Tuesday, August 28, 2012

Ciné-Répliques à méditer: Dunkirk


Réalisateur: Leslie Norman  
Scénario: David Divine  et W.L. Lipscomb
D’après les  deux livres:
-«The Big Pick-up»  de  Elleston  Trevor 
-«Dunkirk» coécrit  par Lieutenant Col Ewan Butler et  Major J.S. Bradford

Idée saillante: Choisir entre le beurre  et les canons

Dunkerque est sous un déluge de feu. Les bombardiers allemands ratissent le rivage. Plus de  350 000 soldats  attendent impatiemment  d’être  évacués par les bâtiments de la Queen-Navy.  Quelques civils comme Forman (Bernard Lee) se trouvent dans le même guêpier. Entre le caporal Binns (John Mills)  et ce correspondant de presse s’entame la discussion suivante:  

-Le Caporal: Qu’est-ce  qui s’est passé? Quelle est la cause de tout ça ?
-Forman: La stupidité.  Pour tout le monde, la guerre était une chose si affreuse qu’elle ne pouvait avoir lieu et nous nous cachons la tête dans le sable, comme une bande d’autruches. Dans le choix entre le beurre  et les canons, les Allemands  se sont immédiatement décidés. Ils ont choisi  les canons, nous, nous avons choisi le beurre. On ne peut rien reprocher à l’armée, elle a combattu avec les armes qu’on lui a données, celles de la dernière guerre, et voici le résultat.
-Le Caporal: Et après ça, qu’arrivera-t-il ?
-Forman: Avec de la chance, on pourra avoir une revanche. Oh, dieu sait que nous ne la méritons pas. Mais il faudra tout réorganiser.
-Le Caporal: N’avons-nous pas commencé avec Wilson Churchill ? Dites-moi ?
-Forman: Oui, oui,  je crois que c’est un commencement

Perdue par les Alliés,  la bataille de Dunkerque servit de leçon. On prépara la revanche avec plus de sûreté et d’efficacité. L’aide des Américains allait être décisive. Ce film  qui  commence par des  images d’archives empruntées aux actualités de l’époque, nous montre l’ampleur des dégâts dont les dunes de Dunkerque étaient le champ de tir. Le sort de 350 000 soldats britanniques  ne  dépendait que  d’un seul coup de téléphone entre le théâtre des opérations et  l’amirauté qui, dans un premier temps, s’était refusé d’envoyer les bateaux de sauvetage collectif. Les historiens s’accordent à dire que si les Allemands avaient capturé ces soldats égarés sur la plage, la seconde Guerre Mondiale aurait basculé en leur  faveur.
RAZAK

Sunday, August 19, 2012

Ciné- Répliques à méditer: Extrêmement fort et incroyablement près

Réalisateur: Stephen Daldry
Scénario: Eric Roth
D’après une nouvelle de Jonathan Safran Foer

Idée saillante: La  vérité libère

Après la mort de son père Oskar Schell (Thomas Horn) commence à s’éloigner de sa mère  Linda (Sandra Bullock). Grâce à un enregistrement téléphonique, Oskar connaît la vérité sur la cause du décès de son père. Il est  victime de l’attentat du 11 septembre. On a enterré un cercueil vide, mais l’enfant trouve ça illogique et absurde.
-Linda: Qu’est-ce que tu as?
-Oskar: Tu me promets de ne pas m’enterrer quand je mourrais?
-Linda: On est en plein milieu de la nuit Oskar.
-Oskar: Tu me promets de ne pas m’enterrer quand je mourrais?
-Linda: Tu ne vas pas mourir. Et tu vas vivre une longue vie.
-Oskar: Tu es sure que tu m’aimes?
-Linda: Absolument sure.
-Oskar: Alors place-moi dans un de ces mausolées, un truc qu’on  met au dessus du sol.
-Linda: Oh, il faut qu’on discute.
-Oskar: De mon mausolée?
-Linda: Non. De ce qui se passe, j’aimerais comprendre. Pourquoi tu trouves si difficile de me parler? 
-Oskar: Au cas où tu ne l’aurais pas remarqué, tu dors la moitié du temps et en plus, l’autre moitié du temps tu oublies la première moitié,  alors c’est- ce que la Loi appelle «in  abstentia», un parent absent.
-Linda: C’est très méchant.
-Oskar: Quelle partie?
-Linda: Le tout.
-Oskar: Papa avait l’habitude de dire: «La vérité te libère».
-Linda: Ouais, mais il n’est plus là. On n’est plus que deux maintenant.
-Oskar: Nous, 1  et ¼,  pour être mathématique.
-Linda: Ne quitte pas cette pièce, Oskar. Ne quitte pas cette pièce.
-Oskar: Et si   je meurs demain, qu’est-ce que tu feras?
-Linda: Tu ne mourras pas demain, arrête.
-Oskar: Papa ne pesait pas mourir le lendemain, lui non plus.
-Linda: Ça  n’arrivera pas voyons.
-Oskar: Comment tu saurais ce qui arriverait ou pas.  Tu ne sais rien du tout. C’est un cercueil vide que tu as mis en terre.
-Linda: Ça  n’as rien à voir, c’était sa mémoire, qui c’est là.
-Oskar: Ça à voir  justement. Papa n’était que des cellules qui sont sur des toitures maintenant,  dans les  rivières, dans les poumons de millions de New-yorkais qui aspirent un peu de lui à chaque respiration.
-Linda: Ce n’est pas comme ça que ça fonctionne.
-Oskar: Comment tu sais comment ça fonctionne ? Tu ne connais rien  aux atomes et aux molécules. Il fait peut-être même  partie des crottes de chien dans le Central Park.
-Linda: Maintenant sa suffit. Calme-toi.
-Oskar: Excuse moi, déjections de chien.
-Linda: Calme-toi.
 -Oskar: C’est la vérité. J’ai le droit de dire la vérité. Ce  n’est pas pace que papa a une mort illogique il faut rester sensé.
-Linda: Il existe des questions sans réponse.
-Oskar: Ce que tu dis est trop bête. Ce que tu dis est insensé. C’est une  boite,  un cercueil vide.
-Linda: Je sais que c’est un cercueil. Je le sais, figure-toi. Mais je l’ai fait pour moi et je l’ai fait pour toi,  pour qu’on puisse essayer, au moins, de lui dire au revoir, au moins. Parce qu’il  est parti, Oskar!  Il est parti! Il ne reviendra jamais, jamais.  Je ne sais pas pourquoi un pilote m’a envoyé son avion percuter la tour. Je ne sais pas pourquoi mon mari est mort, Oskar. Même si tu essayes de trouver un sens à tout ça, tu n’en trouveras jamais, parce qu il  n’y en a pas aucun, ce n’est pas censé.
-Oskar: Ignorante. Tu ne sais rien du tout.

Vu l’ampleur de l’incendie et  la gravité de l’événement? Oskar n’exclue pas l’hypothèse  que  son père soit calciné et que, par pulvérisation, ses molécules pulvérisées soient parties avec les fumées. Par conséquent, les obsèques autour d’un cercueil vide,  sont inutiles. Sa révolte contre sa mère est due aux questions restées sans réponses. Il devient à la fois solitaire et désorienté.
Thomas Horn est une découverte plaisante de ce film. Révélé en 2010  par Jeopardy  (une émission pour enfants), il parle le mandarin. Ce qui constitue une curiosité pour un enfant américain de son age.  Dans le film, il s’est comporté comme un acteur adulte. Tom Hanks et Sandra  Bullock qui interprètent les rôles respectifs  de père et de mère ne tarissent pas d’éloges envers ce novice aux yeux bleus à qui nous souhaitons bonne continuation.
RAZAK

Wednesday, August 08, 2012

Ciné-Répliques à méditer: Opération Espadon

Ciné-Répliques à méditer: Opération Espadon
Réalisateur: Dominic Sena
Scénario: Skip Woods

Idée saillante: Les mots ridicules que Hollywood  ose appeler prose

Le richissime espion Gabriel Shear (John Travolta) fait un speech sur les prises d’otages traités par le  cinéma, mais  le super-hacker Stanley Jobson (Hugh Jackman) et l’agent fédéral Roberts (Don Sheadle) s’opposent à sa manière de concevoir les choses. Après le speech, il passe aux actes.
   

-Gabriel: Le gros problème à Hollywood, c’est la merde qu’on y fait. Une merde terrible et absolument sans intérêt. Je ne suis pas un petit réalisateur de films crasseux qui entrevoit l’existentialisme à travers les brumes d’une pipe à eau.  C’est facile d’avoir les mauvais acteurs, l’absence de direction, l’alignement absurde et  tout a fait  ridicule de mots que plusieurs studios osent appeler prose. Moi, je parle du manque total de réalisme.  Le réalisme. Ce n’est pas un facteur très percutant dans la vision filmique qu’ont les Américains de nos jours.  Prenons «Un après midi de chien», par exemple, meilleur film de Pacino pour plusieurs, sauf pour «Scarface» et «Le Parrain» 1e partie. Si Lumet est à son meilleur, un chef-d’œuvre, il n’y a pas de doute. La cinématographie, le jeu des acteurs, le scénario, tout est parfait, mais ils n’ont pas repoussé les limites. Oui, mais si en fait,  dans «Un après midi de chien»,le héros avait voulu s’en tirer, s’il  avait vraiment voulu s’en  tirer… mais si… et c’est là que ça se complique, mais s’il  avait tué les otages au commencement, pas de pitié, ni quartier. «Faites ce qu’on vous demande ou la blonde en pantalon patte d’éléphant  reçoit une balle dans  la tête»  Pan, Pan, Pan! Pas encore d’autobus. Très bien, mais combien d’innocentes victimes éclabousseront les vitrines, faudra-t-il, avant que la ville ne revoie sa politique concernant les prises d’otages et en est en 76, il n’y a pas de CNN, il n’y a pas de CNBC, il n‘y a pas non plus Internet. Avançons jusqu’à aujourd’hui, maintenant et  même situation.  Combien de temps faudrait-il aux médias pour provoquer  une  frénésie dans toute la ville en l’espace d’une heure ou deux, ce serait la plus  grosse affaire de boston Budapest. 10 otages sont tués, 20 otages, 30 otages sans arrêt, Pan, Pan, Pan! Un après l’autre, servis en haute définition. On pourrait goûter la cervelle des victimes. Tout ça pourquoi ? Un  bus, un avion, un ou deux millions de dollars que le fédéral a garantis. Je n’ y crois pas trop, mais ce n’est qu’une idée. Enfin, ce n’est pas dans l’esprit du cinéma  conventionnel, je sais bien … mais si…
-Roberts: Il y a un problème avec ce film.
-Gabriel: Tu crois ?
-Roberts: Ça ne marcherait pas.
-Gabriel: Pourquoi?
-Roberts: Le public aime les dénouements heureux
-Gabriel: Pacino s’échappe avec  le pognon. Le petit ami change de sexe. La vie est  belle pour toujours,  non?
-Roberts: Non
-Gabriel: Ah, l’homophobie
-Stan: Le vilain ne gagne pas. Question moralité. D’une façon ou d’une autre il doit mourir.
-Gabriel: Bien, la réalité dépasse la fiction parfois. Écoutez, je dois y aller. Il est tard. Merci pour le café.

L’intérêt pour cette réplique trouve sa justification  dans l’insertion de la critique cinématographique dans le socle narratif. Évidemment Shear fait son exposé dans l’unique but de «repousser les limites» c’est à dire procéder au massacre collectif des otages.  
Dominic Sena qui a réalisé ce film s’est montré beaucoup plus industrieux dans la séquence qui vient juste après cette réplique. Le making-of de l’explosion le prouve. L’alignement d’une série de cameras en a donné l’enchaînement stroboscopique. Aussi la  séquence  du bus aéroporté a exigé pas mal de prouesses et d’habileté.
RAZAK       

Friday, August 03, 2012

Monday, July 30, 2012

Ciné-Répliques à méditer: L’écrivain fantôme



Réalisateur: Roman Polanski
Scénario: Robert Harris et Roman Polanski

Idée saillante: Faire semblant d’être un autre

Adam Lang (Pierce Brosnan) a besoin d’un nègre pour réécrire sa biographie. Son éditeur a choisi un nègre (Ewan McGregor) pour exécuter cette tâche. Ainsi après la découverte d’une enveloppe jaune laissée pas son prédécesseur Mike McAra et qui contient  des photos compromettantes l’interviewer va se transformer en un détective risquant à tout moment d‘être tué par ceux qui ont assassiné Mike.        

-Le nègre: Cambridge, parlons un peu de ça?
-Lang: Pardon. Cambridge? Il y a si longtemps de ça que je m’en souviens à peine
-Le nègre: Vous avez fait du théâtre?
-Lang: Un peu.
-Le nègre: Une bonne formation pour la politique, le théâtre?
-Lang: Une bonne façon de connaître des filles. Il vaut mieux ne pas le mettre ça. OK?
-Le nègre: Jouer la comédie ça a dû être quand même très important pour vous?
-Lang: Oui, disons que ça me plaisait. Vous savez monter sur scène, faire semblant d’être un autre et se faire applaudir pour ça.
-Le nègre: Voilà qui est bien dit. On va mettre ça.
-Lang: Non.
-Le nègre: Pourquoi?
-Lang: Parce que ce sont des mémoires de premier ministre. Et chaque fois que mes adversaires cherchaient une façon de m’attaquer ils me traitaient de putain d’acteur. Vous savez ce qu’on a dit dans le Times quand j’ai démissionné: «veuillez quitter la scène ». Non, non, si vous voulez bien, ne nous attardons pas sur mes années d’étudiant-acteur, mais laissons ça  exactement comme Mike a écrit
-Le nègre: Vous voulez qu’on fasse une petite pause?
-Lang: Ce serait une bonne idée. Oui merci. J’ai un coup de fil à passer.


Roman Polanski aime les  histoires qui se rapportent aux mystères des livres. Dans  La Neuvieme  porte, il s’agit d’un livre  ésotérique sur  la  magie  noire. L’Ecrivain fantôme, film dont on a tiré cette réplique est beaucoup plus proche de l’actualité de tous les jours puisqu’il s’agit de politique. Un biographe qui découvre d’étranges filatures et qui sera la cible des  personnalités impliquées et mises en cause. Le film, nous donne l’occasion de revoir Eli  Wallach,  un des Seconds Rôles les plus remarquables du films westerns que Sergio Leone appréciait beaucoup.      

Friday, July 27, 2012

Ciné-Répliques à méditer: Au nom des l’amitié

Réalisateur: Neill Fearnley
Scénario: Donald Davenport
D’après le roman de Kenny Rogers et Donald Davenport

Idée saillante: Idée saillante: Le plus beau cadeau est celui vient du coeur
   
Noël arrive, Daniel Burton (Billy Ray Cyrus) a rassemblé tous les membres de sa famille pour leur distribuer des cadeaux virtuels. Cette famille  se compose de Sarah (Emily Tennant), son frère cadet  DJ (Jacob Blair), le petit enfant Bobby (Darien Provost) et le grand-père sans oublier Rodney Freeman (Matt Ward) le jeunot de race noire que l’on a intégré après la mort de sa grand-mère.  
  
-DJ: Regardez celui-là. Il est écrit Rod là-dessus.
-Rodney: Mais non, il ne fallait pas, avec tout ce que vous avez déjà fait pour moi.  
-Sarah: Bon alors, tu l’ouvres ou il faut qu’on devine ce qu’il y a dedans?
-Rodney: Oh! Un Jean. Merci Mr Burton.
-Burton: Ca ne vient pas que de moi. C’est de  notre part à tous.
-Rodney: C’est la première fois de ma vie que j’ai un jean neuf. Madame Anis ne m’achetait que des pantalons d’occasion qu’elle allait trouver chez Mr Shoup. J’avais même l’impression qu’il y avait encore quelqu'un  dedans.
-DJ: Et voilà la distribution est terminée. Il faudra attendre l’an prochain maintenant pour avoir les cadeaux.
-Burton: Et bien  non, pas tout à fait. J’ai encore un petit quelque chose pour vous
-Bobby: Qu’est-ce qu’il va chercher?
-DJ: Peut-être que le Père Noël nous a ramené un petit frère.
-Sarah: DJ.
-Burton: Bon alors, avant que vous vous mettiez à sauter de joie, je voudrais vous raconter quelque chose. A l’époque, j’étais encore un petit garçon. On s’apprêtait à fêter Noël, mais comme on savait que ça va être une année difficile on ne s’attendait pas avoir grand-chose. Mais  le 25 décembre au matin, quand on est arrivé dans le salon, il y avait plein da cadeaux qui nous attendaient au pied du sapin, comme les autres années. En voyant ça grand-mère Burton, c’était ma  mère, a failli avoir une attaque. Elle a regardé mon père en disant: «où est-ce tu as l’argent pour acheter tout ça?». Mon père a souri et il a répondu mais enfin maman c’est pas parce qu’on fauché comme les blés qu’on ne va pas se faire plaisir. En fait, ce que mon père voulait nous faire comprendre, c’est  qu’on peut toujours arriver a faire plaisir aux autres même quand on na pas d’argent, car  le plus beau cadeau c’est celui qui vient du cœur. C’est pour ça que  cette année, j’ai tenu à fêter noël à la manière de mon père. Tiens DJ, j’espère que ça te plaira.
-Bobby: Qu’est-ce que c’est. Vas-y montre?
-DJ: Une canne à pêche avec un moulinet débrayable.
-Burton: J’ai vu que tu t’arrêtais pour la regarder chaque fois que tu passais devant la vitrine.
-DJ: C’est ce que je voulais. Merci papa.
-Bobby : Mais, c’est  juste une image?
-Burton: Sarah.
-Sarah: Elle est magnifique papa.
-Burton: Tu as le droit d’avoir envie d’être coquette, toi qui es tout le temps entrain de travailler et tu passes tout le temps à t‘occuper de nous. J’espère que la couleur te plait. Je me suis dit que ça t’irait bien le rose. Grand-pèr, j’ai aussi quelque chose pour vous. Tenez.
-Bobby: Vite grand-père, ouvre-le, je veux savoir ce que c’est. Qu’est-ce que c’est ?
-Grand-père: Un fauteuil.
-Burton: Ce n’est pas juste un fauteuil. C’est un fauteuil inclinable avec fonction massage en cuir véritable, directement  importé d’Italie
-DJ: Je peux voir grand-père. Hé écoutez ça ce fauteuil est équipé de quatre moteurs de massage. Ah, c’est fou il a autant de moteurs comme un  avion de ligne.
-Grand-père: Montre-moi ça.  Qu’est ce que vous voulez que je fasse d’un fauteuil à moteur. Quel fou de père pour avoir des idées pareilles.
-Bobby: Et moi papa, moi aussi je veux mon cadeau.
-Burton: Tiens fiston, le voilà.
-Bobby: Ouah Un vélo!
-DJ: Tu as vu ce n’est pas n’importe lequel. C’est un vélo de cross.
-Bobby: Bien,  Ah oui je sais.
-Burton: Je t’ai vu l’autre jour avec la vieille bicyclette de ta sœur. Tu avais du mal à éviter les arbres.
-Sarah: C’est toi qui me l’avais pris espèce de petit voleur?
-Bobby: J’ai un vélo de cross. J’ai un vélo de cross.
-Burton: J’ai gardé le meilleur pour la fin. Tiens Rodney.
-Sarah: Qu’est-ce que c’est?
-Burton: Je pense que c’est plus facile de se mettre à  l’écriture quand on a une machine  à écrire.
-Rodney: Merci Mr Burton. Je vais pouvoir en écrire de belles histoires avec ça.
-Burton: J’en suis persuadé. Ça ne fait même aucun doute.

Ce film paisible se regarde avec délectation parce qu’il est basé sur les sentiments humains les plus élémentaires. C’est un hymne à la tolérance raciale et une leçon éducative sur le thème de l’espoir. Dans les heures difficiles, le brave Burton  a pris l’habitude de dire aux proches qui doutent: «On va s’en sortir».
Le film a été tourné au Canada. C’est pour cela  que l’on voit un Texas plus  végétal que poussiéreux, qui  contraste avec le Texas caillouteux et austère des vachers aux visages mal rasé et aux cols nerveux. Ça commence par une narration désespérée et ça se termine par une autre pleine d’optimisme. Le film débute par ceci: «Il y a une blague que les anciens racontaient parfois à propos de Canaan au Texas. Quand on leur demandait si c’était la terre promise, ils disaient: «de la terre on en a, mais les promesses n’ont jamais été tenues». Et si beaucoup de gens semblaient partager cet avis, il y a une famille pour qui Canaan n’avait vraiment rien d’une terre promise. C’était celle de Mr Burton.
Contrairement aux Burton, ma grand-mère était propriétaire de sa ferme. Elle ne devait rien à personne. Il n’empêche que dans les années 60 pour un jeune noir vivant dans le monde rural au sud des États-Unis Canaan réservait plus d’embûches que de promesses».
Le film s’achève sur cette phrase qui est en fait  la négation de la première: «Ce soir-là,  en nous réunissant autour de la table, nous savions que les promesses qui avaient été faites un jour de Noël avaient été largement tenues. Je crois même que nous avons tous eu, l’espace d’un instant, le sentiment  que Canaan  était bel et bien devenu la terre promise».
Ce changement de vision est dû à l’ascension de Rodney et aux bons souvenirs  gardés de l’enfance à Canaan. Devenu écrivain de renom, il va distribuer aux Burton des cadeaux précieux. Autrefois, le père de famille n’avait trouvé que images publicitaires et des belles paroles à offrir à sa famille comme cadeaux de Noël. Rodney concrétise les rêves d’antan. 
Billy Ray Cyrus est un des rares chanteurs  à réussir le test  cinématographique. De la country-music au 7eme art, la transition s‘est effectuée sans  heurts. Si certains chanteurs y avaient gâché quelques lauriers gagnés dans le domaine du microsillon discographique, Billy Cyrus,  tout comme Kris Kristoffersen (Pat Garret et Bill le  Kid…) et Frank Sinatra (Tant qu’il y’aura es hommes …) s’en étaient  sortis impeccablement. Quand à Madonna (A la Dérive…) et Jennifer Lopez (Assez…) c’est plutôt  mi-figue mi-raison.            
RAZAK

Thursday, July 26, 2012

Ciné-Répliques à méditer : Une balle signée X

Réalisateur: Jack Arnold
Scénario: Gene L. Coon
D’après une histoire de Howard Amacker

Idée saillante: la mort rapproche le tueur à gage au docteur

Après le suicide du banquier, le docteur  Luke Canfield ( Charles Duke) veut incriminer John Gant (Audie Murphy). Depuis l’arrivée de ce tueur à gage, les notoriétés da la ville ne dorment  que d’un seul œil. Chacun croit qu’il est venu pour le liquider. 


-Le docteur: Vous vous attendiez à ce que ça arrive, n’est-ce pas?
-Gant: Je n’en suis pas surpris.
-Le docteur: C’est vous qui l’avez tué.
-Gant: Vous faites erreur docteur, cette idée le hantait bien longtemps avant mon arrivée.
-Le docteur: Vous avez bien manigancé votre coup Mr Gant.
-Gant: Vous regardez Gant et vous vous dites; c’est un meurtrier 
-Le docteur: Oui.
-Gant: J’ai tué et le point important est qui ai-je tué?
-Le docteur: Pour moi le crime est le même.
-Gant: Mon prix est cher. L’homme qui m’engage risque une grosse somme sur moi. Un meurtre sans assassin c’est rare et ça vaut bien le prix qu’on me paie. Vous ne me comprenez pas docteur. Je vous étonne.
-Le docteur: Cherchez-vous  à  me convaincre   quel  les hommes  que vous avez fait mourir méritaient leur sort?
-Gant: Disons, la plus part d’entre eux.
-Le docteur: En admettant qu’il y ait dans le monde certains hommes  qui méritent un châtiment suprême, je ne vous reconnais pas le droit d’appliquer à tout  autre ce châtiment. C’est le rôle de la justice.
-Gant: Prenons deux homme, disons qu’ils ont volé et trahi et puis qui n’ont jamais été punis. Une de leurs victimes vient me trouver et me dit: tuez cet  homme  qui  m’a  volé  et j’exécute. Le second tombe malade et mourrait si un docteur ne faisait pas l’impossible pour lui redonner la santé, pour qu’il vole et trahisse encore. D’après-vous quel est le plus coupable: moi ou le docteur? Ne croyez surtout pas que je sois fou. Réfléchissez à ce que je viens de dire

Audie Murphy  est un grand acteur réputé pour son calme. Né dans le Texas (1924) il mourut  en Virginie (1971). Ce qui est impressionnant dans ce film western ,  c’est  l’indifférence  ironique  dont  il  fait montre. Un étranger débarque  dans une ville du Far-West  tout le monde panique.  La paranoïa que sa présence  a  créée va permettre  un  nettoyage inattendu  de  cette cité. Tous les tricheurs  vont être éliminés non pas lui, mais par la zizanie. Il y a un peu de philosophie dans  cette réplique.
«Réfléchissez à ce que je viens de dire», c’est ainsi qu’il finit sa conversation avec le toubib. Il ne s’adresse pas uniquement au docteur,  nous sommes , nous aussi , concernés et interpelés. Réfléchissez-y .
RAZAK

Tuesday, July 24, 2012

Ciné-Répliques à méditer : L’Enigmatique Monsieur Ripley


Réalisateur: Anthony Minghella
Scénario: Anthony Minghella
D’après le roman de Patricia Highsmith

Idée saillante: Etre un  faux quelqu’un ou un vrai rien du tout?

Tom Ripley (Matt Damon) voyage en bateau avec Peter (Jack Davenport). Ce dernier ne sait pas que ce sera le dernier voyage de sa vie, car l’ami qu’il chérissait va être son assassin.

-Peter: Je ne te suis pas du tout.
-Tom: Ouais je sais. Je suis désolé Peter. Je suis perdu. Je vais me retrouver enfermé au fond de la cave, n’est-ce pas? Voilà, c’est terrible. Je suis seul dans le noir et j’ai menti. Je n’ai pas dit qui j’étais vraiment, ni où j’étais réellement, maintenant personne ne me trouvera jamais.  
-Peter: Cela signifie quoi, que tu as menti sur qui tu es?
-Tom: J’ai toujours cru que ce serait mieux d’être un  faux quelqu’un que d’être un vrai rien du tout.
-Peter: De quoi est-ce que tu parles? Toi, rien du tout, ce n’est certainement pas ton cas.
-Tom: Peter, dis-moi du bien du dénommé Tom Ripley. Ne te lèves pas, ne te lèves pas,  reste-là. Dis…dis-moi seulement du bien de lui … de Tom Ripley.
-Peter: Que je dise du bien de Tom Ripley, ça risque de prendre du temps. Tom  est talentueux. Tom est tendre. Tom est magnifique.
-Tom: Oh, quel menteur tu es.
-Peter: Tom est un mystère. Tom n’est pas un rien du tout. Tom a des secrets qu’il ne veut pas me dire et je regrette. Tom fait des cauchemars, ça ce n’est pas une bonne chose. Tom a quelqu'un qui l’aime, ça c’est une bonne chose. Tom étouffe. Tom étouffe… Ah …Tom… tu m’étouffes…  

Le son- hors-champ utilisé dans la dernière séquence laisse deviner que Tom a étranglé Peter. Ce subtil subterfuge cinématographique a ajouté du suspense à l’histoire du film. A l’élève surdoué en mathématiques (Good Will Hunting) succède le musicien serial killer. C’est l’ange déchu qui se métamorphose en assassin. Tom a tué Dickie, Freddie et Peter. Marge, la fiancée de Dickie a échappé de justesse. Dans ce thriller  bâti autour  de l’idée d’identification psychologique , Tom ne va pas ramener le playboy auprès de sa famille mais il va se charger mystérieusement d’abréger son existence.  
  RAZAK    

Monday, July 16, 2012

Ciné-Répliques à méditer: Cheval de guerre


Réalisateur: Stephen Spielberg
Scénario: Lee Hall et Richard Curtis
D'après le roman de Michael Morpurgo

Idée saillante: Un cheval nommé espoir  

Joey est un cheval anglais. Pendant la première guerre mondiale les Britanniques  l’ont utilisé avec d’autres chevaux pour tracter l’artillerie lourde. Pris dans le camps adverse, il doit fuir une zone minée et pleine de fils barbelés. Sur le no man’s land deux soldats ennemis, Peter et Colin viennent au secours du cheval enchevêtré. Ce quadrupède miraculé va réconcilier les deux soldats ennemis.

-Colin: Regarde un peu ce cheval. Regarde les muscles qu’il a et ces jambes immenses.  Les chevaux sont faits pour courir et pour fuir le danger. C’est leur seul moyen de survivre et nous leur demandons l’inverse: courir vers la mort. C’est un cheval de guerre. Cheval de guerre, voilà mon grand, tu es vraiment un cheval hors du commun!
-Peter: Et maintenant ?
-Colin: Je le ramène avec moi.   
-Peter: J’ai fourni les cisailles, alors ce cheval est à moi. C’est normal non?
-Colin: Tu plaisantes, ce cheval est anglais. Ça ne fait aucun doute
-Peter: Oh tu veux dire parce qu’il est crasseux?
-Colin: Parce qu’il est élégant et malin et tu es aussi crasseux que lui  je te signale.
-Peter: On pourra se battre et  le gagnant prendra le cheval ?
-Colin: Non, merci petit, cela pourrait déclencher une guerre, attention. Tu  as une pièce de monnaie sur toi?
-Peter: Pile ou face?
-Colin: Ouais. A toi l’honneur Fritz.
-Peter: Je ne m’appelle pas Fritz. Je m’appelle Peter.
-Colin: Peter, moi c’est Colin.
-Peter: Tu choisis quoi Colin?  
-Colin: Face.
-Peter: C’est le visage du Kaiser et j’aurais préféré ne pas le voir. Ce cheval est à toi.
-Colin: Ça s’est calmé on dirait?
-Peter: Ouais, mais attends une demi-heure et tu verras que les tirs reprendront.  
-Colin: Je suis un mauvais tireur Peter. Je vais m’arranger pour viser à côté.
-Peter: Merci, bonne chance. Prends bien soin de lui d’accord ?
-Colin: Je ferais.
-Peter: Un miraculé.  
-Colin: Et prends bien soin de toi aussi, promis?
-Peter: Collin, Garde cette cisaille allemande en mémoire d’un ami de Düsseldorf.
-Colin: Merci, je m’en servirais dans mon jardin. Fais bien attention à toi Peter.
-Peter: Ce cheval est extraordinaire, vraiment extraordinaire.

Stephen Spielberg a une petite écurie de chevaux. Cela prouve qu’il aime les descendants  de Pégase. Dans ce film dédié au cheval  il a mis tant de minutie dans le tournage.  Les scènes de guerre sont  bien maitrisées. On trouve la même démarche  et le même élan perfectionniste que dans «Il faut sauver le soldat Ryan» avec cette petite nuance: c’est un équidé nommé Joey  qui est le véritable  héros. Tous les belligérants ont perdu sauf lui. Un film de guerre qui commence par des images idylliques et  qui va vite s’embourber dans  la grisaille et l’horreur du conflit armé. Le scène du no man’s land est amusante malgré le drame subi par ce cheval miraculé. Ce  pur-sang apprivoisé par le jeune Albert est fabuleux . En regardant les premières séquences de  ce film on pense au film de Robert Redfort  «L’Homme qui murmurait  à l’oreille des chevaux» .   
RAZAK 

Thursday, July 12, 2012

Ciné-Répliques à méditer: Le mercenaire de minuit







Réalisateur: Richard Wilson
Scénario: Elizabeth et Richard Wilson
Adapté par Alvin Sapinsley d'après le roman de Hal Goodman et Harry  Klein


Idée saillante: L’âne peut être plus droit qu un être humain

Jules Gaspard d’Estaing (Yul Brynner) le tueur à gage s’enrage. Il détruit les magasins de la ville de Pecos. Sam Brewster (Pat Hingle) veut lui parler au nom des habitants. Il va être humilié devant ceux qu’il représente. 

-Brewster: Jules,  je désirais vous parler. 
-Jules: Je suis là, je vous écoute.
-Brewster: Et je désirais vous parler en privé.
-Jules: Et bien faites-le ici.
-Brewster: Entendu.
-Jules: A genoux, à genoux Mr Brewster, seul et unique coq du poulailler. A genoux, j’ai dit. Répétez après moi. Ne me regardez pas, regardez ce misérable animal…
-Un badaud: (retransmettant ce qu’il voit à un non-voyant) Il s’exécute.
-Jules: Allez répétez après moi: «je suis un voleur et un  hypocrisie. J’implore  le pardon des ignominies dont je vous ai accablées dans la plus  répugnante  des villes de notre répugnante planète». Allez…

Ce western est plutôt bavard. Comme dans les films tirés des romans à l’eau de rose, on y joue du clavecin et Jules Gaspard le présupposé as de la gâchette  s’y promène comme un randonneur des jardins reverdis, le cigare au bec. Le thème du sauveur  qui devient un sbire déchaîné, n’est pas une nouveauté scénaristique. Richard Widmark  l’a  testé dans un film beaucoup plus poussiéreux et captivant. En effet, quand un  marshal change de statut et se met à tirer sur les citoyens, cela devient dramatique. Quand à Jules Gaspard le pistolero créole, on le paie  comme  mercenaire pour liquider un rebelle. Ce dernier a été dépossédé de sa ferme par Brewster. D’où la brimade de ce dernier. Jules sera tué  de manière bête à la fin du film. Pat Hingle excelle dans les seconds rôles. Tout comme Michael Caine, Ben Johnson, Carl Malden. Dans le film  Hang’Em High Pat Hingle interpréta le  rôle d’un juge, et Klint Eastwood celui d’un Marshall des praires.    
Quoi qu’il en soit on a retenu cette tirade pour cet agenouillement inhabituel qu’on voit rarement dans un film de cow-boys.
RAZAK