Friday, January 27, 2012

Sousdi est mort mais ses refrains survivent



Mohamed Sousdi était pour Lemchaheb ce qu'étaient Boujmiâ et Larbi Batma pour Nass el Ghiwane: une voix du genre fortissimo et une plume poétique féconde. C'était un Zejjal d'une verve ruisselante toute imprégnée de militantisme. Hindiphile jusqu'a la moelle et fan du roi du sitar Ravi Shankar, Sousdi s'est vu octroyer le prix de la meilleure voix en 1969 justement pour avoir chanté une chanson pathétique tirée du célèbre film hindi DOSTI (Essadaka). Le brillant vocaliste, auteur de «Oua Bghit Bladi» ne mâchait pas ses mots. Le mot «Bladi» placé au coeur de cette belle strophe a plusieurs sens. Il peut signifier le lopin de terre qu’on confisque à un pauvre paysan, comme il peut signifier patrie. Selon des témoignages livrés à la presse par le défunt, cette chanson présentée dans un cadre intimiste au palais royal de Bouznika aurait tiré les larmes au roi disparu. Tellement ému par la teneur sémantique et la puissance des mots et puis par la musique qui leur donnait forme le monarque se serait vu écrier par jubilation: «Ca, c’est de la vraie chanson!». L’appréciation était à sa juste valeur, car depuis son lancement au milieu des années 70, Lemchaheb a marqué des générations ensuivies notamment parmi les lettrés que compte le pays. Ils ont redonné au ghiwanisme ses lettres de noblesse, en y imprimant une touche sonore toute particulière. Personnellement, je le préférais aux autres groupes bien que Nass el Ghiwane jouisse du prestige du pionnier et je ne suis pas le seul à avoir un faible pour ce groupe magmatique qui avait dessiné des flammes rougeoyantes et emblématiques même sur les instruments de musique. On lui doit aussi d’avoir modernisé l’orchestration en introduisant des instruments électriques (la mandoline s’est dotée d’un amplificateur…) alors que d’autres se sont contentés du jumelage du banjo avec le Hajhouj (certains disent Sentir).


Il serait bon de rappeler à ce propos qu’avant que Transparency-Maroc ne soit créé dans le but de combattre la corruption Nass el Ghiwane et Lemchaheb avaient réussi à détourner les regards sur ce fléau qui ronge la société marocaine depuis des lustres. Ce serait dommage que juste après la mort de Boujemaâ Hakour (alias Boujmiâ) et de Larbi Batma, Nass el Ghiwane ait changé de style. Il est devenu plus édulcoré et moins virulent. Une chanson comme «Saifna Ouella Chettoua» (notre été est devenu hiver) haranguait les foules au point de la transe. Au stade Harti d’Agadir (1981) j’avais vu de mes propres yeux l’état d’ébullition dans lequel l’arène gazonnée était plongée. Le film «Al Hal» de Maânouni garde quelques Celsius endiablés dans ses bobines. Lemchaheb était le préféré des élèves des Instituts et grandes écoles comme l’Ecole des mines et l’école Mohammedia des ingénieurs. En effet, en 1976, célébrant la fête du mineur, le syndicat des élèves de l’ENIM avait réuni les cotisations nécessaires pour inviter Lemchaheh. Ce fut une soirée inoubliable. J’avais la chance d’y prendre part. La salle des fêtes jouxtant la préfecture de Rabat était archi-comble. Le seul désagrément qui avait enlaidi et noirci ce beau souvenir: les rafles nous attendaient vers minuit à la sortie de la fête. Les sécuritaires de l’époque qui avaient une dent cariée contre cette formation musicale marocaine qui faisait des maux de la société son cheval de bataille, voulaient exprimer à leur manière leur haine pour ce groupe engagé ainsi que pour leurs fans. Le fameux «Ahaydouss» avec lequel s’achevait la chanson «Daouini» (guéris-moi) avait excité ces fonctionnaires armées de menottes qui n’avaient de respect ni pour les musiciens, ni pour les ingénieurs supposés être des leviers de futur pour le pays. Quelle sale époque ! Certains élèves ingénieurs n’avaient pas pu regagner leur dortoir universitaire. Ils ont passé le reste de la nuit au jardin Hassane enfouis entre les buissons par peur d’être arrêtés par les policiers nocturnes dont la férocité et la hargne faisaient trembler même les murs de marbre. Ainsi, malgré les tractations et les embûches, Lamchaheb a poursuivi son cheminement. Côté engagement, il n’a pas fléchi d’un iota. Il est resté fidèle aux principes de base qui ont favorisé sa naissance et son épanouissement. Comme Nass el Ghiwane, Lemchaheb a vu le jour au Hay Mohammadi (Casablanca). Sousdi en fut un des membres fondateurs. Il naquit à Derb Moulay Cherif en 1951, mais ses parents et arrière parents furent issus d’Ait Aâtab (région de Tadla-Azilal) . Sousdi avait reçu les éloges du père du folksong contestataire Cheikh Imam et du leader palestinien Yasser Arafat. Qui de nous ne se souvient pas de ces jolis refrains: «Ya Majmaâ Laârab Noudou Nkalôu Sfoun al Ajam Fel Bhour Daret Quiyama» ou encore «A Laâfou Yababa Ouach al Hak Yzoul Lakloub al Keddaba Nsaouna bel Maâkoul» …? Des mots presque intraduisibles dans une autre langue et que seuls les marocains de la classe défavorisée savent en saisir la profondeur. De son vivant, Sousdi avait lui aussi eu sa part de l’oubli et comme on l’a déjà mentionné dans une chronique précédente: «on enterre bien nos morts et on tourne le dos aux vivants». J’aurais dû écrire survivants car il s’agit de pauvres rescapés acculés, à vivre à la marge à cause du bicéphalisme sociétal ambiant, hypocritement entretenu par ceux qui, gargarisés dans les municipalité et préfectures, font la pluie et le beau temps. Sousdi est mort mais ses refrains survivent. Il faudrait des rafales de vents érosifs pour que le brasier magmatique s’éteigne. Les troupes Nass el Ghiwane, Lemchaheb, Jil Jilalala, Izenzarne, Mesnaoua…ont révolutionné l’écoute marocaine. L’histoire musicale du pays leur doit une chose: ils ont virilisé la chanson populaire marocaine, car avant leur apparition c’étaient les Chikhates (danseuses du ventre) qui monopolisaient les estrades populaires.


RAZAK

Friday, January 20, 2012

7th Bouzghiba-Awards Indian Embassy in Rabat wrote to Shahrukh Khan

On Wednesday 18 January we were received by Indian Embassy in Rabat. The purpose of the visit: the trophy of 7th International Prize of Bouzghiba. The winner is Shah Rukh Khan. At the same time we gave two copies of our last books titled: Monography of Bouzghiba (part 2) and The Indian cinema between Nirvana and Navarasas

We were assured that the Embassy has sent a letter to Shah Rukh Khan. We want to receive an answer and a reply as soon as possible.

Friday, January 13, 2012

CINEMA: de l’impudeur comme label de qualité ?!



Cinema: de l’impudeur comme label de qualité ?!

Le CCM n’a, semble-t-il, pas encore trouvé la voie salutaire, le style de gestion et de gouvernance probant. Chaque patron désigné à la tête de cet organisme semi-public ayant des prérogatives patrimoniales communes relevant des deux domaines de l’information et de la culture impose sa vision des choses, quitte à bousculer les us et coutume ancestraux sans pour autant élargir l’horizon esthético-culturel. La filmographie marocaine de la dernière décennie a été marquée par un clivage tout particulier qui a fait couler beaucoup d’encre noire, on a privilégié le sensuel érotisant au détriment du spirituel emblématique. Ainsi, comme par malédiction, un cinéma délétère plus libidinal que culturel a pris la relève. Heureusement ou (malheureusement pour les accrocs des Lolitas en tenue d’Eve) cette filmographie ne trouve ni acquéreurs, ni regardeurs intéressés. Pire, chaque film qui sort sous cette enseigne charrie avec lui un summum de poison et provoque un tollé de protestations proche du lynchage. Le chef du centre (qui depuis longtemps a dépassé l’âge de la retraite) endosse pleinement la responsabilité de ce choix thématique capricieux qui est loin de satisfaire le goût des Marocains y compris celui des cinéphiles les plus ouverts d’esprit et tolérants comme l’auteur de cette chronique. Le soi-disant film de Nejjar présenté lors de la soirée inaugurale du dernier FIFM constitue l’overdose de l’insipidité. Il n’y a pas un seul chroniqueur culturel marocain et respectable qui ait apprécié ce film. Cautionner cette préméditée «bordelisation» des bobines porte préjudice à la société marocaine toute entière, avec ses islamiques et ses laïcs. On veut monter au monde que contrairement aux autres peuplades de la planète les Marocains ont un problème avec la partie pubienne et les sphincters. Dans ce cas ça devient de la provocation. Ce cinéma de décadence encouragé par la complaisance et le laxisme complice des instances de contrôle cache une intentionnalité malveillante. Figurez-vous que cet organisme étatique qui ne survit que grâce aux ressources publiques et qui est censé guider le peuple contributeur vers des agoras imagées qui reposent son regard en cultivant son esprit prend la tangente dans une cabalistique fuite en avant qui n’a rien de glorieux. Au crépuscule de sa carrière son patron a assisté de visu à l’agonie de la cinéphilie de salle. Comme on ne lui a pas dit halte, maintenant il veut jouer au psychanalyste freudien sans en avoir le soubassement doctrinal. Il oublie l’essentiel: savoir se monter utile. Ainsi, délaissant les choses prioritaires comme la lutte contre le piratage on persiste et signe dans la même voie sinueuse avec une effronterie et une opiniâtreté jamais observées auparavant. L’atrophie symptomatique du nombre de salles qui passe de 270 unités à 40 n’est-elle pas la preuve tangible d’une gestion déficiente? A titre de comparaison et pour un pays moins peuplé que le Maroc les statistiques de l’UNESCO indiquaient que dans la Hongrie de 1972, il y avait 803 cinémas en 35 mm, 3 680 en 16 mm et 39 groupes mobiles. Le total des fauteuils de cinéma était de 285 000 pour les salles en 35 mm et de 438 000 pour celles en 16 mm, soit une moyenne de 7,2 sièges pour 100 habitants. Pourtant le dénombrement démographique établi en 1972 donnait comme chiffre: 10 259 000 habitants. Cela montre le gouffre culturel dans lequel on vit au Maroc. Autre lacune: l’envahissement des intrus. Aux États-Unis les gens passent plus de 14 ans à faire l’assistanat avant de tourner leur premier film. Au Maroc même les Farnatchi (fournier du hammam) se disent cinéastes. Il y’en a même qui disent «cineastres». Allez savoir d’où ces grosses têtes ont puisé ce charabia. L’effusion budgétaire (d’ailleurs attestée officiellement par la Cour des Comptes) s’ajoute à ces dérapages. La maison brûle mais le sapeur pompier croise les bras. Rien que pour la désignation d’un président de jury on a fait le voyage par avion jusqu’à sa demeure, alors qu’un fax aurait suffi. La gabegie semble bien installée dans son fauteuil. Au sein de ce centre on se targue d’avoir augmenté le nombre de films, et la tirelire comme si c’était une performance extraordinaire. Mais peut-on cacher les rayons du soleil avec un sas aux mailles espacées? La réalité est plutôt invivable. Elle suscite à la fois le dépit et la pitié. Les dysfonctionnements sont nombreux et criards. Car il ne s’agit nullement de privilégier le quantitatif mais le qualitatif, car le cinéma n’est pas un ustensile de cuisine ou un écrou qu’on fabrique à la chaîne. C’est un miroir de société. Il doit laisser transparaître la quintessence et non les difformités. Au lieu d’importuner les Marocains en les choquant par des créations hybrides, bâclées et insidieusement centrées sur les parties les moins nobles du corps humain, ne fallait-il pas revenir au riche patrimoine des aïeux et à l’œuvre romanesque de nos auteurs contemporains les plus imaginatifs et les plus prolixes? On ne serait pas passéiste si l’on disait que le cinéma d’autrefois était beaucoup plus pesé et plus attrayant que celui d’aujourd’hui malgré la modicité des capitaux de tournage de jadis. C’est une question de teneur et non de texture. Autrefois, on abordait les thèmes sociétaux les plus préoccupants comme l’exode rural et la précarité urbaine (films: Assarab, Weshma…), de nos jours ce sont les tares libidinales et les mœurs sexuelles qui prédominent. Pour être accepté par les apôtres du fonds d’aide dont on ignore toujours les critères de leur sélection et pourquoi on les paie, il faut mettre un peu de «hot» dans la hutte. C’est comme si l’impudeur était devenue un ingrédient de base et un label de qualité. Enfin, y en a marre des pseudos réalisateurs, des pseudos producteurs et des bureaucrates véreux qui les manipulent. L’heure d’une purge en profondeur a-t-elle sonné? Les deux nouveaux ministres de l’information et de la culture qui héritent d’une situation peu reluisante doivent nous montrer de quels déboires ils s’échauffent, sinon le désespoir, après leur échec, serait double.

RAZAK


Friday, January 06, 2012

Edition : radioscopie d’une transition


Au Maroc, on ne lit pas. C’est un fait avéré. Tous les professionnels du livre le disent. Pour être précis, l’on dirait qu’on ne lit pas les œuvres de fiction et les créations poétiques, bien que les aïeux en soient si gourmands et si friands. Les fameuses Muâllakat témoignaient de cet engouement pour la rime. La plupart de nos écrivains d’expression française se sont fait connaître à l’étranger. Il y en a qui sont toujours proscrits des programmes d’enseignement comme Mohamed Choukri ou récemment réhabilités comme Khair-eddine.

«On ne lit pas parce qu’on a un fort taux d’analphabétisme» ainsi argumentent certains sans cacher leur pessimisme. D’autres rattachent cette négativité à notre nature comportementale ambivalente. On gaspille de l’argent dans l’achat de futilités et on se montre avare dès qu’il s’agit de livres. Curieuse attitude de la part d’une peuplade dite du verbe et dont un des premiers préceptes catéchistes conseille de lire et d’aller jusqu’au bout du monde pour se ressourcer et recueillir la connaissance.
Humoristiquement et au risque de contrarier les réfractaires l’on dirait que les marocains lisent beaucoup. Il suffit de regarder autour de soi pour s’en convaincre. Ils lisent les programmes du PMU et les factures mensuelles de consommation Eau et Electricité. A noter aussi que les lecteurs hippiques semblent plus concentrés et plus engagés (financièrement cela s’entend). Ce sont des lecteurs potentiels et si dévoués à la cause, puisque après la lecture, ils passent au guichet pour valider leurs pronostics.
Revenons aux choses sérieuses pour dire que l’édition au Maroc est actuellement en état de crise. Les puristes pensent qu’elle est à l’agonie. La littérature doit-elle subir le même sort ? Si les livres scolaires sauvent certaines maisons d’édition d’une véritable faillite, la diffusion des œuvres littéraires est confrontée à des aléas insurmontables. Pas la peine d’être Pierre Bourdieu pour en faire le constat sociologique. Ainsi, constatant de visu la débâcle et ses vicissitudes, les quelques rescapés de l’édition «classique» se retrouvent aujourd’hui devant un dilemme. De deux alternatives l’une: soit ils mettent un peu d’eau dans leur cuvée pour subsister, soit ils continuent à d’éditer des livres à fond perdu jusqu’à leur prévisible négation. Il importe de signaler que ceux qui ont fléchi pour éviter la cassure l’ont fait au détriment de leur crédibilité. Petit à petit, ils se sont transformés en intermédiaires d’imprimerie. C’est pour cela que les éditeurs agonisent, mais les imprimeurs prolifèrent et prospèrent. Ce qui est paradoxal, c’est que malgré la crise structurelle que traverse le secteur de l’édition, le nombre des auteurs ne cesse de croître et (autre signe de vie) qu’ils n’arrêtent pas de noircir les pages, malgré l’amoncellement de nuages sombres. Les poètes, les nouvellistes et les essayistes universitaires ou autres sont devenus plus nombreux que les éditeurs. Alors comment endiguer le flux ? Du point de vue éditeur on a déjà montré là où le bât blesse. Les manuscrits s’entassent et les catalogues se rétrécissent, comme une peau de chagrin. On ne se donne même pas la peine de répondre aux « envoyeurs de manuscrits ». Pourquoi ne pas se transmuer en cyberg-éditeur et tenter sa chance dans l’édition en ligne ? C’est une bouée de sauvetage pour les éditeurs menacés de disparition. Reste à trouver les compétences appropriées, les capitaux nécessaires pour financer cette mutation et conserver le même sérieux. Les readers-books (liseuses électroniques) sont séduisants mais ce sera du luxe pour les marocains. A court terme, on ne peut pas baser le projet d’édition électronique sur un outil sophistiqué et coûteux. On risque de répéter le même échec. Si sous d’autres cieux «sur-technologisés» les readers-books constituent une
manne, au Maroc ils ne présentent qu’un intérêt sommaire plus élitiste que populaire, car même si on parvenait à importer cette technologie, il faudrait du temps pour que l’on s’y habitue. Le livre papier n’a pas marché, alors comment le livre électronique peut-il outrepasser le handicap et faire exception ?
Du point de vue auteur, on s’ajoute une autre corvée supplémentaire. On doit tout prendre en charge, comme un réalisateur de film tiers-mondiste qui fait à la fois le script, le régisseur et le restaurateur, en mettant en gage les meubles de sa maison. Dans un premier temps, l’édition à compte d’auteur est apparue comme une solution prometteuse. Mais ce mode d’édition n’en profite qu’aux imprimeurs dont certains réalisent un chiffre d’affaire considérable. Le hic, c’est que les livres imprimés chez ces derniers sont rarement distribués dans les librairies par les deux sociétés de diffusion qui détiennent un monopole quasi total. Ces sociétés sont elles aussi menacées de disparition, puisqu’elles ne survivent actuellement que grâce à la distribution de journaux et de quelques livres sur la cuisine marocaine. Dernier recours et qui nous semble plus probant et plus approprié : la diffusion de l’ouvrage via Internet.
Concernant le e-book, il faudrait faire la nuance entre deux choses distinctes, bien qu’elles soient issues du même utérus: les livres électroniques ayant besoin des readers (tablettes électroniques de lecture) et puis les livres ordinaires mis online via un site web spécifique, mais qui n’ont pas besoin de liseuses interactives. On vous autorise à les télécharger dans votre PC moyennant une somme d’argent payée sous forme de Pay-Pal ou à l’aide d’un mandat de transfert postal. Il y a à ce propos deux possibilités: la gratuité ou la voie rémunérée. C’est la seconde possibilité qui pose problème, à cause du mode de paiement qui entrave la fluidité des échanges. Le E-commerce au Maroc n’est qu’à ses premiers balbutiements. Répétons-le encore une fois, c’est l’industrie du livre qui est en crise et non pas la création littéraire. Comparés à leurs prédécesseurs, les auteurs marocains d’aujourd’hui sont plus productifs et plus prolixes. Normal, l’informatique est derrière cette hypertrophie graphique. Malheureusement, le déferlement de leurs écrits bute contre la rigidité et l’avarice des rescapés de l’édition traditionnelle. La diffusion sur le Net reste un atout. Mais il faut trouver le bon portail pour en assurer le transit du flux. Car les malins de l’édition en ligne ont trouvé un subterfuge qui leur sied à merveille, ça s’appelle l’édition participative. On vous dit qu’on s’occupe de tout, sauf de la maquette. C’est vous qui devez payer les frais de sa réalisation. Quand, en fin de processus, on vous transmet une proposition chiffrée, vous êtes surpris par le montant excessif de la maquette. Ce qui est révoltent, c’est qu’on facture sans vergogne aux auteurs la correction orthographique de leur texte. Auquel cas, il serait profitable d’éditer à compte d’auteur que de départager le copyright avec une entité dont ne connaît que l’URL de son site Web. Il y a anguille sous roche. Ce ne sont pas des éditeurs mais des arnaqueurs doublement fautifs aux yeux de la Loi. D’abord, ils transgressent la déontologie en vigueur dans tous les pays de la planète, ensuite ils entravent la créativité littéraire et scientifique, en mettant des œufs pourris sur le chemin de l’édition. De nombreux naïfs sont tombés dans le piège. Les relents des cas litigieux se trouvent actuellement étalés dans les pages web et dans les forums de la blogosphère. Le législateur semble en quadrature retard par rapport à cette forme de service virtuel. On devrait répertorier les éditeurs e-book sérieux, afin d’isoler et mettre hors d’état de nuire les malfrats de l’édition électronique. Le ministère de tutelle qui a pour prérogative d’encourager la création littéraire philosophique et scientifique a du pain sur la planche. Un nouveau portail destiné aux e-book d’auteurs marocains aurait ajouté aux pixels interactifs un peu de véracité. Les auteurs marocains malmenés par les pseudos éditeurs de paperasse attendent impatiemment une telle initiative. On espère que le nouveau ministre de la culture et de l’information va marquer son entrée par une telle innovation. Quand aux égarés de l’édition traditionnelle ils doivent trouver une boussole pour sortir du bourbier. De toute évidence, quand les affairistes incultes et cupides se mêlent des affaires de l’édition, inéluctablement la dépravation accompagne cette opération incongrue et malsaine. N’est pas éditeur qui veut. Malheureusement, cette bominable prolifération microbienne est entrain d’envahir non seulement le domaine de l’édition classique (support papier) mais aussi celui du Net en contaminant les espaces Web réservés aux livres électroniques.
RAZAK