Saturday, May 31, 2008
Friday, May 30, 2008
Shahrukh Khan et les maux de la célebrité
D’aucuns diraient mais que fait Sharukh Khan là dedans ? C’est simple la compagnie de production Red Chillies Entertainment est la propriété de Sharukh Khan et cette dernière est devenue membre de l’ Assocham. Red Chillies a déjà produit les films Main Hoon Na, Paheli et Om Shanti Om.
Lors de cette conférence, SRK paraissait affaibli. La boutade de mauvais goût que l’acteur Aamir Khan a publiée le 13 mai dans son blog (www.aamirkhan.com) semble l’avoir affecté malgré l’excuse qu’Aamir a faite en public pour apaiser la tension.
Lors de ce point de presse SRK a annoncé qu’il ne participerait pas aux prochains IIFA awards qui se tiendront en Bangkok. Et comme Amitabh Bachchan est l’ambassadeur de l’IIFA la méga-star déclare qu'il n'y a aucune "guerre froide" entre lui et Big-B.
Qui vous a dit que la célébrité n’ a pas de maux?
Mira Nair une passionnante passinnée qui passionne
En 1991 Denzel Washington , l’acteur émérite , accepte d’être dirigé par Mira Nair dans le film Mississipi Masala. Et si ce grand acteur américain d’origine canado-haïtienne a accepté de jouer dans un film réalisé par une cinéaste d’origine indienne , ce n’est pas par compassion ethnique ou connivence raciale . Il y’a d’autres raisons que la solidarité transculturelle et le gain matériel. L’une de ces raisons qui nous semble la plus défendable, c’est que Mira Nair maitrise son travail de faiseuse d’images. Sa filmographie le prouve assez éloquemment. A en juger par ce qui suit : Mississippi Masala qui est une romance interraciale, a remporté plusieurs récompenses dans beaucoup de festivals internationaux. Il en est de même pour Salaam Bombay et Kamasutra. Le film Saalam Bombay évoque le calvaire des enfants de Bombay. Krishna, un môme chassé de la maison pour avoir perdu quelques roupies , devait se débrouiller pour survivre. Mais la ville a l’apparence d’une ogresse. La caméra de Nair suit le gamin dans ses déplacements pour montrer les vicissitudes du monde alentour. L’originalité du film , c’est que ce sont de vrais gamins de Bombay qui interprètent leur propre rôle dans la vie. Mira Nair tourna son film en extérieur. Son expérience dans le documentaire (4 films ) l’aida dans la fiction. Lorsque le film Saalam Bombay fut projeté dans le cadre d'un gala de bienfaisance au profit de l’association « Aide à l’enfance de l’Inde » , Viviane Thill, une critique de cinéma assidue , a écrit à propos du thème du film: « Son film est un petit miracle :On a rarement vu un problème aussi grave traité aussi justement : sans sentimentalisme, sans mièvrerie, sans légèreté excessive non plus . »
Après l’attentat du 11 septembre 2001 , Mira Nair fut choisie parmi d’autres réalisateurs de différentes nationalités pour réaliser une série de courts métrages sur cet événement tragique. La même Viviane écrira dans ce dernier contexte: «L’Indienne Mira Nair profite de l’invitation pour rappeler que tous les musulmans ne sont pas des terroristes. Dans son histoire, la disparition d’un jeune Pakistanais après le 11-Septembre le fait aussitôt soupçonner de terrorisme, jusqu’à ce qu’on retrouve son corps parmi les débris du World Trade Center où il s’était précipité pour aider les victimes. »
Revenons aux films de fiction de Mira Nair . Mousson wedding (Le Mariage des moussons) a été acclamé par la critique cinématographique. En 2006, elle réalise The Namesake (Un non pour un autre). Ce film est une adaptation du roman de Jhumpa Lahiri (lauréat du Prix Pulitzer). Il traite la crise identitaire chez les immigrants indiens. Ce film centré sur le comportement de deux bengalis ayant choisi les USA comme pays d’accueil, a eu des éloges presque unanimes.Enfin, le film en chantier intitulé "Shantaram", qui , réunissant probablement l'acteur américain Johnny Depp et le vétéran du cinéma indien Amitabh Bachchan, ne passerait pas inaperçu. Parce que tout ce qui vient d’une passionnante et passionnée passionne.
Mira Nair est née à Rourkela (Etat de l’Orissa) en 1957 . Elle est Diplômée de l'Université de Harvard (ce diplôme est venu après ses études de sociologie dans l’Université de Delhi). Elle a commencé sa carrière artistique en tant qu'actrice avant de se consacrer à la réalisation. Dans ce domaine elle constitue avec Deepa Mehta le duo féminin le plus terrible du cinéma indien. D'ailleurs on ramarque une frappante ressemblance physionomique entre les deux consoeurs . Mira Nair a été honorée l’année dernière en se voyant attribuer le titre honorifique de "Pride of India" (pride signifie fierté). Parmi les invitées qui ont assisté à cette cérémonie , on retrouve les deux actrices Bipasha Basu et Kangana Ranaut qui font partie de la génération indienne du renouveau cinématographique.
Filmographie sélective :
- Salaam Bombay
- Mississippi Masala
- Le Mariage des moussons
- Un nom pour un autre (The Namesake)
Thursday, May 29, 2008
Walt Disney et Yash Raj Films font tandem, pour émerveiller les bambins indiens
Le partenariat entre Disney Pictures et Yash Raj Films pourrait être salutaire à condition que le géant américain ne voie dans la densité de la population du sous-continent indien qu’un quelconque objectif mercantile non avoué. Le cinéma d’animation en Inde n’est pas assez développé. Il a besoin d’un petit coup de main. En outre, le répertoire culturel d’où il pourrait puiser ses ressources est incommensurable. Le Mahabharata est à lui seul une mine d’idées précieuses. (J’ai consacré des années dans l’étude de cette épopée épique, mais je ne suis pas parvenu à en élucider les contingences historiques et les prémisses. Je vous en parlerais avec plus de détails dans une de mes prochaines chroniques).
Disney Pictures veut produire un film par an en langue indienne dans le cadre de cette association indo-américaine. D’aucuns diraient c’est peu. Tout un brouhaha pour une unité en douze mois . Mais l’atout est sérieux. La stratégie de Disney pourrait s’avérer probante si le studio élargissait l’éventail linguistique car il n’y a pas que les indiens qui sont concernés. Il y’a de par le monde des salles de cinéma et des chaines de télévision qui seraient intéressées par le produit issu de cette alliance. Le premier long métrage prévu dans le cadre de cette co-production annoncée de part et d’autre avec une jouissance toute teintée d’optimisme s’intitulerait Roadside Romeo. Le modèle bollywoodien (chansons , danses…) serait respecté . Rappelons qu’en 2006 Disney a acheté la chaîne indienne Hungama destinée aux enfants. Il est très probable qu'elle en serait le receptacle prioritaire .
Le studio américain qui s’est déjà servi des voix des stars américaines comme Owen Wilson , Robin Williams, Brad Pitt va ouvrir ses studios acoustiques de synchronisation aux stars indiennes comme Amitabh Bachchan, Shahrukh Khan et Aishwarya Rai. Ces derniers connaissent un succès énorme non seulement en Inde mais dans plusieurs pays notamment en Afrique et en Asie . (Tout récemment j’ai vu un spécial Alphadi qui est un couturier malien d'origine Touareg (du Niger) . Je ne savais pas qu’au Mali il y’avait des hindiphiles. Alphadi nous a dit à travers l’émission qui lui est consacrée que le cinéma indien lui apportait le rêve magique dont son enfance à Tombouctou avait avidement besoin.)
Surement Disney va apporter sa haute technicité en matière de production ultra moderne et son vis-à-vis indien va apporter les ingrédients (voice-acting, musiciens …) nécessaires. Yash Raj Films est une firme de production cinématographique créée par Yash Chopra et son fils Aditya Chopra .
Le cartoon va enfin pouvoir relier l’orient à l’occident. Etant holly-bollyphile convaincu on ne peut qu’applaudir cette collaboration. Ce que l’on souhaite c’est que Walt Disney puisse distribuer aux USA les films réalisés en collaboration avec Yash Raj films. Autrement ce serait de l’exploitation. L’on sait que les petits enfants de l’Oncle Sam apprécient les cartoons . On espère qu’il en serait ainsi avec les enfants de Bharat ( Bharat est le nom ancestral de l’Inde).
RAZAK
Wednesday, May 28, 2008
Ernesto Che Guevara ajoute un laurier au palmarès de Benicio Del Toro
En lui décernant le prix de la meilleure interprétation masculine, le festival de Cannes, par le biais de son jury, veut rendre hommage au docteur argentin qui sacrifia sa vie à la révolution et à la libération des opprimés de la terre.
Ceux qui ont vu les films où Del Toro figure comme interprète gardent en mémoire la « gueule » d’un acteur bien rôdé. Dans le film policier Traqué de William Friedkin il a volé la vedette à Tommy Lee Jones qui était son traqueur dans le film. La chasse à l’homme engagée par ce dernier est pleine de suspense. Depuis son adolescence où il perd sa mère victime d’une hépatite, aux feux de la rampe, pour lesquels il a dû ramper, l’homme a su être patient. N’est–il pas connu pas ses années sabbatiques envers le cinéma ? Il n’est pas un maniaque du «paraître». Ainsi, après des petits rôles de vilain ( dealer, gangster …) il avait hâte d’une figuration plus consistante. Il se fait remarquer dans le film Permis de tuer de John Glen et dans « The Indian Runner » de Sean Penn. Après une série de films (Christopher Columbus : the discovery, Money for nothing, Etat second, Lune rouge, The Usual Suspects, Swimming with sharks, Nos funérailles, Basquiat, Le Fan, Excess baggage, Las Vegas Parano, Snatch, Way of the gun, Traffic) il retourne chez Sean Penn pour jouer dans son film « The Pledge ». Depuis, Penn et Del Toro sont devenus des amis intimes. D’ailleurs, à Cannes après les délibérations les deux acteurs ont festoyé jusqu’à une heure tardive dans un night-club cannois.
Rappelons que Del Toro a été récompensé aux Oscars (Meilleur Second Rôle Masculin pour « Traffic » de son porte-bonheur Steven Soderbergh). Autrefois il portait un tee-shirt estampillé Che aujourd’hui il l’incarne son model fétiche sur le grand écran. C’est le tour du festival de Cannes de l’auréoler pour cette ascension .
Tuesday, May 27, 2008
Kangana Ranaut dans un casting américain
Kangana a de bons jours devant elle. La possibilité de participation dans un film américain vient de lui être permise. En effet, La compagnie américaine Ambassador Pictures l’a pressentie pour le film Between the Night and the Moon (Entre la nuit et la lune) une romance genre Roméo et Juliette écrite par Juan C. Sanchez. Le casting comporterait entre autres Barbara Sloan qui a joué dans Canavas avec Marcia Gay Harden, et Kenneth Russell. Rappelez-vous du nom Kangana Ranaut. Vous le verrez prochainement dans les sites web consacrés au cinéma occidental avec de bons commentaires en sa faveur. Kangana jongle avec la Rasas avec une aisance corporelle inouïe. Razakcinema.blogspot.com lui souhaite pleine réussite dans sa carrière cinématographique .
RAZAK
Deepa Mehta : Fire, Earth et Water signifient Désir, Racines et Survie
Le dernier film de la trilogie Water (2005) qui a été nominé aux Oscars en 2006 raconte la vie de veuves indiennes des années trente vivant en pénitence dans des lieux d’une austérité écœurante. Mehta en relate la désolante insalubrité. Des femmes crânes rasés cela fait moche. Mais ce fut une des réalités macabres que l’Inde coloniale avait traversées. Ces femmes mendiaient pour pouvoir survivre. Comme on s’y attendait le film eut lui aussi sa part de controverses en Inde, mais la cinéaste semblait n’en avoir pas cure. Elle avait sa trilogie à faire et elle l’a faite comme elle voulut le faire, point c’est tout. D’ailleurs, c’est pour cette audace inégalée que beaucoup de réalisateurs de renommée internationale tel Spielberg l’admirent. Entre Earth et Water, Deepa Mehta a produit la comédie musicale Bollywood/Hollywood et adapta le roman de la canadienne Carol Shield La République de l’Amour.
Enfin, Mehta a oublié l’Air le quatrième élément naturel. Sans doute serait-il caché dans le brouillard des impressions sulfureuses laissées après la projection de chacun de ces trois films. Le Feu, La Terre et L’ Eau mis en exergue cinématographiquement par Mehta sont en fait des titres métaphoriques . Car ces mots chargés de sens renvoient à des notions intrinsèques à la vie humaine: Désir, racines et survie.
RAZAK
Monday, May 26, 2008
Tujhe Yaad Na Mere is a Nice sad song
It’s a nice sad hindi song. It's full of indian Ragas. I would dedicate it to all the sad lovers of the world .
Title: Tujhe Yaad Na Mere Aayi
Movie: Kuchh Kuchh Hota Hai
Director: Karan Johar
Music directors: Brothers Jatin and Lalit
Singers play-back: Alka Yagnik, Manpreet Akhtar and Udit Narayan
Lyrics: Sameer:
I have found a lot of translated lyrics of this beautiful song in several languages. But one of them done by Madhu seems the best . So you can appreciate it in URL
Thinks to Madhu for linguistic efforts.
Rabba Mere Ishq Kisiko Aise Na Tadpaye
my God, let love not make any one suffer like this
Dil Ki Baat Rahe Is Dil Mein Hothon Tak Na Aaye
the matter of the heart stayed in the heart, never came to the lips
Tujhe Yaad Na Meri Aayi
you never remembered me
Kisise Ab Kya Kehna
what is there to say to any one
Dil Roya Ki Ankh Bhar Aayi
the heart cried and the eyes filled up (with tears)
Kisi Se Ab Kya Kehna...
what is there to say to any one
Tujhe Har Khushi Dedi, Labon Ki Hansi Dedi
I gave you all happiness, the laughter of these lips
Zulfon Ki Ghata Lehrayi, Paigham Wafa Ke Layi
the cloud of hair sways, it brings the message of trust
Tuu ne Achhi Preet Nibhayi
you have done so well in fulfilling the responsibilities of love
Kisi Se Ab Kya Kehna...
what is there to to say to any one
Woh Chand Mere Ghar Aangan Ab To Aayega
that moon (referring to child) will come to my house and courtyard
Tere Soone Is Aanchal Ko Woh Bhar Jayega
he will fill up your empty lap (aanchal is the end of the sari that is covering the front including the lap when the woman is seated)
Teri Kardi God Bharayi
we have completed the ceremony of Gode Bharaayi (ceremony where the lap of the expectant mother is filled with wealth, fruits etc. in preparation for the coming baby)
Kisi Se Ab Kya Kehna...
what is there to say to any one
Khata Ho Gayi Mujhse, Kaha Kuch Nahin Tumse
I made a mistake, I never told you any thing
Iqraar Jo Tum Kar Paate, To Door Kabhi Na Jaate
if only you could have said it then we would never have gone so far (from each other)
Koi Samjhe Na Peer Parayi
no one understands the pain of others
Kisi Se Ab Kya Kehna...
what is there to say to any one
Friday, May 23, 2008
Chandrachur Singh sort de son exil volontaire
Friday, May 16, 2008
Faut pas tricher avec les loups
Les acteurs associatifs qui ont vu en la petite héroine du livre et du film une image de persécutée devraient se sentir trahis. Un pardon verbal ne suffit pas.
Friday, May 09, 2008
Man on fire et Ek Ajnabee deux remakes utérins
Revenons au casting qui était le plus intéressant. Dakota Fanning et son vis-à-vis Rucha Vaidya ont toutes les deux été adorables dans les deux longs métrages sortis du même « utérus scénaristique».
Dans le film de Tony Scott, Denzel Washington ( Creasy dans le film ) est un ancien soldat qui , à force de boire pour chasser les démons de la vie passée , devient alcoolique . Il est employé comme bodyguard par un couple bourgeois vivant à Mexico pour protéger leur fillette Lupita (rôle interprété par Dakota Fanning). Le père de cette dernière manigance un kidnapping sordide. Creasy va tout faire pour retrouver la petite fille , dont il commence à sentir de l’affection pour l’avoir apprivoisé, lui qui était sentimentalement au bord du gouffre. Dans l’autre remake indien, le rôle du garde-du-corps est interprété par le vétéran Amitabh Bachchan (Suryaveer Singh). Anamika ( Rucha Vaidya ) est la fillette à protéger des ravisseurs.
Les deux transpositions, l’une prenant Mexico comme lieu du déroulement de l’histoire, l’autre Bangkok, semblent trouver dans la démographie galopante des ces deux villes et la montée de leur indice de criminalité de quoi justifier la réussite des deux remakes.
Les actrices de bas âge ont brillé de mille feux dans ces deux films, car elles ont réussi à faire passer l’émotion. D’autant plus que leur rôle dans le script est positif. Il incarne l’innocence à l’état pur. Contrairement à Dakota Fanning, la fillette prodige qui, à l’âge de 12 ans , est devenue une star de cinéma, Vaidya ne l’est devenue dans son pays, qu’après le remake d’Apoorva Lakhia. Dakota a déjà à son actif une dizaine de films. Elle a joué aux côtés de stars de gros calibre comme Sean Penn, Robert De Niro et Tom Cruise. On raconte à son propos qu’avant le tournage du film Man on fire de Tony Scott , Dakota aurait suivi des cours d'espagnol et de piano. Pour se familiariser avec Marc Anthony et Radha Mitchell qui seront respectivement Samuel Ramos et Lisa Ramos, c'est-à-dire ses parents dans le film, elle a passé avec eux plusieurs semaines , pour mettre un peu de vérité dans son jeu d’interprétation.
Thursday, May 08, 2008
Le journal du Maghreb arabe d'Al-Jazeera suspendu
"Le bulletin d'informations sur le Maghreb émis depuis Rabat reprendra sans aucun problème si Al-Jazeera régularise sa situation vis-à-vis de la Haute autorité marocaine de communication audiovisuelle (HACA)", a précisé Khalid Naciri.
De son côte , Hassan Rachidi, responsable du bureau d’Al-Jazeera à Rabat a déclaré à Reporters sans frontières : “Nous avons déposé un dossier complet auprès de la Haute Autorité de la communication audiovisuelle (HACA, publique) en présentant, entre autres, notre registre de commerce, notre patente, le cahier des charges ainsi que la charte de la chaîne. Mais le dossier a été gelé et nous avons commencé à travailler avec des autorisations provisoires renouvelables tous les trois mois. L’ensemble de notre matériel avait été approuvé par l’ANRT”
Qui croire? Pour bon nombre d’observateurs, les raisons du retrait de l’accréditation restent une énigme. La ligne éditoriale serait-elle la pomme de discorde?
Rappelons que ce journal consacré au Maghreb a été lancé le 17 novembre 2006 et l’autorisation dont dispose actuellement la chaîne est valable jusqu’au 13 juin 2008. Mais le programme a été reçu avec le même scepticisme de la part des autres pays du Maghreb. Ce qui prouve que c'est le contenu qui est mis en question.
Kalyug et Kalyug
Rappelons que Mahabharata dont Shyam Benagal s‘est inspiré pour réaliser son film Kalyug est une des deux épopées épiques séculaires de l’ancienne Inde. Mahabharata (Wikipedia affirme qu’il est le plus grand poème jamais composé,comportant pas moins de 250 000 vers et 120 000 strophes) et Ramayana (24 000 vers), toutes deux écrites en sanskrit, constituent deux pièces maîtresses indispensables pour comprendre la culture indienne des temps immémoriaux et surtout pour saisir la liaison entre la littérature, le théâtre et le cinéma d’aujourd’hui. D’ailleurs Shyam Benegal n’est pas le seul à vouloir s’y ressourcer. Le film Mahabharat de Bababhai Mistry est souvent cité avec Kalyug de S. Benegal . Le célébrissime homme de théâtre Peter Brook en a tiré une pièce de théâtre qui a eu un succès retentissant à travers le monde . En 1989 , Brook a fait une adaptation cinématographique de sa propre pièce . Sans oublier le Mahabharata d’Ekta Kapoor . Cette dernière a fait ses armes dans la télévision. Elle a décidé au début de l’an 2008 de filmer cette mythologique histoire, qui est considérée comme la mère du Drama. Enfin, signalons que la gigantesque série Le Mahabharata réalisée par Ravi B.R Chopra pour le petit écran a été programmé tous les dimanches de 1988 à 1990. Elle comporta 94 épisodes. Les médiologues affirment qu’elle a été vue par 97 % des indiens et que le dernier épisode a été vu par 190 millions de personnes. Il faut avouer qu’avec de telles performances numériques, jamais série télévisée dans le monde n’a réalisé de tels scores. Même la sitcom américaine populaire Friande avec la pétillante Anison n’a pas pu atteindre ce pourcentage aux USA.
Le Kalyug bénégalais puise sa sève dans la richesse symbolique du Mahabharata. La lutte acharnée entre les deux clans adverses Pandavas et Cauvaras, semble trouver dans le monde ambivalent d’aujourd’hui une motivation pour sa continuité et son intemporalité . C’est aussi un questionnement sur la situation dialectique entre le matériel et le spirituel.
Le Kalyug des Bhatt est un thriller érotique. Un jeune homme se trouve innocemment mêlé à une histoire bizarre. Tout semblait normal dans la vie de ce jeune homme jusqu’à ce moment où Renuka, une jeune fille orpheline, entre dans sa vie. Ils se marient mais pour leur première nuit de noce, ils furent pris dans un piège. Des voyeuristes, installant leur matériel vidéographique dans la chambre d’hôtel, ont filmé leurs ébats pour les vendre aux amateurs de vidéos-hot. Le drame ne tarda pas d’arriver. Renuka incapable de faire face à l'humiliation, se suicide. Kunal , l’héros du film , devant prouver son innocence. Il part à Zurich et c’est là qu’il découvre le siège central de la filière pornographique. Animé par le désir de vengeance, il déclencha la guerre contre les malfaiteurs. Le film est purement commercial et l’on note chez les Bhatt une certaine contradiction au niveau moral. Si dans Kalyug on peut dire qu’ils combattent la pornographie, mais dans Jism (avec Bipasha Basu et John Abraham), il semblerait qu’ils s’en délectent. Toutefois, les scènes d’amour entre Abraham et Bipasha ont choqué les conservateurs prônant un cinéma très chaste. Mais la jeunesse des milieux urbains y a vu une audace.
RAZAK
Wednesday, May 07, 2008
Shyam Benegal le saltimbanque engagé
Au milieu des années 1980, l'expansion du réseau de la télévision a créé en Inde un marché en pleine essor. La nouvelle vague sentit la menace. Shyam Benegal saisit l’opportunité offerte par ce nouveau medium. La première série Bharat Ek Khoj qu’il a réalisée en 1988 a été encourageante. Deux autres (Katha Sagar 1986, et Yatra, 1986) suivront avec les mêmes effets. Mais quand il était revenu à son premier domaine de prédilection, c’était trop tard. Tout a changé. Les in-conventionnels du cinéma ont perdu la totalité de leur auditoire. Le grand obstacle que la nouvelle vague du cinéma avait affronté était l'absence d'un véritable système de distribution de films.
Naseeruddin Shah ne mâche pas ses mots quand il dit: « Ils (les cinéastes de la nouvelle vague) ont perdu leur engagement et ont commencé à jeter des stars dans le désespoir. »
Heureusement, il y’a eu dans les années 90 des réalisateurs de la dernière cuvée , certes travaillant dans le circuit commercial, comme Yash Chopra, Ashutosh Gowariker , Karan Johar et Sanjay Leela Bhasali, qui , tout en renforçant le star-système traditionnel , ont ouvert des perspectives nouvelles au cinéma indien. Outre Pacifique, Deepa Mehta , Shekhar Kapur et Meera Nair poursuivent leur carrière internationale avec assurance et abnégation . L’IIFA , par le biais de ses cérémonies de remise de prix, organisées annuellement en terre étrangère, a contribué à la popularisation du cinéma indien.
Shyam Benegal attribue sagement à ce déclin d'autres raisons : «Il y’a un certain processus de marginalisation qui a eu lieu. Certaines choses sont devenues invisibles à un grand nombre de personnes. Si aujourd'hui je devais faire face à la question de la pauvreté ou l'oppression de caste, je n'aurais pas le même genre d'intérêt dans les zones urbaines. Le public urbain préfère ne pas voir ces choses.»
Shyam Benegal est né le 14 décembres 1934 à Aliwal Hyderabad (Andhra Pradesh). Il a débuté sa carrière comme Satyagit Ray dans la publicité. Devenu cinéaste, il voulut filmer sa terre natale telle qu'elle est et avec une fougue inégalée .Il a à son actif plusieurs films de fiction et documentaires dont un consacré à Satyagit Ray réalisé en 1982. Sa filmographie traite divers sujets en rapport avec la culture anthropologique, les problèmes d’industrialisation et d’acculturation de la société indienne. Il a pris un rôle actif en tant que Chairman à l’institut indien du film et de télévision. En 1976, on lui décerna le Padma Shri. Le Padma Bhushan lui sera offert en 1991. En 2005, le gouvernement indien lui a décerné le Dadasaheb Phalke Award pour sa contribution. Dadasaheb Phalke n’est autre que le père du cinéma indien.
RAZAK
Filmographie selective
- Ankur
- Nishant
- Manthan
- Junoon
- Bhumika
- Kalyug,
- Zubeidaa,
Tuesday, May 06, 2008
Satyagit Ray le cinéaste complet
Monday, May 05, 2008
Guru Dutt le génie mélancolique
Guru Dutt Shiv Shankar Padukone est né le 9 juillet 1925 à Bangalore, la capitale du Karnataka (sud de l’inde), connue aujourd’hui par ses vestiges culturels et ses somptueux palais datant de l’époque des Maharadja. Bangalore fut aussi un des premiers cantons à subir l’occidentalisation à l’anglaise puisque l'administration britannique y avait installé de 1831 à 1881 son siège résidentiel.
Guru Dutt est issu du mariage de Shiv Shankar Rao Padukone et de Vasanthi Padukone. Sa mère n'avait que 16 ans lorsque Guru Dutt était né. C’était une femme lettrée. Elle enseigna dans une école et avait le don de l’écriture. Elle écrivait des nouvelles qu’elle traduisait en langues bengalie et Kannada. Guru Dutt avait terminé sa scolarité à Calcutta. Cette dernière fut controversée. Il fut un bon élève, mais il n’aimait pas le collège. Il avait deux frères et deux sœurs. L’un des deux frères Atmaram deviendra un réalisateur et sa sœur Lalitha Lajmi une artiste peintre. Guru Dutt a appris la danse avec le maitre Uday Shankar , le frère de Ravi Shankar , avant de rejoindre les studios Prabhat. Dans le centre Uday Shankar de la culture indienne d’Almora on donne des cours dramatique en plus des rudiments de la danse et de la musique. Dutt semblait s’y plaire. Sa sœur raconte qu’à l'âge de 14 ans, Guru Dutt jouait souvent avec ses doigts pour produire des images sur le mur. Ce cinéma enfantin, instinctivement envisagé prouve que le monde des images avait éveillé sa curiosité dès son jeune âge. Guru Dutt parlait couramment le bengali et une fois arrivé à Bombay (actuel Mumbai) il dut s’en servir pour communiquer avec les bengalis de Bollywood. A cette époque, Bollywood était assez turbulent et l’industrie cinématographique se faisait dans l’anarchie. Le nouvel arrivant a renoncé à Shiv Shankar Padukone pour s’appeler Guru Dutt tout court. Quand la Deuxième Guerre Mondiale a éclaté, l’on note une certaine décélération. Le centre d’Almora a fermé ses portes. Guru Dutt s’est mis à la recherche d’un travail. Son oncle lui trouva un petit boulot dans la Prabhat Film Company. C’est dans cette société que Guru Dutt va rencontrer une personne qui va devenir son ami intime. Il s’agit de Dev Anand. Le côté anecdotique de cette liaison amicale mérite d’être rappelé. On raconte que les deux artistes ont signé un pacte stipulant l’entraide mutuelle dans ce qu’ils entreprenaient de faire. L’un devait faire appel à l’autre dans tout projet de film envisagé. En 1947, l’indépendance de l'Inde est proclamée (le 15 août) et le contrat Prabhat finissant, sa mère lui trouva un travail en tant qu’assistant free lance. Pendant cette période , Guru Dutt développa l’aptitude d’écrire en anglais. Il écrivait des petites histoires pour un hebdomadaire local. On dit que c’est à cette époque qu’il écrivit le script de son chef-d’œuvre Pyaasa (l’Assoiffé), qui est imprégné d’inserts autobiographiques. Le titre original était Kashmakash (Lutte), mais il dut le changer. Devenu une célébrité, Dev Anand lança sa bannière Navketan Dev Annad. Il fit appel à son ami Guru Dutt pour diriger son premier film Afsar. Ce dernier ne fut pas un succès commercial. Ce n’est qu’à partir de 1951 et notamment après la réalisation de film Baazi que Guru Dutt retrouve une certaine prestance en tant que réalisateur. Mais ce sont les films Pyaasa et Sahib Bibi aur Ghulam (écrit par l'écrivain Abrar Alvi) qui vont lui donner une certaine satisfaction. Dans Pyaasa , il livre le fruit de ses expérimentations. Le deuxième film Sahib Bibi aur Ghulam a remporté la médaille d’argent du Président et a été désigné film de l’année par l’Association Bengalie des Journalistes de Cinéma. Comme le titre du film l’indique Sahib, Bibi aur Gulam (Maitre, Maitresse, et serviteur) évoque le déclin de la famille féodale. En y transcendant lyriquement l’ordinaire, Guru Dutt a créé l’extraordinaire. Malheureusement, après le fiasco du film Kaagaz ke Phool le cinéaste a juré de ne plus faire de tournage. Il continua de produire des films mais il s’est abstenu de faire de la réalisation.
La vie privée de Guru Dutt fut pleine de déboires. En 1953, il se maria à Geeta une chanteuse de play-back, le couple a dû d’abord surmonter beaucoup d'obstacles familiaux pour se marier. Trois enfants, Tarun, Arun, et Nina naitront de ce mariage qui sera bientôt défait à cause de l’apparition d’un troisième personnage féminin: l’actrice Waheeda Rehman. Selon son frère Atmaram, Guru Dutt avait été très discipliné dans son travail , mais indiscipliné dans sa vie privée. Sa relation extraconjugale avec Waheeda Rehman aurait précipité l’ébranlement de ce mariage. Au moment de sa mort, il s'était séparé de Geeta et vivait seule. Ainsi, le 10 Octobre 1964, Guru Dutt a été retrouvé mort dans son lit. Il aurait été décédé en buvant de l’alcool mélangée à du somnifère. Mais sa mort demeura une énigme. Etait-ce un suicide ou juste un surdosage accidentel?
Arun Dutt, le fils du cinéaste défunt approuve la deuxième éventualité. Lors du 40e anniversaire de la mort de son père (2004), Il a raconté que son père avait des troubles du sommeil et utilisait des somnifères. Mais ce jour-là, il était ivre et avait pris une dose excessive de pilules , ce qui lui a été fatal. Il est décédé au cours de la réalisation du film "Baharein Phir Aayengi". Le film a été achevé par son frère Atmaram.
L’apport de Guru Dutt au cinéma indien est considérable. Il a innové au niveau des prises de vue. Il fut un des premiers indiens à utiliser le format cinémascope. Guru Dutt a révolutionné la grammaire et la sémiotique des films Hindi. Le lyrisme mélancolique qu’il a introduit dans ses films a ajouté aux romances une plus value incommensurable. Dans les gros plans qu’il a introduits, il cherchait le détail sentimental et sa magnificence par les traits du visage. 80% pour les yeux et 20% pour le reste du corps, telle fut la proportion adoptée par ce réalisateur surdoué. Son ambition n’était pas seulement de faire un bon film ou d’être le top des réalisateurs mais de faire des films différents. C’est du cinéma d’auteur avec des ingrédients bollywoodiens.
Sa mort fut une grande perte non seulement pour le cinéma indien mais pour le cinéma mondial. Une once de magie s’immisçait dans ses films en noir et blanc. Aruna Vasudev, un critique de cinéma indien s’attèle à en maintenir une certaine visibilité : "Nous incluons les films de Guru Dutt dans chaque festival parce que il y’a des jeunes qui ne connaissent rien sur son cinéma » dit-il.
Mort à 39 ans, Guru Dutt a été en avance sur son époque.
RAZAK
Filmographie sélective
-Baazi
-Pyaasa
-Kaagaz Ke Phool
-Sahib Bibi Aur Ghulam
Friday, May 02, 2008
Guru Dutt, Satyagit Ray et Shyam Benegal
Lissasfa : Al Ousboue Assahafi en arrive à la même conclusion que Razakcinéma.blogspot.com
