Tuesday, December 31, 2019

Le compositeur libanais Marcel Khalifa remporte le 15e Prix International de l’Humour


COMMUNIQUE
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Le compositeur libanais Marcel Khalifa remporte
le 15e Prix International de l’Humour
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            Conformément aux critères de sélection et d’octroi, en vigueur depuis 2005, l’année où le Prix International de l’Humour (alias Bouzghiba-Awards)  a été fondé par  l’artiste peintre et écrivain  marocain  Razak, le compositeur libanais  Marcel Khalifé (Khalifa pour les Maghrébins) remporte le quinzième trophée de ce prix transculturel, se distinguant des autres prix lucratifs par ses deux caractéristiques fondamentales: picturale (le trophée est représenté par un tableau de peinture) et bibliographique ( 3 tomes monographiques  d’apologie sur les lauréats ont été publiés dont un en France).
            Le trophée a été envoyé à l’artiste  auréolé par voie aéropostale le mardi  31 décembre,  accompagné de deux livres écrits par Razak, à savoir le tome-2 de la monographie relative au Prix et «  A Voix nue. Chroniques cinématographiques ».
Marcel Khalifé est né le 10 juin 1950 à Amchit, un petit village côtier au  nord de Beyrouth. Son grand-père était pêcheur et joueur de flûte. Il étudia la musique au conservatoire national  d’où devenu lauréat, il y enseigne sa méthode.
Au début des années 70 du siècle dernier, il fonda dans son village natal  un groupe musical  qu’il baptisa « Al Mayadine ». Avec le grand poète palestinien Mahmoud Darwich, il constitua un tandem assez proche de celui que Chikh Imam avait formé avec le poète égyptien Ahmed Fouad Najm. Les plus célèbres chansons que cette fructueuse collaboration avait engendrées et que les étudiants des facultés arabes aimaient répéter en chœur on citerait : Ahinou ila Khoubzi  Oummi  (j’ai hâte du pain de ma mère), Rita w'al-Bundouqiya (Rita et le fusil) et Jawaz As-Safar (Passeport),
Avec ce modeste prix qui lui est décerné, pour l’ensemble de son œuvre, Marcel Khalifa  rejoint, la tête haute et la fierté chevillée à l’âme, le cortège bouzghibien où figurent déjà en bonne place, des sommités de l’art , du théâtre et de la poésie tels: Ahmed Fouad Najm (B-Awards 2012) , Ennio Morricone (B-Awards 2015),  Peter Brook (B-Awards 2016) et  Lata Mangeskar (B-Awards 2018).
Félicitations au nouveau  lauréat et longue vie au musicien prodige.

الموسيقار اللبناني مارسيل خليفة يفوز بجائزة بوزغيبة الدولية للفن الساخر لسنة 2019



بلاغ ثقافي
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الموسيقار اللبناني مارسيل خليفة يفوز

بجائزة بوزغيبة الدولية  للفن الساخر لسنة 2019

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خدمة للفن الرصين ، واعتمادا على المعايير المؤسسة لجائزة بوزغيبة الدولية  للفن الساخر، وانطلاقا من الركائز الثقافية  المسطرة من أجل اختيار الكفاءات الفنية التي تستحقها ، عادت جائزة بوزغيبة الدولية  للفن الساخر لسنة سنة  2019من نصيب   الموسيقار اللبناني مارسيل خليفة .

تم إرسال الطروفي إلى الفنان المتوج يوم الثلاثاء 31 دجنبر مصحوبا بنسخة من الجزء الثاني من المونوغرافيا الخاصة بالجائزة و كتاب آخر مخصص للفن السابع ، يحمل عنوان  " بصوت عار, كتابات سينمائية" .

 ازداد مارسيل خليفة  في 10 يونيو 1950 في بلدة عمشيت في جبل لبنان، هو مؤلف موسيقي، ومغني، وعازف عود  ومدرس وكاتب . يُعتبر مارسيل أحد أهم الفنانين العرب الملتزمين بقضية فلسطين. أنشأ مارسيل فرقة موسيقية سماها الميادين . مند انطلاقها كلل مسارها بالنجاح، حيت جالت كل الربوع في العالم العربي والغربي .
أشهر ما غنى  مارسيل خليفة  للشاعر الفلسطيني الكبير  محمود درويش،  والتي يحفظها عن ظهر قلب،  طلاب الكليات العربية ، نذكر:"ريتا والبندقية" و"أحن إلى خبز أمي" و"جواز السفر" .
بهذا التتويج المستحق يلتحق مارسيل  خليفة بالموكب البوزغيبي ، لمؤانسة عباقرة الفن  وقامات من طينة احمد فؤاد نجم ، واينيو موريكوني ، وبيتر بروك و لاطا مانجيشكار.

انطلقت جائزة بوزغيبة  الدولية للفكاهة سنة 2005، وتم إحداثها من طرف الفنان التشكيلي  والكاتب والناقد السينمائي رزاق عبدالرزاق، لتتويج القدرات الفردية أو الجماعية التي تتميز بجودة عطائها في مجال فنون الضحك  والترفيه، وتشجع كل أشكال التعبير الفني  الساخر في المغرب وخارجه، وهي عبارة عن لوحة فنية تحمل توقيع مبدع شخصية بوزغيبة الهزلية .كذلك تتميز هذه الجائزة الرمزية العابرة للقارات ،  بازدواجية بعديها التشكيلي والببليوغرافي ، بحيث يكلل التتويج بفصول وفقرات إضافية  تسلط الضوء  على مسارات الفائزين ، وذلك في كتاب مونوغرافي،   صدر منه  لحد ألان ثلاث أجزاء،  واحد  تم نشره بفرنسا سنة 2012، في حلتين ورقية و الكترونية ،  مما يؤكد جليا  البعد الدولي للمشروع الثقافي الذي انطلق من المغرب ، من دون  دعم لا من طرف المؤسسات العمومية آو الخاصة، والذي يهدف برمته إلى  خدمة قيم التعايش السلمي و التواصل الإنساني عبر الإبداع الفني  وحوار الثقافات





Press release
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Lebanese composer Marcel Khalifa wins
the 15th Bouzghiba-Awards
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The 15thBouzghiba-Awards is attributed  to Lebanese composer Marcel Khalifa as a tribute for his  great achievement. The trophy was sent to the winner on Tuesday  31 th December .  Two books of  Razak were added to the trophy: The second  part of the monographic book  “Bouzghiba- Awards” and “A Voix nue, chroniques cinématographiques” .    
     Marcel Khalifa was born on June 10, 1950 in Amchit, Lebanon. He studied the oud at the Beirut National Conservatory of Music. Graduated in 1971, he became professor of  music in the same institution .
In the seventies of the last century , Marcel Khalife created a musical group in his native village. The Marcel Khalife's Al Mayadine Ensemble knew a reel notoriety in  Arab countries.
The ’’Bouzghgiba-Awards” is an original cultural prize which was created   in 2005 by a Moroccan artist, writer and critic-movie Razak Abderazzak. The creator of Bouzghiba’s avatar launched this cultural award in order to encourage humoristic performances around the World. The trophy is represented by a painting made by him and inspired by the life of the winner .
Art painting and bibliophilia are the two fundamentals characteristics that distinguish this  anti-materialist prize.  3 Tomes have been published under the same label, including one in France.
With this award , Marcel Khalifa joins honorably the talented creators as Ahmed Fouad Najm (B-Awards 2012) , Ennio Morricone (B-Awards 2015),  Peter Brook (B-Awards 2016) and  Lata Mangeskar (B-Awards 2018).

Thursday, December 26, 2019

FEUILLET LITTERAIRE ET PHILOSOPHIQUE L’aérotype Par RAZAK



FEUILLET LITTERAIRE ET PHILOSOPHIQUE
L’aérotype
Par RAZAK

Je suis un cynique et fier de l’être. Je le dis comme on dit « je suis un méticuleux », ou « je suis un tuberculeux ». Pour tout avouer, je ne suis pas devenu cynique par apprentissage, influence  ou par mimesis, en lisant Gogol ou en buvant, jusqu’à la lie, Mirbeau et Schopenhauer et puis encore moins en suivant la philosophie abrasive du célèbre objecteur de conscience Diogène de Sinope, dont les rapporteurs de l’époque disaient qu’il était « Socrate devenu fou ». Ce grand troubadour, parfaitement saint d’esprit et physiquement apte  aimait  être simple et détestait  tout ce qui est clinquant et brillantine. Il faisait de son malpropre tonneau un château de luxe où les moisissures seraient des dorures et les ratures des tentures de soie. L’homme-philosophe  s’érigeait contre la vanité humaine, la cupidité et l’égoïsme  dont le pouvoir de possession est la pierre angulaire,  la clef de voûte de tout un édifice en équilibre instable. Le moindre vacillement le fait ébranler. Le moindre tressaillement le fait gueuler dans son lit de mort.   
Pour ce qui me concerne, ce sont les intimes et ceux qui, par étourderie et puis par excès de crédulité, je prenais pour des amis,  m’y ont poussé. Ce cynisme que, par-dessus la morgue, je qualifierais de libérateur, me ravit. Je le sens circuler dans les veines qui irriguent le cerveau et les trippes. Je m’y complais, tant il m’épargne le vain et éreintant effort de marcher droit au milieu de gens qui zigzaguent et me sauve des élucubrations mensongères qui rendent l’homme esclave de son langage. Le moindre lapsus se traduit par du remord. La parole a son côté cynique. Même la plus aseptisée pourra causer des dégâts incalculables, si on a une langue déliée, une bouche sans sphincter, une canalisation sans clapet.
Face au pétrin que parfois le parler franc transforme en traquenard, l’on souhaite faire partie des muets et de ceux qui ont la langue fichue. Les langues fourchues sont, par nature, proches du guêpier. Le mutisme circonstanciel  a l’avantage d’éviter les inconséquences fâcheuses, surtout quand  on vit dans un coin où la liberté est bannie. Et puis, contrairement aux bavards, les muets n’engagent que leurs intraduisibles mimiques. Les juges de ces derniers temps, de plus en plus intéressés par les errements de la parole que par la gravité des actes commis, ne trouvent rien à incriminer chez les muets. C’est le seul cas où l’incomplétude s’apparente à une vertu et le handicap à un bouclier protecteur.     
On ne naît pas cynique, on le devient et un cynique cultivé est mieux qu’un cynique inculte. La trahison est une vile affaire et la mort est la chose la plus sérieuse qui soit. Que l’on soit cynique ou non, riche ou pauvre, elle guette tout le monde. Ainsi, quand on a la malchance existentielle et chromosomique de vivre  dans un bled arriéré où les iconoclastes de tout poil brillent par leur incurable stupidité, leur minable idiotie et leur effronterie liberticide, outrancièrement exhibée à tous les étages de la société, dans le but de museler les voix sincères jaillissant de têtes bien  nées  et prendre en otage les têtes endurcies que l’air biscornu égare en permanence , cela devient une calamité. Elle s’ajoute aux autres perfidies imposées par la doxa dominante que le génial George Orwell rattache au mystérieux et ténébreux  Big Brother, un tyran sans pitié et sans scrupule. Ce « Contr’un » est contre tous. Il inverse les valeurs, en les transformant en contresens. Tout un cycle d’attaques nocives et de brimades visant la dénaturation de la nature humaine, par le domptage forcé des gens, notamment ceux qui ne veulent pas penser bête ou du moins tenter d’en voler l’apparence, car  quand tout est galvaudé, il y a risque de confondre les profils et les rôles, les sentiers et les destinations. La pensée libre a besoin d’un espace adéquat pour s’épanouir. Un champ fertile où il n’y a ni tournants, ni entraves, ni cloisonnements, ni épines.  
Le dire vrai est plus reposant que la dire flou.  Le reste n’est que verbiage déviant. Cependant, ce qui mérite d’être rappelé, c’est  d’éviter les pièges tendus par les assassins de la parole débridée, les brigades du conformisme et les fossoyeurs de toute belle chose en l’homme. La pensée en est la plus primordiale.
La chambre 101 où l’innocent Winston a subi le formatage dirigiste et unidirectionnel attend et guette les amoureux de la parole libre. Ce sont les unijambistes qui freinent les coureurs et ce sont  les conformistes qui brisent l’élan des novateurs.
L’image est une arme. Au lieu de divertir et d’instruire, la télévision mise au service de la minorité dominante  est acculée  à faire la sale besogne, d’abêtir la populace, et au besoin,  de l’ameuter dans une chasse aux sorcières sans gloire aucune. Quand elle tombe en panne, elle tend la main aux contribuables, qu’elle n’a que trop mal servis. Cette servitude volontaire mettrait en colère Etienne de la Béotie qui voyait dans la soumission aveugle une absurdité.
Les acculés au mutisme forcé traquent les diseurs de bonnes vérités. Asservi par embrigadement prémédité, le rectangle de plasma devient un perfide œil de surveillance, de délation, un fouet de flagellation et une paire de menottes. Les tyrans se servent de cet instrument  de torture pour mâter le peuple. Le dressage passe par les yeux avant de se concentrer sur les habitudes. Les aèdes engagés et les chantres de vérité sont mis au cachot, tandis que les idiots se moquent d’eux, en toute liberté. Il y en a qui, poussant la bêtise à son paroxysme, veulent les rééduquer « ministériellement » en utilisant l’outillage sanguinaire de « la chambre 101 ». Interdit de chanter, interdit de se solidariser avec autrui , interdit de rire,  interdit de prédire, interdit de s’exprimer librement, interdit de faire et interdit de ne pas faire , interdit de plaire et interdit de ne pas plaire , interdit de sentir, interdit de respirer, interdit d’aimer… Vous devinez dans quelle jungle on vit.
Qui  a encouragé ces potentats  à commettre de telles bavures et à lancer de tels provocants défis ? Qu’un ministre du bétail adresse son discours animalier aux habitants de poulaillers, de basses-cours et des enclos d’équidés, cela pourrait se comprendre. On est dans le même  contexte sémantique.  Mais en  s’adressant à ceux qui  paient les salaires de son ministère,  cela s’appelle UBU-ministre. C’est du Caligula déguisé en berger.  
Etant donné qu’on parle zoo, il serait opportun de rappeler que si les animaux,  venus après l’avènement darwinien de l’Evolution, avaient saisi le sens profond de ses révélations, ils auraient échappé au massacre. Ce qui est navrant, c’est de remarquer que les poules n’arrêtent pas de pondre des œufs, malgré le carnage qui les attend. On dirait qu’elles y éprouvent un plaisir masochiste. Si elles avaient su qu’après la décapitation, on les  plonge dans l’eau bouillante et on leur ôte les plumes, elles auraient  fait d’un duvet un puissant organe de vol et de décollage, pour échapper au massacre. Les dindes sont encore plus stupides que les poules.  Comme des arriérées de l’espèce animale, elles se laissent faire. Les narines pleines de morve et les ailes paralysées, elles ne servent qu’au Toussaint  chrétien et à « Hagouza », la petite fête musulmane. Les souris sont plus rusées que ces volatiles qui marchent paresseusement, au lieu de faire  usage de leurs organes de propulsion,  comme font les aigles, avec fierté et orgueil. Encore une fois, il ne faut pas  confondre  aérotype et « morveux-type ».
Le savoir qui ne se traduit pas en actes est un savoir obsolète, une coquille vide. Les malins de la politicaillerie ont vite compris le subterfuge : il ne faut pas cultiver les gens, car un peuple cultivé  est un peuple dangereux et imprévisible. Les requêtes et les revendications sont proportionnelles au  degré de conscience atteint. Il faut coûte que coûte que cette imprévisibilité et cette soif revendicative soient circonscrites précocement et tuées dans l’œuf, afin d’éviter les pépins du futur.
Le stéréotype est une vilaine  machinerie. Ceux qui prônent ce système d’uniformisation savent à quoi s'en tenir, dans leur ruée cabalistique. Mais ils oublient que la richesse émerge de  la diversité et ne résulte pas  de  l’uniformisation. Cette dernière est la source de tout endettement. Quand le cumul de la dette extérieure atteint des proportions effrayantes, le pire serait à attendre. Le colonialisme y a trouvé les motifs pour son expansion. Il n’y a qu’à relire les pages de l’Histoire. Soit payer les arriérés, soit perdre sa souveraineté, telle est la leçon à tirer du passé. 
Ainsi, si pour le machinisme, cette uniformisation mécanique pourrait générer du profit, à  l’échelle humaine, elle  est contreproductive,  puisqu’elle réduit tout à un conglomérat de pantins  exerçant les mêmes mouvements et agissant de la même façon, sous la contrainte. La charge punitive extrême, en est le retour au moule de fabrication et au four de réajustement où on enlève les excroissances, on rabote les bosselures, on colmate les brèches à colmater, comme retouches nécessaires  au cycle comportemental. Les animaux sont les premiers à servir de cobayes pour un tel remodelage effectué sous pression. Il suffisait de les dompter par le coup de fouet. Quand les sévices n’aboutissent à rien, on tente  la voie digestive. Pavlov en a esquissé des pistes prometteuses, en expérimentant des procédés de servage sur les quadrupèdes qui aboient. Entre l’espèce animale et la race humaine, il y a des recoupements physiologiques insoupçonnés. 
Au stéréotype, j’oppose l’aérotype, un concept sorti de mon imagination déjà bourdonnant de mille projets. Ainsi, si le stéréotype se limite à une seule gamme et à un seul label, l’aérotype est  intrinsèquement né pour la liberté d’être et pour la diversité d’approches. Doué d’une sensibilité à toutes épreuves et à fleur de peau, l’aérotype trouve son élan dans l’étendue spatiale. Pour les êtres humains qui portent cette noble étiquette, la spiritualité spatiale est plus vaste que la vastitude cosmique. Icare fut une incarnation physique de cet aérotype visionnaire. Il voulait concrétiser un rêve qui n’intéressait que  les dispos au rêve. Ibn Farnass  le berbère et Léonard de Vinci ont repris le flambeau de l’aérotype bien décidé à percer les mystères de l’aérosphère, parce qu’ils étaient des rêveurs éveillés qui aimaient respirer l’air libre et planer dans l’espace, comme bon leur semblait.
Au niveau comportemental, ils formaient  deux aérotypes de type goéland. La propreté de leur caractère respectif transparait à travers la propreté de ce qu’ils faisaient ou projetaient comme projets à léguer à la postérité  
Le goéland est une créature merveilleuse. Digne de tous les éloges, cet aérotype est un grand séducteur. D’ailleurs comme on peut aisément le vérifier linguistiquement, on trouve dans  l’architecture de son nom  les entités « go » et « elan ». C’est du pur turbo haute cylindrée. Quant aux chauves-souris et aux mouettes, on trouve des entités dégradantes : « souris », « chauve » et « mou ». Tout cela pour dire que l’on n’a pas  la finesse et le même goût que le goéland. L’aveuglement et les immondices d’ici-bas les enlaidissent. Le relent des déchets ingurgités leur empestent l’haleine. C’est pour cela que leur plumage cache à peine leurs pourritures nauséabondes. Elles sont nées pour les saletés, les mesquineries et les bassesses. On en trouve des nuées dans les dépotoirs publics,  les marécages d’eaux usées et insalubres. Cependant, l’on se demande quelle immunité microbienne les aide à proliférer démesurément. Leurs déjections usent le métal et leur acidification efface les peintures et dénature les revêtements pigmentaires les plus résistants.
Les créatures ailées ne sont pas toutes des aérotypes au sens où nous l’entendons, c’est-à-dire des  types singuliers qui aiment l’air libre et qui ne laissent personne leur cacher les rayons du soleil. Ils réagissent aux assaillants, qu’ils soient des  rois ou des  empereurs. Diogène notre « cynique en chef »,  en plaçant bien la réplique qu’il fallait et au  moment propice, avait ôté l’impérialité à Alexandre le Grand, quand ce dernier voulut le séparer de son tonneau et l’emmener au palais comme hôte distingué. Diogène  vit dans cette main tendue non pas un parasol d’acclimatation et de sauvetage  mais un voile, un prélude à une véritable mainmise.  Laissons  le soleil aux aérotypes et les l’espaces exiguës aux stéréotypes.

Thursday, December 05, 2019

5 DÉCEMBRE : LA FRANCE RETIENT SON SOUFFLE Par RAZAK






5 DÉCEMBRE :  LA FRANCE RETIENT SON SOUFFLE
Par RAZAK
Un mois de décembre en rappelle un autre.
Décembre 1995 : suite à une erreur d’appréciation sociétale commise, à bon ou mauvais escient, par Alain Juppé ( 1e ministre de l’époque) qui proposait un plan de reforme relatif à la sécurité sociale et au régime de retraite, la France avait été paralysée par des grèves monstres, générant des perturbations insurmontables  et des blocages énormes . Tout était pratiquement à l’arrêt et ces blocages avaient duré trois semaines. Elles rappelaient par leur gravité  les troubles de l’insurrectionnel mouvement de Mai 68. Ces mobilisations de masses firent émerger deux noms : Daniel Cohn-Bendit pour les Soixante-huitards hexagonaux et Bernard Thibaud pour les grèves de 1995.
Jeudi 5 décembre 2019 : le même spectre plane au dessus  de tout et de grands blocages se profilent à l’horizon et à l’orée de l’aire urbaine. Le même scénario risque de se répéter, avec cette nuance de taille qui pourrait aggraver la situation : pour la première fois deux formations politiques (le Rassemblement National et France Insoumise) soutiennent les syndicats en grève et cela  malgré leur divergence idéologique. Certains parlent déjà de jeudi noir et redoutent que ces manifestations  s’éternisent comme cela s’est passé avec les Gilets Jaunes qui sont arrivés à leur deuxième semestre. La « gilet-jaunisation » dont parlaient certains chroniqueurs politiques semble avoir des répercussions qui s’étalent  dans la durée et ont un impact contagieux.
Ainsi, si pour les grèves de 1995 le président fraîchement intronisé J. Chirac, privilégiant la paix sociale, se rétractait en jetant aux calendes grecques le projet défendu par son 1e ministre, en permettant aux deux puissants syndicats de l’époque CGT et CFDT, de savourer leur victoire, sur un gouvernement désuni, celles d’aujourd’hui (5 décembre 2019 ) s’annoncent redoutables et pourraient dégénérer de pire en pis. Il y a autant de mélanges détonants et que l’étincelle semble proche de la mèche  explosive. La colère gronde et le partage équitable des revenus de l’Etat semble à l’ordre du jour, comme jadis.
Bref, la France retient son souffle. Enseignants , postiers , cheminots,  étudiants, sapeurs pompiers , douaniers , Gilets Jaunes et (tenez- vous bien) policiers participeront au grand  déferlement du Boulevard de la République auquel s'ajoutent les marches en province. Donc pas la peine d’aller ce jeudi au métro, à la RATP, à l’hôpital et même à l’aéroport, car  les services seront réduits dans des proportions dramatiques faute de personnel.  Ce dernier est à pied de guerre dans un bras de fer avec  le gouvernement Macron qui voit dans ces grèves une conspiration. Le soulèvement fera date .
Va-t-on rebrousser chemin comme en 1995 ou résister à la grande marée ?
Il y a un sérieux problème : faut-il soutenir l’économie ou satisfaire la demande  sociale ou faire en sorte que les deux option soient prises sur le mème pied d’égalité ? L’année 2019 a été marquée de bout en bout par l’action des GJ. Celle qui suivra dans  moins d’un mois s’annonce plus problématique,  car de l’avis des experts assermentés penchés sur la question , il y a proéminence d’une crise encore plus grave que celle qui, en 2008, avait secoué l’Europe et le reste du monde. Les facteurs aggravants sont le surendettement extérieur et la propagation au sein du système bancaire des taux d’intérêt négatifs. La baisse du pouvoir d'achat semble inexécutable .
Comme le peuple français est relativement plus cultivé  et se préfigure les difficultés matérielles qui l’attendent ,  il en appelle  à ce que le « ruissellement »  financier prôné par la classe dominante quitte le système du « goutte-à-goutte » pour mettre à sa place un autre plus équitable. Une sorte de drainage de l’honneur et du bon partage où chacun aura sa part qui lui revient de droit .
Gageons qu’au sein  cette hydraulique financière, l’on faille éviter les coups de béliers qui dans les adductions d’eau potable créent des turbulences  néfastes  et des dégâts incalculables au réseau de distribution .








Tuesday, December 03, 2019



LE FESTIVAL DE MARRAKECH
ET LE RETOUR BOITEUX
Par RAZAK

Le titre flatteur dont un journaleux en phase de préretraite avait  encensé, l’année dernière, à pareille époque, le retour du FIFM, après une année sabbatique, s’est avéré une exagération phraséologique. L’édition actuelle infirme ce que ce plumitif besogneux confirmait dans sa complaisante dissertation où le maquillage  de façade cachait de hideuses monstruosités. L’affluence-mètre du FIFM 2019 a connu une baisse notable proche de la désertion et cela malgré les continuelles augmentations  budgétaires dont il bénéficie.
Encore une fois, il ne faut pas incriminer les intempéries d’une talle chute, car , parole d’un témoin assermenté, ce n’est qu’au quatrième jour dudit festival que la pluie a commencé à tomber et ce n’est pas une pluie diluvienne de nature à  empêcher les habitants de la ville de sortir dehors, mais une rosée tiède où les enfants de bas âge aimeraient jouer « Achtata »,  ne serait-ce  que par célébration ancestrale , car ça fait un long bail que l’eau du ciel n’a pas arrosé la terre aride de la ville ocre.
Sur les 25 personnalités étrangères invitées on verrait que seule une partie aurait fait le voyage. On ne le dirait pas, car cela ferait mal de réserver des chambres coûteuses dans de grands palaces et des billets d’avion à des fantômes.
La seule donnée qui a connu une hausse vertigineuse, c’est le nombre impressionnant de policiers. Ils rempliraient les deux grandes salles du « palais des regrets » , si  on les autorisait à s’y asseoir en spectateurs. L'incarcération du rappeur- youtuber Lagnaoui serait derrière ce sureffectif et les « tifos » contestataires , exhibés ces derniers temps, ont sonné l’alarme. Leur interdiction dans les stades de foot ne ferait  que raviver la grogne juvénile.
A propos du journaleux encenseur, on aurait aimé le voir jouir , à l’instar des autres journalistes attitrés,  de la manne « fifmienne » (du sigle FIFM ) pour le service  propagandiste rendu . Mais il semble que celle ou celui qui a commandité l’article a trahi son auteur. Faut-il s’étonner ? Au festival des incongruités rancunières  et des oublis de telles pratiques sont monnaie courante. Quant à ceux qui prétendent  être des critiques  de cinéma, alors qu’ils ne sont que des intrus ont mine figure. Ils ont été asservis de vile manière. Ces haut-parleurs, à qui manque la parole juste, font   d’un navet  poilu un chef-d’œuvre et d’un apprenti-cinéaste un géant de cinoche. Les vrais critiques de cinéma savent que les films qui marchent au box office évitent les festivals, parce qu’ils y voient des mouroirs tout indiqués .
Enfin, peut-on programmer au sein du FIFM le blockbuster « Joker »,  le film qui a fait couler beaucoup d’encre et gagné tout un pactole?
Au sein du jury il y a deux personnes que j’avais révélées au grand public, via le journal-papier, quand ce dernier avait de l’impact : une jeune actrice (Mouna Fettou ) et un jeune documentariste  (Essafi). Au delà de ce fait louangeur adressé à des novices, et connaissant la limite de leurs capacités, je trouve que tous  les deux sont inaptes pour statuer au sein d’un jury international sur des films de fiction qui demandent la connaissance d’au moins cinq langues vivantes. La  VO est  plus originale que la version doublée.  La traduction nuit à l’originalité de toute œuvre, qu’elle soit littéraire ou cinématographique.
Certaines vérités fâchent,  mais  par amour à ces vérités, on continuera à fâcher les opportunistes , les unijambistes et les  arrivistes.
A bon entendeur , salut !