Thursday, November 17, 2011

Communiqué AMDH

عاجل جدا

الرباط في: 14/11/2011

إلى السيد وزير العدل
والسيد ووزير الداخلية

الموضوع: طلب فتح تحقيق حول إفادة بتعرض المواطن عبد الجليل اكاضيل للتعذيب

تحية طيبة وبعد ,

توصلنا في الجمعية المغربية لحقوق الإنسان ، بتاريخ09/ 11/2011 بتقرير من فرع الجمعية بآسفي يطلع الجمعية على تقرير توصل به الفرع يفيد أن المواطن عبد الجليل اكاضيل منخرط بجمعية اطاك المغرب،ومن ناشطي حركة 20 فبراير بآسفي ، وقع اختطافه يوم الثلاثاء 1 نونبر2011 على الساعة السادسة والنصف مساء من الشارع العام ،واقتيد إلى مكان مجهول .

وحسب تقرير الجمعية المغربية لحقوق الإنسان فرع آسفي، فقد عاين أحد نشطاء حركة 20 فبراير واقعة الإختطاف يوم الثلاثاء 1 نونبر2011 حيث أخبر بذلك مجلس دعم الحركة الذي بادر للإتصال بهيئة الدفاع التي تحركت بمعية نشطاء حركة 20 فبراير ونشطاء حقوقيين ، للبحث عنه بمقر ولاية الامن .وثم تنفيذ وقفة احتجاجية واتصالات بالسلطات الأمنية والقضائية لغاية معرفة مكان تواجده حيث تبين لاحقا أنه محتجز بولاية الامن .

وقد أخبر بعد ذلك نائب الوكيل العام للملك هيئة الدفاع بأن تقديمه سيتم يوم الأربعاء02 نونبر2011. إلا أنه لم يتم ذلك إلا يوم الجمعة 4 نونبر2011 على الساعة 3 مساء،ولم تتمكن عائلته من زيارته بالسجن إلا يوم 8نونبر2011.

وقد أخبر المعني بالأمر العائلة عند زيارته بالوقائع التالية :

1- منذ يوم الثلاتاء وهو معصب العينين،و معلق في الحائط ،بحيث رجلاه لا تصلان الارض مع حرمانه من الاكل و النوم ,وتعريضه للضرب على ظهره.

2- لقد عاين نائب الوكيل العام للملك يوم الجمعة4 نونبر2011 آثار التعليق على رسغي يديه المحفورتين .والارهاق الذي يوجد عليه ، وحالة قواه المنهارة.

3- من غير المستبعد أن يكون الإعتقال يندرج في إطار الإنتقام منه على خلفية تشبثه بشهادته في واقعة الإعتداء التي ذهب ضحيتها الشاب كمال العماري.

ولعلمكما السيدان الوزيران فإن المواطن عبد الجليل اكاضيل سبق له أن تعرض للإعتقال يوم 29 ماي 2011 ،وتم الإعتداء عليه وعدد من النشطاء داخل إحدى سيارات البوليس، ليتم رميهم بعدها ،على بعد 30 كلم من مدينة آسفي ،وهو ماتسبب في إصابته بكسر لثلات اسنان من فمه، وقد استمعت له الفرقة الوطنية للشرطة القضائية التي حققت في الأحداث التي عرفتها المدينة ،وقدم شهادة طبية ضد الضابطة القضائية ب 22 يوما، كما أنه كان من بين الشهود حول ملف استشهاد كمال العماري، و وردت شهادته كذلك في التقرير الذي أصدرته جمعية الوسيط من أجل الديموقراطية وحقوق الإنسان .


و عليه فإن المكتب المركزي للجمعية المغربية لحقوق الإنسان، يراسلكما السيدان الوزيران ليضعكم أمام مسؤولياتكم بخصوص هذا الإنتهاك الخطير الذي مس الحق في السلامة البدنية والأمان الشخصي لهذا المواطن في خرق سافر للإتفاقيات الدولية المصادق عليها من طرف المغرب ،وخاصة منها إتفاقية مناهضة التعذيب وكل ضروب المعاملة القاسية والمهينة أو الحاطة من الكرامة، - والذي قدم المغرب تقريره الدوري حول احترامها أمام اللجنة المعنية بمنظمة الأمم المتحدة بجنيف في فاتح وثاني نونبر 2011 - ، ويطالبكم ، بالتدخل العاجل من أجل :

* فتح بحث بشأن الخروقات التي واكبت اعتقال ومتابعة ن عبد الجليل اكاضيل ، والتي تشكل أفعال يجرمها القانون الدولي ، والقانون الجنائي المغربي وتتعارض ومضامين المواثيق الدولية لحقوق الإنسان ، مع ترتيب جميع الإجراءات القانونية اللازمة في هذا الملف .

* العمل على وضع حد لكل الممارسات التي تقوم بها المصالح الأمنية التي تقع تحت وصايتكم ، في عبث صريح بالقانون ،وضمان حق المتابعين في محاكمة عادلة ،مع موافاة الجمعية بنتائج البحث والتحقيق.

وفي انتظار التوصل العاجل بجواب يفيد قيامكما بواجبكما تقبلا السيدان الوزيران عبارات مشاعرنا الصادقة

عن المكتب المركزي

الرئيسة: خديجة رياضي

Friday, November 11, 2011

Le doublage cinématographique des "Années Essaih"



Le doublage cinématographique des «Années Essaih»


Peu de gens savent que Brahim Essaih était un écrivain talentueux et un journaliste émérite. En nous recevant chez lui et en nous ouvrant son cœur nous avions redécouvert les facette cachées de ce grand maestro. C’était Mustapha Mounir un des acteurs de l’ancienne école (Maâmora) qui nous avait donné l’adresse de Brahim Essaih (sise Harhoura plage). On voulait que ce précurseur nous parle des studios Souissi et de l'équipe artistique impliquée dans le doublage, mais on ignorait où il habitait. Son fils qui est un cadre sérieux de la Redal avait agrémenté cette séance historique par ses interventions sages, concises et mesurées. Tel père tel fils, il parlait un langage cohérent et pragmatique. Mais nous étions tous en état d'amertume, car on ne voulait qu’une chose que Brahim Essaih reprenne ses activités d'antan, avec autant de dynamisme que de sérénité.
Ce qui mérite d'être rappelé à ce sujet c’est qu’en 2003 quand Mutapha Mounir avait su que le grand acteur indien Amitabh Bachchan allait venir au Maroc, il était tout excité. Je l'avais trouvé extasié. C'était comme si deux sosies allaient se retrouver après des années de séparation. Mounir m'avait dit que pour le doublage de certains films hindis, il donnait sa voix à Amitabh Bachchan. Il m'avait raconté aussi qu'un distributeur indien installé à Casablanca serait allé en Inde pour remettre une lettre écrite par lui, à l'intention du grand acteur asiatique. Je me souviens aussi que, dans la ferveur de ces retrouvailles insolites, on avait improvisé un petit fan-club, pour aider à la rencontre impromptue de ces deux acteurs unis par le doublage: Bachchan et Mounir. Hélas, le hasard en a décidé autrement. Car on avait appris par voix de presse que les bagages du vétéran du cinéma indien avaient été perdus à l'aéroport. Alors connaissant la susceptibilité du grand acteur, on ne voulait pas qu'il garde un mauvais souvenir de son séjour au Maroc, d'où m'était venue l'idée de lui consacrer un hommage digne de ce nom. La direction du palace Mamounia nous avait facilité les choses. Essafi Benthami lui avait remis une création photographique sur le thème de l'eau et spiritualité et moi je lui avais dédicacé un exemplaire de mon florilège paru au Canada. Il m'avait autographié une autre copie que je garde précieusement. Bachchan était très ravi. Il avait changé son programme pour nous rencontrer. La presse avait fait écho de cette rencontre inoubliable. The Bib-B (surnom de Bachchan) nous avait présenté tous les membres de sa famille dont notamment Jaya Bachchan actrice de renom et Abhishek. A l'époque Abhishek n'était pas encore marié avec Aishwarya Rai (Miss Monde 1994, héroïne du remake Devdas de S.L Bhansali).
Ainsi, le doublage de films hindis des "Années Essaih", abordé avec positivité et optimisme en vue d'en ressusciter le soubassement historique, a généré d’autres rencontres aussi enrichissantes les unes que les autres sur le plan humain. Nous avions interviewé, dans la foulée: Mohamed Afifi, Hassan Skali, Nabil Lahlou, Aziz Mouhoub, Amal Temmar, Mahjoub Erraji, Omar Salim, Habiba Madkouri, Abdellah Amrani, Hakim Belâbbas … Nous voulions rencontrer Hamidou Benmassoud et Taib Seddiki mais ils étaient injoignables. Dans les deux weblogs Allal-cinemagoer.com et Razakcinema.com on trouve les archives graphiques et photographiques de ces rencontres mémorables. Afifi nous avait chanté un petit morceau en hindi.
Enfin, pour rendre hommage à Habiba la battante et Brahim Essaih le visionnaire en mettant en exergue leur punch et leur charisme j'ai évoqué leur apport dans mon dernier ouvrage intitulé Zona (récit autobiographique). L'écriture de cet ouvrage romanesque a été entamée à la fin du mois de mai 2011. J’avais souhaité leur dédicacer mon livre comme je l'avais fait pour Bachchan et Joan Baez. Le récit Zona a été achevé le 17 juillet 2011. Il commence par une narration simple et sobre, mais dans les derniers paragraphes l'intrigue devient psychologique. En voici par ailleurs un petit extrait:
«Je regagne la maison. Sur mon chemin, j’achète un DVD. Par hasard, je tombe sur Dosti, un film indien très ancien, que j’avais vu, quand j’étais un adolescent. Comme c’est émouvant de retrouver les émotions du passé! Je l’ai acheté sans vérifier, si l’enregistrement est bon ou mauvais. Une belle histoire à la Charles Dickens. Le film parle de l’amitié de deux enfants, un aveugle et un infirme. Le vidéogramme comporte quelques petits défauts, mais je le considère déjà comme un document précieux, pour plusieurs raisons. C’est un spécimen de ce que Brahim Essaih, un des pionniers marocains du doublage cinématographique, réalisait avec les moyens du bord. On y retrouve les voix de plusieurs comédiens aujourd’hui disparus, comme Larbi Doghmi et Abderrazak Hakam. Pour certaines voix féminines, on reconnaît aisément le timbre vocal de la grande comédienne Habiba Madkouri. Quand aux autres on hésite toujours entre Zhor Lemâamri et Safia Ziani. Habiba fut une des rares femmes comédiennes à faire preuve d’audace et de persévérance en faisant fi des préjugés machistes de l’époque, réduisant la femme à une couveuse matrimoniale, tout juste bonne à allaiter les enfants et les voir grandir. Elle brava les feux de la rampe avec autant de conviction que de détermination. Sa voix remarquable a bercé l’ouïe des marocains pendant des dizaines d’années. Le doublage préconisé par Essaih se faisait en langue arabe dialectale, pour que même les analphabètes puissent comprendre le film sans difficulté».
RAZAK

Wednesday, October 19, 2011

Razak arrêté par la police de Kenitra injustement

Razak, artiste-peintre poète et critique de cinéma de renom ( auteur de plusieurs livres) et qui est en même temps l’animateur des des deux blogs : www.Razak-cinéma .com et www.Bouzghiba-Awards.com a été arrêté injustement par la police de Kenitra (36 km de Rabat ) pour une futilité. En effet, dans la soirée du mercredi 19 octobre 2011, Razak voulant rejoindre la gare du train pour revenir chez lui a demandé au chaffeur du taxi qui le transportait de faire fonctionner le compteur, pour se conformer à la réglementation en vigueur . Du coup, il se retrouve au poste de commiceriat comme s’il était le véritable fautif.

Monday, October 10, 2011

Razak citations

«L’ombre de la bohème est blanchement ramollie. »

Au delà de l’Artifex, je dis (florilège paru au canada)

∞-8-∞

«Bouzghiba est «fils» de son temps. Il est internaute, bloggeur et blagueur. Il est normal que les usagers de la toile suivent de plus près ses activités. »

Monographie Bouzghiba-Awards, Tome-1

∞-8-∞

«Joyeuse perle aquatique, de laquelle on aurait dit sans erreur: Vraiment faut faire des merveilles ou se taire.»

Présence des Sens et de l’Esprit (recueil de nouvelles)

∞-8-∞

«Le regard humain se délecte dans la vastitude. Il a horreur des angles étroits et des recoins sombres. »

Présence des Sens et de l’Esprit (recueil de nouvelles)

∞-8-∞

« Je préférerais le violon à l’arc, car la musique n’a rien de sanguinaire. »

Le Vidéographe Justicier (récit de science-fiction)

∞-8-∞

« Les coups bas des proches sont plus cruels que les coups francs des inconnus. »

Zona (récit autobiographique)

∞-8-∞

« L’art n’aime pas les pessimistes, parce que dans la beauté il n’y a pas de pessimisme. Mieux vaut être Sisyphe que défaitiste. »

Monographie Bouzghiba-Awards Tome-2

Tuesday, September 27, 2011

Boucher cinéastre-réalisator




AU MAROC MEME LES BOUCHERS PEUVENT DEVENIR DES CINEASTES . IL SUFFIT D'ETRE LAHHASS L'KAPPA.

Monday, September 26, 2011

Le système audiovisuel marocain entre juxtaposition et opposition


Quel aura été l’impact du soi-disant colloque (organisé le 23 et 24 septembre 2011 dans un palace de Rabat rêvant de tulipes d’or) sur l’audiovisuel public. Ce thème intéresse tous les marocains, étant donné que ces derniers sont acculés à payer, à travers une honteuse redevance, imposée et défalquée à la source, les pots cassés d’une politique audiovisuelle vacillante et trébuchante. Ce qui devrait être débattu sur la place publique, on le fait en catimini, comme si on craignait l’ire des contribuables avisés ou l’intrusion des militants du mouvement du 20 février. L’affiche laisse à désirer. Elle ressemble à un encart publicitaire d’une école privée avec en sus des caractères d’imprimerie d’une illisibilité criarde. Il semble que ce camouflage est voulu et prémédité astucieusement pour éviter d’une part le sur-attroupement des curieux et d’autre part empêcher l’interaction de voix dissidentes. Ce sectarisme castrateur contraste négativement avec l’idée de colloque ou de symposium. La documentation distribuée aux participants est pleine de quiproquos. Le plus saillant concerne le thème choisi lui même. En effet, s’agit-il de «colloque» comme il est mentionné sur la feuille syndicale ou de «séances de dialogue professionnel» comme il est indiqué en caractères gras sur la feuille parlant au nom de l’assemblage contre-nature d’une société privée et du holding de service public. Le sous-titre nous laisse perplexe. Sa traduction donne quelque chose comme ceci: «Pour une politique rédactionnelle et médiatique concertée». Comment peut-on parler de concertation avec des responsables qui considèrent la liberté de ton comme une insubordination ? La juxtaposition bureaucratique est toujours en vigueur, alors qu’avec les effervescences sociétales en cours, il faudrait tolérer un peu de critique et d’opposition pour que les marocains soient ravis de leur téloche. La liste des refusés et des proscrits ne cesse de s’allonger et le cocktail syndical impliqué dans l’organisation (sans celui de la presse) considère cette rencontre avec les chefs hiérarchiques dans un palace équipé de data-show et en présence de quelques invités choisis minutieusement comme un acquis. A-t-on besoin d’un hôtel pour que cette audience entre dirigeants et subordonnés ait lieu?
«C’est votre cuisine interne. Le peuple ne veut ni colloque, ni Saikouk mais un audit sérieux des rouages», ainsi rétorquerait tout citoyen consciencieux et soucieux de la sauvegarde des deniers publics en les préservant de la gabegie dépravatrice. Trop de directeurs surpayés pour un résultat mitigé. Foisonnements de chaînes avec un impact audimétrique proche du zéro. Reprise de fonction par des retraités qui ont été copieusement indemnisés dans le cadre de ce qu’on appelle Départ Volontaire et qui reviennent débiter le même verbiage. Sachant que le texte de loi régissant ce type de retraite anticipée interdit formellement de telles bavures. N’est-ce pas de l’enfantillage administratif ? Si ces compétences sont toujours valables, alors pourquoi avoir anticipé leur retraite en leur accordant une prime alléchante?
Toutes ces sur-fonctionnalités budgétivores doivent cesser pour de bon. Et ce n’est pas une estrade d’oralité pleine de complaisance qui va en freiner l’effusion budgétaire. Personne n’a évoqué ces questions essentielles qui sont la cause principale des dysfonctionnements et la source du dénigrement populaire. Dans la presse écrite les critiques fusent de toutes parts et pour tenter de les juguler on essaie de jeter de la poudre scintillante aux yeux en improvisant un simulacre de colloque-maison.
Certains lecteurs peuvent s’en souvenir, il y a plus de 20 ans, on avait intitulé une chronique: «Colloque, colloque ce devient une colique». On en était à un dictionnaire de recommandations jetées en l’air. Aujourd’hui les choses ont empiré. Jamais téloche de service publique n’a reçu autant de flèches de désapprobation, mais pour tenter de les désorienter on a concocté un mini séminaire d’auto-glorification. Comme le dit l'adage: On n'est mieux servi que par soi-même.
RAZAK

Sunday, August 21, 2011

Madan Mohan le fin roi du ghazal indou




Madan Mohan le fin roi du ghazal indou

Prenez n’importe quelle parole dépourvue de lyrisme et faites-là imprégner des notes de musique composées par le maestro de la musique indienne Madan Mohan, elle devient poétique et enivrante comme par enchantement. Le roi du ghazal qui aux années 60 avait fait tandem notamment avec la diva Lata Mangeshkar égrène des notes d’une finesse mielleuse. La musique filmi est si friande de ses mélodieuses chansons romantiques.
Madan Mohan mourut le 14 juillet 1975. Bollywood perdit en lui un original et fin compositeur dont les mélodies sont capables de charmer même les fauves. En hommage à ce grand compositeur, le réalisateur Yash Chopra a ressuscité quelques unes des ses chansons pour musicaliser poétiquement son film Veer-Zara.
RAZAK

Wednesday, August 17, 2011

Le tome-2 de la monographie Bouzghiba-Awards: enfin prêt à l’édition



LE TOME-2 DE LA MONOGRAPHIE BOUZGHIBA-AWARDS: ENFIN PRET A L'EDITION

Le tome-2 de la monographie Bouzghiba-Awards est en phase d’édition. Conçu comme un prolongement didactique et logique du premier tome, ce deuxième ouvrage va dans le même sillage, avec en sus, une analyse critique, menée à tête reposée, des différents tournants et étapes traversés. Il aborde l’œuvre des trois derniers lauréats à savoir: Zhang Yimou (symbiose entre l’art et le sport), Elarbi Sebbane (l’encre noire reflet de la société) et Derib (une vie au service du dialogue civilisationnel). Une Dardacha-Chatt entre le personnage Bouzghiba et son géniteur, suivie d’une ébauche sur le thème de la transcendance artistique, cloront ce présent ouvrage. Un extrait:




-BOUZGHIBA: Après le journalisme, la peinture et le théâtre quelle serait ma nouvelle destination?
-RAZAK: L’ultime étape serait les Muppets-shows et le cinéma. Je suis entrain de peaufiner un scénario d’un film comique en triptyque où vous seriez le héros principal.
-B: Votre œuvre romanesque inédite et intitulée Boumanjel le gaucher a demandé du temps pour être écrite. De quoi parle ce roman?
-R: Il nous renvoie au Maroc des années 60. Certaines péripéties remontent à l’époque coloniale. En somme, je crois que c’est l’une des œuvres maîtresses de ma modeste carrière littéraire. Je m’y suis attelée avec entrain, abnégation et détermination. Il y a une part non négligeable de documentaire, dans cette œuvre romancée. C’était l’occasion de revoir les nombreux documents rassemblés depuis une longue date. A travers ses 13 chapitres, on scrute la singularité d’un destin. Celui da Saleh alias Boumanjel. D’autres personnages-clefs comme Hamid l’aide-meunier et Kada ne manquent pas d’originalité. En voici par ailleurs quelques paragraphes:
«Dans la région, il n’y avait qu’un seul dispensaire, pour traiter les maladies mentales. Il se trouvait à Berréchid, une petite ville se trouvant à proximité de Casablanca. Mais il fallait quelqu’un pour l’y emmener. Alors alerté, Kada le conducteur, pour lequel Saleh éprouvait de la sympathie, était venu le voir. Il le trouva dans un état pitoyable. Accablé de douleur, Saleh s’était recroquevillé sur lui-même. Kada ne perdit pas de temps, il l’emmena à Berréchid. Le psychiatre qui l’examina était optimiste, la lésion psychique n’était pas profonde. Le chauffeur fut soulagé. Le docteur avait dit à l’accompagnateur, que d’ici une quinzaine de jours, il se rétablirait, pourvu qu’il prenne les comprimés qu’il lui prescrirait.
«Vous pouvez venir le prendre après ce délai» disait ce docteur d’un air rassurant.
Le chauffeur rejoignit son travail et Saleh était pris en charge, par le médecin soignant. On lui rasa la barbe qu’il avait laissé pousser durant la période du deuil. Après la première semaine d’hospitalisation, il commençait à réagir positivement au traitement. Son délire démentiel diminuait progressivement. Les symptômes paranoïaques avaient progressivement régressé. Après le treizième jour, ils disparurent presque complètement. Le fait de le placer dans un pavillon destiné aux malades atteints de troubles légers, loin des aliénés dangereux, dont certains marchaient tout dévêtus ou enchaînés, avait anticipé sa guérison. Après les soins thérapeutiques, le patient présenta des signes encourageants. A l’être pathologique succéda l’homme normal qu’il était avant le drame. Le psychiatre l’avait tout de même averti des fortes émotions, car selon ce spécialiste, elles pourraient déclencher à nouveau les morbidités et réveiller les troubles psychiques. Saleh devait éviter les situations et les facteurs psychogènes.
Certains cas, par hérédité, sombraient dans la schizophrénie inguérissable. Le syndrome obsessionnel, comme celui qu’avait Saleh, aurait sévi sans nul espoir de rétablissement. L’aliénation passagère aurait été inscrite dans la durée. Ce délire préventif l’avait sauvé de manière indirecte. La parole morbide en avait donné le signal d’alarme au bon moment. Etait-il prédisposé par atavisme à ce genre de comportement suicidaire ou les affres de la guerre l’avaient affectés outre mesure? Dans sa lignée notamment les quatre dernières générations, il n’y avait pas de cas de folie ou de suicide. Les troubles psychiques d’origine héréditaire étaient vraisemblablement exclus pour le cas de Saleh. Mais gare aux rechutes.
Un jour avant sa sortie d’hôpital, alors qu’il s’asseyait sur un banc adossé au mur du bureau du surveillant général, il entendit une conversation. On parlait de son cas. La porte entrebâillée de la salle l’aida à capter, mot par mot, ce qu’on disait à son sujet. Le docteur, de tendance lacanienne, expliquait à ses assistants comment un lapsus pourrait déclencher l’alarme et parfois servir de remède à la guérison.
-Le docteur: Les émotions et les chagrins accumulés sont une cuve d’incubation pour pas mal d’anomalies psychiques et de déséquilibres mentaux. Quand le langage courant présente des signes d’anomalie, incohérents et illogiques, cela devient préoccupant. Il est admis qu’un homme saint d’esprit doit parler un langage cohérent, mais quand la grammaire intérieure prend une allure inhabituelle et que les mots écrits ou parlés deviennent chaotiques et insensés, on sort du monde conventionnel, pour entrer dans un autre. Celui-là fait d’incertitude, d’expressions cacophoniques et de non sens. Mots mal articulés, phrases mal cousues. Les êtres perdent leur identité. Les faits, les impressions, les souvenirs, les substances et les choses s’égarent dans un tourbillon d’évocations hallucinogènes. Les notions du temps et de l’espace qui s’affaissent. Les mesures de quantité et de qualité qui se chevauchent. Les liens de coordination qui se détachent de leur socle, bref, le faux et le vrai s’entremêlent pour créer le chaos…
-L’infirmier: Est-ce qu’on peut dire que chez Saleh, l’horlogerie mentale commençait à suivre une cadence irrégulière et qu’on avait intervenu juste au bon moment?
-Le docteur: Oui. C’est exact. Au moment du trouble, tout s’entrechoque comme des atomes en ébullition. Les spécialistes appelés à la rescousse s’évertuent à en démêler l’écheveau, afin de trouver un peu d’affinité et d’ordre dans ce puzzle désordonné. L’être humain, entre les étapes de la formation et la transformation, engrange une quantité innombrable de choses ayant une signification commune. Quand il est acculé à en intervertir les sens originaux, sous la contrainte de facteurs anxiogènes, on sort de la tribu. La société, craignant la contagion, ne trouve comme solution, que l’enfermement dans des hospices, comme le nôtre. Une réclusion sous surveillance médicale. Le langage est la petite fenêtre qui donne sur le monde des refoulements.
-L’infirmière: Est-ce que les anomalies du langage peuvent guider le docteur soignant à trouver le remède?
-Le docteur: C’est la première fois que tu travailles dans un hôpital psychiatrique, n’est-ce pas?
-L’infirmière: Oui, mon chef.
-Le docteur: Les grands psychanalystes comme Jacques Lacan en font leur spécialité. Nous psychiatres, notre travail est plus médical qu’analytique. Avec le temps, je suis devenu à mon tour un freudien à l’affût des révélations du subconscient. Comment ne pas faire attention quand un patient vous dit «je mange l’eau en buvant du pain»? Un lapsus comme celui-ci qui revient comme un leitmotiv pourrait être dû à une «lésion du langage» et il pourrait donner des pistes, pour les lésions du cerveau. Ces associations de mots inconsciemment formulées pourraient dégager les traits enfouis de la personnalité profonde de la personne.
Selon ce docteur chevronné, les mots prononcés par Saleh dans son délire pouvaient révéler ses tourments et ses rêves transformés en cauchemars. Il n’y avait qu’à scruter attentivement cette phrase qu’il avait prononcée au moment du trouble: «Je suis fou, ma femme est ma guérison». La clef du psychodrame était là.
RAZAK

Saturday, July 23, 2011

Répliques de films à méditer : The King's Speech



Réalisateur: Tom Hooper
Scénario: David Seidler

Le thérapeute de diction

Le prince Bertie (Colin Firth) est bègue depuis l’âge de 5 ans. Bertie et sa femme Elizabeth (Helena Carter) sont reçus par le docteur Lionel Logue (Geoffrey Rush). C’est le début de toute une série de séances thérapeutiques où l’emportement du patient n’est pas à exclure.

- Bertie: Soignez ma diction, mais je refuse les… les …questions personnelles sans intérêt.
- Elizabeth: Oui, je croyais avoir été claire lorsqu’on s’est vu.
- Logue: Vous avez les shillings que vous me devez ?
- Bertie: Non, pas sur moi, hélas !
- Logue: J’en étais sûr.
- Bertie: Il est d’ailleurs… vous vous êtes …jouez-le moi…
- Logue: Les exercices physiques et les techniques sont importants, mais ce que vous avez en tête ne pourra régler que la surface du problème.
- Elizabeth: C’est suffisant. Nous vous avons consulté pour les troubles d’ordre mécanique qui entravent la diction de mon mari. On peut peut-être s’en tenir à cela.
- Bertie: Je … je me sens prêt à travailler, sans relâche, docteur Logue.
- Logue: Lionel.
- Bertie: Et vous. Êtes-vous…êtes-vous prêt à tout faire, pour m’aider ?
- Logue: Très bien. Vous voulez de la mécanique. Il faut détendre les muscles de la mâchoire, renfoncer votre langue, avec de petites phrases difficiles par exemple: l’homme souffla si fort dans son sifflet vers sa fille que ce siffleur fit souffrir sa fille qui faisait un petit somme sur son sofa.
- Bertie: Parfait !
- Logue: Et votre ceinture abdominale parait flasque. Il faudra renforcer votre diaphragme. C’est une approche mécanique.
- Elizabeth : C’est notre volonté.
- Logue: Ça vaut moins de shilling.
- Bertie: Voulez-vous oublier ce maudit shilling. Il se pou…rrait fort bien, qu’à l’occasion, nous exprimions le souhait… que vous nous assistiez. Quand j’aurais à participer à…à… des…des événements de second plan. Ça vous semble convenable ?
- Logue: Ça va sans dire.
- Elizabeth : Alors Voila plus ou moins en quoi se résumeront vos services.
- Bertie: Je vous revois chaque semaine.
- Logue: C’est chaque jour que je vais vous voir.

Les films biographiques et autobiographiques ne sont pas cent pour cent véridiques, parce qu’au cours de la transposition, toute chose réincarnée perd une part non négligeable de sa vérité. Ainsi, sachant la délicatesse du sujet abordé, Tom Hopper a trouvé une issue à sa convenance. Il s’est appesanti sur la relation entre le prince anglais et son thérapeute Lionel Logue. Mais Churchill dont le rôle prépondérant dans le conflit opposant l’Angleterre à l’Allemagne Nazie a été acculé à de la figuration. Ce personnage historique mérite à lui seul plusieurs longs-métrages pour contourner, un tant soit peu, les épisodes de sa vie.
RAZAK

Thursday, July 14, 2011

Les nains de fiction

Ils ne sont pas plus hauts que deux pommes, mais ils ont un talent plus grand que leur taille. Les scénaristes et les cinéastes qui ont du cœur pensent souvent à eux, parce qu’ils agrémentent la fiction cinématographique, avec leur distrayante présence. Les seconds rôles qu’ils détiennent sont parfois insignifiants sur le papier, mais leur parution dans le film reste gravée dans les mémoires. Certains ont eu droit à une citation sur le Guinness Book, pour leur performance. Ainsi, en acceptant de jouer dans un film, aux côtés d’acteurs plus hauts et plus élancés qu’eux, les nains font preuve d’un courage et d’une ténacité à toutes épreuves. Ces nains de cinéma défient leur handicap et leur condition d’être, même si au fond d’eux, ils savent qu’ils ne sont pas des acteurs normaux, comme les autres. La preuve, la camera se baisse pour les prendre, comme une mère qui s’incline pour prendre son bébé. Mais quand l’œil de la camera se baisse de cette manière, c’est que cet appareil de prise de vue a trouvé de l’or précieux à visage humain, pour enrichir ses bobines.
Fellini et Cecil B. De Mille font partie des cinéastes qui ont dirigé quelques unes de ces sympathiques et inoffensives créatures, dont la taille la plus élevée ne dépasse pas 85 cm. Dans le film Le plus grand chapiteau du monde, Cecil a fait parader toute une pléiade de nains. Quelques uns portaient des mascottes de héros des dessins animés comme Mickey Mouse. Le plus connu de cette pléiade étant Harry Earles.
On aurait souhaité qu’un oscar honorifique lui soit donné, ne serait-ce qu’à titre symbolique, car dans ce film de délassement, qui s’approche du documentaire, tout geste effectué par un nain vaut le double de celui que déploie un acteur normal.
Le cirque était presque le seul espace où les nains pouvaient faire valoir leurs dons artistiques. Mais Cecil B. De Mille et d’autres cinéastes visionnaires ont eu le privilège de leur ajouter une autre estrade, en élargissant le champ de visibilité. Cette estrade est cinématographie et elle n’a pas besoin d’une gigantesque tente pour être abritée. Fellini qui était comédien avant tout n’a pas oublié ses anciens camarades de petite taille. Il en a montré dans plusieurs de ses films, quoique dans une figuration éphémère. Parmi les ciné-nains les plus célèbres on peut citer: Verne Troyer, Billy Barty, Warwick Davis, Peter Dinklage,
Angelo Rossitto, Jerry Maren, Michael Dunn, Hervé Villechaize, Kenny Baker
Weng Weng, Zelda Rubinstei, Michael J. Anderson, Felix Silla…
Le but de cette chronique culturelle n’est pas de dresser une liste exhaustive, mais de leur rendre hommage, pour la témérité dont ils font preuve. Le cirque et le cinéma ont sauvé quelques uns de l’aigrissement intégral. Ainsi, si le destin les a maltraités, l’art se porta à leur secours.
Ceux qui se moquent railleusement et insolemment des nains sont vraiment méchants et racistes. Les langues déliées et leurs sarcasmes ne les laissent pas tranquilles. Etre adulte et avoir une petite taille. Ne veut aucunement pas dire qu’on a un cerveau atrophié et débile. En Afrique, il y a toute une ethnie qui vit avec ses propres spécificités et particularismes corporels depuis les temps reculés. On les appelle les Pygmées et entre eux ils ne ressentent aucune gêne et aucun complexe. C’est au moment où ils quittent leur communauté et leur fief naturel que les choses se compliquent. Les problèmes de taille surgissent et les font souffrir en silence.
Les personnes atteintes de nanisme ont leurs problèmes spécifiques. Les uns sont innés, d’autres sont dus à l’environnement. Si pour allumer l’éclairage électrique, certains n’ont pas besoin d’une petite échelle ou d’une chaise pour monter dessus, certains nains ne trouvent pas des interrupteurs sur mesure et à la hauteur de leurs bras. Mais, une chose les différentie nettement des autres bipèdes de grande taille. Ils sont magnanimes et inoffensifs. On n’a jamais entendu parler d’un nain tuant quelqu'un d’autre. Ce sont les costaux de grand calibre qui détiennent l’affreux et triste record de la criminalité dans le monde.
RAZAK




Tuesday, July 05, 2011

Répliques de films à méditer: Copiying Beethoven



Réalisateur: Agnieszka Holland
Scénario: Stephen J. Rivele et Christopher Wilkinson


Chaque idée qui meurt en fait naître une nouvelle

Pour l’orchestration de la neuvième symphonie Ludwig Van Beethoven (Ed Harris) a besoin d’un copiste pour mettre au propre ses transcriptions musicales. Anna Stoltz (Diane Kruger) se charge de cette tache. Elle a beaucoup à apprendre du grand mæstro.

- Ludwig: Quoi ?
- Anna: Je ne comprends rien maestro. Le mouvement? Il finit où ?
- Ludwig : Il ne finit pas. Il s’écoule. Cessez donc de penser en termes de commencement et de fin. Ce n’est pas un de ces ponts construits par votre homme de fer. Ce sont des choses vivantes comme les nuages qui prennent forme ou les marrées qui changent.
- Anna: Mais musicalement, ça fonctionne comment ?
- Ludwig: Ça ne fonctionne pas. Ça grandit. Vous voyez le premier mouvement devient le deuxième. Chaque idée qui meurt en fait naître une nouvelle. Dans votre travail vous avez l’obsession de la structure. Vous voulez choisir la meilleure forme. Il faut que vous écoutiez la voix qui parle à l’intérieur de vous. Je ne m’entendais moi-même jusqu’à ce que je devienne sourd, non pas que je vous souhaite que vous deveniez sourde ma chère.
- Anna: Vous êtes entrain de me dire que je dois trouver le silence en moi afin d’entendre la musique.
- Ludwig: Oui, oui, oui. Le silence est la clef. Le silence entre les notes. Une fois que ce silence vous enveloppe votre âme se met à chanter.

Le film lui-même est une fugue de cinéma. Ça ne nous fait oublier les détonations des films de guerre, le sifflement des balles des winchesters et des pistolets de cow-boys et puis les bruits du croisement des épées au temps des croisades. Copiying Beethoven pivote autour de la neuvième symphonie de Beethoven. Comme n’importe quel film abordant la vie de gens illustres, il y a des exagérations et des omissions. Les exagérations viennent de la subjectivité tant des co-scénaristes que de la réalisatrice. Les omissions sont dues au fait qu’on ne peut pas résumer une vie en une portion de temps de quelques dizaines de minutes. Les pitreries rajoutées au récit vont à l’encontre de ce qu’on veut mettre en évidence et en exergue chez ce grand compositeur de musique classique.
RAZAK

Thursday, June 02, 2011

Répliques de films à,méditer

Réalisateur: Victor Fleming
Scénario: Sidney Howard

Peut-on gagner une guerre avec des mots ?

La guerre de sécession est sur le point d’éclater. Une réunion de concertation se tient en Georgie chez les Wilkes. On discute de la décision à prendre. Au pragmatisme de Rhett Bultler (Clark Gable) s’oppose la frivolité de Charles Hamilton (Rand Books). Ashley Wilkes (Leslie Howard) est là pour placer les mots qu’il faut pour ne pas gâcher la soirée.


Voix off
-Les Yankees nous ont assez insultés comme ça. Il est temps de leur faire comprendre que nous gardons nos esclaves. Que cela leur plaise ou non. L’Etat de Georgie a formellement le droit de se séparer de l’Union.
-Il a raison.
-Le Sud doit défendre sa cause par les armes. Après avoir attaqué Fort Sumter par ces canailles de Yankees, nous n’avons qu’à nous battre. Il n’y a pas 36 moyens.
-La guerre, parfaitement.
-Les Yankees seront les premiers à demander la paix.

-Gerald O’Hara: La situation est plus simple, les Yankees ne sont pas prêts. Nous le sommes.
-Brent Tarleton: Il n’ y aura même pas de bataille. Ils s’enfuiront comme des lapins.
-Stuart Tarleton: On leur donnera une raclée.
-Brent Tarleton: Un seul combat suffira pour les écraser. Les gentlemans sa battent mieux que la crapule.
-Frank Kennedy: Les gentlemans sa battent mieux que la crapule.
-Gerald O’hara: Qu’en pense le capitaine de notre haute élite ?
-Ashley: Et bien cher amis, si la Georgie doit se battre, je me battrais aussi. Mais comme mon père, j’espère que les Yankees nous laisseront quitter l’Union en paix.
-Brent Tarleton: Voyons Ashley, voyons Ashley. Ils nous ont insultés. Ne dites pas que vous ne souhaitez pas la guerre.
-Ashley: La plupart des misères de ce monde est causée par la guerre, et quand les guerres sont finies, nul ne sait quels en furent les motifs.
- Gerald O’Hara : Allons, allons Messieurs. M. Butler revient du Nord, je crois. Etés-vous de notre avis Mr Butler?
-Butler: Je crains qu’il ne soit difficile de gagner une guerre avec les mots.
-Hamilton: Que signifie monsieur?
-Butler: Uniquement Mr Hamilton qu’il n y a aucune fabrique de canons dans le sud.
-Hamilton: Quelle importance y a-t-il pour un gentleman ?
-Butler: Je crains fort que cela ait une importance considérable pour la plus part des gentlemen monsieur.
-Hamilton: Insinuez-vous Mr Butler que les Yankee seront vainqueurs?
-Butler: Non. Je ne veux rien insinuer. Je me rends compte malheureusement que les Yankees sont mieux équipés que nous. Ils possèdent des fabriques, des charbonnages, des chantiers navals et une flotte pour nous bloquer dans nos ports pour nous réduire à la famine Tout ce que nous avons c’est du coton, des esclaves et de l’arrogance.
-Hamilton: Vous parlez en traître
-Butler: Je suis désolé que la vérité vous blesse.
-Hamilton: Trop pressé à vous excuser monsieur. J’ai entendu dire que vous avez été chassé de l’académie militaire. N’est-ce pas Mr Butler ? Et que vous ne recevez plus dans les meilleures familles de Charleston. Pas même dans la vôtre.
-Butler: J’exprime de nouveau mes regrets pour mes propos trop francs. Monsieur Wilkes, puis-je vous demander la permission de me retirer dans une autre pièce. Il me semble que sans moi, ces messieurs goûteront mieux leur cognac, leur cigare et leur rêve de victoire.
-Hamilton: Vous voyez. Qu’est ce que pouvez attendre d’un individu comme ce Rhett Butler ?
-Butler: Exactement, comme si vous l’aviez provoqué en duel.
-Hamilton: Il ne tenait pas à se battre.
-Ashley: Ce n’est pas de cela Charles. Il ne voulait pas profiter de sa supériorité.
-Hamilton: Comment sa supériorité?
-Ashley: Oui c’est un des meilleurs tireurs du comté. Il l’a prouvé à maintes reprises devant des adversaires moins nerveux que vous.
-Hamilton: C’est ce qu’on va voir.
-Ashley: Ne vous emballez pas. Cette fois ça pourrait tourner mal. Gardez vos forces pour des combats beaucoup plus sérieux Mr Charles. Messieurs Excusez-moi monsieur Butler est notre ôte. Je dois lui tenir compagnie.

Les sudistes de Georgie vont essuyer une cuisante défaite. Atlanta a été mise à feu et à sang. Le domaine des O’Hara (terre de Tara) est en ruine. Charles Hamilton le fervent «s’en va-t-en guerre» sera le premier à y succomber. Ashley revient du front tout meurtri de l’intérieur. Butler a été épargné, mais il sort abattu de sa propre «guerre sentimentale» contre la charmante Scarlett.

RAZAK

Monday, May 30, 2011

Répliques de films à méditer: Touch of Spice



Réalisateur: Tassos Boulmetis
Scénario: Tassos Boulmetis

Un peu de «Gamello-astronomie»

A ans, Fanis ( Markos Osse ) a très tôt été attiré par l’art culinaire. C’est son grand-père Vassilis (Tassos Bandis) gérant d’une échoppe à épices qui l’en a influencé précocement. A l’âge adulte, il devient professeur en astronomie. La séquence choisie est en fait un flash-back. Le narrateur revient aux premières expériences de l’enfance. Le vieil épicier fait une drôle de similitude entre les épices et les astres. Le poivre renvoie au soleil. La cannelle fait penser à Venus. Un «zodiaque culinaire» est ainsi ébauché pour étancher les appétits tant du palais buccal que de l’esprit, face aux curiosités célestes.


-Fanis: Mon grand-père disait que le mot «astronome » était contenu dans le mot « gastronome » et donc mes leçons d’astronomie comportaient l’étude des épices.
-Vassilis: Moi, je vais parler et toi tu vas goûter et tu vas réfléchir. Nous sommes bien d’accord? Tu vas me goûter ça, du poivre, la chaleur brûlante.
-Fanis: Le soleil.
-Vassilis: Exact. Le soleil et alors qu’est ce qu’il voit le soleil?
-Fanis: Il voit partout le soleil.
-Vassilis : Exact. C’est pour ça que le poivre s’introduit dans toutes les nourritures et puis nous avons Mercure chaud comme le poivre et enfin Venus.
-Fanis: Cannelle.
-Vassilis: Oui. Venus. C’était la plus belle des femmes. Voilà pourquoi la cannelle est douce et amère, comme les femmes sont douces et amères. Voici la terre où nous vivons. Que y a-t-il sur la terre ?
-Fanis: Il parait qu’il y a la vie.
-Vassilis: Oui il y a la vie sur terre. Oui enfin il y a aussi la mort il faut faire de la place aux autres de temps en temps. Et la vie a besoin de …
-Fanis: De nourriture.
-Vassilis : Et qu’est ce qui donne du goût à ce qu’on mange?
-Fanis: Le sel.
-Vassilis : Exact. La vie aussi demande du sel. La vie comme la nourriture est meilleure avec du sel.

S’il y a des films qui vous donnent envie de boire du champagne, ou manger du saumon fumé préparé avec goût, d’autres comme Politiki Kouzina (Touch of Spice) vous donne envie de goûter la viande hachée préparée avec de la cannelle. Ce film sur les nourritures terrestres fait une escapade dans le cosmos. La politique frôlée au passage (conflit entre Accra et Athènes) se sert d’une autre cuisine. L’imagination humaine a réussi à mettre sur orbite gravitationnelle des grains de poivre autour d’une nébuleuse de sel. A quel astre correspondrait l’ail? Vassilis «l’épiçologue» en chef se contente de dire dans le bain de vapeur : «quand un diplomate renifle l’ail, croyez-moi, c’est très mauvais signe.»
RAZAK

Thursday, April 21, 2011

Les astuceurs



LES ASTUCEURS


Le mot n’existe pas dans le dictionnaire des arts et métiers du cinéma, mais il serait peut-être temps de l’y introduire, car quand on évoque le travail des personnes qui se chargent des effets spéciaux et des truquages cinématographiques, on ne dit pas «truqueur» ou «effecteur». Il n’y a pas un nom pour les designer. Comme anglicisme, on pourrait trouver une association de mots pour résorber cette carence. L’entité «maker» s’adapte à tous les assemblages reliés par un trait d’union. Ainsi le «make-up» (à ne pas confondre avec le «making-of») et qui signifie maquillage relève du domaine des astuceurs physionomiques. Par extension, les costumiers, les spécialistes du bruitage, les dresseurs d’animaux de tournage, les maquettistes, les décorateurs, les manipulateurs d’explosifs, les ciné-infographistes assistés par ordinateur sont tous des «astuceurs» de premier ordre. Les astuceurs du vestimentaire adaptent le look de l’acteur en chair et en os à celui du personnage de fiction. Ils effectuent un travail colossal quand il s’agit de film historique. Les astuceurs du feu ne manquent pas d’ingéniosité, mais parfois ils se font brûler le corps par les jets résultant des déflagrations, car la manipulation des explosifs n’est pas une partie de plaisir. Les spécialistes du bruitage sont des astuceurs du son. Ils cherchent à tromper notre ouïe. Une feuille mince de zinc qu’on agite devient du tonnerre. Les cascadeurs et les doublures sont aussi des astuceurs puisqu’ils prêtent astucieusement leur agilité physique aux acteurs du film. Enfin, les «ciné-manutentionnistes» qui sont des physiciens qui connaissent bien leur domaine réalisent de belles chutes, sans que l’on voie le câble de suspension. Un autre astuceur celui-là en sciences optiques leur facilite la tâche. Il suffit de filmer la scène avec un arrière-fond peint en bleu. Par incrustation, on peut transposer ces images dans des reliefs montagneux ou des ravins de grandes dénivelées.
Les astuceurs les plus notoires de toute l’histoire du cinéma sont les pionniers comme Edison et les Frères Lumière qui ont trouvé l’astuce géniale de faire mouvoir l’image fixe en se basant sur le mouvement de rotation. George Méliès en avait enrichi la palette. Dans les 32 chroniques hebdomadaires publiées dans un journal marocain sur le cinéma colonial, nous avions abordé l’apport de ces éclaireurs bien éclairés. Comme le cinéma est une astuce, ce sont les astuceurs rusés qui l’enrichissent. Le making-of qui retrace les péripéties du tournage révèle les talents de ces collaborateurs de production. Sans eux, le film aurait montré ses verrues, ses fissures et ses hideuses rides. On ne peut pas citer tous les films où ces «simulateurs» bien inspirés nous entraient en bateaux en nous aveuglant avec leurs prouesses, car il faudrait des volumes de paperasse pour cela. Mais on se limiterait à quelques exemples de films choisis au hasard. Dans les trois films «Citizen Kane», «Benjamain Button» et «Flawless» les deux acteurs Orson Wells et Brad Pitt ainsi que l’actrice Demi Moore se font sexagénaires grâce aux mains habiles qui ont anticipé artistiquement leur vieillesse. Chahrukh Khan dans «Veer Zaara» avait lui aussi les cheveux grisonnants à la sortie de prison. Dans le chef d’œuvre cinématographique «Autant en emporte le vent» les astuceurs ont fait de la remarquable scène montrant des centaines de blessés de guerre gémissant sur les rails une leçon de cinéma. Le filon d’or que l’on voit dans le film «Le Trésor de la Sierra Madre » n’est qu’un produit artificiel et les liasses de dollars américains montrées en grandes quantités dans les films sur la Mafia et les films de gangstérisme, comme «Le Parrain» et «Scareface» ne sont pas vraies. Ce sont des trucs d’astuceurs. La montagne de diamants montrée dans «Flawless» n’a rien de diamantifère. C’est du toc. Les play-back des films hindous ne montrent pas les visages des vrais chanteurs et chanteuses, c’est un subterfuge d’astuceur. Les deux karatekas Jet li et Jackie Chan n’ont pas des ailes pour s’envoler comme des faucons, l’ordinateur (images de synthèse) ou le câble d’accrochage leur assure cette faculté extraordinaire. Le petit chien qui dans le film western «Shane» resta planté devant une tombe ne serait pas là si son maître-dresseur n’était pas mis à l’intérieur du cercueil. Qui aurait pensé à cette astuce? Les bouteilles qu’on brise sur les têtes sont en sucre. Les cartouches de Winchesters, les couteaux et les épées qu’on enfonce dans le thorax, sont objets inoffensifs. Certains truquages sont obtenus par les mouvements de la camera. D’autres dépendent de la matière utilisée: silicone, fumigène…
Le jour où leur réservoir tarirait et que leurs réserves en inventivité s’épuiseraient, l’on sonnerait le glas du cinoche. Le 7eme art survit grâce à l’art des astuceurs.
Razak