Tuesday, June 07, 2016

Comment Equidia sauve les meubles du PMU français et des ’’pmuettes’’ qui tournoient autour ?



Quand le PMU français s’enrhume les parieurs du Maroc éternuent. Cette interdépendante causalité ne date pas d’aujourd’hui,  elle remonte à la période de la colonisation. Les Colons du début du siècle écoulé, parmi lesquels il y avait des maraudeurs et des recherchés de justice, étaient venus au Maroc avec leurs manies et tics de société. Les jeux du hasard en faisaient partie. On commença par la loterie qui, paradoxalement naquit ’’nationale’’ sans passer par le cantonal pour coller à la réalité  géographique, puisque dans la campagne on ne trouvait pas de bons numérotés qui donnent droit à une copieuse tirelire, quand la chance est du  côté du porteur . C’était un phénomène purement urbain. Dans les deux zones du Maroc colonisé, espagnole et française, on trouvait des colporteurs de tout poil qui comme le petit gamin mexicain du  film ’’Le trésor de la Sierra Madre’’  vendent des tickets de loterie. Les Colons sont partis mais leurs tics sociétaux sont restés ancrés dans la gestualité et la mentalité des autochtones.
Peu à peu et au fil des ans, la loterie cède la place au loto. Tout se qui se crée dans les anciennes métropoles française  et ibérique trouve une application non seulement au Maroc, mais aussi dans  les autres ex-colonies de l’Afrique du nord. Les années 2000 vont voir apparaître  d’autres jeux dans l’unique but est de soutirer l’argent des crédules. Après le kéno et  le quatro,  d’autres jeux de grattage sont apparus. Les accros s’en emparent, avec l’espoir de gagner le jackpot,  mais contre toute attente, ce dernier semble inatteignable. On rejoue pour la énième fois, toujours pas chance. Tout ça est un peu dingue, car comment peut-on parler de chance avec des chiffres  truqués ? D’où l’exode massif des ’’jeux de papier’’ aux courses de chevaux. Les ’’cocheurs-gratteurs’’ rejoignent  la fourmilière des turfistes qui se bousculent dans les cafés mal aérés et les bars malfamés du royaume. 
Contrairement aux  autres jeux du hasard  que le digital  d’escroquerie a frelatés, le  PMU reste le plus spectaculaire, mais il n’est pas  à l’abri des manigances et des manipulations secrètes. Un cheval classé dernier par la presse hippique  et qui se retrouve en tête du peloton d’arrivée suscite des interrogations. A-t-on dopé ce canasson ou a-t-on communiqué à la presse de fausses données  sur ce crack inaperçu ?
D’après ce qu’on raconte, le PMUM  transmué par nécessité affairiste en «société royale d’encouragement du cheval»  et le PMU français sont liés par une convention  préconisant le versement d’un certain pourcentage des sommes accumulées dans les jeux. Le maximum de la cagnotte  est atteint dans La course-support c’est-à-dire le quinté,  autrefois hebdomadaire avant de devenir quotidien, comme en France,  pays d’Europe où les courses s’effectuent sur son territoire. On manque d’informations sur ce deal et sur les cotas convenus  entre les deux parties. On ignore aussi où va l’argent gagné par cette société  marocaine à califourchon entre le privé et le public.  Ce que l’on sait c’est que le nombre de parieurs marocains augmente d’année en année et que, fait nouveau, des Marocaines commencent à y adhérer.  Elles aussi connaissent Bassire (Bazire) et Raffa (Raffin). Mais au lieu de dire sulky elles disent ’’tomobile’’ (voiture) et ’’lagrillage’’ à la place de stalle. Voiture à deux roues ?! Cela relève de la fantasmagorie.
Les Jockeys du Galop ignorent  comment les Marocains articulent leur nom. C’est l’occasion propice de leur faire savoir: Bouniya (Bonilla), Tallize (Thulliez), Pisli (Peslier), Jarnite (Jarnet), Soumia (Soumillon), Basqui (Pasquier), Guillo (Guyon), Chimino (Cheminaud). Le seul nom qu’ils  prononcent correctement est Farina. C’est facile à retenir puisqu’il correspond à l’amidon dont on fait le pain.  
Le PMU  au  Maroc et ses différentes incidences constituent un facteur de  sociologie urbaine, qui a besoin d’être analysé avec circonspection et latence par les spécialistes.
 ’’On doit occuper les gens’’, c’était le premier réflexe des premiers décideurs. Aujourd’hui, avec la crise économique, la donne a complètement changé. L’aspect moral est devenu secondaire. Il a été  vaincu par la nécessité existentielle de tous les jours.  On cherche une bouée de sauvetage, pour échapper à la misère, en se fiant aux quadrupèdes qui galopent, qui sautent ou qui trottent. Ce sont les retraités qui sont les plus assidus. Vivant à la dérive, ils cherchent un appui. Il y en a qui gagnent providentiellement, mais beaucoup d’entre eux y perdent une bonne part de leur pension mensuelle.   La société susvisée, gagne un ragent fou. Elle se contente de distribuer des programmes photocopiés  à 2 centimes l’unité.
Rappelons qu’on est dans un pays où la religion bannit les jeux du hasard. Mais comme pour les boissons alcooliques, il y a bousculade malgré l’interdit. Laissons ce sujet barbant aux psychosociologues les plus aguerris et continuons le décapage du phénomène Equidia, qui n’est pas difficile à observer, que ce soit en France pays d’où elle émet ses programmes ou dans les pays où l’on parle, en plus de la langue vernaculaire, le français. Il y en  a  toute une panoplie de bannières. Le succès d’Equidia le doit non seulement aux retransmissions instantanées des courses, mais aussi à la langue de communication, c’est-à-dire le français. Une Equidia en anglais  signifierait faillite.
Un petit rappel : au niveau hippique, le Maroc a ses traditions ancestrales. La fantasia en est un des plus spectaculaires. Autrefois, on en organisait presque dans toutes les villes et les ruraux des grandes plaines venaient amuser les citadins avec leurs prouesses. Ces fêtes ont disparu et il ne reste que quelques survivances disparates plus folkloriques que hippiques. Mais s’agissant des courses rémunérées, les Marocains font peu de confiance à leurs compatriotes. Les hippodromes du pays sont déserts et les pelouses, passant du vert au jaune, prouvent que  qu’il n’ y a  de recettes même pas pour assurer l’arrosage régulier des plantes. Le ’’Nesrani’’ (l’Européen) est à leurs yeux plus correct. Ce jugement hâtif  est une preuve supplémentaire de l’étourderie ambiante. Ils ne connaissent rien des dessous de table et de la mafia des courses européennes qui tirent les ficelles dans les coulisses. Ainsi, poussant le verbiage à son paroxysme cynique, certains turfistes berbérophones aiment répéter cette sentencieuse et revancharde phrase hissée au rang de proverbe : «Ida Öurribate Khouribat» (traduction approximative: arabiser c’est mener à la ruine). Ils n’osent pas  parler de la conquête par les Chleuhs de toutes les boutiques de proximité, ni comment en bons religieux ils se accaparés des bars laissés  par les Nesrani.
Pourquoi au Maroc le phénomène Equidia ne cesse-il de magnétiser les esprits de jeux, malgré son statut de chaîne étrangère captée par satellite ? Son émule la qatariote BeIN s’occupe des footeux. La filiale d’Aljazeera, ne réagit même pas au piratage de ses programmes dont se livrent les gérants de cafés marocains.
L’apparition en France de la chaîne Equidia  a tout bouleversé. Au début elle cherchait à vivre des courses, en pariant sur l’audimat. Elle fait du simulcatsing un critère de compétitivité. Aujourd’hui elle est parvenue non seulement à tirer son épingle du jeu, mais aussi  elle est devenue un partenaire incontournable dont le succès fait des envieux. ’’Canal +’’  voulait casser le monopole, mais elle n’y parvient pas. Une «course-quinté»  insérée dans un programme généraliste n’était pas la bonne option pour doper l’audimat de la chaîne. Par contre un enchaînement non-stop qui va pratiquement de la matinée à la tombée de la nuit, c’est plus captivant pour les fous du turf. Sans oublier les documentaires el les émissions du ’’talk turf’’ qui meublent les espace-temps  creux.
Aujourd’hui, cette chaîne du cheval s’érige en un véritable meneur de jeu, avançant à pas surs et bien calculés. Elle a fini par s’adjuger une bonne part du marché avec en sus le rôle de «sauveur malgré lui» (pensez  à la comédie de Molière). On ne peut pas imaginer le PMU sans Equidia. Si un jour cette dernière tombait en panne le PMU ferait Tilt comme faisaient les flippers Gottlieb d’antan. Les ’’pmuettes’’ maghrébines et créoles qui en dépendent  subiraient le même coup. Autre preuve de sa suprématie,  elle influe sur la clientèle des cafés et des bars. Le couple Equidia–PMU assure des bénéfices échappant à toutes concurrences. A Mohammedia ville côtière où se trouve une raffinerie de pétrole, le propriétaire d’une brasserie se trouvant tout prêt du port a fait des  pieds et des mains pour qu’on lui restitue l’autorisation du turf. Privé du  guichet PMU, il a remarqué que deux tiers de la clientèle ont disparus. Ils sont allés se bousculer dans un autre bar jouxtant le jardin municipal et la gare ferroviaire. Un bar hors-la-loi où tous les excès sont permis, puisque la flicaille corrompue le couvre.
A Paris et à Marseille,  j’ai remarqué le même phénomène. Les Bars-tabac-PMU ne désemplissent pas. Ce sont les Maghrébins qui y séjournent en permanence. Uni pour le meilleur et pour le pire, le couple précité est omniprésent. Equidia et PMU France ont fait pacte de vivre ensemble jusqu’à la fin des jeux, même si les rapports comiques où l’on vous donne comme gain un mentant égal à votre mise risquent de nuire à leur longévité. La seule différence par rapport  aux insalubres grottes du turf marocain, c’est qu’on perd élégamment son argent dans des conditions peu contraignantes. Il n’y a pas d’engueulades et de bousculades. On a installé des machines automatiques de validation pour éviter les encombrements. Mais en multipliant à l’infini les enjeux (multi, 2 sur 4…) le PMU français s’engage dans une nouvelle direction pleine de risques pour sa survie. On va vers la saturation. Or, il ne faut pas oublier que les paris et les gains obéissent à la même dialectique que celle qui régit  l’offre et la demande, dans les affaires économiques. Quand la  cagnotte à partager entre les gagnants  devient dérisoire, le jeu ne vaut pas la chandelle. Miser de grosses sommes pour gagner des miettes, c’est ce qu’il y a d’absurde à concevoir. Mais il semblerait que le souci primordial des organisateurs de jeux  c’est le maintien dans le circuit et au diable la cagnotte. Ils trouvent en Equidia un auxiliaire tout dévoué à la cause et dont les intérêts et puis  le sort sont étroitement liés. L’un ne peut vivre sans l’autre.
L’hippodrome est vide,  mais les caméras  ne focalisent que sur les chevaux qui courent.
«Pourquoi le stade est vide ? Pourquoi les propriétaires de chevaux engagent-ils leur écurie dans un spectacle sans public ?», une chaîne commerciale ne se pose pas des questions de ce genre. Même la presse écrite laisse paraître les mêmes signes laxistes et défaitistes. En sauvant les apparences et les meubles du PMU, Equidia parvient à sauver les siens, car pour danser il faut être deux. Mais attention  aux faux pas. Une chute mortelle peut briser la cadence et arrêter le bal, une fois pour toutes .
RAZAK  

Friday, June 03, 2016

Le journalisme de petite besogne et la contagion suicidaire


Le journalisme de petite besogne

et la contagion suicidaire

C’est un journalisme mercantile où l’on va doit au but matériel recherché et au diable la vérité historique. S’offrant aux plus offrants, il fait du décousu de belles étoffes. Les journaleux qui s’y adonnent à cœur joie ou à contre cœur  sont des  costumiers de mauvais vaudevilles. Des farceurs impénitents. D’abord ils ne respectent ni l’intimité des mots, ni la déontologie en vigueur. De l’adverbe muet  on fait un ourlet et de la majuscule une dentelle. Ensuite comme des écervelés  amnésiques, ils ne se rendent même pas compte des méfaits commis. Comme ils sont incultes, ils sautent du coq à l’âne et du lièvre à la vache avec une aisance inouïe. Chez eux tout est galvaudé à outrance. Cependant, c’est l’autre côté de cette miteuse cavalcade qui inquiète. Comme par paradoxe , cette désinvolture mesquine plait aux magnats outrageusement argentés,  imbus de leur personne et plus que Narcisse ils sont fous de leur piètre parure. Les portraits que l’on brosse d’eux avec de la  cannelle alphabétique et que l’on épice avec du girofle-somnifère sont en réalité des caricatures. Ces tatoueurs de pacotille qui (ô malheur !) ont une carte de presse se moquent de l’imbécile crédulité  des demandeurs. Le but est de gagner de l’argent en écrivant des sottises. Les commanditaires de cette loto-rature qui misent sur des chiffres poisseux tombent dans le gouffre qu’ils ont creusé de leurs propres poches. Ce qu’il y a de tentaculaire dans cette pratique journalistique sans  ennoblissement, c’est qu’elle est contagieuse et fâcheusement exhibitionniste.  
Avant la duplication  sonore et visuelle, elle a gâché l’écriture. L’odieux visuel qui a avachi le peuple est plein de ratures,  de fanfaronnades , de sornettes  et d’histoires à dormir debout.
Autre lacune misérabiliste, ces petits capitalistes de la presse vendue sont incorrigibles et indomptables. On ne peut pas les dissuader par une quelconque argumentation, car ils s’associent avec le diable.  Ne demandez pas à Marx de corriger leurs erreurs, c’est inutile. Le pavlovisme le plus castrateur les a formatés à jamais. Ne dit-on pas: « affamez votre chien il vous suit ». Ce pauvre Marx a été exploité par des demandeurs de profits rentiers. Ils ont fait de ce philosophe de l’économie une passerelle pour accéder à des postes rémunérateurs.
Monsieur le gauchiste est devenu ambassadeur, Bravo pour l’ascension. Mais où sont vos diatribes  et vos tonitruants coups de gueule ? Qu’est-ce qui a changé pour changer le fusil d’épaule ? La lutte des classes a fini par de gros billets  de banque. Marx devrait s’arracher la barbe dans son caveau. Les Retourne-vestes veulent rattraper le temps perdu. Il faut profiter du système avant que ce ne soit trop tard. C’est une nouvelle doctrine plus forte que la religion et comme elle est contagieuse elle est devenue l’apanage de ceux qui jonglent avec les mots complaisants et qui acceptent de faire le singe dans cette jungle urbaine où le plus riche dicte la ligne à suivre au  plus pauvre.
Chez les journaleux carriéristes, il n’y a pas de place au militantisme. Il faut  nourrir la  progéniture d’abord, en vendant aux magnats publics ou privés des mots tirés par les cheveux et griffonnés à la hâte, mais bien astiqués et alambiqués pour ne vexer personne. Comme la multitude n’aime pas les loosers, ces crieurs de la presse ne chôment pas. Ils vivent à la merci de ceux qui gagnent.
«Démocratie religieuse, unanimité électorale, guerre propre, générosité bancaire…» il faut être dans un état d’ébriété excessif pour pondre de telles difformités langagières. Ainsi quand l’ivresse s’empare des mots lucides, ce n’est pas la peine d’aller fouiller dans les dictionnaires. Les mots insalubres ont souillé leurs pages. Tout va à la trappe. Avec ces cafouilleurs la vérité est et sera toujours en détresse.
RAZAK

Sunday, May 29, 2016

L'or fané de l’offshore et le cinéma ( 2ème et dernière partie)



L'or fané de l’offshore et le cinéma
2ème  et  dernière  partie   

Décidément, les paradis fiscaux n'ont rien de paradisiaque. En effet, qui peut faire confiance à des anonymes? La confidentialité qui est la base de tout le processus risque à tout moment d'être rompue. Mais malgré cette carence, on se laisse aveuglément entraîner par le courant, comme une poire pas encore mure. La cupidité règle la vitesse d'écoulement et l’égoïsme en régule la fluidité. Au lieu de déposer l'argent dans des banques nationales en payant les impôts sous-jacents pour avoir la conscience tranquille, on prend la voie cabalistique qui est pleine de risques, d'écueils et de mauvaises surprises.
Depuis la nuit des temps, on sait que le cumul de l'argent déstabilise celui qui le possède. Qui a gagné ou hérité un grand pactole et qui a peur de le perdre d'un seul coup, accepte ce pèlerinage financier où il n'est pas obligé d'y participer physiquement comme un pèlerin du pécule. Cette « Route de la soie anti-fiscale » s'enchevêtre et s’étend aux quatre points cardinaux. Les relais et les correspondants, implantés dans diverses contrées, se chargent des connexions. Ils agissent dans la clandestinité pour que les transactions suivent le circuit labyrinthique tracé par de fantomatiques topographes. Ces paradis fiscaux sont convoités non seulement par les gros trafiquants d'armes, de drogue, d’objets d’art et par les colporteurs de pierres précieuses, mais aussi par des footballeurs que le ballon rond a enrichis, des propriétaires de casinos, de brasseries et de grosses boites de nuit, des chirurgiens et puis même par de hauts responsables que l'on croyait corrects et respectueux des lois en vigueur dans leur pays respectif. Cet offshoring monétaire peu orthodoxe ne date pas d'aujourd’hui. Autrefois, il avait bénéficié du mutisme des médias les plus influents, dont certains patrons n'étaient pas totalement ’’clean’’ et hors de connexion. Ils avaient leur part du gâteau.
Du point de vue moral, c'est le blanchiment de l'argent sale et l'évasion fiscale qui ont jeté l'opprobre sur ce mode de transaction. Les pays émetteurs, privés de ces ressources fiscales, en souffrent rudement, puisque, la crise économique étant à son summum, on manque de sous pour construire des hôpitaux, des écoles et des prisons, afin de résorber les vagues montantes de délinquants. A l’échelle mondiale, on estime à 255 milliards de dollars, les pertes annuelles dues à l'évasion fiscale.
Vieillies et avilies, les classes politiques se contentent de regarder législativement. Cependant, demeurés en éveil par rapport à ces gros dormeurs, quelques journalistes débonnaires ont décidé dans un geste de défiance, de faire le travail de ces hypnotiques ronronnant comme des chats engraissés à outrance dans leur moelleux fauteuil de l'hémicycle de députation. Parmi les journalistes qui, en aventuriers courageux, ont enquêté sur cet offshoring dépravé, et cela avant qu’Internet ne soit créé, il y en avait un qui s'appelait Hunter Thompson (1937-2005). En 1960, il avait écrit un roman (The Rum diary) où il avait consigné le fruit de ses investigations. Le roman ne sera publié qu’en 1998. Le héros de ce roman (Paul Kemp) avait pris le risque de se laisser introduire au sein de la pègre de l'immobilier touristique qui voulait faire d'une parcelle portoricaine bordant la mer une corniche pour les nantis américains. Il avait fini par divulguer le stratagème de ces maffieux de l'exotisme.
En hommage à Thompson, on lui a dédié un film qui porte le même titre que le roman. Dans cette adaptation cinématographique, c’est Johnny Depp qui réincarne Paul Kemp. Le film s'achève sur ces éloquentes paroles: ''trouve un vent pour le porter''. Il s'agit du message de vérité que le reporter voulait que le peuple sache.  
Ainsi, si aujourd’hui certains journalistes militants reviennent à la charge, avec fougue et détermination, c'est grâce à cet outil puissant qu'est Internet et qui permet aux as de la cyber-informatique de fuiter les données et databases des officines les plus hermétiques et des citadelles les plus surveillées. Ils y ont trouvé le vent pour porter leur message. Si Thompson était encore en vie, il serait aux avant-postes offensifs dans cette guerre sans merci menée par des diseurs de bonnes vérités. Le journal allemand Süddeutsche Zeitung fut un des premiers coalisés. Contrairement aux trouillardes feuilles de choux qui font pitre figure, sa crédibilité s’en retrouve revigorée. Mais il ne faut pas juger à la hâte, attendons voir pour faire le tri. Il y en a qui sont encore à l’ère Gutenberg. Celle de l’Homo-Digitalus leur fait peur.
Les Panama-Papers que l'ICIJ a jetés sur la place publique ont créé des remous tels que, pour certains hommes publics vivant dans des démocraties en  éveil, le futur est désormais compromis. Si Julian Assange avait remué les eaux stagnantes avec ses fameux WikiLeaks, les récents Leaks de l'ICIJ (Panama-Papers) ont remué d'autres mares putrides et ces feuilles panaméennes portées au gré des vents cybernétiques feront en tomber d'autres avant le temps, puisqu’en fin de compte elles seront arrachées à des arbres rongés par les vermines. La grande contradiction qui va péricliter tout, c'est qu'au moment où les pauvres retraités de la fonction publique paient l'IGR, d'autres, surpayés et disposant d'une marge de manœuvre absolutiste s'en esquivent tout bonnement, en allant déposer, avec la fierté ultranationaliste, leur magot ailleurs. Ce qui inquiète et indispose à la fois, c'est que les personnalités publiques impliquées dans cette cabale de devises fortes, et qui sont censées donner l'exemple aux autres en matière de régularité et d'assiduité fiscale préfèrent les évadés fiscaux aux bons contribuables. Du coup, ils tombent en disgrâce et on doute sur leur bonne foi. Étourdis par ce qu'ils possèdent, ils ne savent pas que les frais de dossier et la commission dépassent de loin les prélèvements fiscaux préconisés par le règlement en vigueur dans leur pays respectif. Ce jeu de divertissement finira dans les larmes, parce qu’il porte en son sein les germes de la perversité. Pour se défendre, ils accusent la CIA de cette fuite de données et du tollé médiatique qu’il a engendré. Mais ils n’expliquent pas comment ils ont pu amasser de telles fortunes, ni pourquoi ils cherchent à les cacher ailleurs. Tout le monde sait que pour réussir il faut tricher. Les honnêtes hommes meurent dans l’austérité. C’est le constat amer de cette absurde chienne de vie.
Pour le cinéma, ce sera un gage de réussite. N’oublions que là où la CIA  met le nez, il y a du suspense et une odeur répugnante à renifler.   
Qui a dit que l'argent n'a pas d'odeur? Celle qu'il a laissée après la divulgation des Panama-Papers est d'une puanteur nauséabonde. Après le Panama, à qui sera le prochain tour, au sein de la nébuleuse des Eldorados de l’oseille où les milliardaires en devises fortes ne font rien comme les autres ?
RAZAK

Thursday, May 26, 2016

L'or fané de l’offshore et le cinéma (1ère partie)


L'or fané de l’offshore et le cinéma
1ère  partie




L’or dont il est question est d’une autre nature. Il ne s'agit pas du métal jaune dont la formule chimique (Au) occupe une place confortable dans la classification de Mendeleïev et dont l'Histoire universelle a immortalisé les ruées folles chez les humains, (pensez aux nombreux films westerns) mais des sommes colossales gagnées par les sociétés-écrans n'existant que sur du papier et par les coursiers chargés du transfert de fonds entre une frontière contrôlée par le fisc local et une autre, poreuse, laxiste ou adoptant carrément un système d'imposition de type Zéro-Impôt.
Ainsi, profitant d'une situation exceptionnelle, ces coursiers gagnent plus que les Golden-boys de Wall Street. Ces territoires où la taxation est absente ou tendant à l'être s'appellent: ''paradis fiscaux''. Il en existe une bonne panoplie sur notre pauvre planète. L'expansion coloniale en a légué quelques uns comme  Samoa, les Iles Marshall et les Iles Vierges britanniques.
L'offshoring transactionnel est devenu une manne pour certains, mais pour d'autres une dépravation et ils militent ardemment pour qu'elle cesse pour de bon, ou du moins que l’on procède à sa régularisation et à sa conformité. Cependant, il y a un hic: le flou artistique enveloppant la domiciliation, sans oublier aussi que des personnages haut placés  que l’on croyait au delà de tout soupçon participent en bons cabotins à ce vaudeville obscène, en soutenant ce système qui les convient.
Même les pays qui ont mené une révolution sanglante pour assainir les rouages sociétaux se retrouvent devant le fait accompli, incapables de changer quoi que ce soit. Mais sur le plan cinématographique on est sûr que compte tenu de sa sophistication et des ramifications secrètes où elle se déploie,  il y aura dans les décennies à venir, des cinéastes qui y trouveraient matière fluidique et capricieuse pour leurs films. Comme pour les guerres de Césséssion, du Golfe et du Vietnam, le documentaire précédera la fiction. La guerre du fisc va bientôt commencer. Les documentaristes les pus chevronnés ont déjà donné  le signal du déclenchement via le Net. Ainsi,  ceux qui croient que le phénomène sera vite oublié se trompent de prévision.
Un des signes avant-coureurs qui corroborent cette vision ciné-moralisante, c’est le retour aux sujets tabous de jadis dont le maccarthysme liberticide avait tracé les frontières. Ce ne sont pas des Russes qui le font, mais des Américains de pure souche. Ils veulent régler leur compte avec une page noire de l’Histoire culturelle de cet immense pays formé de plusieurs pays. Ainsi, bien rattachés à la mémoire collective, ces faiseurs d’images veulent aujourd’hui rendre hommage à leurs aînés, victimes de la répression conservatrice, avec à leur tête le scénariste prolixe Dalton Trumbo.
La répression n’est pas aussi aveugle qu’on le croit. Ce sont ceux qui réfléchissent bien qui sont visés, quant aux bêtes, on les laisse paître dans des pâturages arides cernés de fils barbelés. Trumbo voulait défendre ses droits de travailleur hollywoodien, on en a fait un subversif. Après les sévices qu’on lui a infligés, le temps lui a donné raison en léguant son nom à la postérité, après avoir souffert le martyre à le porter.  
Il ne s’est rien passé et la guerre froide dans sa cruauté antagonique a cessé avec la chute du mur de Berlin. La Perestroïka en a balayé les derniers débris. Mais les camarades de Trumbo en ont payé cher leur engament.     
Les paradis fiscaux, feront l’objet de nombreux films, car de par leurs sinueuses structures, le suspense est garanti. Déjà dans le mot ''offshore'', on trouve le handicap frontalier et le superflu géographique qui facilitent l'évasion fiscale. Son antonyme ’’onshore’’ signifie: dedans le territoire. On peut facilement y maîtriser les flux. Par contre, l’offshore ne dépend que de la bannière qu’il arbore. Quand il s’agit d’une république bananière, ça devient une source de gâchis et d’effusion fiscale.  
Les îles isolées des continents s’offrent impeccablement à l’offshoring frauduleux. Pour donner un semblant de légalité à ces transactions, il faut un peu de diversion et de doigté juridique. Les érudits de la loi transcontinentale entrent en action, pour déblayer le terrain, baliser les pistes et fortifier les passerelles. Y a-t-il un investisseur de gros calibre qui agit sans l'aide de ces auxiliaires en affaires? Celui qui avait dit que les fiduciaires malhonnêtes et les experts juridiques mal intentionnés sont la source de toutes les abominations et calamités, ne s'était pas trompé de constat. Car ce sont eux qui connaissent les ficelles, les trous et les failles des textes de loi. Autrefois, on parlait de francs-maçons, aujourd’hui, les as des affaires juridiques cherchent à leur damer le pion sur un terrain qui leur est étranger.
RAZAK