait. L’homme doit avoir un grain de folie comme dit Zorba et Basil le puritain va enfin être séduit par cette exubérante folie de vivre. Il demander à Zorba de lui apprendre à danser. Le film se termine par cette belle danse folklorique sur une musique du terroir grec, rendue plus subtile grâce aux sons vifs du Santuri.
Le succès tant du livre de Kazantzakis que du film qu’on en a tiré est indéniablement bien mérité. Zorba le Grec a inspiré de nombreuses compagnies de danse. L’avant-première du film qui fut organisée à Paris attira beaucoup de monde. Une troupe folklorique grecque avait égayé la soirée.  Tous les acteurs principaux étaient là: Anthony Quinn, Irène Papas et celle qui interpréta avec tant mélancolie le rôle de la tenancière hôtelière.
RAZAK 

Tuesday, July 03, 2012

Ciné-Répliques à méditer : La Conquête de l’Ouest

Réalisateurs: Henry Hathaway, John Ford et George Marshall
Scénario: James Webb

Idée saillante: La place d’un homme est avec ses semblables. Qu’il les aime ou nom.

Désertant l’armée yankee, Sam (George Peppard)  va errer dans la prairie. Le trappeur Jethro Stuart (Henry Fonda) l’accueille dans sa cabane de montagnard. Mais Sam n’a pas l’intention de rester dans la prairie comme Jett.  

-Jethro: Ah, vous voilà. Alors finalement, vous en avez eu plein les bottes?
-Sam: Bonjour Jett Row. Vous vous débrouillez bien.
-Jethro: Je n’ai pas à me plaindre. Il y a les castors plein la rivière. Ils se battent pour entrer dans les pièges. Il n’y a pas de Blancs pour me commander et les Indiens sont de bonne composition. Entrez vos affaires. Il y a bien de la place pour deux.
-Sam: Merci.
-Jethro: Vous coucherez là-haut. Autant vous installer maintenant, ce sera une chose faite mon garçon. Mais, si je ronfle un peu trop fort, vous pourrez vous faire une autre cabane  demain. Je vous fournirais la hache.
-Sam: Merci, mais je ne fais que passer par ici.
-Jethro: Où voulez-vous aller? N’importe où vous irez, ce serait toujours pareil. Vous trouverez que vous n’y aviez pas laissé assez de plumes.
-Sam: Peut-être que j’étais un peu plumé, mais ce qui me plait justement dans ce pays, c’est qu’on découvre toujours des étendues nouvelles.
-Jethro: Ah, ce n’est plus vrai depuis que leur sacré chemin de fer est là. Toutes les prairies vont être  jalonnées avec un verrou à l’entrée. Et bien, j’irais un peu plus haut dans la montagne et j’essaierai d’en trouver.
-Sam: Vous voulez être du voyage?
-Jethro: Vous êtes cinglé? Les Indiens disent que les arbres et les rochers n’ont pas de raison de  se déplacer, pourquoi j’en aurais?  
-Sam:Je ne suis pas un indien Jett Row. Et je ne suis pas non plus un rocher, ni un arbre. La place d’un homme est avec ses semblables. Qu’il les aime ou nom.



Ce joyau du cinéma américain  réalisé conjointement par trois cinéastes considérés comme les meilleurs de leur génération (John Ford, Henry Hathaway et George Marshall) est une véritable odyssée au cœur du Far-West. Un autre triptyque du même genre et qui rassemblerait George Stevens, Raoul Walsh et Howard Hawks aurait constitué une complémentarité plaisante. Ceux qui par la suite ont pris le flambeau du western en y innovant (comme Sam Peckinpah,   Arthur Penn, Robert Altman, Sydney Pollack., Antony  Mann, Fred  Zimmerman, Robert Aldrish …) mériteraient  d’être mêlés au projet.
Il y a beaucoup de détails historiques dans ce long long-métrage qu’on ne s’ennuie pas à regarder. James  Webb qui a écrit cette histoire avec sobriété veut rendre hommage au labeur des pionniers qui ont œuvré dans le domaine des communications fluviales et ferroviaires. Le film s’achève avec cette belle ode à méditer:
«L’Ouest qui fut conquis par les pionniers, les colons et les aventuriers a disparu depuis longtemps. Pourtant, il leur appartient pour toujours. Car ils ont laissé dans l’histoire des traces qui ne seront jamais effacées par le vent, ni la pluie, jamais labourées par les tracteurs, jamais détruites par la succession des siècles.  De leur rude simplicité, de leur vitalité, de leurs espérances et de leurs soucis est née une tradition de courage qui a inspiré leurs enfants et les enfants de leurs enfants. Du sol fertilisé par leur sang, de leur fièvre d’explorer et de construire, des lacs ont surgi là où il n’y avait que des déserts brûlants. Et  la terre a livré ces richesses dans les mines, les champs, les vergers ou les scieries, fibres nerveuses d’un pays en croissance. De leurs campements grossiers, de leurs baraques de marchands sont sorties des cités qui comptent parmi les plus belles. Voilà tout l’héritage d’un peuple libre de rêver, libre d’agir, libre de façonner son destin».
RAZAK

Monday, July 02, 2012

Ciné-Répliques à méditer : Resurrecting the champ



Réalisateur: Rod Lurie
Scénario: Michael Bortman et Allison Burnett
D’après une histoire vraie publiée par J.R Moehringer  dans le Los Angeles Time

Idée saillante: Les gens ne veulent pas connaître la vérité

Le journaliste sportif Erik Kernan (Josh Hartnett) est apparu dans une petite chaîne TV. Le lendemain, une chargée de casting travaillant pour un groupe audiovisuel puissant l’approche en vue de le recruter. Dans l’entretien qu’il a eu avec cette plantureuse femme, qui a l’air de  s’y connaître dans son domaine, il va découvrir d’autres vérités qui vont bousculer ses idées sur le journalisme. 

-Erik: Je ne sais pas exactement…si ça a bien été.
-Casting-girl: Vous étiez bien. Photogénique.
-Erik: Bien…merci.
-Casting-girl: C’est la beauté de la télévision. Bous n’avez qu‘à être vous-même, rien de plus. On m’a dit que votre père était une vedette dans le monde de la boxe, qu’il était un vrai poète.
-Erik: Oui, il était un peu…
-Le serveuse: Votre scotch. 
-Erik: Merci. Alors…si ça se concrétise et qu’on en vient à une entente … il faudrait que je puisse continuer dans le journalisme, donc travailler à temps partiel. Et…
-Casting-girl: Et bien, il s’agit d’un emploi à plein temps Erik. Oui. Et avec un  plein salaire. Erik, regardez-moi bien. Vous regardez.  Ai-je l’air de quelqu'un qui à la moindre connaissance en boxe. Ai-je l’air de quelqu’un qui sait la différence entre un crochet et un uppercut ? Ou ce qu’est un compte de huit contre un boxeur ou une pénalité pour retenir. Je n’ai pas à m’y connaître. Ca n’a pas d’importance. Parce que Showtime a le plus grand nombre d’experts dans le domaine. Nous dépensons une fortune pour être les meilleurs au monde. Et moi, je suis chargée du casting et je suis là pour aider Showtime à faire ce qu il fait le mieux, c’est-à-dire divertir et engourdir son auditoire. Parce que tout, absolument tout, est fait afin de divertir l’auditoire. De nos jours, il n’y a plus de journalisme, plus de nouvelles. Les gens qui s’accrochent à l’espoir d’arriver à informer le monde ne sont que légèrement moins naïfs que ceux qui pensent échapper  à un tsunami. Et s’il y a une chose que les gens ne veulent pas connaître, c’est la vérité. Celui qui a gagné…
-Erik: McCracken.
-Casting-girl: Croyez-vous qu’il y en a qui veulent vraiment savoir à quel point son cerveau a été massacré ce soir? Qu’on leur dise que son gérant va presque tout lui voler ou qu’on leur parle de la vie misérable qu’il va mener dans quelques années. Il finira peut-être dans la rue….comme votre sans-abri. Vous croyez que ça les intéresse? Et bien, non. C’est non. Les hommes veulent voir le triomphe. Et les femmes, elles … Et bien, vous êtes là. Avec juste assez de crédibilité pour ne pas que leur mari soit jaloux.
-Erik: Ça ne… Ça  ne ressemble vraiment pas à un emploi
-Casting-girl: Oui peut-être, mais c’en est tout de même un.

 L’idée du film est assez intéressante. Un journaliste ayant plein de déboire avec son patron sauve un sans-abri d’une bagarre. Il va découvrir qu’il s’agit d’un ancien champion de boxe. C’est le grand scoop. Alors il se met à raconter son histoire dans le journal. Le succès fut immédiat. Mais la fin de l’histoire connaît un rebondissement inattendu. Le champion qu’Erik voulut ressusciter  n’est pas Bob Satterfield  mais  un de ses adversaires. Le journaliste en fut humIlié.
Samuel Lee Jackson qui a interprète ce rôle de vagabond  est excellent. Quand à Josh Hartnett l’on note quelques maladresses incongrues notamment pour l’incarnation du journaliste sportif. Il s’agit de boxe, rappelez-vous. Il est trop beau pour un tel rôle. Il manquait un peu de rudesse, je veux dire quelques égratignures sur le visage et des tatouages sur le bras. Face à la recruteuse, il parait d’une naïveté infantile. Ce sont  le scénariste et le réalisateur qui en ont fragilisé la parure et la stature. Josh Josh Hartnett a fait ses débuts dans un film à l’eau de rose qui s’intitule «Virgin Suicides» avec James Wood comme acteur principal. Mais quand à Samuel Lee Jackson, il a fait les quatre cents coups. On aura l’occasion d’y revenir sans d’autres répliques plus sulfureuses.
RAZAK  

Sunday, July 01, 2012

Que va-t-il se passer le 21/12/2012?

Si la prophétie des Mayas se réalise, ce sera le chaos. Le jour fatidique du 21/12/2012, qui approche à la vitesse supérieure, sera-t-il le dernier à vivre sur terre ou tout simplement une spéculation irrationnelle proche du canular? Les prédicateurs Mayas qui faisaient du soleil un astre de culte, au même titre que les Anciens Grecs (Apollon)  et les  Égyptiens des temps hiéroglyphiques (Râ) nous ont légué un os d’une texture bizarroïde avec, en sus, un summum de frousse  et de redoute. Une peur viscérale  nous est induite par cette prédiction que de nombreux scientistes mayanistes commencent à prendre au sérieux. Une fin du monde ça interpelle tout le monde. Que l’on soit religieux ou athée, les brusques ruptures espace-temps donnent du vertige. Que va-t-il se passer le jour «j»? Une explosion du fourneau solaire? Une extinction subite de sa dynamo à hélium pour nous plonger dans une nuit éternelle et outrancièrement glacée? Une augmentation  anormale de la vitesse de rotation de la terre avec disparition de l’apesanteur ou une collusion avec d’autres astres ou astéroïdes? Une coagulation de l’air ou la transformation des nuages en blocs de glace? La fonte de tout ce qui est amoncelé sous forme de canyon de glace ou le sectionnement du globe terrestre en deux morceaux comme on sectionne une pastèque? Un brusque changement catalytique des métabolismes cellulaires pour que les poules se mettent à pondre des œufs plats et circulaires, comme les compacts disques ou l’arrêt brutal de la faculté de discernement chez les humains? Si ce que disaient les devins de cette peuplade disparue s’avère vrai ce sera la grande catastrophe.
Terriens, vous êtes avertis. Le compte à rebours a commencé. Préparez-vous pour le grand rendez-vous. L'Apocalypse,  qui par ailleurs avait été mentionnée dans moult écrits religieux et profanes, approche. Le new big-bang de l’anéantissement final se profile à l’horizon. L’euthanasie générale avance vers nous, à grandes enjambées. Il n’y a pas d’échappatoire. Donc pas la peine de chercher un petit sapin, pour enguirlander la prochaine fête de Noël. Il n’y aura plus de réveillon. Car après cette date, on entre dans la Non-Histoire et l’univers va devenir  un simulacre poussiéreux de lui-même, une négation de ce qu’il était. Pour les affaires d’ici-bas, tout sera réglé d’un seul coup. Les dictateurs du monde terrestre n’auront plus de cobayes apprivoisés, sur lesquels exercer leur sadique autocratie. A quoi serviront les cahiers de charge ou les cahiers de dettes portant le paraphe de la Banque Mondiale? Les pauvres et les riches seront à égalité. Les châteaux et les taudis seront pris au même, des ruines. Les propriétaires terriens seront dépossédés de ce qu’ils croyaient être leur bien. Les indéboulonnables vont enfin être déboulonnés par les circonstances exténuantes. Les voyants et non-voyants vont voir ce qu’ils n’avaient jamais vu: la désintégration totale de la matière inerte et l’extinction irréversible des espèces vivantes.
Il n’est pas aisé d’imaginer une fin du monde, malgré les diverses extrapolations rendues possibles grâce aux progrès de la science. Du point de vue cosmologique, on sait qu’une petite déviation de quelques millièmes de degrés de l’axe polaire, le globe terrestre sera désorienté et nous emmènera dans sa course folle, comme une limaille de fer accrochée à un électro-aimant ayant tout à coup perdu son champ magnétique. On sait aussi que les icebergs n’attendent que quelques diaboliques degrés Celsius de plus pour nous plonger dans un déluge sans fin. Le trou d’ozone, apparu ces derniers temps, donne aux anciens Mayas quelques arguments supplémentaires. En effet, se basant sur un calendrier dont les Mayas étaient les seuls à connaître l’origine, les accros du perspectivisme ont fait un sérieux pronostic. Il donne du frisson. Hollywood s’est déjà mis au diapason mortuaire. Le «life-ending» le fait trembloter. Il lui a dédié comme offrandes sacrificielles de nombreux films assistés par ordinateur ou produits à l’ancienne. En effet, un film porte justement comme titre: «2012». Un autre parle d’une glaciation accrue paralysant toute activité humaine. Il s’intitule «2012 Ice Age». Évidemment, on n’y parle pas d’ice-cream mais «ice-death». La fin des mondes imaginée par nos pourvoyeurs d’images n’a rien à voir avec celle que les Mayas devinaient.
Terriens, encore une fois, vous êtes prévenus. De deux alternatives l’une: soit vivre chaque instant de l’intervalle restante avec autant de plaisir que de ravissement, en attendant l’imminent  jour du purgatoire, soit  endosser le burnous austère du dévot pour passer les mois à venir, dans la  prière et le recueillement, pour implorer la clémence et la miséricorde divines.
Pauvres Mayas! Ils se sont fait gourer comme les ermites du Vatican qui croyaient que la terre n’était pas ronde. N’ayez pas crainte, il y aura un lendemain à ce jouir visé par les Nostradamus Mayas. C’est moi qui vous le dis avec conviction et détermination. Mais vous n’êtes pas obligés de me croire. Il y aura un  22/12/2012 et un 23/12/2012. J’ajouterai qu’ils seront (comme ceux qui lui succéderont) des jours radieux et resplendissants. Après le 21 décembre 2012,  les catastrophistes des temps anciens et leurs supporters ésotériques vivant avec nous,  recevront plein la gueule, une claque accompagnée d’un cinglant démenti. Tout ne sera qu’un canular dû à de mauvaises croyances surannées. Ce dont on est sûr c’est que la vie va continuer et qu’après cette date, les retraités marocains de la fonction publique, dont le nombre va crescendo par rapport aux actifs, auront des problèmes avec leur caisse. Quand à la fin des mondes, son heure n’est pas encore venue. Pour vous rassurer, veillez accepter cette modeste démonstration que le peu de rationalité, préservée depuis les bancs scolaires, m’autorise à rendre vôtre. Ce qui avait trahi les devins Mayas, c’est cette numérologie fatidique basée sur la symétrie numérique et la référence au calendrier grégorien. Or, il existe d’autres calendriers comme ceux que les Chinois et les Musulmans adoptent. Lequel est concerné? Le 21/12/2012 de l’Hégire est très lointain. Beaucoup de siècles nous en séparent. Autre contre-exemple qui nous renvoie à la sphéricité quelque peu ovoïdale de la terre et à la célèbre phrase galiléenne «malgré ça elle tourne». Avec les fuseaux horaires on n’a pas la même date. Quand minuit sonne au Yucatan (fief des anciens Mayas) il fait jour à Beyrouth, d’où le quiproquo de datation. Qui vont disparaître les premiers les Guatémaltèques ou les Libanais? Si on avait le même éphéméride on aurait donné un peu de crédit à cet ultimatum fantaisiste. Donc tout cela ne sera que du baratin ésotérique et une supercherie. Les Mayas avaient besoin d’un Confucius de leur sang et d’un Ibn al Haytham (père de l’optique) éveillés pour chasser les idées morbides.
   RAZAK